Giannina Braschi

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Giannina Braschi ( à San Juan), est une poétesse et romancière portoricaine de renom qui écrit en anglais, espagnol et spanglish. Professeure d'espagnol, elle est l'auteure de cinq livres de poésie et a reçu de nombreux prix. Son plus célèbre livre est United States of BananaHamlet, Zarathustra, et Giannina prennent le ferry à partir du site de Ground Zero pour libérer Segismundo du cachot où son père, le roi des États-Unis de Banana, l'a séquestré il y a 100 ans[1].

Un autre de ses livres, Yo-Yo Boing!, est un mélange d'anglais et d'espagnol. Il permet à un hispanophone ne connaissant que peu l'anglais et à un anglophone parlant l'espagnol de communiquer sans gros problèmes de langue[2]. Pendant des décennies, les auteurs dominicains et portoricains ont mené une « révolution linguistique », a noté le The Boston Globe et « Giannina Braschi, surtout dans son roman YO-YO Boing!, en témoigne[3] ».

Elle est considérée comme une voix influente et révolutionnaire dans la littérature latino-américaine contemporaine[4]. Son travail a été décrit comme une « fusion synergique qui marque de façon déterminante les expériences vécues par les hispaniques américains ». Écrit en anglais, en spanglish et en espagnol, l’œuvre de Braschi cherche à saisir l’expérience culturelle des 50 millions d’hispaniques des États-Unis et cherche également à explorer les trois options politiques de Porto Rico : nation, colonie ou état dans une fédération. Sur le manque de souveraineté de l’île, Braschi a déclaré: « La liberté n’est pas une option – c’est un droit de l’homme. ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Adolescente à San Juan, Giannina Braschi s’est classée première en 1966 au tournoi national de l’US Tennis Association à Porto Rico, devenant ainsi la plus jeune joueuse de tennis à remporter le prix de Women’s Division sur l’île. Son père, Euripides « Pilo » Braschi, était lui-aussi un champion de tennis. Elle a également été membre fondatrice de la chorale d’enfants de San Juan (« Coro de niños de San Juan »), sous la direction musicale d'Evy Lucio. Elle a également été mannequin pendant son adolescence.

Dans les années 1970, Giannina Braschi a été étudiante en littérature à Madrid, Rome, Paris et Londres, avant de s’installer à New York en 1977. Elle a obtenu un doctorat Philosophiæ doctor ou PhD) en littératures hispaniques à l'université d'État de New York, (Stony Brook, 1980) et a enseigné à l'université Rutgers, à l'université de la ville de New York et à l'université de Colgate. Elle a été correspondante étrangère pour le magazine Grazie (2001-2002).

Dans les années 1980, les premiers écrits de Braschi étaient de nature savante et se concentraient sur les titans du Siècle d'or espagnol, ainsi que sur les poètes d’avant-garde de l’Amérique latine et de l’Espagne. Elle a publié un livre sur le poète romantique Gustavo Adolfo Becquer et des essais sur Cervantes, Garcilaso, César Vallejo, Juan Ramón Jiménez et Federico García Lorca. Plus tard, elle est devenue obsédée par les œuvres damatiques et philosophiques d’auteurs français, allemands, polonais, irlandais et russes. Bien que catégorisées comme des romans, ses œuvres ulterieurs de genre mixte sont expérimentales en tant que style et forme et célèbrent des influences étrangères. Dans l’édition du 50e anniversaire de l’Evergreen Review, Braschi note qu’elle se considère « plus française que Beckett, Picasso et Gertrude Stein » et croit qu’elle est la « petite-fille d’Alfred Jarry et Antonin Artaud, enfant bâtard de Samuel Beckett et James Joyce, demi-sœur de Heiner Müller, proche parente de Tadeusz Kantor, et amante de Witkiewicz »[5].

Dans les années 1980, Giannina Braschi fait irruption sur la scène de la poésie « nuyoricaine » (scène portoricaine de New York) avec des spectacles d’expression orale (spoken word) d’intensité rythmique, pleins d’humour et de politique anti-impérialistes. Ses poèmes en prose ont été écrits, récités et publié entièrement en espagnol au cours de cette période. Son premier recueil de poésie en prose espagnole, Asalto de tiempo, a fait ses débuts à Barcelone en 1980 et a été suivi par La Comedia profana en 1985 et El Imperio de los Sueños en 1988. New York est le site et le sujet d’une grande partie de son œuvre. Dans un épisode climatique de « Pastoral; or the Inquisition of Memories » (« Pastorale; ou l’Inquisition des souvenirs »), des bergers envahissent la 5e avenue Avenue pendant la Parade du jour de Porto Rico et prennent le contrôle de la ville de New York; les bergers sonnent les cloches de la cathédrale de Saint-Patrick et saisissent la plateforme d’observation de l’Empire State Building.

