Gisant de Saint-Merd-les-Oussines

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Le gisant de Saint-Merd-les-Oussines est une sculpture funéraire qui se trouve dans l’église de Saint-Merd-les-Oussines, en Corrèze ; cette tombe sculptée serait, selon les études qui lui ont été consacrées, celle de la sépulture d’un dignitaire de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui daterait du XVe siècle ; à la lumière des connaissances recueillies sur ce monument, le gisant de Saint-Merd-les-Oussines est le seul gisant en granite du XVe siècle conservé en Limousin, où, sur un total de 27 gisants du XIIe au XVe siècle qui n’ont pas été détruits à la Révolution, 14 gisants en granite sont connus.

Il a été classé monument historique au titre objet par arrêté du [1].

Le contexte historique et culturel[modifier | modifier le code]

Portail sud de l'église du bourg de Courteix, qui, comme Saint-Merd-les-Oussines, dépendait de la commanderie templière de Bellechassagne.

L'ordre hospitalier en Haute-Corrèze à la fin du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les Hospitaliers est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire voué aux services des voyageurs, des pèlerins, des malades. Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, un ordre institué en 1113 (qui a reçu les biens des Templiers à la dissolution de l'Ordre du Temple, un ordre uniquement militaire)[2].

Les recherches historiques montrent que ces ordres religieux ont joué un rôle important dans le développement des campagnes françaises, en général, et cela a été le cas pour la Haute-Corrèze, en particulier, depuis le Moyen Âge ; dans un périmètre géographique qui est celui d’un cercle de 30 kilomètres de rayon tracé autour de Saint-Merd-les-Oussines, plusieurs implantations religieuses hospitalières ont été historiquement identifiées[3] ; pour l’ordre du Temple :

pour l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem :

Ce que montrent les rares vestiges que l’on peut étudier, c’est que les sources dont nous disposons sont trop limitées pour que l’on puisse retracer de manière détaillée l’histoire de la présence de ces ordres dans la région de Saint-Merd-les-Oussines aux XIIIe, XIVe et XVe siècles ; ainsi, par exemple, il n’existe que des informations très lacunaires sur un monument tel que la Croix du Bélier, appelé aussi Croix des Templiers, qui se trouve sur la commune de Peyrelevade, proche de Saint-Merd-les-Oussines, et qui daterait du XIVe siècle ; de plus, l’histoire de ces deux ordres, l’ordre du Temple et l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est telle que les implantations de l’ordre du Temple ont souvent été reprises et remaniées par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem[4] ; il en est ainsi, à Saint-Moreil, en Creuse, à une quarantaine de kilomètres de Saint-Merd-les-Oussines, du site de Charrières, où subsiste une église.

Les tombes sculptées des Hospitaliers aux XIIIe – XVe siècles[modifier | modifier le code]

Les sources manquent pour déterminer l’emplacement originel de la sépulture qui est maintenant dans l’église de Saint-Merd-les-Oussines ; le gisant a été, en 2012, transféré dans l’église, depuis le cimetière de la commune où il se trouvait ; cette opération de transfert et de restauration a été rendue possible grâce à de nombreuses initiatives, et, dans ce projet, l’association Les Amis du Pays de Bugeat a joué un rôle important ; ce déplacement du gisant permet d’assurer une bonne conservation de cette sculpture funéraire, bien meilleure que dans le cimetière où elle se trouvait, exposée aux intempéries ; on ignore à quelle date le gisant a été installé dans le cimetière communal ; et l’on ne sait pas non plus où était placé, avant la création de ce cimetière, le gisant qui a pu se trouver dans l’église, ou bien dans le cimetière qui jouxtait l’église, ou encore dans un bâtiment privé, manoir ou chapelle.

La présence d’un gisant de cette nature, à Saint-Merd-les-Oussines, peut être comprise si l’on prend en compte la présence de membres de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans cette région de Haute-Corrèze, comme cela a été vu plus haut ; et il faut également tenir compte du contexte culturel qui existait, dans les derniers siècles du Moyen Âge, dans le domaine des pratiques religieuses et funéraires ; nous sommes, aux XIIIe - XIVe et XVe siècles, dans une époque où change l’attitude des individus devant la mort et l’au-delà ; on observe que les défunts (si leur position sociale le permet) souhaitent de moins en moins des sépultures « discrètes » ; on se tourne vers des monuments funéraires « spectaculaires », tel le gisant de Saint-Merd-les-Oussines ; il en est ainsi de ce gisant qui met en scène, au moment de son décès, une personne socialement importante, qui est sans doute un dignitaire de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; un tel changement de mentalité a été décrit de la manière suivante : « Le témoignage de l’art et de la littérature est formel, et plus encore celui des pratiques funéraires : l’image que les hommes se font du passage dans l’au-delà se transforme considérablement pendant les derniers siècles du Moyen Âge. (…) (avant ces changements) pas de tombeaux construits, peu d’inscriptions, quelques croix, un pré couvert d’herbe : le mort rejoint dans une sorte d’indétermination spatiale et temporelle les multiples « patres », les ancêtres anonymes de la communauté (…) (après ces changements) les hommes de ce temps sont les premiers à adopter les pompes funèbres « flamboyantes » ; ils demandent à être enterrés dans les églises (…) et se font construire des tombeaux qui singularisent le mort et sa lignée pour les générations à venir[5]. »

Le gisant de Saint-Merd-les-Oussines n’est pas, en Limousin, un témoignage isolé de la présence des ordres hospitaliers dans cette partie de la France et de pratiques funéraires visant à laisser pour la postérité un monument sculpté rappelant la personne défunte ; nous connaissons ainsi deux autres gisants qui sont, en Limousin, identifiés comme des tombes de chevaliers hospitaliers :

  • en Creuse, à Maisonnisses, qui était une implantation hospitalière (et ce gisant ne peut donc pas être celui d'un Templier), dans l’église Saint-Sébastien, on peut voir le gisant d’un chevalier, en calcaire, daté du XIIIe siècle[6],
  • en Haute-Vienne, à Sainte-Anne-Saint-Priest, dans l’église Sainte-Anne, on peut voir le gisant d’un chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, en granite, daté du XIVe siècle[7].

Il existe, à Saint-Merd-les-Oussines, accolée à l’église Saint-Médard, sur un mur extérieur, dans un enfeu, une pierre tombale sculptée avec une croix en tau (la croix en tau, qui est associé avec l'ordre des Antonins, ne peut pas être liée à un chevalier hospitalier), et une épée ; la question de savoir si cette sépulture a un lien avec tel ou tel ordre n’est pas résolue.

Le bourg de Saint-Merd-les-Oussines était rattaché à la commanderie de Bellechassagne qui dépendait elle-même du grand-prieuré d’Auvergne ; étaient membres de la commanderie de Bellechassagne les localités suivantes : Courteix, Chavanac, Bugeat, Soudeilles, Sérandon, Thalamy, Saint-Bazile, et Saint-Merd-les-Oussines[8] ; il a été émis l’idée que l’établissement templier de Saint-Merd-les-Oussines était situé au lieu-dit « La Côte », à 500 mètres à l’ouest du Bourg, et que le bâtiment des Hospitaliers avait été remplacé, vers 1800, par une construction nouvelle, et que le puits qui se trouve dans la cour de cette propriété était de facture templière[9] ; il a également été avancé que la mairie actuelle de Saint-Merd-les-Oussines, qui occupe un bâtiment, construit en 1825, qui était auparavant le presbytère de la paroisse, se trouve à l’emplacement qui était celui de la commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem jusqu’au XVIIIe siècle[10].

