Giani Esposito

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Esposito.
Giani Esposito
Nom de naissance Gianni Sandro Esposito
Naissance
Etterbeek (Belgique)
Nationalité Drapeau : France Français
Décès (à 43 ans)
Neuilly-sur-Seine (France)
Films notables French Cancan
Cela s'appelle l'aurore
Les Misérables
Paris nous appartient
Site internet Gianni Esposito

Giani Esposito, né le à Etterbeek et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un auteur-compositeur-interprète, acteur et poète français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît à Etterbeek, commune de l'agglomération bruxelloise, d’une mère française et d’un père italien.

Acteur de formation, on le voit essentiellement, depuis ses débuts dans les années 1950 et jusque dans les années 1970, dans de seconds rôles, mais il sera sélectif aussi bien au cinéma qu’à la télévision, tournant sous la direction de réalisateurs notables comme Jean Renoir, Luis Buñuel, André Cayatte, Pier Paolo Pasolini ou en jouant dans des films d'auteurs comme Alexandre Astruc, Pierre Kast, Jacques Rivette, René Wheeler, Ivan Govar, Roger Leenhardt.

Il vient à la chanson en 1952 et passe dans des cabarets comme La Rose Rouge et L'Écluse où il interprète des chansons étranges, teintées de mysticisme, comme Souvenirs d'enfance d'un barbare, La Descente en ville[2]. Le succès arrive avec sa chanson Le Clown en 1957.

En 1959, il fait la connaissance de l'actrice Pascale Petit lors du Festival de Moscou. Ils se marient pendant le tournage d’Une fille pour l'été[3].

En 1971, il rencontre Ersie Pittas, nièce du metteur en scène grec Michael Cacoyannis, qui étudie à Paris l’histoire de l’art et la danse, et qui fait partie de la Jerome Andrews Dance Company[4],[5]. Il quitte Sèvres, où il résidait avec son épouse Pascale Petit et leur fille Doushka Esposito[6], pour s'installer avec Ersie dans un studio à Saint-Germain-des-Prés.

Ensemble, ils montent un spectacle dans lequel lui dit des poèmes et chante tandis qu’elle danse et l’accompagne en jouant de divers instruments à percussion[7]. Au printemps 1972, ils sont en tournée dans toute la France[5]. La tournée, seulement interrompue en décembre pour 15 jours de congé, reprend en janvier 1973 et passe notamment par Lille[7]. Cette année-là, le tandem donne 70 représentations. À la fin de l’année, Giani Esposito présentait des signes de fatigue très visibles, mais il refusait de prendre du repos, son public étant plus important.

Début 1974, leur tournée devait passer par les Pays-Bas (où Giani Esposito était très apprécié en tant que poète), puis se poursuivre en Belgique. Sa mort brutale stoppa ces projets.

Giani Esposito continuait de recevoir des scénarios de téléfilms ou de séries de la part de l'ORTF[réf. nécessaire].

Il songeait aussi à retrouver les studios de cinéma pour un projet de film avec Raymond Devos, projet jamais réalisé du fait de son décès[réf. nécessaire]. Plus tard, Raymond Devos reprendra dans ses spectacles la chanson Le Clown de son ami disparu.

Il avait également un projet pour la scène, car au printemps 1972, il venait de terminer l’écriture du Bateleur, une pièce de théâtre : « J'ai mis 7 ans à l’écrire ; elle est en alexandrins et dont les deux tiers sont grotesques et qui, vers le dénouement, vire au sublime. […] Il faut que l’acteur soit d’une très grande vérité. […] J'aimerais beaucoup Dufilho dans ce rôle »[5].

Giani Esposito envisageait de concrétiser son divorce avec Pascale Petit, mais faute de temps, il reportait sans cesse les formalités, ce qui attisait leur conflit, enfin apaisé en mars 1973, date effective du divorce[réf. nécessaire].

