Le Guerchin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Barbieri.
Le Guerchin
Self-portrait by Guercino.jpg

Portrait de l'artiste tenant une palette, vers c.1624-6,

Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Maître
Mouvement
Influencé par
Œuvres principales

Giovanni Francesco Barbieri, dit Guercino ou le Guerchin[1], né à Cento le et mort à Bologne le , est un peintre et dessinateur italien baroque de l'école de Ferrare, actif à Rome et Bologne. Il est l'oncle de Benedetto Gennari le Jeune, lui-même petit-fils de Benedetto Gennari dit Seniore.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Autodidacte, Giovanni Francesco Barbieri se perfectionne en dessin par l'étude des tableaux des Carrache, soit au travers d'oeuvres conservées à Cento, soit par l'intermédiaire de Bononi et de Scarsellino qui réalisèrent des retables dans la région[2]. En 1608, à 17 ans, il rencontre Benedetto Gennari, peintre de l'école de Bologne.

Parti à Bologne, à travers G. B. Cremonini il entre en contact avec le milieu artistique des Carrache. Attiré par le style de Louis Carrache, il développa son usage de la lumière. Il étudie le Caravage à Venise et l’œuvre de Rubens à Mantoue.

En 1616 à Ferrare il a, à travers Scarsellino, un premier contact avec la peinture vénitienne, qu'il peut approfondir pendant son séjour à Venise (1618) avec l'étude des grands maîtres vénitiens du XVIIe siècle.

Première période[modifier | modifier le code]

Fama (1621)
Villa Ludovisi, Rome

Les œuvres de la première période (1615 -1620) et plus spécialement celles postérieures à son séjour vénitien (Suzanne, au musée du Prado, Saint Guillaume d'Aquitaine, à la pinacothèque de Bologne) ont une couleur chaude et intense, des effets de lumière et d'ombre, et représentent peut-être la meilleure partie de son œuvre.

Le Pape Grégoire XV qui était son protecteur à Bologne, l'appelle à Rome en 1621. Il peint, entre autres, la Marie-Madeleine de la pinacothèque du Vatican, la sépulture de Sainte Pétronille de la Galleria Capitolina, et l'Aurore et La Renommée du Casino de la Villa Boncompagni Ludovisi.

Il revient à Cento en 1623 et il y reste, en travaillant intensément, jusqu'en 1642, quand il s'établit à Bologne.

Influence de Reni à partir de 1635[modifier | modifier le code]

La Gloire de tous les saints (1645)
Musée des Augustins de Toulouse

L'influence de Guido Reni se fait de plus en plus nette et, avec elle, le Guerchin se tourne vers les modes académiques dans la composition, dans le coloris, dans la facture, et finalement même dans les sujets et dans les motifs. L'influence du Caravage sur le premier style du Guerchin est faible. La transformation subie par sa peinture est la preuve la plus évidente de la crise de la culture artistique qui s'installe vers les années 1630 et qui fait triompher le soi-disant « classicisme baroque »[3].

D’une extrême facilité d'exécution, il produit plus de 250 tableaux. Dans ses œuvres on admire la force des coloris, ainsi que le talent avec lequel il imite la nature et crée des illusions d'optique. Citons Jean-Joseph Taillasson[4] :

« Une couleur vigoureuse, monotone, et tendant au noir et au violet, une exécution facile, pleine de feu et de vérité, sont les principaux caractères de son originalité. Il est du nombre des peintres qui faisoient tout d’après nature, et copioient leurs modèles, comme s’ils eussent voulu faire leurs portraits, sans trop penser aux rôles qu’ils devoient jouer. Il est du nombre de ceux dans les ouvrages desquels on reconnoît l’acteur bien plus que le personnage qu’il représente. Ses tableaux ont une physionomie bien differente de celle des tableaux de Michel-Ange de Caravage, de l’Espagnolet, du Valentin, d’Alexandre Véronèse, quoique tous ces artistes aient eu le même but que lui.  »

A la mort de Reni en 1642, il se rendit à Bologne et le remplaça aux yeux d'une société d'amateurs devenue internationale[2].

Il est inhumé en l'Église du Très-Saint-Sauveur de Bologne, tenue alors par les chanoines du Latran qui l'avaient accueilli.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Martyre de Jean et de Paul (1632)
Musée des Augustins de Toulouse
Première période
Influence de Reni
Judith tenant la tête d'Holopherne (1651)
Musée des beaux-arts de Brest
Saint Luc peignant la Vierge (1653)
Nelson-Atkins Museum of Art
Dates non documentées

Postérité[modifier | modifier le code]

Gravure[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Que de peine ne se donnait-il pas pour arriver à cette physionomie de foi fervente et aveugle, prête à tout croire et à tout souffrir, que l'on trouve si fréquemment dans les couvents d'Italie, et dont, à nous autres laïcs, le Guerchin a laissé de si parfaits modèles dans ses tableaux d'église. (Stendhal, Le Rouge et le noir, 1830)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guercino signifie loucheur; il est borgne de l’œil droit.
  2. a et b Daniele Benati, « Les peintres émiliens et romagnols », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 650
  3. Le Guerchin sur L'Encyclopédie Treccani.
  4. Jean-Joseph Taillasson, Observations sur quelques grands peintres (lire en ligne), « Le Guerchin ».
  5. G. Righetti, Bruxelles (musée)
  6. a, b et c Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 355-357
  7. Concert, Offices (VirtualUffizi)
  8. Apollon et Marsyas, Florence (Utpictura18)
  9. Anges pleurant, Londres (musée)
  10. Tabithe ressuscitée, Florence (gettyimage)
  11. Lazare, Louvre (atlas)
  12. St. Jérôme, Louvre (atlas)
  13. Une autre version, aujourd'hui non localisée, lui était attribuée dans la collection de Jacques Augustin de Silvestre par François-Léandre Regnault-Delalande dans son Catalogue raisonné d'objets d'art du cabinet de feu M. de Silvestre, ci-devant chevalier de l'ordre de Saint-Michel et maître à dessiner des enfants de France, 1810., p. 2, lot n°3, qui mentionne une version du même tableau dans les collection du Louvre (dit Musée Napoléon en 1810). Le Guerchin fit plusieurs versions de son Saint Jérôme. Celui que Regnault-Delalande attribue au peintre dans la collection Silvestre est, selon lui : « coloré avec sentiment et touché avec liberté. »
  14. Art in Focus – Jacob Blessing the Sons of Joseph (1620) by Il Guercino
  15. Le tableau est vendu aux enchères à Rennes en à un acheteur américain, pour 110 000 . Voir V.Chopin, « Rennes : un tableau de Le Guerchin vendu 110 000 € aux enchères », sur France 3 Bretagne.
  16. Sabine Gignoux, « Un chef-d’œuvre du Guerchin volé dans une église de Modène », sur La Croix
  17. Gloire des saints, Toulouse (musée)
  18. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions, , 122 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 349
  19. Larmes de St Pierre, Louvre (atlas)
  20. St Jerôme, Ermitage (musée)
  21. (it) Tourisme à Reggio

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]