Gilles Jobin

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Gilles Jobin
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Gilles Jobin par Erling Mandelmann (2000)
Naissance
Morges en Suisse
Lieux de résidence Genève en Suisse
Activité principale Chorégraphe, danseur
Style Danse contemporaine
Activités annexes Directeur artistique Cie Gilles Jobin
Lieux d'activité Genève en Suisse
Années d'activité Depuis 1995
Collaborations Maria Ribot Franko B Julius Von Bismarck Carla Scaletti [[Franz Treichler]]
Formation Rosella HightowerEcole de Danse de Genève
Conjoint Maria Ribot
Descendants Pablo Jobin, Mateo Jobin
Distinctions honorifiques

2001 prix jeune créateur décerné par la Fondation Vaudoise pour la promotion artistique 2004 Prix Nouveau Talent chorégraphique » SACD/Paris 2004 Prix culturel Leenards

2015 Grand Prix Suisse de Danse - Office Fédéral de la Culture
Site internet www.gillesjobin-com

Œuvres principales

1995 : Bloody Mary

1996 : Middle Suisse & Only You 1997 : A+B=X 1999 : Macrocosm 1999: Braindance 2001 : The Moebius Strip 2002 : Under Construction 2003 : Two-Thousand-and-Three pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève 2004 : Delicado pour le Ballet Gulbenkian 2005 : Steak House 2006 : Double deux 2007 : The Moebius Strip & Moebius Kids 2008 : Text to Speech 2009 : Black Swan 2010 : Le Chaînon manquant - The Missing Link 2011 : Spider Galaxies 2012: SHAKER LOOPS 2013: PROTOKIDS 2013 :QUANTUM 2015: FORÇA FORTE 2016: WOMB 3D film

Gilles Jobin, né en 1964 à Morges, originaire de Saignelégier en Suisse[1], est un danseur, chorégraphe et réalisateur suisse dont la compagnie est basée à Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gilles Jobin est le fils du peintre abstrait Arthur Jobin. Il se forme tardivement à la danse classique à l'École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower à Cannes et au Ballet Junior de Genève[1], alors dirigé par Béatriz Consuelo. Il danse ensuite pour les compagnies Lausannoises de Fabienne Berger et de Philippe Saire, ainsi qu'avec la Catalane Angels Magarit.

Années 1990[modifier | modifier le code]

En 1993, il prend la codirection du Théâtre de l'Usine à Genève où il rencontre Maria Ribot, dite La Ribot, chorégraphe et danseuse madrilène qui deviendra sa compagne. En 1995, le couple s’installe à Madrid et Gilles Jobin se lance dans ses premières créations avec trois solos qui portent sur l'identité Bloody Mary (1995), Middle Suisse et Only You (1996)[2]. En 1997, il part pour Londres avec La Ribot, tous deux attirés par le Live Art et la vitalité de la programmation du Institute of Contemporary Arts[3]. Il reçoit une bourse Artsadmin (en) qui l'accueille dans sa structure[3] et devient chorégraphe-résident à l'Arsenic de Lausanne. Il y fonde sa compagnie, la Cie Gilles Jobin, et crée la même année sa première pièce de groupe, A+B=X (trio)[1], pour le festival Les Urbaines. La pièce est présentée au Festival Montpellier Danse en 1999 et Gilles Jobin est reconnu, pour la radicalité de son travail, comme un « chef de file d'une nouvelle génération de chorégraphes suisses indépendants »[4].

En 1998, il crée le duo Macrocosm au Place Theatre de Londres, utilisant une écriture chorégraphique hors des cadres esthétiques établis où il pratique des incursions dans les arts visuels et le live art, comme avec le projet Blinded by Love (1998) réalisé avec le performer anglais Franko B (en)[5]. Braindance (quintet) créé en 1999 est présenté au Théâtre de la Ville à Paris, s'ensuivent plusieurs tournées internationales en Europe et au Brésil.

Années 2000[modifier | modifier le code]

En 2001, Gilles Jobin crée une pièce majeure dans son répertoire, The Moebius Strip (quintet), axée sur le mouvement continu[6], qui lui permet de radicaliser son travail sur l'horizontalité[7]. À l'inverse de ses précédentes œuvres qui développaient les thèmes sous-jacents du sexe, de la nudité, de la violence et de la guerre[8], cette pièce n'utilise que lignes et géométrie[1]. Une création qui fait écho aux compositions de son père, Arthur Jobin, lesquelles oscillent entre rigueur géométrique et vibration intense des couleurs juxtaposées[3]. Il signe ensuite Under Construction (septet) en 2002.

Two-Thousand-and-Three, créé en 2003 pour les 22 danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève clôt la trilogie créée selon un système de « mouvement organiquement organisé » particulièrement bien accueillie par la critique[9].

« Ce qui frappe - et ravit - chez Gilles Jobin, c'est sa capacité à se mettre en danger en approfondissant un peu plus la matière première de la danse, le corps de l'interprète, à chaque nouvelle production. Son sens de l'écriture - l'une des plus abouties de sa génération - évite les pièges de la narration pour remettre l'abstraction en ligne de mire[10] ».

En 2004, il crée Delicado pour le Ballet Gulbenkian de Lisbonne. La même année, il s'installe avec sa famille à Genève et crée Steak House (sextet) en 2005. L'année suivante, le chorégraphe devient artiste associé à Bonlieu Scène nationale à Annecy[2] et produit Double Deux (2006), Text to Speech (2008), une pièce avec laquelle il oriente son travail vers les nouvelles technologies, puis Black Swan (2009).

