Gilles Boeuf

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Gilles Boeuf
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Gilles Boeuf à l'Espace des sciences de Rennes, en novembre 2012.
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Directeur du Muséum national d'histoire naturelle
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Biographie
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Gilles Torquato BoeufVoir et modifier les données sur Wikidata
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Gilles Boeuf (né le à Paimbœuf) est un biologiste français.

Professeur à l'université Pierre-et-Marie-Curie, Sorbonne Université, il a été président du Muséum national d'histoire naturelle de février 2009 à et professeur invité au Collège de France en 2013-2014, sur la chaire « Développement durable, environnement, énergie et société »[1],[2]. Il a été deux années conseiller scientifique au cabinet de Ségolène Royal, alors ministre d'État de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gilles Boeuf grandit à Douarnenez auprès de sa mère française d'origine vendéenne, dont il porte le nom, et de son père, ouvrier portugais, ancien coureur cycliste professionnel[3]. Il est l’aîné d'une famille de cinq enfants[4].

Après une licence, une maîtrise des sciences naturelles et un DEA d'océanographie à l'université de Brest, il fait sa thèse de troisième cycle en biologie du développement à la station de biologie marine d’Arcachon, soutenue à l'université Bordeaux-I en . En 1979, il est recruté au Centre national pour l'exploitation des océans (CNEXO), l’ancêtre de l’IFREMER, basé à Brest, où il travaille pendant vingt ans. Il a défendu son doctorat d'État ès-sciences naturelles à Brest en . L’IFREMER se désintéressant de la physiologie des poissons, il devient professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie en 1999 et prend la tête d’un de ses observatoires marins à Banyuls-sur-Mer[5].

Il a effectué plus de cent cinquante missions à l’étranger, dans une centaine de pays, et a séjourné plus de trois années au Chili. C’est un spécialiste de physiologie environnementale et de biodiversité. Il a travaillé pendant dix-huit ans sur la migration des poissons salmonidés et a abordé par des approches de physiologie expérimentale et d’endocrinologie divers mécanismes adaptatifs et évolutifs chez les animaux. Il s’est particulièrement intéressé aux mécanismes du développement, de la croissance et de l’adaptation chez les poissons. Il a beaucoup travaillé et écrit en matière de bases biologiques de l’aquaculture.

À partir de 2005, il change de sujet et démarre ses travaux sur la biodiversité, ce qui le fera remarquer par le Collège de France[6] puis par le Muséum national d'histoire naturelle, dont il assure la présidence du conseil scientifique en 2007-2008, puis la présidence de l'établissement entre 2009 et 2015[7]. Il est l’auteur de plus de 400 publications nationales et internationales, chapitres de livres et communications à des colloques et est fréquemment invité à l’étranger. Il fait plus de 100 conférences par année en France et à l'étranger, en 3 langues.

Gilles Boeuf effectue ses travaux de recherche au sein de l’Unité 7232 de l'université Pierre-et-Marie-Curie/CNRS « Biologie intégrative des organismes marins » au laboratoire Arago à Banyuls-sur-Mer de l'observatoire océanologique. Il a été six ans le directeur de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, et de l'Observatoire des Sciences de l’Univers de l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS. Il a été 4 ans directeur d'une unité de recherche CNRS/UPMC à Banyuls. Il a été membre de nombreux conseils scientifiques, pour la plupart au CNRS, et a siégé 9 ans au comité national.

Il a été membre du conseil scientifique du Patrimoine naturel et de la biodiversité auprès du ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, alors occupé par Ségolène Royal[réf. nécessaire][Quand ?]. Il a également été président du conseil scientifique du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), membre des conseils d'administration des aires marines protégées et d'Humanité et biodiversité, membre du comité de perfectionnement du Centre scientifique de Monaco[8].