Étude iconographique du gisant de Saint-Merd-les-Oussines[modifier | modifier le code]

Exemple d'un gisant, taillé dans le granite, se trouvant en Limousin, à Bénévent-l'Abbaye, en Creuse.

Les sculptures des gisants et leur signification[modifier | modifier le code]

Les historiens des mentalités aident à comprendre la signification des thèmes iconographiques des sculptures funéraires ; l’analyse suivante s’intéresse aux gisants de la fin du Moyen Âge :

  • « le gisant ne représente pas un défunt qui vient de mourir et qui est exposé au public avant la cérémonie des funérailles [...] ; [...] les gisants ne sont ni des morts, ni des vivants, mais des « béats », des bienheureux, des corps glorieux, éternellement jeunes [...] ; [...] ils ne sont ni des vivants insouciants, ni des agonisants douloureux, ni des morts putrescibles, ni des ressuscités dans la gloire, mais des élus qui attendent dans le repos et la paix la transfiguration du dernier jour, la résurrection [...][11] »
  • « le corps qui est représenté par le gisant est montré habillé, et présenté couché sur le dos [...] ; [...] les gisants, le plus souvent, ont les yeux grands ouverts et les plis de leurs vêtements tombent comme s’ils étaient debout et non couchés [...] ; [...] ils portent assez souvent dans leurs mains des objets [...][11] »
  • « les bas-reliefs couvrant les côtés du socle qui supporte le gisant représentent souvent le déroulement du convoi funéraire [...] ; [...] les bas-reliefs peuvent être ceux d’un convoi surnaturel, composé d’anges et de clercs alternés, ou bien ceux d’un convoi réel, formé de moines, de clercs, de pleureurs en cagoules, qui transportent et accompagnent la bière [...][11] »

Il est intéressant, pour comparer le gisant de Saint-Merd-les-Oussines avec tel ou tel autre gisant, situé dans la même région du Limousin, et datant de la même période de la fin du Moyen Âge, de découvrir la description du tombeau qui se trouve, en Haute-Vienne, dans l'église paroissiale Sainte-Anne de Sainte-Anne-Saint-Priest, qui est datable du XIVe siècle, et qui pourrait être celui d'un chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, responsable de la commanderie de l'Ordre installée à Sainte-Anne-Saint-Priest : « À l'intérieur de l'enfeu le tombeau est constitué par deux dalles : l'une verticale, à la base, sculptée en bas-relief, la seconde horizontale sur laquelle le gisant est sculpté en demi-relief[7].

Le gisant représente un ecclésiastique étendu sur un drap dont le bord est plissé en serviette. Sa tête aux cheveux courts repose sur un mince coussin rectangulaire, dans sa main gauche est placé un livre, sa main droite repose sur sa poitrine. Il porte une chasuble à galons ornés de cabochons, une aube plissée, un manipule au bras gauche, et une étole.

La dalle verticale est sculptée de six colonnes doriques qui supportent des arcs polylobés et délimitent cinq panneaux. Au centre, plus large que les autres, la scène principale : un personnage allongé (l'ecclésiastique défunt ?) est entouré par deux figures féminines tenant des enfants, l'une à sa tête (vraisemblablement une Vierge à l'Enfant assise : elle est couronnée) et la seconde à l'arrière (peut-être sainte Anne présentant l'âme du défunt, sous la forme d'un petit personnage tendant les bras en prière, à la Vierge et l'Enfant Jésus). Sur les panneaux latéraux, sont sculptés des moines : deux pleurant (celui de droite tient un livre) et deux portant des livres. »

L’iconographie du gisant de Saint-Merd-les-Oussines, avec la richesse spectaculaire de ses sculptures et la variété impressionnante des thèmes représentés, fait de ce gisant une pièce exceptionnelle, si l’on compare ce monument, richement sculpté, à d’autres tombeaux liés de la même manière aux ordres hospitaliers, et qui sont d’une extrême sobriété, comme celui que l’on trouve à Soudaine-Lavinadière[12] ; il s’agit d’une dalle funéraire en granite déposée dans l'enclos de l'église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption, contre le mur nord de l'église, au niveau du chœur, avec une croix de Malte sculptée en bas-relief sur chacun des pignons, un monument en forme de sarcophage qui pourrait dater du XVIIe siècle ; l’historien Pascal Conte[13] indique que Lavinadière a été prieuré de l’ordre du Saint-Sépulcre, et qu'il est ensuite devenu progressivement, vers la fin du XVe siècle, commanderie hospitalière.

L’iconographie du gisant de Saint-Merd-les-Oussines[modifier | modifier le code]

L’iconographie du gisant de Saint-Merd-les-Oussines a des sources d’inspiration qui sont diverses, et le sculpteur avait connaissance des différents types de gisants qui existaient à cette époque ; la disparition de la quasi-totalité des gisants de France ne permet pas de citer toutes les sources d’inspiration du sculpteur qui a travaillé à Saint-Merd-les-Oussines ; Émile Mâle parle de cette disparition et indique une source d’inspiration : les gisants ornés d’émaux que produisaient les artistes de Limoges : « Il est difficile aujourd’hui d’imaginer la prodigieuse quantité de tombeaux qui emplissaient nos églises. [...] Dans des monastères, dont le nom même aujourd’hui est oublié, on rencontrait de merveilleux tombeaux de cuivre émaillé qui semblaient d’azur et d’or ; rien n’égala jamais en magnificence ces chefs-d’œuvre des artistes de Limoges. [...] C’est la Révolution qui a presque tout détruit, mais elle a anéanti le passé avec une grandeur sauvage[14]. »

À côté des gisants ornés d’émaux (on trouve l’un de ces gisants en cuivre et émail, à l’Abbaye de Westminster, qui orne le tombeau de Guillaume de Valence), les sculpteurs de cette époque connaissaient également les gisants sculptés dans le granite ; ces gisants taillés dans la pierre pouvaient être une source d’inspiration, comme le gisant du tombeau sous enfeu, sur la face sud de l’église paroissiale Saint-Martin de Saint-Martin-Château, gisant daté du XIVe siècle, et qui se trouve dans cette région du Plateau de Millevaches où se trouve Saint-Merd-les-Oussines.

Le gisant est classé à titre d'objet des monuments historiques en 1969[15] et l'une des descriptions du gisant, dont on dispose à ce jour, est celle, succincte, que l’on trouve dans la base documentaire du Ministère de la Culture : « Tombeau, en granite taillé, avec décor en relief ; tombeau rectangulaire dont chaque côté est composé d'une dalle de granite ; une dalle sculptée recouvre le tombeau ; la dalle située aux pieds du gisant comporte des retours, elle est également sculptée ; sur la dalle de couverture figure le gisant ; deux personnages à mi-corps ornent la dalle située aux pieds du gisant[15]. »

Description des images des dalles sculptées du gisant[modifier | modifier le code]

Dalle horizontale avant et après la reconstitution du tombeau[modifier | modifier le code]

Un personnage est montré ici la tête sur un coussin.

Il est vêtu de longs vêtements, robe, recouverte d’un manteau ; robe, une coule, dont on voit les plis au niveau des cuisses et des jambes, et les emmanchures très larges autour des poignets ; manteau, une chape, dont on devine l’agrafe tenant fermés, en haut de la poitrine, les deux pans.

Ses pieds sont chaussés de chaussures à bout pointu dépassant au bas du vêtement.

Il tient une hache, qui est comme une doloire, un outil de charpentier, à son bras gauche (la doloire sert à équarrir les pièces de bois) ; il tient une herminette, également un outil de charpentier, à son bras droit (l’herminette sert à aplanir les pièces de bois).