Années 2010[modifier | modifier le code]

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En 2010, Gilles Jobin crée avec des danseurs de Bamako au Mali Le Chaînon Manquant - The Missing Link. Approfondissant un travail sur le mouvement dénué de toute structure narrative, en 2011, il crée Spider Galaxies. En 2012, il obtient le prix Collide@Cern et devient ainsi le premier chorégraphe résident au CERN (Centre Européen pour le Recherche Nucléaire). Il clôt sa résidence en novembre 2012 par une conférence au Globe du CERN. En 2013, à la suite de cette résidence, il crée QUANTUM au sein l'experience, une pièce issue de sa collaboration avec l’artiste visuel allemand Julius Von Bismarck (lauréat du Ars Electronica Prize), mais aussi avec la complicité de la compositrice américaine Carla Scaletti et du styliste belge Jean-Paul Lespagnard. Pour QUANTUM, Gilles Jobin et Julius Von Bismarck reçoivent le soutien de la Fondation d'entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings.

En 2015, Gilles Jobin crée FORÇA FORTE avec la danseuse emblématique de sa compagnie Susana Panadés Diaz, un duo qui s'inspire à nouveau des lois de la physique quantique. Pour FORÇA FORTE, le chorégraphe réalise ses toutes premières captures de mouvement chez Artanim, un centre de recherche genevois qui conduit des projets en orthopédie, en médecine du sport, en animation 3D, ainsi qu'en réalité virtuelle et réalité augmentée. La même année, Jobin tourne le film en stéréoscopie (3D) WOMB, dévoilé à l’automne 2016 lors de la 22e édition du GIFF - Geneva International Film Festival. En 2017, Gilles Jobin crée, en partenariat avec Artanim, le premier spectacle de danse contemporaine en réalité virtuelle immersive intitulé VR_I, dans lequel, équipés de casques de réalité virtuelle et d'un ordinateur embarqué, cinq spectateurs à la fois sont immergés dans un environnement virtuel où ils peuvent naviguer librement et interagir entre eux. VR_I remporte le Grand Prix innovation pour l’œuvre la plus innovatrice destinée aux nouvelles plateformes lors du 46e Festival du Nouveau Cinéma à Montréal, où la pièce a été présentée en première mondiale au mois d'octobre 2017. VR_I se voit aussi décerner le Prix du public FNC EXPLORE Performances/Installations pour la meilleure performance en réalité virtuelle.

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]

  • 2015 : FORÇA FORTE
  • 2013 : QUANTUM
  • 2013 : 'PROTOKIDS
  • 2012 : [SHAKER LOOPS
  • 2011 : Spider Galaxies
  • 2010 : Le Chaînon manquant - The Missing Link]
  • 2009 : Black Swan
  • 2008 : Text to Speech
  • 2007 : The Moebius Strip & Moebius Kids
  • 2006 : Double deux
  • 2005 : Steak House
  • 2004 : Delicado pour le Ballet Gulbenkian
  • 2003 : Two-Thousand-and-Three pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève
  • 2002 : Under Construction
  • 2001 : The Moebius Strip
  • 1999 : Braindance
  • 1999 : Macrocosm
  • 1997 : A+B=X
  • 1996 : Middle Suisse & Only You

Films[modifier | modifier le code]

Œuvres multimédia[modifier | modifier le code]

  • 2017 : VR_I une pièce chorégraphique en réalité virtuelle immersive créée en collaboration avec Artanim

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2017 Prix Best Art Experimental pour WOMB 3D au San Francisco Dance Film Festival
  • 2017 Grand Prix innovation FNC EXPLORE pour l’œuvre la plus innovatrice destinée aux nouvelles plateformes décerné à VR_I
  • 2017 Prix du public FNC EXPLORE Performances/Installations pour la meilleure performance en réalité virtuelle décerné à VR_I
  • 2015 Grand Prix Suisse de Danse]décerné par l'Office fédéral de la culture (OFC) à Gilles Jobin pour sa contribution au développement de la danse contemporaine en Suisse et au-delà des frontières du pays
  • 2004 « Prix culturel Leenards »
  • 2001 « Nouveau Talent chorégraphique » décerné par la SACD
  • 2000 Prix jeune créateur décerné par la fondation vaudoise pour la promotion artistique
  • 1999 Gilles Jobin le « Prix ZKB » du festival Zürcher Theater Spektakelpour la pièce Braindance

Les films et documentaires consacrés au travail de Gilles Jobin, The Moebius Strip et Braindance, réalisés par Vincent Pluss, ainsi que Le Voyage de Moebius réalisé par Luc Peter sont diffusés dans de nombreux festivals internationaux et ont chacun reçu différentes récompenses.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, p.286-287.
  2. a et b Gilles Jobin, idéal Job dans Le Courrier du 13 janvier 2006
  3. a, b et c Gilles Jobin – Corps altérés de Bertrand Tappolet, éditions Pro Helvetia Fondation suisse pour la culture – collection cahiers d’artistes 2002, p.2
  4. Le Dictionnaire de la danse, sous la direction de Philippe Le Moal, éditions Larousse, 2008, p.227.
  5. Site AVDC
  6. Des corps à jet continu, par Muriel Steinmetz dans L'Humanité du 11 mai 2001.
  7. Extrait du Journal du Théâtre de la Ville, de Laurent Goumarre, mai 2001
  8. Avec "The Moebius Strip", Gilles Jobin signe une chorégraphie-manifeste, par Dominique Frétard, dans Le Monde du 11 mai 2001.
  9. À Genève, sa création transcende classique et contemporain. "Jobin, génie de mêlée" par Marie-Christine Vernay dans Libération du 12 septembre 2003.
  10. Philippe Noisette, Danse Contemporaine mode d'emploi, Paris, Flammarion, , 2 p. (ISBN 978-2-0812-3748-3), p. 186, 220

Liens externes[modifier | modifier le code]