Il est président du conseil scientifique de l'Agence française pour la biodiversité[9] et président de la réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane (Pyrénées-Orientales). Il a été élu en au bureau de l'IPBES des Nations unies. Depuis 2016, il est membre du comité scientifique de l'Office national des forêts[10] et président du pôle d'entomologie forestière OPIE-ONF.

En 2013, il est élu professeur invité au Collège de France sur la chaire « Développement durable, environnement et sociétés ». Ses leçons portent en 2014 sur le thème « Biodiversité, ses croisements avec l'humanité », et la leçon inaugurale du Biodiversité, de l'océan et la forêt, à la cité. Il a été membre de la commission française de l’Unesco.

Il fait de nombreuses conférences en France et à l’étranger tournant autour de l’océan, de la biodiversité, de l’adaptation au milieu, du rôle de l’eau dans le vivant et des ressources vivantes marines. Il a été très impliqué dans les évènements de l’année internationale 2010, dédiée à la biodiversité, avec plus de 60 conférences : ouverture du colloque de l’Unesco à Paris en janvier, ouverture de la semaine française de la biodiversité à Chamonix en mai, etc. Il a pris une part active, alors qu'il était au ministère, à l'organisation de la COP21 à Paris en .

Désormais installé à Bordeaux, il poursuit aujourd'hui son activité de conférencier sur la biodiversité, en France et à l'étranger[4].

Le , il est nommé au Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé sur désignation du ministre chargé de l'éducation nationale[11].

Il est depuis 2021 conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine (dpt de la Gironde), élu sur la liste majoritaire d'Alain Rousset (PS-PCF-MRG)[12].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Gilles Boeuf est intervenant dans deux films documentaires réalisés par Alex Ferrini : Régénération, sorti en , avec Joël de Rosnay, Idriss Aberkane, Thierry Casasnovas et Thierry Janssen[17],[18], et Vivante !, dont la sortie est prévue le [19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Gilles Boeuf », Sciences et Avenir, no 745,‎ (lire en ligne).
  2. Décret du 9 février 2009 portant nomination du président du Muséum national d'histoire naturelle (enseignements supérieurs) - M. Bœuf (Gilles), JORF no 35 du 11 février 2009, p. 2459, texte no 89, NOR ESRH0821490D, sur Légifrance.
  3. « Biographie de Gilles Boeuf », sur we-explore.org (consulté le ).
  4. a et b « Environnement : l’incorrigible optimisme de Gilles Boeuf, biologiste engagé pour la biodiversité », Sud Ouest, (consulté le ).
  5. a et b Karine Le Loët, « La si heureuse nature de Gilles Boeuf », Terra eco, no 45,‎ (lire en ligne).
  6. Conférence à Bruxelles en 2006, publication de l'article « Quel futur pour la biodiversité » chez Odile Jacob en 2008, chaire en 2013.
  7. Troisième président du Muséum national d'histoire naturelle depuis la réforme de 2002, il succède à André Menez. Bruno David prendra sa succession en 2015.
  8. « Annuaire officiel de la Principauté de Monaco », sur cloud.gouv.mc (consulté le )
  9. Voir onglet Gouvernance sur afbiodiversite.fr.
  10. « L’ONF renouvelle son comité scientifique », sur forestopic.com, (consulté le ).
  11. Arrêté du 3 février 2021 portant nomination au Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé.
  12. https://www.francebleu.fr/infos/politique/elections-en-nouvelle-aquitaine-qui-sont-les-nouveaux-elus-qui-vont-sieger-au-conseil-regional-1624891152
  13. Décret du 13 novembre 2009 portant promotion et nomination.
  14. Décret du 29 mai 2019 portant promotion et nomination.
  15. Décoration remise dans la Grande Galerie du Muséum, par le prix Nobel de physique de 2007, Albert Fert.
  16. Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination.
  17. « Régénération », sur Allociné.fr,
  18. « Cazères. Projection débat du film « Régénération » avec le réalisateur Alex Ferrini », La Dépêche du Midi, .
  19. « Vivante ! », sur Allociné,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]