Gilbert Devaux

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Gilbert Devaux
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Gilbert Walter Devaux est un haut fonctionnaire du ministère des Finances et dirigeant d'entreprises français, qui joua notamment un rôle décisif dans la mise en œuvre de la réforme des finances publiques, au début de la Ve République. Il est né le 24 octobre 1906, à Neuilly-sur-Seine, et décédé le 22 octobre 1981 à Neuilly-sur-Seine.

Famille[modifier | modifier le code]

Gilbert Walter Devaux est le fils d’Albert Devaux, docteur en médecine et psychiatrie qui dirige une clinique privée réputée, d'abord à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), puis à Ville-d'Avray, et de Marie Studemund (Strasbourg 1883 – Neuilly-sur-Seine 1909), fille ainée de l'éminent philologue allemand de Lettres Classiques et professeur à l'Université de Strasbourg (1872-1885) Prof. Dr. Wilhelm Studemund[1] et sœur de l'écrivaine allemande Emmy Studemund de Vargas alias Catherina Godwin. Il se marie le 10 sept 1936 à Mlle Suzanne Nollin.

Études et carrière[modifier | modifier le code]

Gilbert Devaux fait ses études secondaires au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine. Il suit les cours de la faculté des Lettres de Paris et obtient une licence de littérature française et une licence de psychosociologie. Il achève sa licence en droit pendant son service militaire et s’engage ensuite dans un doctorat en droit administratif et économie politique[2].

Il entre dans l’administration des Finances et occupe le poste de secrétaire de l’attaché financier à Londres en 1929-1930. En 1932, il réussit le concours d’entrée à l’Inspection générale des finances, en binôme avec son ami d’enfance Dominique Leca.

De 1934 à 1935, Gilbert Devaux est chargé de mission de liaison avec la commission des Finances du Sénat présidée par Joseph Caillaux. En 1935, il est chargé de mission à la Direction de la Comptabilité publique où il est nommé sous-directeur en 1936, puis directeur quand Paul Reynaud devient ministre des Finances, en novembre 1938.

Entre-temps Gilbert Devaux se marie, en 1936, avec Suzanne Nollin dont il a deux enfants : Dominique (Madame Merklen) et Philippe. Sur le plan professionnel, il s’implique de plus en plus dans la réforme du système financier. En 1938, Gilbert Devaux est conseiller technique du Comité de réorganisation administrative (dit comité de la Hache) dirigé par Adéodat Boissard[3].

En mars 1940, sous le titre de chargé de mission à la Présidence du Conseil, il devient chef-adjoint du cabinet de Paul Reynaud, sous les ordres de Dominique Leca.

La défaite de 1940 et ses suites[modifier | modifier le code]

Après la démission de Paul Reynaud le 16 juin 1940, Gilbert Devaux accepte avec Dominique Leca la mission de partir pour les États-Unis préparer la nomination de Paul Reynaud comme ambassadeur de France. Pour cela, le président du Conseil leur confie la partie des fonds secrets qui n’avait pas été remise au cabinet du Maréchal Pétain. Gilbert Devaux et Dominique Leca partent pour Lisbonne mais sont arrêtés en chemin par la Sûreté espagnole, le 20 juin 1940[4]. Contraints de révéler le contenu de leur valise diplomatique et de l’abandonner sous scellés, les deux hommes sont libérés et rallient Lisbonne le 29 juin 1940. L’affaire est révélée à la presse et fait scandale en servant la propagande de Philippe Pétain contre la IIIe République.

Gilbert Devaux est exfiltré vers l’Angleterre par les services britanniques, avec son famille et Dominique Leca. Reçus par Charles de Gaulle le 2 août 1940, Gilbert Devaux et Dominique Leca ne parviennent pas à lever la défiance de ce dernier à leur égard. Ils sont arrêtés par les services britanniques à l’instigation de Gaston Palewski, puis placés en résidence surveillée à York, quand il apparaît que le gouvernement Pétain s’apprête à les révoquer et les rayer des cadres (décret du 15 novembre 1940). Gilbert Devaux et Dominique Leca proposent alors leurs services à la France libre. Ils sont finalement affectés à la section française du BBC World Service, en mai 1944. Gilbert Devaux rédige pendant un an les éditoriaux de Cadran, magazine d’amitié franco-britannique édité en français par le ministère de l’Information. Après 1945, il s’occupe des informations et des études économiques à la B.B.C. où il reste jusqu’en 1947, quand un jury d’honneur décide enfin sa réintégration dans les cadres en même temps que Dominique Leca[5].

