Gilles Andruet

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Gilles Andruet
Naissance
Versailles
Décès (à 37 ans)
Saulx-les-Chartreux
Nationalité Drapeau : France Française
Titre Maître international
Meilleur classement Elo 2 450[1]

Gilles Andruet, né le à Versailles, mort le près de Saulx-les-Chartreux dans l'Essonne, est un joueur d'échecs français, maître international et champion de France 1988. Il est le fils du pilote de course et rallye français Jean-Claude Andruet.

Carrière aux échecs[modifier | modifier le code]

Gilles Andruet finit troisième du Championnat de France d'échecs en 1984, 1985 et 1986. En 1987, à Rouen, il finit premier, ex æquo avec Christophe Bernard, du championnat national et deuxième après un match de départage disputé à Lyon. En tournoi, il remporte le tournoi de Dijon 1987, puis en 1988 celui de Issy-les-Moulineaux[2].

Il devient un brillant champion de France d'échecs en 1988 à Val Thorens, remportant le tournoi sans perdre une partie avec une marque de 10 points sur 13 (sept victoires et six parties nulles) et 1,5 points d'avance sur Aldo Haïk. L'année suivante, il abandonne en plein tournoi, à Épinal, alors qu'il était en position de gagner son deuxième titre, après une vive altercation avec Jean-Luc Seret[3].

Il a été sélectionné dans l'équipe de France aux olympiades d'échecs de 1982[4], 1984[5] et 1988 (au quatrième échiquier)[6] et aux championnats d'Europe par équipe de 1983[7] et 1989[8].

Difficultés financières[modifier | modifier le code]

En 1993, Andruet utilise une martingale qu'il a élaborée pour gagner au blackjack, grâce à sa mémoire, son esprit mathématique et statistique, et la méthode de comptage des cartes inventée par le joueur américain Ken Uston[9]. La première année, Andruet gagne beaucoup d'argent, et joue de plus en plus dans les casinos des quatre coins du monde, plus pour le plaisir de gagner que par appât du gain. Il attire l'attention avec son tempérament provocateur et les casinos finissent par le repérer. Il se retrouve interdit de blackjack. Malheureusement il est pris par « le démon du jeu ». Ne pouvant plus jouer au blackjack, il se rabat sur la roulette. Contrairement au blackjack sa mémoire extraordinaire et ses facilités mathématiques ne lui apportent pas plus d'avantage qu'à n'importe quel joueur et il perd donc beaucoup plus souvent qu'il ne gagne. Ses amis tentent de le dissuader de jouer. Pour pouvoir soutenir un tel rythme de vie il commence à consommer de la drogue (héroïne). L'argent qu'il avait si rapidement gagné au blackjack est vite dilapidé. Il entre dans la spirale infernale du joueur compulsif. Il joue plus d'argent qu'il n'en a, fait des emprunts qu'il ne peut pas rembourser, il est interdit bancaire[10] et fiché à la Banque de France, devient SDF, ses conditions de vie sont de plus en plus précaires.

Meurtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Liany-Rhoul.

Gilles Andruet est victime d'un meurtre le . Malgré une longue enquête, l'interpellation de plusieurs suspects et de nombreux procès, les circonstances précises de sa mort n'ont, à ce jour, pas pu être établies.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Gilles Andruet sur olimpbase », sur olimpbase.org
  2. Nicolas Giffard et Alain Biénabe, Le Nouveau Guide des échecs. Traité complet, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1710 p. (ISBN 978-2-221-11013-3), p. 792
  3. Nicolas Giffard, « Championnat de France 1989 », Jeux et Stratégie, novembre 1989, p. 64
  4. Résultats de l'équipe de France à l'olympiade d'échecs de 1982
  5. Résultats de l'équipe de France à l'olympiade d'échecs de 1984
  6. Résultats de l'équipe de France à l'olympiade d'échecs de 1988
  7. résultats d'Andruet au championnat d'Europe par équipe 1983 (phase préliminaire) sur olimpbase.org
  8. résultats d'Andruet au championnat d'Europe par équipe 1989 (phase finale) sur olimpbase.org
  9. Haget Henri et Leblond Renaud, « Échec et mort d'un surdoué », sur L'Express,‎
  10. « Le champion d'échecs avait été drogué et noyé » Article publié le 14 mars 2006 dans La Dépêche du Midi

Liens externes[modifier | modifier le code]