Girard Desargues

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Girard Desargues

Description de l'image  Gérard Desargues.jpeg.
Naissance 21 février 1591
Lyon (France)
Décès octobre 1661 (à 70 ans)
Lyon (France)
Nationalité Française
Champs Architecture, mathématiques
Renommé pour géométrie projective,
Théorème de Desargues,
étude des conique

Girard Desargues, alias S.G.D.L. (le Sieur Girard Desargues Lyonnois comme il signe lui-même ses écrits) est un géomètre et architecte français né à Lyon le 21 février 1591 et mort à Lyon en octobre 1661. Considéré comme l’un des fondateurs de la géométrie projective, il en tira une théorie unifiée des coniques. On lui doit le théorème de Desargues sur les triangles en perspective, mais aussi le théorème de Desargues sur l’involution.

En 1964, l'Union astronomique internationale a donné le nom de Desargues à un cratère lunaire.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

On ne dispose que de documents épars sur la vie de Desargues, et les années antérieures à 1630 sont mal connues. Desargues était apparemment le troisième de six enfants : Jean et Christophe, ses deux frères aînés, avocats au Parlement de Paris, puis Antoine, Françoise et Catherine. En 1621, il est négociant en soie à Lyon, mais en 1626, il a déjà effectué un voyage en Flandres, et demande à la ville de Paris un brevet pour la construction et l'exploitation de fontaines. En 1628, ses deux aînés venant de décéder, il se porte fort pour hériter des biens familiaux. La participation de Desargues au siège de La Rochelle (1627-1628) est plausible, mais n'a jamais été étayée par des sources documentaires.

Installation à Paris[modifier | modifier le code]

Desargues s'installe à Paris vers 1630. En 1634, le père Mersenne évoque dans ses lettres un traité de perspective que Desargues est en train de rédiger, mais ses premiers traités datent de 1636. Transmis aux membres de l'Académie de Mersenne, ces ouvrages sont appréciés de Fermat et Descartes en particulier, mais il n'en va pas de même du Brouillon project d'une atteinte aux evenemens des rencontres du cone avec un plan, écrit dans un langage emprunté à la "langue de bois" des compagnons charpentiers, c’est-à-dire les signes de marquage des pièces de charpente, les orientant sur le chantier. Ce petit traité, exploitant les constructions de la perspective conique pour étudier les propriétés des coniques (ellipse, parabole, hyperbole) introduit pour la première fois les notions de dualité point-droite et de point à l'infini. Descartes estime les méthodes géométriques de Desargues mais juge le style du livret inutilement obscur et provocant, car la priorité doit être la clarté de l'expression. Cela dit, Descartes dénigre aussi l'Essay pour les Coniques du jeune Blaise Pascal, en disant que ce dernier a surtout profité des leçons de Desargues.

Querelle avec Beaugrand[modifier | modifier le code]

En 1636, le Secrétaire du Roi Jean de Beaugrand avait publié un traité intitulé Geostatice sur la forme de la loi de gravitation, traité dont les démonstrations furent contestées entre autres par Descartes, Guy de La Brosse et Desargues. Beaugrand à son tour critiqua le brouillon-project de Desargues en contestant l'originalité des propositions du traité, empruntées aux Coniques d'Apollonius. La querelle s'envenima jusqu'à la mort de Beaugrand en 1642.

Application aux arts[modifier | modifier le code]

À partir de 1639, Girard Desargues ouvre un cours privé pour enseigner aux artisans (tailleurs de pierre, charpentiers, graveurs, fabricants d'instruments) les applications de sa technique de perspective linéaire, qui introduit implicitement (par le fait que les fuyantes parallèles concourent à l'infini) et pour la première fois l'idée d'un point à l'infini. Le graveur Abraham Bosse, entre autres, fréquente cette institution à partir de 1641, et devient dès lors le propagandiste le plus fidèle de la méthode du géomètre lyonnais. Par contre, les architectes et les peintres contestent ses méthodes. En réalité un conflit dont l'amplitude nous échappe est engagé, qu'il faut paralléliser avec le combat que livre Abraham Bosse contre l'Académie. Desargues est blessé à la gorge après une tentative d'assassinat d'un compagnon du devoir, à un moment où le compagnonnage est divisé entre protestants et catholiques, et que Desargues prend nettement parti pour la reconnaissance des savoirs de l'art du trait transmis par le compagnonnage, et contre l'accaparement des sciences par les clercs. La polémique se poursuit bien après la mort de Desargues où ses théorèmes sont combattus par les Jésuites jusqu'au XVIIIe siècle, après quoi ils ne seront même plus connus.

Retour à Lyon[modifier | modifier le code]

Girard Desargues - Plaque à Lyon

Les troubles de la Fronde incitent Desargues à regagner Lyon en 1648. Il loge sur la rive gauche de la Saône, dans une maison située sur le pont du Change, au-dessus de l'arche dite "des Merveilles". C'est sans doute à cette époque qu'il participe à la construction de certains édifices, comme la façade de l'hôtel de ville. En 1651, il bâtit l'hôtel Olivier de Senozan, situé au numéro 1 de la rue du Colonel-Chambonnet[1]. Cet hôtel, aujourd'hui appelé Hôtel de l'Europe, a logé depuis une grande partie des souverains de passage à Lyon[1],[2].

Une lettre de Huygens donne à entendre qu'en 1660, Desargues avait toutefois regagné Paris car il participait à l'académie Mylon.

Œuvres de Desargues[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Informations touristiques, sur guichetdusavoir.org
  2. Louis Maynard, Rues de Lyon, éditions des Traboules, p. 48

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Mathématiques en Europe au XVIIe siècle

Liens externes[modifier | modifier le code]