Alicia Ostriker, poétesse et savant féministe, a fait l’éloge de l’Empire of Dreams de Braschi, qui met en vedette le rôle de genre et le travestissement, pour son « énergie érotique absolue qui défie la définition et le dogme ». « Ces trois livres, qui ont gagné des prix, ont été publiés ensemble en tant que volume inaugural de Yale Library of World Literature in Translation. » (Braschi 1998: Yo-Yo Boing!: 13).

Dans les années 1990, Giannina Braschi a commencé à écrire des dialogues dramatiques en anglais, espagnol et spanglish. Son roman bilingue Yo-Yo Boing! (AmazonCrossing) est expérimental en tant que forme et radical dans son mépris des lois de l’anglais comme langue unique, des campagnes de nettoyage ethnique et de la censure corporative.

En 2011, Giannina Braschi débute avec United States of Banana, sa première œuvre écrite entièrement en anglais; c’est un roman postmoderne dramatique qui décrit le changement des pouvoirs dans le monde après les attentats du 11 septembre 2001. Le roman est une critique poétique du capitalisme et de la censure corporative du 21e siècle. En 2012, The Economist a cité United States of Banana parmi les meilleures sources pour des déclarations audacieuses sur l’économie : « Les banques sont les temples d’Amérique. Celle-ci est une guerre sainte. Notre économie est notre religion ». United States of Banana prend comme un tremplin l’effondrement du World Trade Center, l’événement qui a arraché Braschi du quartier Battery Park, qui est devenu connu comme le voisinage de Ground Zero. Braschi écrit sur la mort de l’homme d’affaires, la fin de la démocratie et l’illusion que tous les gens sont nés égaux. « Révolutionnaire en tant que thème et forme en même temps, United States of Banana est une déclaration magnifiquement écrite de l’indépendance personnelle », déclara l'éditeur Barney Rosset (en) (1922-2012), ancien propriétaire de Grove Press et rédacteur en chef de Evergreen Review. Les personnages principaux sont Zarathoustra, Segismundo, Hamlet, Giannina et la statue de la Liberté ; comme caméos on voit des dirigeants de l’aile gauche de l’Amérique latine Fidel Castro, Raul Castro, Hugo Chavez, Cristina Kirchner et Evo Morales.

Livres[modifier | modifier le code]

  • (es) Estados Unidos de Banana, Madrid, AmazonCrossing, , 246 p. (ISBN 9781503934047)
  • (en) United States of Banana, AmazonCrossing, , 305 p. (ISBN 9781611090673)
  • (en) Yo-Yo Boing!, AmazonCrossing, , 249 p. (ISBN 9781611090895)
  • (en) Empire of Dreams, New Haven/Londres, Yale University Press,
  • (en) Yo-Yo Boing!}, Latin American Literary Review Press, , 205 p. (ISBN 9780935480979)
  • (en) Empire of Dreams, Yale University Press, 219 p. (ISBN 9780300057959)
  • (es) El imperio de los sueños, Anthropos Editorial del hombre,
  • (es) El imperio de los sueños, Rio Piedras, Editorial de la Universidad de Puerto Rico,
  • (es) Libro de payasos y bufones, Milan, Grafica Uno, Giorgio Upiglio
  • (es) La comedia profana, Anthropos Editorial del hombre, Barcelone, , 194 p. (ISBN 9788485887682)
  • (es) Asalto al tiempo, Barcelone, Ambitos Literarios,

Œuvres scientifiques[modifier | modifier le code]

  • (es) Breve tratado del poeta artista', Cuadernos Hispanoamericanos, , chap. 433-36
  • (es) La gravedad de la armonía en ‘Soledades galerías y otros poemas’ de Machado, Plural,
  • (es) La poesía de Bécquer: El tiempo de los objetos o los espacios de la luz, Costa Amic, Mexico,
  • (es) La Metamorfosis del ingenio en la Égloga III de Garcilaso, Revista canadiense de estudios hispánicos,
  • (es) Cinco personajes fugaces en el camino de Don Quijote, Cuadernos Hispanoamericanos, , chap. 328

Prix[modifier | modifier le code]