Interprétation des sculptures de cette dalle, la « Dalle du gisant aux outils de charpentier » :

Cette sculpture représente le personnage dont le gisant est la sépulture, qui, en attente du temps de la Résurrection, a, dans le creux de son coude droit, une herminette, un outil de charpentier (attribut de Joseph de Nazareth[16]), et serre contre lui, à sa gauche, une hache, qui renvoie également à Joseph de Nazareth, et aussi à Saint Jean-Baptiste (la hache, attribut de saint Jean-Baptiste[17]) ; ce saint a été le compagnon de Jésus-Christ ; et c’est également le saint auquel était voué un hôpital de Jérusalem, une fondation datant de l’époque la plus ancienne de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (un hospice existait à Jérusalem avant l’arrivée des croisés en 1099 ; des marchands de la région de Naples avaient établi, sur l’emplacement de la maison de Zacharie, le père de Jean le Baptiste, une église, un monastère, et un hospice qui se mit sous la protection de Jean le Baptiste, dit Le Précurseur[18]) ; cette référence, dans le gisant, à Jean le Baptiste, va dans le sens d’une identification du gisant comme celui d’un membre de cet ordre ; la hache renvoie à une action matérielle (l’abattage à la hache des arbres qui ne portent pas de bons fruits), mais aussi et surtout à une tâche spirituelle.

Cette signification spirituelle est présente dans l’Évangile selon Matthieu où Jean le Baptiste est représenté ainsi : « Pour tout vêtement, Jean portait une peau de chameau et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Jérusalem venait à lui, et toute la Judée et toutes les contrées bordant le Jourdain. Chacun reconnaissait ses égarements, puis était plongé par lui dans le fleuve, le Jourdain. Dans la foule venue pour ces immersions se trouvaient bon nombre de Séparés et de sadducéens. Jean les invectiva : Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui gronde ? Vous voulez changer ? Montrez-le ! Finies les illusions ! Ne dites pas : « Abraham est notre père. » Je vous le dis, si Dieu veut donner des enfants à Abraham, il n’a besoin que de ces pierres. La hache attend au pied de l’arbre. L’arbre sans bon fruit sera abattu et brûlé[19]. »

On trouve, dans le répertoire iconographique, des représentations de saint Jean-Baptiste, telle que celle-ci :

L'illustration montrée ci-dessus, provient d'un manuscrit médiéval, le Hortus deliciarum, composé en Alsace au XIIe siècle, et que l'on ne connaît aujourd'hui que sous la forme d'une copie du manuscrit original qui a disparu en 1870 ; on y voit une illustration du Baptême du Christ, dans laquelle, derrière Saint Jean-Baptiste, on découvre une hache appuyée contre le tronc d'un arbre, rappelant la parole de saint Jean-Baptiste : « La hache attend au pied de l’arbre. L’arbre sans bon fruit sera abattu et brûlé. »

Les causes de la présence de nombreuses images de Saint Jean-Baptiste dans les sculptures, comme dans les vitraux, ou les peintures, ont été éclairées par Émile Mâle ; l'historien retient, comme l'une des causes de la multiplication des images de Jean Baptiste, le fait que ce saint était le patron de certains ordres religieux, comme l’prdre de Saint-Jean de Jérusalem :

« Il y avait aussi des ordres religieux qui étaient sous le patronage de saint Jean Baptiste. Le plus célèbre fut celui des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Leur nom leur venait d’un hôpital qu’ils avaient fondé dans la ville sainte. Quand ils devinrent les chevaliers de Rhodes, au temps où ils défendaient héroïquement leurs murs, leurs chapelles et leurs palais qu’ils appelaient « les auberges », ils firent représenter leur patron une lance à la main. Ils l’engageaient dans le combat. Les nombreux prieurés qu’ils avaient en Europe étaient ornés d’œuvres d’art consacrées à saint Jean Baptiste[20]. »

Trouvant son inspiration dans les Évangiles, la culture populaire véhicule des récits que l’on retrouve dans les images du gisant ; ces récits populaires sont présents dans des formes d’expression comme la chanson populaire limousine ou comme le conte limousin ; ces formes d’expression occupent une place importante dans la vie des campagnes, dans les derniers siècles du Moyen Âge (cette importance dure jusqu’au XXe siècle et elle s’affaiblit au cours de ce siècle, jusqu’à disparaître) ; on mesure l’importance de la figure de Saint Jean-Baptiste, dans les siècles passés, comme au XVe siècle qui voit naître le gisant de Saint-Merd-les-Oussines, en examinant des chants populaires dont certains ont été conservés jusqu’à aujourd’hui[21] ; voici l’évocation de saint Jean-Baptiste dans le « Gui-l’an-neuf » suivant (le texte est donné ici, avec une traduction en français, dans la langue limousine qui était la langue parlée en Haute-Corrèze à cette époque) ; cette chanson rappelle que Jean le Baptiste était le cousin de Jésus-Christ, car Marie, la mère de Jésus-Christ, était une cousine d’Élisabeth, la mère de Saint Jean-Baptiste :

Texte en langue limousine Traduction en français

GUILANEU
Qu’era per un divendre,
Per un divendre. (…)
Lou premier que (la Sainte-Vierge) rescountre
Qu’ei sent Jan, soun cousi…
- Dijatz-me, Jan-Batista,
Aurias-tu vist moun filh ?…

GUI-L’AN-NEUF
C’était un vendredi,
Un vendredi. (…)
La première personne qu’elle (La Sainte Vierge) rencontre
C’est saint Jean, son cousin…
- Dis-moi, Jean-Baptiste,
Aurais-tu vu mon fils ?…

Pour ce qui concerne la référence à Joseph de Nazareth, référence que l’on découvre sur la dalle horizontale du gisant, on trouve, dans le répertoire iconographique, des représentations de saint Joseph, telles que celles-ci :

La forme générale que présente le monument rappelle celle d'un « T », avec la dalle horizontale qui est la branche verticale du « T » et la dalle verticale de la tête du gisant qui est la barre du « T » ; cette forme est celle qu’épouse chaque branche de la croix dite « croix potencée » qui se termine par une béquille ; cette forme va dans le sens d’une identification du gisant comme celui d’un membre de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; en effet, une telle forme rappelle l'une des quatre branches de la croix de Jérusalem qui figurait sur l’étendard du Royaume de Jérusalem ; cette même forme se trouvait sur la bannière de la Langue d'Auvergne[22]), qui était la division territoriale de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à laquelle étaient rattachés la commanderie de Bellechassagne, ainsi que l'établissement membre de cette commanderie (à Saint-Merd-les-Oussines), qui dépendait de Bellechassagne ; voici des images montrant une croix potencée :

Dalle à la tête du monument avant et après la reconstitution du tombeau[modifier | modifier le code]

Quatre personnages sont montrés ici.

Un personnage, à gauche, est en position assise, et il porte une couronne sur la tête.

Les trois autres personnages sont séparés l'un de l'autre par un haut bâton vertical.

Ils sont vêtus de longs vêtements dont on voit les plis, et ils portent une haute coiffure sur leur tête.

Ils sont dans une position à demi fléchie, dans une attitude de respect devant une autorité.

