Giovanni Gerolamo Savoldo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Giovanni Gerolamo Savoldo
Naissance
Décès
Après 1548
VeniseVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
peintre
Œuvres réputées
Marie-Madeleine, National Gallery, Londres.
Portrait d'un jeune flûtiste, Pinacothèque Tosio Martinengo, Brescia.
La Piété dans le tombeau, Musée d'histoire de l'art, Vienne.
Saint Jérôme pénitent, National Gallery, Londres.
Portrait d'un berger flûtiste


Giovanni Gerolamo Savoldo (né vers 1480 à Brescia et mort après 1548) est un peintre lombard de la haute Renaissance.

L'artiste, quoique surtout actif à Venise, où il vit durant une longue période, est toujours resté fidèle à la fibre naturaliste de l'art lombard, finissant par être considéré comme l'un des trois grands maîtres de la première Renaissance bresciane avec Il Romanino et Il Moretto.

Ses « nocturnes » (scènes de nuit avec une source de lumière intérieure à la peinture) furent une source d'inspiration et probablement un point de départ dans la formation du Caravage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Actif durant deux décennies, des années 1520 aux années 1540 environ, on ne connaît pas les œuvres de jeunesse de Savoldo, même si on le retrouve en 1506 à Parme, et en 1508 à Florence, où il s'inscrit à la corporation des médecins et des apothicaires et à celle des peintres. Pendant ces années, il doit entrer en contact avec les nouveautés de la « manière moderne », la ville au lys ayant vu fleurir les chefs-d’œuvre de Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël. De ses premières années, on connaît Le Repos pendant la fuite en Égypte de la collection von Loetzbech de Nannhofen à Augsbourg, l'Élie alimenté par un corbeau, daté de 1520 environ, de la National Gallery of Art de Washington et la Piéta ou Déposition, du Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Arrivée à Venise[modifier | modifier le code]

Savoldo s'établit à Venise un peu avant 1520. Cette année-là, il signe le Saint Antoine et Paul l'Ermite, aux Gallerie dell'Accademia de Venise. L'année suivante, il finit une Vierge et Saints pour l'église Saint-Niccolò de Trévise, commencée par le peintre Fra Marco Pensaben (vers 1486 - vers 1532), en y insérant un ange musicien aux pieds du trône. Il peint relativement peu pour les commanditaires vénitiens, tout en restant dans la culture figurative locale. Sa peinture demeure cependant bien liée à la veine naturaliste « bresciane » et est influencée par la peinture nordique. Du point de vue de l'intonation sentimentale, il est par contre influencé par Giorgione et sa « suggestion contemplative ».

De la même période, on peut également dater l'huile des Tentations de saint Antoine, conservée au Timken Art Gallery de San Diego, un sujet qu'il lui offrit la possibilité d'interpréter des motifs typiques de la culture flamande et en particulier de l’œuvre de Jérôme Bosch, très appréciée des commanditaires vénitiens. Plusieurs détails de cette œuvre sont en effet directement tirés du triptyque du Jugement dernier de Bosch, que Savoldo a pu admirer dans la collection du cardinal Grimani[1].

Retable de Saint-Dominique de Pesaro[modifier | modifier le code]

Le , il signe un contrat avec Innocent Savoldo, abbé de Pesaro, pour la réalisation d'un retable pour l'autel de l'église du couvent Saint-Dominique de Pesaro et qui se trouve depuis 1811 dans la Pinacothèque de Brera à Milan. Le retable a été réalisé entre 1524 et 1526, avec une Vierge en gloire à l'Enfant, deux anges musiciens et les saints Pierre, Dominique, Paul et Jérôme. Le paysage d'arrière-plan est identifié à Venise, au vu des nouvelles fondations. La commande a également inclus l'exécution d'une cimaise avec une Pietà de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Christ mort soutenu par Joseph d'Arimathie, conservée au Musée d'Art de Cleveland, et d'une prédelle, aujourd'hui perdue, formée de deux tablettes et d'une petite porte pour le Saint Sacrement avec la peinture d'une tête de Saint Pierre martyr. Il est également contemporain du Repos pendant la fuite en Égypte de la collection Castelbarco Albani de Milan, alors dans la même église Saint-Dominique à Pesaro.

