Ghislain Deslandes

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Ghislain Deslandes
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Essai sur les données philosophiques du management (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ghislain Deslandes, né le 16 août 1970 à Angers, est un philosophe français, dont les recherches portent sur la philosophie des sciences de gestion et sur l'éthique des affaires, en particulier dans le monde des medias d'information et culturels.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Après des études à l'université Panthéon-Sorbonne, il présente, en 2000, une thèse intitulée Kierkegaard, Pascal, Lequier : convergences de trois philosophes chrétiens, sous la direction de l'académicien Bernard Bourgeois[1]. Il possède également un diplôme en gestion et travaille comme analyste en marketing pour des groupes de presse français puis comme consultant en gestion de projets et en stratégie multimédia pour plusieurs sociétés d’édition. Son expérience étendue lui permet d'aborder efficacement les aspects théoriques et pratiques de la gestion des médias, indique Nadine Toussaint-Desmoulins de l'institut français de presse[2].

Professeur habilité à diriger des recherches en management à ESCP Business School[3], il est le directeur scientifique du « mastère spécialisé médias » (MS Médias) depuis 1997[4].

De 2013 à 2019, il est directeur de programme, élu au Collège international de philosophie[4].

Recherches[modifier | modifier le code]

Ses recherches portent notamment sur l’organisation, l’éthique et le management dans le secteur des médias[4] lesquels, dans le monde contemporain occidental, sont de plus en plus la propriété de grands groupes. Cette mainmise sur les médias, censés être des acteurs essentiels de la démocratie et des véhicules d’information, soulève la question de l’indépendance des journalistes et de la liberté d’expression indépendamment de la direction en tenant compte des conflits d’intérêt entre les objectifs de rentabilité et les choix rédactionnels, afin d’assurer au public une information « juste, impartiale et transparente »[5].

Sa réflexion philosophique consacrée aux sciences de gestion convoque quant à elle l'histoire de la pensée : Paul Ricœur, Pascal, Kierkegaard, Bergson ou encore Wittgenstein (parmi d'autres) pour ouvrir de nouvelles perspectives dans le monde des affaires et y réintroduire autrement la question du sens ou de la dignité[6]. En d'autres termes, oublier Frederick Winslow Taylor et dépasser le Taylorisme[7] au profit d'une phénoménologie managériale s'établissant dans la subjectivité vivante des êtres humains au travail.

Son travail de recherche s'intéresse également à la philosophie de la religion où il élabore un antiphilosophisme à partir des oeuvres de Kierkegaard et de Pascal[8]. Une thèse qu'il développe ensuite dans un Court traité sur la recherche d'une première vérité consacré au philosophe breton Jules Lequier.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Concernant Le Management des médias, Sékouna Kéita précise que ce domaine de réflexion est très développé aux États-Unis mais encore très peu en France, et encore moins dans les pays émergents[5] et souligne que l'ouvrage "retrace l’impact de la globalisation et des technologies numériques sur la gestion et le fonctionnement des médias dans le monde, ainsi que sur les problèmes qui en résultent. Des médias qui, pour la plupart, s’inscrivent dans des conglomérats industriels ou financiers".

Pour Salvatore Maugeri, si la lecture de l'Essai sur les données philosophiques du management s'avère « indispensable à tous ceux qui veulent comprendre les soubassements philosophiques possibles du management et les concepts qui pourraient être mobilisés pour faire du management une affaire non seulement de performance économique, mais aussi (et avant tout ?) d’éthique »[6], elle demeure néanmoins selon lui aussi impuissante que celle des études critiques en management.

