Gilbert Sardier

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Gilbert Sardier
Gilbert Sardier

Naissance
Riom
Décès (à 79 ans)
Clermont-Ferrand
Origine Drapeau de la France France
Arme Aviation
Grade Lieutenant
Années de service 1914-1918
Commandement SPA 48
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes 15 victoires
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
Distinguished Service Cross
Military Cross

Jean Marie Luc Gilbert Sardier, dit Gilbert Sardier, né le à Riom (Puy-de-Dôme), mort le à Clermont-Ferrand, est un aviateur français, as de la Première Guerre mondiale.

Il est enterré à Villars-les-Dombes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Guerre de 1914-1918[modifier | modifier le code]

Gilbert Sardier, 4e fils d'un avoué de Riom, montre durant son adolescence un tempérament très sportif en se distinguant dans diverses compétitions sportives et tout particulièrement dans le cyclisme. Agé d'à peine 17 ans à la déclaration de guerre, il s'engage volontairement avec l'autorisation de son père le 7 septembre 1914 et sert au 5e régiment des chasseurs d'Afrique. Il est muté sur sa demande dans l'aviation à la fin de l'année 1915 et, après avoir suivi son cursus d'apprentissage dans les écoles de pilotage, va être affecté à l'escadrille N 77 au mois de septembre 1916. Il va s'y distinguer en y remportant 12 victoires aériennes homologuées, étant très lié avec le meilleur pilote de l'escadrille, l'as Maurice Boyau.

En , avec le grade de lieutenant, il est muté pour prendre le commandement de la SPA 48. À 21 ans, il est le plus jeune chef d'escadrille français. Il va terminer la guerre dans cette unité où il va remporter deux nouvelles victoires homologuées, portant son total à 14, et ayant deçu de nombreuses décorations : la Légion d'honneur, la Médaille militaire, la Croix de guerre 1914-1918, ainsi que la Distinguished Service Cross et la Military Cross

Entre-deux-guerres : aviation civile[modifier | modifier le code]

Après la guerre, poursuivant ses études de droit, il va exercer la profession d'agent d'assurances tout en restant un passionné de l'aviation. Il effectue en effet avec régularité ses périodes d'entraînement d'officier de réserve, mais va aussi s'impliquer dans l'aviation civile en fondant l'Aéroclub d'Auvergne qui s'installe sur l'aérodrome d'Aulnat, près de Clermont-Ferrand. Grâce aux usines Bréguet et Michelin, qui y font leurs essais d'avions, l'aérodrome d'Aulnat créé à cet usage en 1916 possède la première piste cimentée au monde. Gilbert Sardier, avec un autre pilote, Louis Chartoire, obtiennent le reclassement de l'aérodrome pour le service civil. Ils y forment de nombreux pilotes, dont Léna Bernstein et Michel Marias. L'aéroclub d'Auvergne porte aujourd'hui le nom de Gilbert Sardier.

Gilbert Sardier pratique le planeur en aéro-club et expérimente un modèle de planeur triplan.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Quand éclate la seconde guerre mondiale, il est mobilisé avec son grade de lieutenant-colonel de réserve et reçoit le commandement de la base d'Aulnat. Démobilisé après l'armistice, il soutenir le régime de Vichy et devenir un de ses notables en prenant la présidence de la section du Puy-de-Dôme de la Légion française des combattants, née de la fusion par le gouvernement de Vichy des unions de vétérans afin de soutenir son action et la collaboration avec l'occupant. Il sera pour cela décoré de la Francisque gallique no 1932. Devant la satellisation croissante du régime, il s'en détache peu à peu et aide la résistance, ce qui lui vaut l'hostilité des ultras de la collaboration et tout particulièrement de la Milice.

Celle-ci lui tend un piège le 28 janvier 1944. Il va recevoir à son bureau de la légion des combattants une lettre de dénonciation anonyme, destinée à la Milice, qui fait état d’une cache d’armes de la résistance au bureau de poste de St Eloy. La Milice y fera effectivement une descente dans la journée même pour y saisir les armes et arrêter deux postiers. Cette affaire lui vaudra d’être arrêté à la libération : il est accusé d’avoir transmis la lettre à la Milice, ce qu’il nie, alors que sa secrétaire a fait une copie de la lettre et l’a transmise à la résistance. Il sera condamné le 8 février 1945 d’atteinte à la défense nationale par la cour de justice de Clermont-Ferrand à 3 ans de prison et à la dégradation nationale, malgré les témoignages de soutien venus de la résistance durant le procès. Il n’effectuera pas sa peine dans sa totalité, étant amnistié en novembre 1946, puis réintégré dans toutes ses décorations et grade de l’armée de l’air en 1953. Retrouvant la présidence de l’aéro-club d’Auvergne, il consacrera le reste de sa vie à sa passion du vol. Il est décédé le 7 octobre 1976 à Clermont-Ferrand.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, , 385 p. (ISBN 978-2-749-12169-7, lire en ligne), p. 13.

Lien externe[modifier | modifier le code]