Interprétation des sculptures de cette dalle, la « Dalle de la visite des Rois mages à Hérode » :

Cette sculpture, sur sa partie plane la plus large (les retours de la dalle sont également sculptés), met en scène, à travers quatre personnages, l’épisode de la visite des Rois mages à Hérode ; dans cette scène, les mages d’Orient, qui sont venus à Jérusalem, avertis par une étoile de la naissance d’un roi en Judée, rendent visite à Hérode, roi des Juifs, qui leur fait promettre de revenir quand ils auront trouvé l’Enfant Jésus, afin qu’il puisse l’adorer ; dans la scène sculptée, on voit quatre personnages, avec le personnage de gauche qui est Hérode, assis sur un fauteuil royal, et portant une couronne sur la tête ; les trois autres personnes, à droite, sont les Rois mages, se tenant dans une attitude de respect, habillés de longs vêtements dont on voit les plis, portant sur la tête une coiffure imposante ; cette scène de la visite des Rois mages à Hérode » est présente dans l’Évangile selon Matthieu où l’on découvre les Rois mages et Hérode[23] :

« Jésus naquit à Bethléem en Judée, à l’époque du roi Hérode. Or, des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem (…) »

« Alors Hérode fit appeler en secret les mages ; il s’informa soigneusement auprès d’eux du moment où l’étoile était apparue (…) ».

On trouve, dans le répertoire iconographique, des illustrations de la visite des Rois mages à Hérode, telles que celles-ci :

Comme cela est indiqué ci-dessus, la culture populaire trouve une partie de son inspiration dans les Évangiles ; on mesure l’importance de l’épisode des Rois mages, dans les siècles passés, comme au XVe siècle qui voit naître le gisant de Saint-Merd-les-Oussines, en examinant des chants populaires dont certains ont été conservés jusqu’à aujourd’hui[24] ; voici l’évocation de cet épisode qui met en scène les Rois mages dans le noël suivant (le texte est donné ici, avec une traduction en français, dans la langue limousine qui était la langue parlée en Haute-Corrèze à cette époque) :

Texte en langue limousine Traduction en français

Nadalet
Tres reis se rencountreroun
Dinz un gran turmen,
Quan tout d’un cop, vegueroun
Dinz lou firmamen
Una estiala serene
Que lous tiret de pena.

Noël
Trois rois se rencontrèrent
Dans une grande perplexité,
Quand, tout à coup, ils aperçurent
Dans le firmament
Une étoile sereine
Qui les tira de la peine.

Dalle du côté gauche avant et après la reconstitution du tombeau[modifier | modifier le code]

Quatre personnages sont montrés ici. Les trois personnages de gauche sont séparés du personnage de droite par un haut bâton vertical. Ils sont vêtus de longs vêtements dont on voit les plis. Ils portent un fardeau sur leurs épaules.

Interprétation des sculptures de cette dalle, la « Dalle de la parabole de la Brebis égarée » :

Cette sculpture évoque un thème (lié, comme dans d’autres sculptures du gisant, à un animal, la brebis, qui renvoie à Saint Jean-Baptiste, dont l’agneau est un attribut[17]) qui est contenu dans la parabole de la Brebis égarée ; la parabole illustrée ici, avec ces bergers qui portent sur leur épaules des animaux qui s’étaient éloignés du troupeau et qu’ils sont allés chercher pour les sauver en les ramenant dans le troupeau, est énoncée par Jésus ; le Christ fait route vers Jérusalem, et, tout au long de son chemin, il délivre son enseignement, où il est question ici de l’importance de l’attention portée aux êtres qui s’égarent ou se perdent.

Cette image de la Brebis égarée est présente dans l’Évangile selon Luc où l’on voit un berger avec l'une de ses brebis qu’il porte sur ses épaules : « Il leur a donné un exemple : Lequel parmi vous, s’il possède cent brebis et qu’il en perde une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf dans le désert jusqu’à ce qu’il trouve celle qu’il avait perdue ? Quand il la trouve, il est joyeux et la porte sur ses épaules. De retour chez lui, il invite ses amis et ses voisins en leur disant : « Partagez ma joie car j’ai retrouvé la brebis que j’avais perdue[25]. »

On trouve, dans le répertoire iconographique, des illustrations de la parabole de la Brebis égarée, telle que celle-ci :

Dalle au pied du monument avant et après la reconstitution du tombeau[modifier | modifier le code]

Deux personnages sont montrés ici, l'un, à gauche, tourné vers la droite, où se trouve le second personnage. Le personnage de gauche est nu, et il est agenouillé, en position de prière, à côté du second personnage. Le second personnage est debout, vêtu d'une longue robe dont on voit les plis. Il tient, à sa droite, un haut bâton vertical, avec, sur son côté droit, une chaîne contre son vêtement, et, dans sa main gauche, une grande clé, dont l'anneau est tourné vers le bas.

Interprétation des sculptures de cette dalle, la « Dalle du priant et de Saint Pierre » :

Cette sculpture évoque le chrétien (et, ici, la personne qui prie, dans une position d’orant, est le personnage dont le gisant est la sépulture) qui espère être délivré des liens du péché ; on le voit dans un état de nudité (matérielle et spirituelle), agenouillé, les mains jointes, plongé dans la prière ; à sa droite, se tient debout Saint Pierre, vêtu d’une longue robe, la main droite tenant un haut bâton, une chaîne pendant contre son vêtement ; sa main gauche tient une grande clé (la chaîne, la clé : des attributs de Saint Pierre[17]).

L’image sculptée du saint renvoie à la tradition, telle que la rapporte cette œuvre du XIIIe siècle, La Légende dorée :

« Enfin le quatrième objet de la fête de Saint-Pierre aux Liens est, par l’image de la délivrance du saint, de nous rappeler que, nous aussi, nous avons à être délivrés des liens du péché. Et le récit d’un miracle, que nous lisons dans le livre des Miracles de la Sainte Vierge, suffit à prouver que les clefs remises par Jésus à Saint Pierre lui permettent de délivrer des chaînes du péché ceux mêmes qui se sont condamnés à la perdition[26]. »

On trouve, dans le répertoire iconographique, des représentations de l'apôtre Saint Pierre, telle que celle-ci :

Le sens de la présence d’une ou de deux clés, dans les mains de Saint Pierre, dans les sculptures, comme dans les vitraux, ou les peintures, a été explicitée par Émile Mâle ; l'historien d'art voit dans certaines de ces images une influence de la culture populaire qui s’enchantait de voir le saint à la porte du paradis :

« L’imagination populaire avait été frappée par la clef ou les clefs que portait saint Pierre et elle ne tarda pas à se figurer qu’il était réellement le portier du ciel. Plus d’un joli fabliau a été écrit sur ce sujet. Mais ce qui mérite d’intéresser tout particulièrement l’historien de l’art, c’est que dans les grands Jugements derniers sculptés au portail de nos cathédrales, saint Pierre est représenté avec ses clefs à la porte du Paradis ; c’est lui qui l’ouvre aux élus. Ce fut là évidemment une concession de l’Église à la fantaisie populaire. Cette foule candide était charmée de retrouver saint Pierre à la porte du ciel, comme dans les contes. Les théologiens n’avaient pas de peine à rendre raison de ce saint Pierre ouvrant le Paradis avec sa clef. Ils expliquaient que saint Pierre symbolisait l’Église qui seule a le pouvoir de nous introduire dans la vie éternelle[20]. »

Images du gisant : le programme, les artistes, les sources[modifier | modifier le code]

Gisant d'Étienne d'Obazine, Abbaye d'Aubazine, Corrèze, datant du milieu du XIIIe siècle, chef-d'œuvre de la sculpture savante sur calcaire.