Giani Esposito était aussi un spécialiste du mime et, à cette occasion, aimait à se déguiser en clown ou en Pierrot (lunaire). Très fan de Jean-Louis Barrault qui se passionnait pour le mime et avait d’ailleurs interprété le célèbre Debureau dans le film Les Enfants du paradis (1945) et même mis en scène et interprété le rôle-titre dans l'adaptation scénique Baptiste, pantomime-ballet (1959), Giani Esposito avait également des projets dans ce sens, interrompus par sa brutale disparition.

On lui doit aussi quelques recueils de poèmes et de textes de chansons ainsi que des illustrations.

Atteint d’une hépatite virale et d’une tumeur du cerveau[8],[1], il meurt le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Marina Vlady[9] : « Giani Esposito, acteur-poète passionné et délicat, me donne la réplique ; il m'enchante par ses mélodies susurrées d'une petite voix bouleversante. »[10]
  • Gilles Schlesser[11],[12] : « Giani Esposito fait partie de ces figures mythiques et confidentielles qui ont traversé les années 50-60 sur la pointe des pieds. Son physique de beau ténébreux, associé à un charme mystérieux, lui vaudra de tourner, entre 1953 et 1955 dans des films de Cayatte, Buñuel ou Astruc. Éclectique, curieux de toute expression créative, Giani Esposito se lance dans la chanson en 1952. « Peut-on, du reste, qualifier de « chansons » les textes étranges, décalés, qu'il psalmodie au hasard de ses auditions, dans les cabarets d'une rive gauche inféodée au dogmatisme des chapelles littéraires ? La chanson, lui répète-t-on, se doit de respecter des codes, des conventions. Il éveille néanmoins la curiosité de Nico Papatakis puis de Léo Noël et peut enfin se faire entendre à La Rose rouge, à L'Écluse, devant un public attentif. […] La voix d'Esposito, lacérée entre aigu et grave, s'imposait à tous dans sa beauté formelle. Une voix à hauteur d'homme qui rendait plus dérisoires encore les toquades de la radio nationale pour les niaiseries franchouillardes de l'époque[13]. » Giani Esposito sera un fidèle de L'Écluse, interprétant parfois Le Clown sans soutien musical. […] Il s'accompagne souvent au tam-tam ou en tapotant simplement au dos d'une chaise. Complaintes méditatives, mélopées lancinantes, tendresse désespérée… Esposito a laissé un souvenir magique par son talent tout en rigueur et dépouillement. Le Clown, À titre posthume ou Un noble rossignol, chantés par une voix incomparable, donnaient le frisson ».

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

Illustrateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source : Les Gens du Cinéma
  2. Source : Pierre Saka et Yann Plougastel, Guide Totem : La Chanson française et francophone, Paris, Éditions Larousse,‎ 1999 (ISBN 2035113466), p. 221
  3. Biographie de Pascale Petit
  4. Voir Jerome Andrews (en).
  5. a, b et c Son interview dans le no 58 de la revue Art et Poésie du printemps 1972
  6. Prénom bulgare « Bojidarka ».
  7. a et b Témoignages sur Giani Esposito.chronobio.com
  8. Nécrologie dans Télérama du 12 janvier 1974
  9. Sa partenaire dans le film Pardonnez nos offenses de Robert Hossein (1956).
  10. Extrait de ses mémoires : Marina Vlady, 24 images/seconde, Paris, Éditions Fayard,‎ 2005, 374 p. (ISBN 9782213623580, présentation en ligne)
  11. Fils d'André Schlesser, l'un des quatre fondateurs du cabaret L'Écluse.
  12. Extrait de l'anthologie de Gilles Schlesser, Le Cabaret rive gauche (1946-1974) : de La Rose Rouge au Bateau Ivre, Paris, Éditions de l'Archipel,‎ 2006, 682 p. (ISBN 9782841878499, présentation en ligne)
  13. Extrait d'un article paru dans la revue Chorus en 1995.
  14. a, b et c Poète soufi de Bagdad. Source : ouvrage de Jacqueline Kelen, La Puissance du cœur aux éditions de La Table ronde (2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]