Dans sa présentation de Critique de la condition managériale, Philosophie Magazine note que Deslandes « est à la fois philosophe exigeant et enseignant dans une école de commerce : sa critique de la condition managériale n’en est que plus fine. Si elle ne tranche pas avec une certaine (bonne) littérature du bonheur au travail, elle lui apporte le soubassement intellectuel qui lui manque trop souvent» »[9]. Il s’appuie sur l’œuvre du phénoménologue Michel Henry, « pour qui nous sommes des individus affectés, "pathiques", avant d’être des individus pensants ». Deslandes propose, pour rompre avec le taylorisme, « un management non plus centré sur l’extériorité d’objectifs quantitatifs, mais sur une culture de la collaboration entre vivants. »[9].

Pour l'ouvrage Antiphilosophie du christianisme, la revue Etudes précise que Deslandes « montre brillamment que Pascal et Kierkegaard, en usant puissamment des ressources de la philosophie, retournent celles-ci contre elle-même. S'il y a une vérité de la philosophie, c'est d'avouer son impuissance à saisir le vrai de quoi que ce soit, c'est de « se moquer » d'elle-même. (...) En trois sauts, l'antiphilosophie (terme repris à Alain Badiou) destitue la philosophie, la dénature, lui substitue un "geste" autre »[10].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles de revues (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Nouvelles expériences touchant au trop-plein, Revue économique et sociale, 2020, n°78(1), 15-21.
  • Pour une éthique d'après la reconnaissance, RIMHE, 2019, 34(1) : 88 – 102, avec J. P. Bouilloud.
  • Les qualités de l’homme - Manifeste. Note de lecture, RIMHE, 2017, 26(2) : 98-101.
  • Pour un management faible, Rue Descartes, 2017, 91(1) : 1-8.
  • La besogne et le besoin : réflexions sur le vécu individuel à l’heure de l’accélération sociale, RIMHE, 2015, 18(4) : 83-96, 2015.
  • Philosophie et sciences de gestion : Vers une poétique de l'action managériale ?, Diotime, 2012, 51(1) : 1-8.
  • Ethique managériale et pluralisme des valeurs, Cahiers de Friedland, 2012.
  • Ethique des organisations, Le retour de la vertu, L’Expansion Management Review, 2010, 137(2) : 103-111.
  • Quand l'audience est le média : Les limites du modèle coréen "OhMyNews", Hermès, 2009, 55(3) : 125-129, avec G. Maixent.
  • Ethique des médias sociaux et économie de la participation. Une étude comparative, Global Media Journal, 2009, avec L. Fonnet et A. Godbert.
  • Kierkegaard, Pascal, Lequier : L'amitié stellaire de trois chrétiens philosophes, Etudes, 2002, 397(7-8) : 53-62.
  • Le virtuel: Prouesses, périls et hasards d'un monde en devenir, La Voix du regard, 1997, 10 : 8-12.

Prix[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. theses.fr
  2. a et b (en)Book review by Nadine Toussaint-Desmoulins in International Journal on Media Management, Volume 11, 2009 - Issue 1.
  3. Programme du colloque de la fondation Olstad Elahi - éthique et solidarité humaine, The current state of research and teaching in ethics : État des lieux de l’enseignement et de la recherche en éthique, novembre 2017.
  4. a b et c Profil de Ghislain Deslandes en tant que professeur en philosophie des sciences de gestion à la ESCP Europe, The conversation.
  5. a b et c Sékouna Kéita, Compte rendu de lecture, 2009, openedition.org.
  6. a b et c Salvatore Maugeri, compte rendu de lecture, 2014, openedition.org.
  7. a et b Oublier Taylor, France culture, 10 janvier 2014.
  8. [1]
  9. a b et c Critique de la condition managériale, Philomag, 21 septembre 2016.
  10. https://www.revue-etudes.com/article/demystifier-la-philosophie-vraiment-philosopher-20078
  11. Actualités culturelles, livres, Démystifier la philosophie : vraiment philosopher? Collectif, Le grand débat national, Revue Études, SER, , 144 p. (ISBN 9782370961938, lire en ligne).
  12. Valérie Landrieu, La philo pour reconstruire le management, Les Echos, 31 octobre 2016.
  13. fnege.org, prix.

Liens externes[modifier | modifier le code]