Ginette Hess-Skandrani

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Ginette Hess-Skandrani
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Mouvement

Ginette Hess-Skandrani ou Ginette Skandrani (née en 1938 en Alsace d'une mère anarchiste alsacienne et d'un père communiste d'origine tzigane) est une militante politique française, pro-palestinienne et antisioniste radicale. Elle fut un des membres fondateurs du Parti des Verts, dont elle a été exclue depuis et membre du bureau de campagne de l'humoriste et militant antisémite Dieudonné pour l'élection présidentielle de 2007. Elle est actuellement présidente de l'association La Pierre et l'Olivier et depuis 2009 membre du bureau national du Mouvement des damnés de l'impérialisme.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

Durant la guerre d'Algérie, Ginette Skandrani est "porteuse de valises", elle transportera des documents et des armes entre les frontières françaises, allemandes, et suisses et rejoint le FLN de Fribourg et de Francfort.[réf. nécessaire]

Au sein des Verts, elle est chargée du soutien au peuple Kanak contre les essais nucléaires dans le pacifique. Elle a participé au CODENE (Comité pour le désarmement nucléaire en Europe) et affirme être à l'origine de débats sur les questions de non-violence au sein du Parti Vert puis du mouvement Les Verts, notamment la sortie de l'OTAN[1]. Elle a notamment signé l'Appel des 75[2], contre la guerre du Golfe, en octobre 1990.

Ginette Skandrani est présidente de l'association La Pierre et l'Olivier, qui revendique la création d'un État palestinien multiconfessionnel sur l'ensemble du territoire constitué par Israël et les Territoires palestiniens. Elle est aussi la coéditrice du pamphlet antisémite Manifeste judéo-nazi d'Ariel Sharon[3].

Ginette Skandrani a par ailleurs été membre du bureau de campagne de l'humoriste et militant antisémite Dieudonné pour l'élection présidentielle de 2007. En 2009, elle rejoint à nouveau Dieudonné sur sa liste antisioniste pour les élections européennes[4] aux côtés de Maria Poumier, Yahia Gouasmi, et Alain Soral qu'elle critiquera par la suite pour son attitude.

Controverses sur le négationnisme[modifier | modifier le code]

Cofondatrice des Verts, elle en a été exclue en 2005 par le Conseil d'administration régional des Verts d'Île-de-France. Sa présence répétée dans des manifestations publiques aux côtés de négationnistes du génocide des Juifs tombait sous l'incrimination statutaire de « comportement de nature à porter atteinte à l'image des Verts ». Pour Patrick Farbiaz, membre du collège exécutif au moment de son exclusion : « Même si elle n'écrit pas elle-même, elle apparaît comme la cheville ouvrière d'un groupe de révisionnistes et d'antisémites avérés. »[5] Certains de ses écrits ont été repris sur le site négationniste Aaargh (interdit en France et rendu inaccessible par décision de justice). Elle a participé au journal tunisien L'Audace édité par Slim Bagga[6] qui a soutenu Roger Garaudy[7].

Ginette Skandrani a été mise en cause par ses opposants pour ses présences aux côtés du fondateur du Parti des musulmans de France, Mohamed Ennacer Latrèche[8] et du négationniste Serge Thion, pour son soutien au Hamas, ainsi que son soutien à María Poumier[9].

Les accusations à son encontre sont relayées par des organisations opposées à la politique israélienne. Pierre Stambul, président de l'Union juive française pour la paix, la décrit comme appartenant à un « courant antisémite d'extrême gauche » et lui reproche d'avoir « accusé Michel Warschawski et Olivia Zémor d’être des agents du Mossad »[10]. Dans un communiqué du 29 novembre 2004, l'association CAPJPO-EuroPalestine déclare à son sujet : « Ginette Skandrani, antisémite et négationniste connue, (...) se répand en propos dégoûtants sur des sites internet. »[11] Toutefois elle n'a pas précisé de quels propos de Ginette Skandrani il s'agissait exactement. Ariane Chemin, dans un article du quotidien Le Monde (22 février 2005) la définit comme « proche du négationniste tunisien Mondher Sfar »[12].