Un programme iconographique riche et cohérent[modifier | modifier le code]

Ce que montre un gisant, c’est une personne, décédée, qui est dans une attitude d’attente sereine du temps de la Résurrection ; une lecture « biblique » des sculptures du gisant de Saint-Merd-les-Oussines permet d’identifier les figures de la Chrétienté auxquelles le personnage, avant sa mort sans doute (les tombeaux sculptés étaient fréquemment réalisés du vivant de la personne qui les commandait), a souhaité se vouer. C’est ainsi que le gisant montre : Saint Jean-Baptiste (évoqué par la hache) ; Jésus-Christ (évoqué par l’agneau, présent dans l’Annonce aux bergers et dans la parabole de la brebis égarée, l’agneau renvoyant également à Saint Jean-Baptiste ; Saint-Pierre qui se dresse, avec sa clé, au pied du gisant, en gardien du Ciel[27].

Une autre lecture du gisant peut être faite, une lecture « laïque », en observant ces mêmes éléments iconographiques, et en relevant que l’agneau, comme la hache, renvoient à la vie sur les plateaux de Haute-Corrèze, à cette époque : l’élevage des ovins était alors couramment pratiqué, sur les landes ; l’exploitation des forêts, l’abattage des arbres apportaient aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem une partie de leurs revenus[22].

La succession des images, telle qu’elle apparaît si l’on parcourt les scènes sculptées du gisant, de la tête au pied du monument, est tout à fait cohérente, dans un ordre chronologique : la naissance (l’Annonce aux bergers) ; le baptême (auquel renvoie la hache qui évoque Saint Jean-Baptiste ; l’âge adulte (c’est l’âge de Jésus-Christ au temps où il délivre la parabole de la brebis égarée ; la mort (le personnage nu, aux côtés de Saint-Pierre, qui veille aux portes du Ciel ; on retrouve là, narrés dans les sculptures, des épisodes bibliques ; mais, ce que le gisant nous raconte également, ce sont les grandes étapes de l’existence de cette personne dont il est le tombeau[11].

Maçons de la Creuse : les tailleurs de pierre de la Montagne limousine[modifier | modifier le code]

On connaît le savoir-faire des ouvriers du bâtiment limousins, paveurs, plâtriers, couvreurs, maçons, tailleurs de pierre, à travers les documents que les historiens découvrent quand ils étudient le phénomène d'émigration des maçons creusois, quittant leurs bourgs et leurs villages pour aller travailler sur des chantiers très éloignés, à Chartres, à Paris, et même plus loin encore ; cette émigration est ancienne (et, donc, le talent de ces artisans du bâtiment est ancien également) ; les documents montrent que, au XIIIe siècle, en 1287, un tailleur de pierre, Étienne de Bonnuel, de La Souterraine, a été embauché pour travailler à la construction de la cathédrale d'Uppsala, en Suède ; au XIVe siècle, les migrants maçons limousins sont nombreux à Chartres ; au XVe siècle, on a la trace de maçons limousins qui travaillent à Saint-Ouen ; le savoir-faire existait donc, dans la Montagne Limousine, pour que le gisant soit sculpté par un artisan de la région[28].

Le manque de documents sur les tailleurs de pierre du XVe siècle fait que l'identification du ou des sculpteurs qui ont créé le gisant est hors d'atteinte, aussi longtemps que ces documents feront défaut ; ce qui est néanmoins possible, c'est de proposer un corpus d'œuvres sculptées, gisants, bas-reliefs, hauts-reliefs, existant dans la région, dans un territoire d’une vingtaine de kilomètres autour de Saint Merd-les-Oussines (et, très exactement, dans la partie de ce périmètre qui est à cheval entre la Corrèze et la Creuse actuelles), de telle sorte que la manière de tailler la pierre, à cette époque, dans cette région, soit mise en lumière ; Joseph Nouaillac a justement observé que, dans cet art de la sculpture des maçons creusois, à cette époque : « Les sujets ne sont pas copiés servilement, mais traités avec un naïf réalisme, un peu compliqué et d’une allure souvent dramatique[29]. »

Le corpus de ces œuvres est le suivant :

Département Commune Lieu Description de l’œuvre Illustration
Corrèze Saint-Sulpice-les-Bois Église Saint-Sulpice Monument funéraire : gisant

Cette sculpture se trouve à l'extérieur de l'église paroissiale Saint-Sulpice ; dalle funéraire ; granite ; gisant sculpté en relief ; représentation d'une tête et d'un buste seulement ; date du XIVe siècle ou du XVe siècle (?)

Voir la notice de la Base Palissy[30]
Corrèze Tarnac Église Saint-Gilles Saint-Georges Bas-relief : prélat bénissant un laïc

Cette sculpture se trouve à la partie supérieure du portail nord ; bas-relief de l'église du XIIe siècle remployé dans le mur du XIVe siècle ; granite ; prélat bénissant un personnage laïque ; date du XIIe siècle

Voir la notice de la Base Palissy[31]
Corrèze Couffy-sur-Sarsonne Église Saint-Martial Dalle funéraire (gisant) d'un seigneur

Cette sculpture se trouve dans l'église ; granite monolithe taillé avec décor en bas-relief ; représente un chevalier, en pied, avec casque, épée ; une épitaphe gravée indique qu'il s'agit du gisant d'un chevalier de Châteauvert : « ICI GISENT LES SEIGNEURS DE CHATEAUVERT » (traduction d'une partie de l'inscription qui est en latin) ; date du XIIIe siècle (?)

Voir la notice de la Base Palissy[32]
Creuse Gentioux-Pigerolles Église Sainte-Madeleine de Pallier Haut-relief : Vierge de pitié

Cette sculpture se trouve dans l'église ; granite ; sculpture intégrée dans un mur de l'église ; manquent les jambes du Christ ; ce relief, très fruste, est dû à un atelier local et peut être daté du XVIe siècle ; il a été remonté dans la maçonnerie de l'église ; il date du XVIe siècle (?)

Voir la notice de la Base Palissy[33]
Creuse Malleret Malleret au lieu-dit Pradal Monument funéraire : gisant

Cette sculpture se trouve dans une cour de ferme, posé près du four ; granite ; le monument présente un personnage ; provient de l'ancien cimetière de Malleret situé près de l'église ; date du XIIIe siècle ou du XIVe siècle

Voir la notice de la Base Palissy[34]

Pour caractériser la facture de ces sculptures, on peut rappeler que, parlant des artistes flamands du XVe siècle, Ernest Lavisse décrit leur manière en lui donnant le nom de « réalisme naïf », et cette formule peut être reprise pour les artistes tailleurs de pierre de la Montagne limousine :

« (ils) ne sont point des hommes de culture raffinée ; ils ignorent à peu près l'antiquité, copient seulement ce qu'ils voient dans leur pays : tout chez eux est simplicité, patience, réalisme naïf. Mais leur art n'est pas une plate reproduction du réel, parce qu'on y sent vibrer une foi religieuse très profonde (…)[35]. »

C’est ce « réalisme naïf » qui est admirable, à Tarnac, à Pallier, comme à Saint-Merd-les-Oussines, avec le gisant.

