Ginette Lion-Clément

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Ginette Lion-Clément
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Ginette Lion-Clément, née le 4 juin 1928 à Troyes, dans le département de l'Aube et morte le 29 décembre 2016, est une résistante et déportée française, chevalière de la Légion d'Honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la guerre[modifier | modifier le code]

Originaire d'une famille juive alsacienne et mosellane, les Lion, elle mène une vie tranquille à Sainte-Savine (Aube).

Début de l'enfer[modifier | modifier le code]

Quand la guerre éclate, elle et sa famille s'investissent dans la Résistance, ils accueillent nombre de clandestins. Le 27 janvier 1944, alors que Ginette et sa sœur sont au travail (les études leur sont interdites), leurs parents sont raflés. Cette rafle des juifs de Troyes a pris neuf membres de leur famille. Les deux adolescentes ne sont pas arrêtées car une voisine les a alertées, elles ont juste eu le temps de se cacher dans un café, « par la fenêtre j'ai vu passer mes parents dans un bus. C'était la dernière fois que je les voyais »[1].

Ils seront gazés à Auschwitz le 13 février suivant, Ginette a alors 16 ans. Tout d'abord accueillies chez des amis de la famille, les deux sœurs sont prises en charge par la Résistance avec les Francs-tireurs et partisans et se rendent à Paris pour y devenir agents de liaison.« Nous voulions suivre la route de nos parents. On se disait que ce serait notre petite vengeance... »[1]. Elles ont fait le choix de résister.

Résistance et arrestation[modifier | modifier le code]

Le pire qui puisse arriver au mot « résistance » c’est précisément de n’être réduit qu’à un mot, un concept, au mieux un chapitre de l’histoire. C’est le meilleur moyen d’en dévitaliser le souvenir et la réalité[2].

Ginette qui s'appelle désormais « Annick » sillonne la région parisienne, la Bretagne et la Normandie avec ses différents colis : transport d'armes, de courriers, de postes émetteurs, de documents, d'argent. Le 31 mai 1944, à l’occasion d’une mission la menant de la Normandie à Rennes, elle est arrêtée par la milice française[3]. Elle sera torturée par la milice pendant quinze jours et ne donnera que son nom[3] : « Je m'étais résolue à ne pas parler dès le départ. Mais je pensais à ma sœur, aussi j'ai donné mon vrai nom pour qu'elle puisse un jour savoir ce que j'étais devenue. Je pensais que j'allais mourir ». Remise à la Gestapo, la jeune fille est emprisonnée en juin 1944 à Rennes pendant trois semaines[3]. Fin juillet on lui annonce qu'elle est condamnée à mort et sera fusillée. « Mais les Alliés qui avaient débarqué en Normandie en juin ont bombardé la prison une nuit. Alors que les Américains entraient dans la ville par un côté, les Allemands nous ont évacués par l'autre ».

Livrée aux Allemands, elle est envoyée au camp de Ravensbrück puis au camp de Schlieben, qui dépend de Buchenwald[3]. Le 21 avril 1945, les cosaques de l'Armée rouge entrent dans le camp et libèrent les prisonniers[4]. Ginette Clément regagne Troyes le 25 mai 1945[4].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

La vie de Ginette Lion-Clément est un témoignage important à transmettre, elle s'est pourtant tue pendant près de 40 ans. L'euphorie libératrice d'après-guerre, en déni de culpabilité, ne voulait pas l'entendre.

C’est seulement à la fin des années 1970, alors qu’elle s’est établie en Lorraine que Ginette Lion-Clément retrouve la parole. Une parole dont des milliers de collégiens et lycéens bénéficient jusqu’en 2014[2].

Distinction[modifier | modifier le code]

Elle reçoit les insignes de Chevalière dans l'Ordre national de la Légion d'honneur[5] en 2015 de la promotion « 70e anniversaire des Débarquements et de la Libération[6] ». La cérémonie se déroule à la préfecture de Meurthe-et-Moselle à Nancy.

Hommage[modifier | modifier le code]

Le documentaire Une jeune fille française, 1944-1945[7] du cinéaste Guy Gauthier retrace la vie de Ginette Lion-Clément et lui rend hommage. Ce docu-fiction de 20 minutes est produit par UBC ASSOCIATION (Association l'Utile Beauté des Choses). Il est tourné dans les Vosges, en Meurthe-et-Moselles, dans l'Aube, à Paris et en Bretagne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ginette rescapée des camps de concentration », sur www.estrepublicain.fr (consulté le 23 mars 2021).
  2. a et b « Ciné . Ludres : hommage à Ginette, une femme en résistance », sur www.estrepublicain.fr (consulté le 16 mars 2021).
  3. a b c et d « Ginette, la rage de survivre », L'Est Républicain,‎ (lire en ligne)
  4. a et b ICI-C-NANCY.fr, « Journée nationale de la résistance : l'ancienne déportée et résistante Ginette CLEMENT honorée à Nancy », sur www.ici-c-nancy.fr (consulté le 6 avril 2021)
  5. « Distinction - Le portrait du dimanche Résistante à 16 ans et rescapée des camps de concentration, Ginette Clément-Lion sera décorée en janvier de la Légion d’Honneur. Ginette, la rage de survivre », sur www.vosgesmatin.fr (consulté le 18 mars 2021)
  6. « Journal officiel électronique authentifié n° 0260 du 09/11/2014 » [PDF], sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 25 mars 2021)
  7. U. B. C. association, « 10 UNE JEUNE FILLE FRANÇAISE, 1944-1945 (A young French girl) », (consulté le 16 mars 2021)


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]