  • New York Foundation for the Arts Fellowship, 2010.
  • New York Foundation for the Arts Fellowship, 2000.
  • PEN American Center’s Open Book Awards, 1999.
  • el diario/La Prensa’s Outstanding Latina of 1999.
  • American Library Association’s 1999 Notable Book Award Nominee.
  • National Endowed Distinguished Chair at Colgate University, 1997.
  • Reed Foundation, Poetry Grant, 1997.
  • National Endowment for the Arts, Creative Writing Fellowship, 1995.
  • InterAmericas, Poetry Grant, 1994.
  • Puerto Rican Institute of Culture, Poetry Grant, 1994.
  • Painted Bride Art Center, Poetry Grant, 1989-90.
  • Instituto de Cultura Puertorriqueña, Travel Grant, 1988-89.
  • Rutgers University Minority Faculty Award, 1983.
  • Instituto de Cooperación Iberoamericana, Madrid, 1980.
  • Poetry Award, Instituto de Puerto Rico en New York, 1979.
  • Ford Foundation Fellowship, 1978-1980.
  • Danforth Scholarship, 1978-1980.

Ground Zero[modifier | modifier le code]

Giannina Braschi a assisté à l'effondrement des tours[réf. souhaitée] du World Trade Center en septembre 2001 à New York et écrit depuis un très long texte poétique et diabolique[réf. nécessaire] qui est en voie d'être terminé et publié[réf. souhaitée].

Sources[modifier | modifier le code]

  • "The Boston Globe", "Spanglish is everywhere now, which is no problema for some, but a pain in the cuello for purists, " by Ilan Stavans, 9/14/2003.
  • "The Review of Contemporary Fiction", Review of Giannina Braschi's Yo-Yo Boing, by David Foster, 1999.
  • "The Evergreen Review's 50th Anniversary Edition", (www.evergreenreview.com), Giannina Braschi, 2007.
  • Introduction to Giannina Braschi's "Empire of Dreams", Alicia Ostriker, Yale University Press, New Haven, 1994.
  • "Lengua Fresca", coédité par Ilan Stavans et Harold Augenbraum.
  • Giannina Braschi's "Yo-Yo Boing!", Doris Sommer, Harvard University, 1998.
  • Kristian Van Haesendonck. "¿Encanto o espanto? Identidad y nación en la novela puertorriqueña actual" (Vervuert-Iberoamericana, Frankfurt-Madrid 2008).
  • “Spanglish: The Making of a New American Language”, Ilan Stavans, Harper Collins, 2003.
  • “Literatures of Asia, Africa and Latin America, ” Willis Barnstone, Indiana University Prentice Hall, 1999.
  • “Lives in Translation: Bilingual Writers on Identity and Creativity, ” Isabelle de Courtivron, Palgrave McMillion, 2003.
  • "Cuerpos Errantes: Literatura Latina Y Latinoamericana En Estados Unidos", Laura R. Loustau, B. Viterbo Editora, 2002. (ISBN 978-950-845-118-7)
  • “Leading Ladies: Mujeres En La Literatura Hispana Y En Las Artes, ” Yvonne Fuentes and Margaret R. Parker, Louisiana State University Press, 2006.
  • “Cultural Identity and Postmodern Writing, ” (Postmodern Studies 39) Theo D'Haen Ediciones Redopi, BV Amsterdam, Netherlands, 2007.
  • “Redreaming America: Toward a Bilingual American Culture, ” Debra A. Castillo, State University of New York, janvier 2005.
  • “The Cambridge Companion to Modern Latin American Culture”, Cambridge Companions to Culture, by John King.
  • “U.S. Latino Literature Today”, Gabriela Baeza Ventura, University of Houston, 2004. (ISBN 978-0-321-19843-3)
  • "Unmothered Americas: Poetry and universality", Jaime Rodriguez Matos, Digital Commons @ COLUMBIA UNIVERSITY, Dissertation, Faculty Advisor: Gustavo Perez-Firmat, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Madelena Gonzalez et Helene Laplace-Claverie, Minority Theater on the Global Stage, Cambridge Scholars Publishing, .
  2. Ilan Stavans, « Spanglish is everywhere now, which is no problema for some, but a pain in the cuello for purists », The Boston Globe,‎ .
  3. Ilan Stavans, « Spanglish is everywhere now, which is no problema for some, but a pain in the cuello for purists », The Boston Globe,‎ .
  4. (en) National Book Festival, Library of Congress., 2012. :

    « Braschi: one of the most revolutionary voices in Latin America today »

    .
  5. Giannina Braschi, « The Evergreen Review's 50th Anniversary Edition », (www.evergreenreview.com,‎ .

Liens externes[modifier | modifier le code]