Sources possibles d'inspiration : les émaux de Limoges[modifier | modifier le code]

Les sculptures représentant personnages et scènes de la Bible sur les quatre dalles de granite du gisant ont été rapprochées ci-dessus d’autres œuvres qui campent les mêmes personnages et les mêmes scènes ; ces œuvres proposées à titre de comparaison sont de quatre types : sculptures, peintures/miniatures, vitraux, émaux, et elles proviennent de centres artistiques assez éloignés du Limousin, pour la plupart ; pour tenter de proposer des sources possibles d’inspiration pour les sculptures du gisant, il est utile de mettre en valeur quelques œuvres d’émaillerie produites à Limoges aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, des œuvres qui étaient sans doute connues des artisans et artistes du XVe siècle; le centre artistique de Limoges, à cette époque, a produit dans ses ateliers d’émaux des œuvres admirées dans toute l’Europe, dont voici quelques exemples[36] :

Il est utile de compléter cette confrontation, entre le gisant et des possibles sources d’inspiration, par le point de vue de Marie-Madeleine et Serge Gauthier sur la sculpture limousine, romane et gothique, de granite, dans les localités limousines des campagnes :

« (à la période romane) Citons, entre bien d’autres, (…) le porche de Lagraulière (voir la notice de la Base Palissy référencée ici[37] (…) Longtemps méprisée et encore mal connue la sculpture limousine de granit mériterait une ample étude spéciale qui en éclairerait les sources et le développement. (…)

(à la période gothique) Partout à travers la campagne limousine, des Vierges à l’Enfant, des Pietà de calcaire et même de granit (…) ont été sculptés de la fin du XIIIe au début du XVIIe siècle ; leur savoureuse rusticité empêche souvent de les dater[38]. »

Complétons cette analyse par le point de vue, sur la sculpture romane limousine de granite, de Claude Andrault-Schmitt, Xavier Lhermite, Evelyne Proust, Eric Sparhubert :

« Avec la Bretagne, le Limousin est l'une des rares régions françaises où les sculpteurs romans ont dû affronter le granit. Avons-nous là un marqueur d'identité ? Autrement dit, le granit fait-il la sculpture romane limousine ?

Comme partout dans le monde roman, les premiers sculpteurs limousins, en quête de motifs, ont puisé dans le répertoire antique et dans les manuscrits avec des résultats médiocres du fait des contraintes du matériau. (…) Cependant, on relève dans ces œuvres un grand sens de la composition et du mouvement ainsi qu'une exceptionnelle vigueur du relief. Ce courant de la sculpture romane se caractérise par un feuillage extrêmement dynamique où de profonds creusements au trépan procurent un puissant effet de clair-obscur. (…)

Cet art, tributaire du granit, dominé par la recherche de l'effet plastique, survit jusque vers 1150 et même au-delà sur les chapiteaux de Saint-Léonard et de Solignac, mais n'est pas sorti de la région. C'est en ce sens qu'on pourrait le qualifier de sculpture romane limousine[39]. »

Image du défunt : les Limousins dans l’histoire religieuse au XVe siècle en Haute-Corrèze[modifier | modifier le code]

Cette illustration montre Pierre d'Aubusson, dont il convient de parler quand on évoque la seconde moitié du XVe siècle et les membres de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Heurs et malheurs dans la Montagne limousine au XVe siècle[modifier | modifier le code]

La fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle connaissent des épisodes de malheurs qui sont liés à trois évènements : les luttes de la Guerre de Cent Ans (ainsi, en 1371, Bertrand du Guesclin fait le siège d’Ussel alors que la ville est tenue par une garnison anglaise) ; les exactions de bandes de pillards (ainsi, autour de l’année 1430, le chef d’une bande, les Écorcheurs, Rodrigue de Villandrando, rançonne Ussel et Meymac) ; des disettes et des épidémies (ainsi, entre 1452 et 1455, la peste frappe, à nouveau, en Limousin)[40].

Des années 1450 (où se termine la Guerre de Cent Ans) jusqu’aux années 1560 (où débutent les Guerres de religion), le Limousin a pu vivre en paix, pendant plus d’un siècle.

Grande et petite noblesse au service de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Concernant les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, il est important de noter que, de 1313 à 1750, Bourganeuf (une ville située à environ 60 kilomètres de Saint-Merd-les-Oussines) a été le siège de l’une des huit « langues » (l'Occident avait été divisé par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en huit langues, dont, pour le territoire de la France actuelle, les langues de Provence, d’Auvergne, de France, avec, à leur tête, un prieur) la Langue d'Auvergne.

Des personnes issues de familles nobles du Limousin et du La Marche se sont mises, en grand nombre, au service de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; ainsi, de la noblesse qui jouait un rôle important à cette époque dans ces régions, sont issues, pour le XVe siècle, quatre personnalités qui ont été grands maîtres de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem[40] :

Si l’on se donne pour objectif, non pas d’identifier précisément la personne dont le gisant est le tombeau, mais d’ouvrir une piste pour une telle identification, on peut suivre un premier chemin qui est celui des Aubusson : il existe une masse importante d’informations sur cette famille, qui était une famille d’ancienne noblesse. Dans la seconde moitié du XVe siècle, cette famille d'Aubusson donne aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem un haut dignitaire de cet ordre : Pierre d'Aubusson, prieur de la langue d'Auvergne en 1475-1476, puis grand maître de l’ordre de 1476 à 1503, comme on vient de le voir.

Cette même famille donne à l’ordre des dignitaires de rang moins élevé, comme la personne citée ci-dessous : un commandeur de Bellechassagne[41] ; il est à noter que Saint-Merd-les-Oussines était « membre » (une dépendance) de cette commanderie (on ne sait pas si ce Guillaume d’Aubusson, bénédictin, a pu être également Hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, ce qui allait contre l’une des conditions pour rejoindre l’ordre, qui était de ne pas appartenir à un autre ordre) :

« XVII. – Jean d’Aubusson, deuxième du nom, chevalier, Sgr de La Borne et du Doignon, (…) eut :

5° Guillaume, religieux Bénédictin [Sgr de La Feuillade, frère de Guyot, vivait le ] : un de ce nom, chevalier en 1443, fut commandeur de Belle-Chassagne, 1481, 1490 ; (…) »

Des familles nobles dans la région de Saint-Merd-les-Oussines[modifier | modifier le code]

À partir de son iconographie, le gisant de Saint-Merd-les-Oussines apporte d’utiles renseignements sur le comportement religieux des membres de la noblesse (le personnage de la sépulture sculptée de Saint-Merd-les-Oussines appartenait à cette catégorie sociale, d’où étaient issus des dignitaires religieux, et qui disposait des moyens permettant l’édification d’un tel monument) dans cette région de Haute-Corrèze ; inversement, les connaissances disponibles sur les membres de cette noblesse aident, non pas à identifier précisément la personne dont le gisant est le tombeau, mais à ouvrir une piste pour une telle identification.

Une piste à suivre est celle des Mirambel : il existe des informations sur une famille de la petite noblesse, les Mirambel, qui avaient des possessions dans cette région, comme aux Oussines, village distant de Saint-Merd-les-Oussines de moins de deux kilomètres (un château, construit au XVIe siècle, aux Oussines, et aujourd’hui disparu, a été la propriété des Seigneurs de Mirambel, avant d’être celle de la famille des Assis)[42].

Les Mirambel appartiennent, au XVe siècle, à la petite noblesse, et représentent une branche cadette de la famille des seigneurs de Saint-Rémy, une paroisse proche de Sornac ; ces Mirambel avaient pour patronyme La Chassagne, et ils étaient d’origine chevaleresque ; les armes des La Chassagne de Mirambel représentent un écu, incliné, « à trois besants » (cercles à double circonférence ; le besant est un disque saillant sculpté ; c'est aussi une monnaie byzantine d'or et d'argent répandue au temps des croisades ; en héraldique, le besant est une figure circulaire d'or ou d'argent) ; cet écu est surmonté d’un casque de chevalier, et il est soutenu par des anges[43].