L'intéressée se défend d'être négationniste sur le site de l'ex-néonazi Michel Dakar[13] et déclare qu’elle n’a « jamais été antisémite », seulement favorable à « un seul État démocratique en Israël-Palestine ».

Présidente de l'association Entre la Plume et l'Enclume, opposée à la loi Gayssot réprimant le négationnisme, elle annonce comme profession de foi son intention de « taper sur les sionistes jusqu’à plus soif, à l’endroit, à l’envers, d’en haut, par en dessous, de travers, en les retournant dans tous les sens »[14]. Le site internet de l'association accueille des textes d'auteurs négationnistes et publie des textes de soutien à la liberté d'expression des négationnistes, ainsi que l'adresse du comité de soutien à Vincent Reynouard.

Faits divers[modifier | modifier le code]

Au cours des années 2002-2003, Ginette Skandrani figure parmi une douzaine de personnalités[15] menacées de mort pour leur engagement pro-palestinien.

Selon un communiqué signé par Mondher Sfar, Skandrani est interpellée par la police le 4 juin 2006, après une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien interdite pour préservation de l'ordre public. Des membres du bureau de la campagne électorale de Dieudonné auraient également été arrêtés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Contre la guerreIntervention de Ginette Skandrani au meeting organisé le 21 avril 1999 à Paris par le Collectif Non à la guerre.
  2. La Réaction de L'Appel des 75, journal l'Humanité, le 19 janvier 1993
  3. « Retour sur un faux : le Manifeste judéo-nazi d'Ariel Sharon », sur Conspiracy Watch ; Xavier Ternisien, « Un pamphlet antisémite circule dans les milieux propalestiniens radicaux », initialement publié dans Le Monde du 13 juin 2002 et repris par le site moise.sefarad.org.
  4. « Dieudonné présente un assemblage hétéroclite aux élections européennes », sur Le Monde.fr
  5. Un verte trop brune exclue du parti, Libération, 2 juin 2005
  6. Luiza Toscane, article « Aspects actuels du négationnisme en Tunisie », 25 juin 2003, sur le site reveiltunisien.org.
  7. Alain Auffray, journaliste à Libération, « Une verte trop brune exclue du parti », 2 juin 2005, reproduit sur le site pdpinfo.org.
  8. Cecilia Gabizon, article « Très faible mobilisation des partisans du voile », initialement publié sur le site lefigaro.fr et repris sur le site precoces.org.
  9. Henri Pasternak, Jean Vidal et Benyamin Adad, dossier « Israël Shamir, l'antisioniste qui venait du froid », initialement publié dans L'Arche, no 551-552, janvier-février 2004, et repris par le site « Pratique de l’histoire et dévoiements négationnistes » (PHDN).
  10. Pierre Stambul, vice-président de l'UJFP, article « Antisémitisme : réalité et instrumentalisation », 26 novembre 2005, sur le site de l'ujpf.
  11. Communiqué EuroPalestine du vendredi 29 octobre 2004 (?), « Dieudonné sur une pente très glissante », sur le site d'EuroPalestine.
  12. Ariane Chemin, article « Dieudonné s'empêtre dans l'antisémitisme au nom des Noirs », Le Monde, 22 février 2005.
  13. Ginette Skandrani, article « Réponse de Ginette Hess Skandrani sur le révisionnisme historique », non daté, sur le site www.aredam.net.
  14. « Ginette Skandrani et Roger Garaudy deux négationnistes de gauche », sur Amitié entre les peuples.
  15. Eyal Sivan, Isabelle Coutant-Peyre, Ginette Hess-Skandrani, Maria Poumier, Lucien Bitterlin, Monique Chemiller-Gendreau, Alain Lipietz, Gilles Munier, José Bové, Mondher Sfar et Jean-Claude Willem