La carrière d’un grand commis de l’État[modifier | modifier le code]

De retour à Paris, Gilbert Devaux devient chef du service de l’aide américaine. En 1949, il retrouve son poste de directeur de la Comptabilité publique, où il reste jusqu’en 1956[6]. En 1955, il devient professeur à l’E.N.A., où il assure ses cours jusqu’en 1960.

De 1956 à 1960, il est directeur du Budget[7], au moment crucial du passage de la IVe à la Ve République, quand se met en œuvre la réforme des finances publiques[8]. À ce titre, il rédige l’ordonnance organique du 2 janvier 1959 qui reste la référence, jusqu'au vote de la loi organique relative aux lois de finances (dite « LOLF »), le 1er août 2001[9].

En novembre 1959, Gilbert Devaux est nommé administrateur d'Électricité de France (E.D.F.), il le reste jusqu’en 1963. De 1960 à 1972, Gilbert Devaux est nommé président de la Compagnie nationale du Rhône (C.N.R.). Il est alors inspecteur des Finances en service détaché, et Directeur Général honoraire au ministère des Finances[10]. En 1960, Gilbert Devaux devient également président de la compagnie nationale d’assurance l’Urbaine-Incendie, jusqu’à la fusion de celle-ci avec l’Union des assurances de Paris (U.A.P.) en 1968. Il devient alors conseiller technique de l’U.A.P et président directeur général d’Épargne Investissement.

En 1970, Gilbert Devaux est élu président du « Demi-siècle de Paris », cercle fondé en 1947. Il le reste jusqu’en 1976, date à laquelle il prend sa retraite. En 1977, il publie une série d'articles dans le journal Le Monde pour alimenter un « Bulletin de santé de l'administration française ». Il décède en 1981[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Gilbert Devaux, La Comptabilité publique, Les Principes, t. 1, Paris, Presses Universitaires, [12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Biogramm zu Wilhelm Studemund in der Gelehrtengeschichtlichen Prosopographie des Teuchos-Zentrums (Verfasser: Wilt Aden Schröder
  2. Nathalie Carre de Malberg (préf. Olivier Feirtag), Le grand état-major financier, les inspecteurs des Finances, 1918-1946, Les hommes, Le métier, Les carrières, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, .
  3. Michel Margairaz, L'État, les finances et l'économie, Histoire d'une conversion 1932-1952, t. 1, Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, .
  4. Paul Reynaud, Carnets de captivité: 1941-1945, Fayard, (ISBN 978 2 213 65964 0, lire en ligne).
  5. Dominique Leca, La rupture de 1940, Paris, .
  6. Philippe Masquelier, « Gilbert Devaux et la direction du Budget en 1956 : un état d’esprit commun ? », dans La direction du Budget dans les années cinquante, acteur ou témoin, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, , p. 549 - 586.
  7. Philippe Masquelier, « Une volonté de réforme du système financier de la France : le cas de Gilbert Devaux, haut fonctionnaire au ministère des Finances de 1930 à 1960 », Revue française de finances publiques, Paris, LGDJ, no 86 « La formation des textes financiers »,‎ , p. 87 - 105.
  8. Sébastien Kott, « Le personnel du ministère des finances sous la IVe République », Revue française d'administration publique, no 108,‎ , p. 565-576 (lire en ligne).
  9. Frank Mordack (directeur de la Réforme budgétaire au ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de 2003 à 2005), entretien réalisé par la Documentation française, (lire en ligne).
  10. Alexandre Giandou, La Compagnie nationale du Rhône, 1933 – 1998, Histoire d’un partenariat régional de l’État, Presses universitaires de Grenoble, .
  11. « Dictionnaire historique des inspecteurs des Finances, 1801-2009 », Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne (consulté le 8 juin 2013).
  12. Philippe Masquelier, « La comptabilité publique de Gilbert Devaux : un plaidoyer pour le maintien d’une gestion publique des Finances publiques en France dans les années cinquante », dans Actes du séminaire Histoire de la gestion des Finances publiques de 1815 à nos jours, vol. II, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, .