Gilles Sebhan

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Gilles Sebhan
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Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (51 ans)
Nationalité
Activité
Écrivain, Peintre

Gilles Sebhan, né le , est un écrivain et peintre français d'origine juive marocaine[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Gilles Sebhan vit et travaille à Paris. Il est également professeur dans un lycée de la région parisienne.

En grande partie autobiographiques, ses quatre premiers romans sont, selon René de Ceccatty, « violents et érotiques, assez provocants, mais témoignent d'une vraie réflexion sur la sexualité, sur la criminalité, sur les générations »[2]. Haut risque décrit ainsi la relation amoureuse d'un professeur de collège avec l'un de ses élèves, tandis que Presque gentil explore les frontières persistantes entre hétérosexualité et homosexualité pour un jeune ouvrier égyptien. Avec La Dette, publié en 2006, Sebhan s'interroge sur son père qui a porté l'étoile jaune pendant l'Occupation et a participé à la guerre d'Algérie dans l'armée française. Il y établit un parallèle entre la vérité sur le père et la vérité sur soi. La figure du père est à nouveau sollicitée dans son roman suivant, Fête des pères, qui brosse le portrait d'un tueur en série.

En 2010, Sebhan choisit de rendre hommage à l'écrivain Tony Duvert, célébré dans les années 1970 avant de tomber dans un silence et un isolement que tente de comprendre Sebhan. Son ouvrage suivant traite à nouveau d'un écrivain, Jean Genet, l'un de ses « maîtres d’écriture et de vie »[3], mettant en parallèle le suicide, en 1964, de l'amant de Genet, Abdallah Bentaga, et l'abandon par lui-même de son jeune amant Majed.

Parallèlement à son œuvre d'écrivain, Gilles Sebhan explore ce même univers dans la peinture. Une œuvre picturale célébrée par Arthur Dreyfus (« Écrivain du mystère des garçons, Gilles Sebhan devient peintre et ne change pas de sujet. Gueules de coulisses, visages brûlants, décombres d’enfance : le moindre de ses yeux provoque la stupéfaction[4] ») ou par Alain Blottière (« C'est ainsi que je vois les portraits des garçons de Gilles Sebhan. Nimbés de leur propre lumière, ce sont des dieux, ou des saints. Et ces portraits sont des icônes[4]. »).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

  • « Gilles Sebhan, peintures », galerie Frédéric Moisan (Paris), 2015[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le narrateur, enseignant d’une trentaine d’années, revendique sans honte son homosexualité. Mais son existence n’en est pas pour autant simplifiée : depuis toujours, il se sent écartelé entre deux cultures, entre deux épisodes contradictoires de son histoire familiale. Né dans une famille juive marocaine, il porte en lui le judaïsme et l’appartenance indélébile au monde arabe ; et si son père a porté l’étoile jaune, il semble aussi avoir torturé lors de la guerre d’Algérie. Bien qu’il ait du mal à savoir ce qu’il en a été au juste, le fils a le sentiment d’avoir une dette à payer, de devoir réparer ce que le père a commis. Ce qui le place dans un état d’esprit d’autant plus ambigu que, par ailleurs, si sa vie amoureuse est très remplie et très accidentée, il ne trouve sa satisfaction qu’avec des partenaires arabes. Ces multiples plans de réalité viennent ainsi s’enchevêtrer, s’entremêler à des fantasmes extrêmement prégnants, au point de faire du narrateur un somnambule de sa propre vie… Un roman très singulier, audacieux et dérangeant. « Note de l'éditeur » à propos de La Dette.
  2. René de Ceccatty, « Tony Duvert, « L'Enfant silencieux » de Gilles Sebhan : tombeau pour Tony Duvert », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Melina Balcazar Moreno, « Sans héritage... », nonfiction.fr,‎ (lire en ligne)
  4. a, b et c « Galerie Frédéric Moisan »

Liens externes[modifier | modifier le code]