Milan[modifier | modifier le code]

Selon le chercheur Paolo Pino, dans son Dialogue de la peinture, Savoldo a été mentionné vers 1530 dans une lettre de Girolamo Genga comme travaillant pour François II Sforza, duc de Milan : Vasari mentionne à la Zecca di Milano (it) « quatre panneaux de nuit et feux ». Certains identifient comme des œuvres appartenant à cette série, L'Adoration des Bergers, de la National Gallery of Art de Washington et le Saint Matthieu et l'Ange, de 1534, maintenant au Metropolitan Museum of Art de New York, ambiance de nuit avec une source de lumière à l'intérieur du tableau, ce qui accentue les effets de clair-obscur.

Dans cette période, les lueurs ont tendance à diminuer, marquées par des tons plus sobres et un passage à une poésie intime et délicate.

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1532, on le retrouve à Venise, parmi les exécuteurs testamentaires de l'orfèvre Bernardino de Bexana. En 1533, il exécute la Vierge et Quatre Saints pour l'église Santa Maria in Organo de Vérone. Entre 1537 et 1538, il exécute le retable de l'autel de l'église Santa Croce de Brescia, avec la Déposition, peut-être celle qui a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale au Musée de Bode à Berlin. Si dans ses retables, il adhère à la tradition, en s'ouvrant à quelque nouveautés du Titien, sa production de peintures de moyennes dimensions est plus originale, et est destinée à des clients privés qui, souvent, l'utilisent pour orner leur cabinet de travail. Dans ces commandes, il répète à plusieurs reprises ses thèmes à succès, comme Marie-Madeleine, dont nous connaissons au moins cinq versions, Le Repos pendant la fuite en Égypte, L'Adoration et la Nativité nocturne.

En 1539, il réalise le Portrait d'un homme avec une flûte, actuellement au Martinengo Tosio ; l'année suivante, il produit deux Nativités, l'une à l'église San Giobbe de Venise, l'autre à l'église Saint-Barnabé de Brescia, actuellement à la Pinacothèque Tosio Martinengo. La scène se déroule dans une ambiance nocturne avec à l'arrière-plan des bergers contemplant celle-ci. La Marie-Madeleine, de la National Gallery de Londres, date d'environ 1540 et est identifiable par un flacon de nard et une robe rouge avec un manteau gris, palpitante de lumière et des reflets d'argents dans lesquels elle est enveloppée.

En 1548, il est mentionné dans un acte de vente notarié à Venise en tant que témoin. La même année, dans une lettre de l'Arétin au peintre brescian Giovan Maria Fadino, nous apprenons que l'artiste est toujours en vie, mais qu'il est un « vieillard ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Tentation de saint Jérôme (vers 1521-1525), Moscou, Musée des beaux-arts Pouchkine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) A. Boschetto, Giovanni Gerolamo Savoldo, Milan, 1963.
  • (it) Giovanni Gerolamo Savoldo tra Foppa, Giorgione e Caravaggio, catalogue de l'exposition de Brescia en 1990, Milan, 1990.
  • (it) F. Frangi, Savoldo. Catalogo completo, Florence, 1992.
  • (it) Pierluigi De Vecchi ed Elda Cerchiari, I tempi dell'arte, volume 2, Bompiani, Milan 1999 (ISBN 88-451-7212-0)
  • (it) Stefano Zuffi, Il Cinquecento, Electa, Milan 2005 (ISBN 8837034687)

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) M. A. Jacobsen, « Savoldo and Northern Art », The Art Bulletin, LVI, 1974, p. 530-534.
  2. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 294

Sur les autres projets Wikimedia :