Gilles Ivain

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Ivan Vladimirovitch Chtcheglov
Alias
Gilles Ivain
Naissance
Paris, France
Décès (à 65 ans)
Activité principale
Poète
Théoricien et militant politique
Auteur
Mouvement Internationale situationniste
Internationale lettriste

Ivan Vladimirovitch Chtcheglov, (en russe : Иван Владимирович Щеглов), dit Gilles Ivain, né le à Paris et décédé le , est un théoricien politique et poète français.

Famille[modifier | modifier le code]

Ivan est le fils de Vladimir Chtchegloff, révolutionnaire Ukrainien condamné à deux ans de prison à la suite de la Révolution russe de 1905. Après sa libération Vladimir quitte l'Empire russe avec son épouse Hélène Zavadsky, de nationalité française. Ils habitent trois ans en Belgique puis s'installent à Paris en 1910 où Vladimir continue à travailler comme chauffeur de taxi. Il est membre actif de la CGT et s’implique dans la grève des chauffeurs de taxi de 1911.

Internationale lettriste[modifier | modifier le code]

Quoique membre éphémère de l'Internationale lettriste, Ivan, dit Gilles Ivain, peintre, écrivain, psychogéographe, ami d'Henry de Béarn, de Patrick Straram et de Gaëtan M. Langlais (1935-1982), a marqué d'une empreinte indélébile ce mouvement.

L'une des rares traces de l'importance du rôle qu'il a pu y jouer entre 1953 et 1954 demeure son Formulaire pour un urbanisme nouveau, texte écrit en 1952-1953 et dont une version, établie par Guy Debord, a paru en 1958 dans le premier numéro de la revue Internationale situationniste avec cette présentation : "L’Internationale lettriste avait adopté en octobre 1953 ce rapport de Gilles Ivain sur l’urbanisme, qui constitua un élément décisif de la nouvelle orientation prise alors par l’avant-garde expérimentale. Le présent texte a été établi à partir de deux états successifs du manuscrit, comportant de légères différences de formulation, conservés dans les archives de l’I.L., puis devenus les pièces numéro 103 et numéro 108 des Archives Situationnistes."

Ivan Chtcheglov a été exclu de l'Internationale lettriste en juin 1954, peu après la démission de Gaëtan M. Langlais avec lequel il a ensuite poursuivi durant plusieurs années quelques-unes des recherches commencées au sein de l'Internationale lettriste. Contrairement à ce qu'affirment Jean-Jacques Raspaud et Jean-Pierre Voyer (L’Internationale situationniste. Chronologie, bibliographie, protagonistes…, ouvrage publié en 1972 dans lequel Guy Debord ne pouvait évidemment pas manquer de voir « la seule recherche dont on puisse louer sans réserve le sérieux »[Où ?]) et à ce qu'avaient espéré Guy Debord et Michèle Bernstein vers 1964, Ivan Chtcheglov n'a jamais appartenu à l'Internationale situationniste mais il fut considéré par eux comme membre « de loin » car longtemps interné en clinique psychiatrique (Cf. « La condition qui est actuellement faite à Ivan Chtcheglov peut être ressentie comme une des formes toujours plus différenciées que revêt, avec la modernisation de la société, ce contrôle de la vie qui a mené, en d’autres temps, à la Bastille pour athéisme, par exemple, ou à l’exil politique. », in Internationale situationniste n⁰ 9, voir aussi « Lettres de loin », d'août 1964).

Activisme[modifier | modifier le code]

Avec son ami Henry de Béarn, Ivan planifie de faire exploser, en 1950, la Tour Eiffel avec la dynamite qu'ils ont volé sur un chantier de construction voisin car « elle réfléchissait la lumière dans leur chambre commune et les empêchait de dormir la nuit »[1].

En 1959, il est arrêté au café Les Cinq Billards de la rue Mouffetard[2] à Paris et est placé par sa femme dans un hôpital psychiatrique où il est traité par injections d'insuline et par électrochocs pendant cinq années.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné, Ivan Chtcheglov, profil perdu, Paris, Éditions Allia, (ISBN 2-84485-215-7).
  • Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné, Écrits retrouvés, Paris, Allia, (ISBN 2844852130).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)HUSSEY, A. (2002), The Game of War: The Life and Death of Guy Debord, London, Pimlico. p. 51.
  2. (en)HUSSEY, A. (2002), The Game of War: The Life and Death of Guy Debord, London, Pimlico. p. 94.

Liens externes[modifier | modifier le code]