L’un des membres de cette famille, qui est répertorié dans le nobiliaire de Joseph Nadaud, et qui était vivant au XVe siècle, est le suivant[41] (on ne sait pas ici si cet Antoine de la Chassaigne a pu être Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, ce qui supposait plusieurs conditions, dont l’une était d’être de noblesse suffisamment ancienne, l’autre de ne pas avoir été marié pour satisfaire à la règle de chasteté) :

« I.-Antoine de la Chassaigne rendit deux hommages au seigneur de Magnac, le et le . »

Les sépultures des Hospitaliers : frères et confrères[modifier | modifier le code]

L’étude du monument de Saint-Merd-les-Oussines doit tenir compte des situations diverses qui existaient pour des personnes que l’on identifie sous l’appellation générique de dignitaires de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; on trouve peu de gisants pour lesquels il est possible d’identifier précisément la personne dont le monument sculpté est le tombeau, comme c’est le cas à l’Abbaye d'Aubazine où se trouve le tombeau d’Étienne de Vielzot (mort en 1159), fondateur de l'abbaye ; tel ou tel gisant, documenté comme celui d’un « chevalier de Saint-Jean de Jérusalem », ne permet pas de dire la nature précise des liens entre le défunt et l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; en effet, à côté des « frères », membres à part entière de l’ordre, il existait, comme le rappelle Alain Demurger[44], une catégorie de personnes (à laquelle appartenait peut-être le personnage dont le gisant est le tombeau) qui effectuaient une donation à l’Ordre en échange d’une rente qui était versée, à vie, à cette personne ; le donateur était alors assuré de terminer ses jours en bénéficiant de l’aide spirituelle des membres de l’Ordre ; il pouvait ainsi bénéficier des prières des frères et d’une sépulture dans leur cimetière ; le donateur faisait ce don de manière définitive, jusqu’à la fin de ses jours, et ce don était également souvent accompagné du don de sa personne ; il devenait alors, dans l’organisation des Hospitaliers, un confrère, ou bien un donné (celui qui se donne, lui et ses biens, à un ordre religieux), ces deux statuts étant assez proches l’un de l’autre.

La recherche de personnages qui sont comme des modèles de personnes qui ont pu être celles dont gisant est le tombeau peut donc s’orienter vers des personnalités qui ne sont pas connues comme ayant été des frères chez les hospitaliers, mais qui ont pu terminer leur existence en se rapprochant de l’ordre (dont ils ont pu être proches à travers leurs liens familiaux), devenant confrères ou bien donnés, à l’approche de leur fin de vie. On peut ainsi mettre en lumière la figure d’Antoine d’Aubusson, qui appartenait à deux familles illustres[45] : la famille des Aubusson (son oncle était le fameux Pierre d’Aubusson, dont on a vu, plus haut, qu’il a été grand maître de l’Ordre de 1476 à 1503), par son grand-père, Renaud d’Aubusson ; la famille des Comborn (Saint-Merd-les-Oussines était sur le territoire de la Vicomté de Comborn), par sa grand-mère, Marguerite de Comborn. Voici comment est décrite la filiation d’Antoine d’Aubusson par Joseph Nadaud[41] (on ne sait pas ici si cet Antoine d’Aubusson, fils d’Antoine d’Aubusson et de Louise de Peyre, a pu être Hospitalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, mais l’on peut noter l’indication qu’il est mort sans alliance, et le fait qu’il était né dans une famille d’où étaient issus des dignitaires de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem) :

« XVIII. – Antoine d’Aubusson, chevalier, Sgr du Monteil-au-Vicomte, (…). En 1480, il mena à ses dépens plus de 3 000 hommes pour secourir son frère, grand maître de Rhodes, qui le fit général de ses troupes, honneur dont il se rendit digne par sa valeur. Peu après son retour, il mourut, dans son château du Monteil, le . (…)

Il épousa : 1er Marguerite de Villequier (…)

Il épousa : 2e Louise de Peyre (…)

dont : 1) Antoine, Sgr du Monteil, mort sans alliance après l'an 1500 (…) »

Un membre de la noblesse de cette époque, tel Guillaume d’Aubusson, ou bien Antoine de la Chassaigne, ou bien Antoine d'Aubusson, appartient à cette catégorie sociale dont les représentants ont pu avoir leur tombeau matérialisé par des dalles sculptées en bas-relief, mais il reste que l'identification de la personne dont le gisant est le monument funéraire est hors d'atteinte, aussi longtemps qu'un document faisant le lien entre telle ou telle personne et le gisant de Saint-Merd-les-Oussines fera défaut.

