Gilbert Chikli

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Gilbert Chikli
Escroc
Image illustrative de l’article Gilbert Chikli
Information
Patrie France, Israël
Condamnation 20 mai 2015
Actions criminelles Escroquerie
Affaires escroquerie au faux président

Gilbert Chikli est un escroc français . Il est notamment connu pour être à l'origine de l'arnaque dit « arnaque au faux président[1] ».

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né à Paris en 1965[2] dans une famille pauvre d'origine juive tunisienne[3] du quartier de Belleville, Gilbert Chikli fréquente le cours Florent[1] après avoir été envoyé en pension dans la Drôme et quitte l'école à l'âge de 13 ans et fait des séjours en centre pour jeunes délinquants[3].

Arnaques téléphoniques[modifier | modifier le code]

Pendant 18 mois, entre 2005 et 2006, Gilbert Chikli se fait passer pour le PDG de grandes entreprises comme La Poste, les Galeries Lafayette, Disneyland Paris, les Pages jaunes ou encore la Caisse d’épargne auprès de cadres qui, sur sa demande par téléphone, lui remettent des centaines de milliers d’euros en liquide ou par virement[4], prétextant pour les convaincre de défendre la guerre contre le financement terroriste et au salarié d'obéir à la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE, services secrets français) et dérobe près de 50 millions d’euros. Après l'enquête de la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP), la justice le condamne. En 2009, il s’enfuit en Israël[5], qui n’extrade pas ses ressortissants, en dépit d’un mandat international, à Ashdod avec son ex-femme et ses deux fils, puis épouse une Israélienne avec qui il aura quatre filles[3],[6]. En 2012, on tire à l'arme automatique sur la façade de sa maison[3]. Cette arnaque a depuis fait des émules, avec des appels de faux PDG prétextant un contrôle fiscal imminent ou une offre publique d'achat (OPA) hostile pour se faire remettre de l'argent.

Condamnation par contumace[modifier | modifier le code]

Le , Gilbert Chikli est condamné par contumace par le tribunal correctionnel de Paris à sept ans de prison et un million d’euros d’amende pour avoir escroqué des entreprises telles qu'Accenture, Alstom, HSBC, la Banque postale, le Crédit lyonnais et Thomson Technicolor parmi 33 banques et sociétés entre 2005 et 2006, pour un préjudice total de 7,9 millions d'euros[1]. Une somme de 52,6 millions ayant été bloquée in extremis[5]. Il trompait les employés des entreprises en se faisant passer pour le président de la société puis pour un agent des services secrets. Il se faisait remettre des sommes importantes en invoquant notamment la lutte contre le blanchiment ou le terrorisme[7].

Arrestation en Ukraine et extradition en France[modifier | modifier le code]

Gilbert Chikli est arrêté le vendredi en Ukraine avec Anthony Lasarevitsch, considéré comme son principal complice dans son système d'escroquerie. Il enregistre en prison une vidéo invectivant la France : « J'emmerde la justice française, je vous baise et je ne viendrai pas ici. »[8]. Libéré le , sous le coup d'une procédure d'extradition vers la France[9], il est arrêté dans un restaurant de Kiev le lendemain soir[10]. Fin , Chikli est extradé vers la France avec Lasarevitsch et incarcéré à son arrivée[11].

Condamnations en France[modifier | modifier le code]

Le 11 mars 2020, Gilbert Chikli est condamné à 11 ans de prison et à payer 44 millions et 10,6 millions d'euros de dommages et intérêts pour les principales victimes, tandis qu'Anthony Lasarevitsch est condamné à une peine de sept ans de prison[12],[13]. Le 9 septembre suivant, Chikli est condamné en appel à 10 ans de prison[14],[15].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Pascal Elbé a dit à son sujet au blog israélien Telavivre : « C’est un escroc à l’ancienne, un type infréquentable à moitié fou, mais avec une histoire forte. Il a mon attention, mais pas ma considération. »[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Arnaque au « faux président » : l'escroc Gilbert Chikli arrêté en Ukraine », leparisien.fr,‎ 2017-08-19cest13:10:17+02:00 (lire en ligne, consulté le )
  2. « Gilbert Chikli, l’escroc qui jouait au président », lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. a b c d et e « "Moi, le roi de l’arnaque ? Cette vie-là, ce ne sont que des emmerdes" », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Gilbert Chikli, l’escroc qui jouait au président », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. a et b « Arnaques "au faux président": recherché, le franco-israélien Gilbert Chikli "veut rentrer" en France ».
  6. (en) The Associated Press, « Israel Targets Eight Suspects for Scamming Millions From Abroad, While Mastermind Stays Free », Haaretz,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. L’escroc Gilbert Chikli a été arrêté en [Ukraine - Le Monde
  8. Le Point.fr, « Vidéo - Gilbert Chikli : "J'emmerde la justice française !" », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  9. Stéphane Sellami, « L'escroc Gilbert Chikli remis en liberté », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  10. Stéphane Sellami, « Gilbert Chikli de nouveau interpellé en Ukraine », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  11. « L’escroc Gilbert Chikli a été incarcéré en France », sur Le Monde.fr (consulté le )
  12. « Escroquerie au « faux Le Drian » : Gilbert Chikli condamné à onze ans de prison », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Au procès du « faux Le Drian » : « Mettez-moi 10 ans de plus, je m’en fous ! » », sur L'Obs (consulté le )
  14. « « Faux Le Drian » : à son procès en appel, Gilbert Chikli reconnaît un autre projet d’arnaque », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. « Escroquerie au "faux Le Drian": deux hommes condamnés à 7 et 10 ans en appel », sur LExpress.fr, (consulté le )