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Juan Antonio Solinas

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Juan Antonio Solinas
Image illustrative de l’article Juan Antonio Solinas
Image dévotionnelle du bienheureux.
Bienheureux, prêtre, missionnaire, martyr
Date de naissance
Lieu de naissance Oliena, royaume de Sardaigne
Date de décès (à 40 ans)
Lieu de décès Abra de Zenta, Empire espagnol (aujourd'hui Argentine)
Autres noms Juan Antonio Solinas
Nationalité Italien
Ordre religieux Compagnie de Jésus
Béatification
Fête 27 octobre
Attributs Soutane, corps transpercé de lances et palme du martyre

Juan Antonio Solinas, né le à Oliena, en Sardaigne (Italie) et mort (assassiné) le à l’Abra de Zenta, en Argentine, est un prêtre jésuite italien, missionnaire dans les réductions jésuites d’Amérique du Sud. Reconnu martyr de la foi, il est vénéré comme bienheureux par l'Église catholique et fêté le 27 octobre[1].

Né le à Oliena, en Sardaigne, alors sous domination espagnole, le jeune Antonio entre dans la Compagnie de Jésus le et fait son noviciat à Cagliari. À la fin de son parcours de formation spirituelle et académique, il fait des études de théologie à Séville où il est ordonné prêtre en 1673. Dès l’année suivante, il part avec trois autres jésuites sardes, pour le Nouveau Monde et plus particulièrement pour les missions jésuites parmi les peuples indigènes du nord de l’Argentine (et sud-est de la Bolivie actuelle), toutes ces régions faisant partie du grand Empire colonial espagnol.

À la fin de son Troisième An à Santa Fe, ses supérieurs le nomment d’abord dans la réduction guarani de Santa Ana, puis dans celle d’Itapúa, fondées en 1614 et 1615 respectivement [note 1].

Animés d’un grand désir d’évangélisation, les Jésuites entrent dans la région du Gran Chaco, où se trouvent des groupes guarani : ils souhaitent faire le lien avec les réductions de Bolivie du sud. Juan Solinas est volontaire pour cette mission difficile car les Tobas qui y habitent, bien qu'apparentés aux Guaranis, sont en conflit fréquent avec les colonisateurs espagnols.

Une expédition missionnaire de paix y est organisée en 1683 : Le père Solinas accompagne le prêtre diocésain Pedro Ortiz de Zárate, originaire de Jujuy, pour une mission de contact et paix avec les populations autochtones. Tout un groupe indigène les accompagne. Bien que les premiers contacts soient encourageants un groupe de quelques centaines de Tobas et Mocovis armés et encouragés par leurs sorciers, reste violemment hostile. L’après-midi du , 1 500 d’entre eux attaquent le camp provisoire des missionnaires. Ces derniers empêchent l’intervention des troupes espagnoles du fort San Rafael qui n’est pas distant : « Nous sommes venus convertir les infidèles, pas les tuer ».

Le père Solinas, avec le père Pedro Ortiz de Zárate et 18 laïcs, parmi lesquels des indigènes convertis au christianisme, furent ainsi cruellement assassinés le au col de l'Abra de Zenta (aujourd’hui en Argentine)[2].

Béatification

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Juan Antonio Solinas et Pedro Ortiz de Zárate furent immédiatement reconnus comme martyrs de la foi, mais leur cause de béatification ne put être ouverte. Ce n'est qu'en 1986 que l'évêque de Nuoro, diocèse natal du père Solinas, demanda aux évêques d'Orán et de Salta d'ouvrir la cause, ce qui fut fait en 1988. Par la suite, la cause subit un revers car il fut décidé de retirer les 18 laïcs dont les noms n'avaient même pas encore été transmis. L'enquête diocésaine ne put se tenir à la curie ecclésiastique d'Oran qu'à partir du 4 mai 2007 et s'acheva le 14 novembre 2016, avant d'être transmise au Saint-Siège pour la suite de la procédure.

Le , le pape François a autorisé la promulgation du décret sur le martyre du père Giovanni Antonio et du père Pedro. Leur béatification a eu lieu le au Parc de la famille à San Ramón de la Nueva Orán, présidée par le cardinal Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, en tant qu'envoyé du Saint-Père[3].

Notes et références

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  1. Les deux réductions sont devenues aujourd’hui les villes de Encarnación (Paraguay) et Posadas (Argentine), des deux côtés du Rio Paraná qui fait frontière entre les deux pays

Références

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Articles connexes

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Liens externes

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