Référencement[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Gisant de Saint-Merd-les-Oussines », notice no PM19000387, base Palissy, ministère français de la Culture
  2. Régine Pernoud, Les Templiers, Paris, Presses universitaires de France, 1992
  3. Jean-Marie Allard, « Templiers et Hospitaliers en Limousin au Moyen Âge », revue Mabillon, 14 (tome 75) 2003, Turnhout, Brepols
  4. Julien Frizot, Sur les pas des Templiers en terre de France, Rennes, Ed. Ouest-France, 2005
  5. Jacques Chiffoleau, « La religion flamboyante (v. 1320 – v. 1520) », dans Histoire de la France religieuse, sous la direction de Jacques Le Goff et René Rémond, Éditions du Seuil, Paris, 1988
  6. « Gisant de Maisonnisses », notice no PM23000117, base Palissy, ministère français de la Culture
  7. a et b « Gisant de Sainte-Anne-Saint-Priest », notice no PM87000298, base Palissy, ministère français de la Culture
  8. http://www.templiers.net/departements/index.php?page=19
  9. http://saint-merd-les-oussines.e-monsite.com/pages/notre-histoire.html
  10. Raymond Pérel, Châteaux et maisons anciennes dans le Pays de Bugeat, Bugeat, Les Amis du Pays de Bugeat, 2006
  11. a b c et d Philippe Ariès, L'Homme devant la mort, Paris, Éd. du Seuil, 1985
  12. mémoire
  13. Limousin culture
  14. Émile Mâle, L'art religieux de la fin du Moyen Âge en France : étude sur l'iconographie du Moyen Âge et sur ses sources d'inspiration, Paris, A. Colin, 1995
  15. a et b « tombeau (gisant) : un dignitaire de l'ordre de Malte », notice no PM19000387, base Palissy, ministère français de la Culture
  16. Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau, La Bible et les saints : guide iconographique, Paris, Flammarion, 1994
  17. a b et c Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau, La Bible et les saints : guide iconographique, Paris, Flammarion, 1994
  18. Bertrand Galimard Flavigny, Les chevaliers de Malte : des hommes de fer et de foi, Paris, Gallimard, 1998
  19. Collectif, La Bible, traduction sous la direction de Frédéric Boyer, Jean-Pierre Prévost et Marc Sevin, Paris, Bayard, 2001 ; Évangile selon Matthieu ; 3 : 4-12
  20. a et b Émile Mâle, Les Saints compagnons du Christ, Paris, P. Hartmann, 1958
  21. Jean-Baptiste Chèze, Léonard Branchet et Johannès Plantadis, Chants et chansons populaires du Limousin, Revue Lemouzi, Paris, 1908 (Réédition par la Revue Lemouzi, Tulle, no 136, octobre 1995)
  22. a et b Bertrand Galimard Flavigny, Les chevaliers de Malte : des hommes de fer et de foi, Paris, Gallimard, 1998
  23. Collectif, La Bible, traduction sous la direction de Frédéric Boyer, Jean-Pierre Prévost et Marc Sevin, Paris, Bayard, 2001 ; Évangile selon Matthieu ; 2 : 1 et 2 : 7
  24. Jean-Baptiste Chèze, Léonard Branchet et Johannès Plantadis, Chants et chansons populaires du Limousin, revue Lemouzi, Paris, 1908 (Réédition par la revue Lemouzi, Tulle, no 136, octobre 1995)
  25. Collectif, La Bible, traduction sous la direction de Frédéric Boyer, Jean-Pierre Prévost et Marc Sevin, Paris, Bayard, 2001 ; Évangile selon Luc ; 15 : 3-7
  26. Jacques de Voragine, La Légende dorée, traduction du latin par Teodor de Wyzewa, Paris, Éditions du Seuil, 1998
  27. Louis Réau, Iconographie des saints, 3 tomes, Paris, Presses universitaires de France, 1958-1959
  28. Annie Moulin, Les Maçons de la Creuse, les origines du mouvement, Faculté des lettres et sciences de l'université de Clermont-Ferrand, publication de l'institut d'études du Massif Central, 1997, p. 11
  29. Histoire du Limousin et de la Marche limousine, Paris, Charles-Lavauzelle, 1949
  30. Notice no IM19000412, base Palissy, ministère français de la Culture
  31. Notice no IM19000837, base Palissy, ministère français de la Culture
  32. Notice no IM19000015, base Palissy, ministère français de la Culture
  33. Notice no IM23000780, base Palissy, ministère français de la Culture
  34. Notice no IM23000622, base Palissy, ministère français de la Culture
  35. Ernest Lavisse, Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution, Tome quatrième. Les premiers Valois et la Guerre de Cent ans (1328-1422), Charles VII, Louis IX et les premières années de Charles VIII (1422-1492), Paris, Hachette, 1902
  36. Marie-Madeleine Gauthier et Serge Gauthier, "L'art dans la Limousin et la Marche", dans Aimé Perpillou, Marc Ballot, Marie-Madeleine Gauthier, Serge Gauthier, André Betgé, Visages du Limousin et de la Marche, Paris, Éditions des Horizons de France, 1950
  37. Notice no PA00099782, base Palissy, ministère français de la Culture
  38. Marie-Madeleine Gauthier et Serge Gauthier, "L'art dans la Limousin et la Marche", dans Aimé Perpillou, Marc Ballot, Marie-Madeleine Gauthier, Serge Gauthier, André Betgé, Visages du Limousin et de la Marche, Paris, Éditions des Horizons de France, 1950
  39. Claude Andrault-Schmitt, Xavier Lhermite, Evelyne Proust, Eric Sparhubert, « Orgueil et préjugés : le Limousin et l'invention artistique au Moyen Âge (XIe – XIIe siècle) », dans Le Limousin, pays et identités : enquêtes d'histoire, de l'Antiquité au XXIe siècle, sous la direction de Jean Tricard, Philippe Grandcoing, Robert Chanaud, Limoges, Pulim, 2006.
  40. a et b Joseph Nouaillac, Histoire du Limousin et de la Marche limousine, Paris, Charles-Lavauzelle, 1949
  41. a b et c Joseph Nadaud, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, Limoges, V. H. Ducourtieux : Chapoulaud frères, 1863-1882
  42. Raymond Pérel, Châteaux et maisons anciennes dans le Pays de Bugeat, Bugeat, Les Amis du Pays de Bugeat, 2006.
  43. http://saintremy.mairie.pagespro-orange.fr/Les_seigneurs_de_Champagnac-la-Noaille.pdf Étude de Claude Latta qui évoque les Mirambel de Saint-Rémy et les Mirambel de La Noaille.
  44. Alain Demurger, Chevaliers du Christ : les ordres religieux militaires au Moyen Âge : XIe – XVIe siècle, Paris, Éd. du Seuil, 2002
  45. Gilles Rossignol, Pierre d'Aubusson : le bouclier de la chrétienté, Besançon, Éd. la Manufacture, 1991

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean-Marie Allard, « Templiers et Hospitaliers en Limousin au Moyen Âge », revue Mabillon, 14 (tome 75) 2003, Turnhout, Brepols
  • Philippe Ariès, L'Homme devant la mort, Paris, Éd. du Seuil, 1985
  • Bernadette Barrière et autres auteurs, Les ordres religieux au Moyen Âge en Limousin, Treignac, Ed. Les Monédières, 2003
  • Georges Bordonove, La vie quotidienne des Templiers au XIIIe siècle, Paris, Hachette, 1975
  • Jacques Chiffoleau, « La religion flamboyante (v. 1320 – v. 1520) », dans Histoire de la France religieuse, sous la direction de Jacques Le Goff et René Rémond, Éditions du Seuil, Paris, 1988
  • Collectif, La Bible, traduction sous la direction de Frédéric Boyer, Jean-Pierre Prévost et Marc Sevin, Paris, Bayard, 2001
  • Collectif, Le Limousin, pays et identités : enquêtes d'histoire, de l'Antiquité au XXIe siècle, sous la direction de Jean Tricard, Philippe Grandcoing, Robert Chanaud, Limoges, Pulim, 2006
  • Alain Demurger, Chevaliers du Christ : les ordres religieux militaires au Moyen Âge : XIe – XVIe siècle, Paris, Éd. du Seuil, 2002
  • Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau, La Bible et les saints : guide iconographique, Paris, Flammarion, 1994
  • Julien Frizot, Sur les pas des Templiers en terre de France, Rennes, Ed. Ouest-France, 2005
  • Bertrand Galimard Flavigny, Les chevaliers de Malte : des hommes de fer et de foi, Paris, Gallimard, 1998
  • Jean-Loup Lemaitre, Des Templiers aux Chevaliers de Malte : Les églises des ordres militaires au Pays d'Ussel, Musée du Pays d'Ussel, 2009
  • Émile Mâle, Les Saints compagnons du Christ, Paris, P. Hartmann, 1958
  • Émile Mâle, L'art religieux de la fin du Moyen Âge en France : étude sur l'iconographie du Moyen Âge et sur ses sources d'inspiration, Paris, A. Colin, 1995
  • Annie Moulin, Les Maçons de la Creuse, les origines du mouvement, Faculté des lettres et sciences de l'université de Clermont-Ferrand, publication de l'institut d'études du Massif Central, 1997
  • Joseph Nadaud, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, Limoges, V. H. Ducourtieux : Chapoulaud frères, 1863-1882
  • Joseph Nouaillac, Histoire du Limousin et de la Marche limousine, Paris, Charles-Lavauzelle, 1949
  • Erwin Panofsky, La sculpture funéraire de l'Égypte ancienne au Bernin, Paris, Flammarion, 1995
  • Raymond Pérel, Châteaux et maisons anciennes dans le Pays de Bugeat, Bugeat, Les Amis du Pays de Bugeat, 2006
  • Raymond Pérel, Le pays de Bugeat dans l'histoire. Tome 1, De la Préhistoire à l'aube du XXe siècle, Treignac, Éd. les Monédières, 2001
  • Régine Pernoud, Les Templiers, Paris, Presses universitaires de France, 1992
  • Aimé Perpillou, Marc Ballot, Marie-Madeleine Gauthier, Serge Gauthier, André Betgé, Visages du Limousin et de la Marche, Paris, Éditions des Horizons de France, 1950
  • Louis Réau, Iconographie des saints, 3 tomes, Paris, Presses universitaires de France, 1958-1959
  • Augustin Vayssière, L’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem en Limousin, Tulle, Imp. E. Crauffon, 1884
  • Gilles Rossignol, Pierre d'Aubusson : "le bouclier de la chrétienté", Besançon, Éd. la Manufacture, 1991
  • Jacques de Voragine, La Légende dorée, traduction du latin par Teodor de Wyzewa, Paris, Éditions du Seuil, 1998

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