Ghosting

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Le ghosting (de l'anglais ghost, « fantôme ») est l'acte qui consiste à mettre fin à une relation avec une personne en interrompant sans avertissement ni explication toute communication et en ignorant les tentatives de reprise de contact de l'ancien partenaire.

Le terme naît au milieu des années 2000 et la pratique devient plus fréquente dans la décennie qui suit, en lien avec l'utilisation croissante des médias sociaux et des applications de rencontre en ligne.

Prévalence[modifier | modifier le code]

Le terme est attesté aux États-Unis depuis au moins 2006[1] dans le contexte des échanges en ligne. Il est popularisé en 2015 par de nombreux articles sur des célébrités[2],[3] et fait son entrée dans le Collins English Dictionary en 2015[4].

Un sondage aux États-Unis en 2015 évalue à plus de 10 % le taux d'adultes qui reconnaissent avoir eu recours à ce mode de rupture[5]. En France, une étude indique que les femmes déclarent en être davantage victimes que les hommes (24 % contre 16 %)[5].

Il ne se cantonne pas aux seuls contextes de relations intimes. Il peut se produire entre amis ou entre membres de la famille[6].

Analyses[modifier | modifier le code]

Le ghosting semble devenir de plus en plus courant[7],[8]. Plusieurs explications sont suggérées, mais l'anonymat et l'isolement relatif véhiculés par les médias « sociaux » et les applications de rencontre sont souvent mis en cause[9]. Ces modes de rencontre favorisent les comportements médiocres, qui n'auront guère de répercussion sociale[10]. Puisque le ghosting est une rupture non dite, il ne scelle pas la fin d'une histoire : l'acte peut ménager dans l'esprit du « ghoster » la possibilité de reprendre contact plus tard, à sa guise[11].

Une autre cause de son développement serait l'immédiateté des dialogues et la disponibilité permanente attendues par les protagonistes — du fait de l'immédiateté des échanges sur les réseaux sociaux — dont l'exigence deviendrait envahissante[5]. Certains ont suggéré que le phénomène était lié au déclin de l'empathie dans la société, ainsi qu'à la promotion d'une culture plus narcissique et individualiste[12].

Si beaucoup mettent en avant la violence ainsi imposée à l'autre, rangeant le ghosting parmi les outils de domination et de pouvoir[5], certains trouvent des excuses au « ghoster », et estiment au contraire que la peur de blesser l'autre expliquerait le silence[5]. L'incapacité supposée du « ghosté » d'accepter la rupture ferait écho à celle du « ghoster » de l'exprimer simplement[5].

Le ghosting peut être particulièrement blessant pour la victime, provoquant des sentiments d'ostracisme et de rejet. Certains professionnels de la santé mentale le considèrent comme une forme de violence émotionnelle passive-agressive ou de cruauté émotionnelle[13]. La pratique se banalisant, des individus peuvent s'en désensibiliser[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.urbandictionary.com/define.php?term=Ghosting
  2. (en-US) Edwards, « Charlize Theron Broke Up With Sean Penn By Ghosting Him », Jezebel (consulté le ).
  3. « Charlize Theron Gets a Black Belt in Ghosting », The Cut (consulté le ).
  4. (en) « "Ghosting" is now in the dictionary - so is dating etiquette dead? », sur The Independent, (consulté le ).
  5. a b c d e et f France Inter, « Amour 2.0 : le "ghosting" ou l'art de disparaître », sur www.franceinter.fr, (consulté le ).
  6. « I Was Ghosted by One of My Closest Friends », Cosmopolitan, (consulté le ).
  7. Perel, Esther, Stable Ambiguity and the Rise of Ghosting, Icing and Simmering,
  8. (en-US) « I Asked Men Why They Ghosted Me », VICE, United States (consulté le ).
  9. « PsycNET - DOI Landing page », doi.org (consulté le )
  10. « And Then I Never Heard From Him Again: The Awful Rise of Ghosting », The Date Report (consulté le ).
  11. « Comment le ghosting est devenu la rupture de l'ère Tinder », sur Les Inrocks, (consulté le ).
  12. (en-US) « It's time to bring back relationship accountability », Be Lucky In Love (consulté le ).
  13. a et b (en) « This Is Why Ghosting Hurts so Much », sur Psychology Today (consulté le ).