Gertrude Elles

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Gertrude Elles
Nom de naissance Elles
Naissance
Wimbledon (Angleterre) (Ecosse)
Décès (à 88 ans)
Nationalité Britannique
Domaines Géologie stratigraphie
Institutions Université de Cambridge Trinity College
Diplôme Doctorat en géologie
Formation Wimbledon High School
Renommé pour Travaux sur les graptolites
Distinctions Ordre de l'empire britannique, médaille Murchison,

Gertrude Elles est une géologue britannique, née le et décédée le .

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Née le 8 octobre 1872 à Wimbledon de parents écossais, Gertrude Elles fait ses études au Wimbledon High School et au Newnham College de Cambridge. En 1895, elle reçoit les honneurs en tant que major de promotion dans les trois matières relatives aux sciences naturelles enseignées dans l'établissement. Elle se rend à Dublin en 1905 pour y passer son doctorat, L'Université de Cambridge n'offrant pas encore, à l'époque, la possibilité de valider un diplôme aux femmes. Entre 1904 et1907, un accord est cependant conclu entre l'Université de Cambridge, l'Université d'Oxford et le Trinity College de Dublin pour que les Femmes diplômées de Cambridge et d'Oxford puissent faire valoir leur diplôme en Irlande[1].

Gertrude Elles ne s'est jamais mariée et n'a pas eu d'enfants. Atteinte d'une dégradation évolutive de l'ouïe vers ses 43 ans, elle perd petit à petit ses facultés d'audition au cours des trente cinq années suivantes jusqu'à devenir presque sourde. Elle décide finalement de rentrer en Ecosse, sa terre natale, où elle décède en 1960[2].

Carrière académique[modifier | modifier le code]

Elles fait l'intégralité de sa carrière d'universitaire au Newnham College, Université de Cambridge. Elle travaille notamment avec Ethel Wood[3], Margaret Crosfield[4] et Charles Lapworth[2].

Membre active du Club de Sedgwick, la société géologique officielle de l'Université de Cambridge[5] elle joue un rôle central dans la gestion et le management du club.

Ses études sur la taxonomie et l'évolution des graptolites, réalisés en utilisant des échantillons du nord du Pays de Galles et des Skiddaw slates du Lake District, en Angleterre et des schistes de Wenlock prélevés près des frontières galloises, sont d'une importance fondamentale. Elles développe notamment une méthode qui consiste à examiner les communautés fossiles plutôt que les seuls individus[6]. Elle travaille également sur la stratigraphie du Paléozoïque inférieur, en utilisant les graptolites comme outil pour délimiter les fuseaux horaires[2].

Elles est la première femme à obtenir un poste de lectorat à Cambridge en 1924 et devient vice-principale du Newnham College en 1930[2]. Elle continue à donner des conférences et à faire de la recherche jusqu'à sa retraite en 1938. Elle est également nommée lectrice émérite en 1938 et continue de superviser des étudiants malgré son statut de retraitée.

Son excellence en tant qu'enseignante a été reconnue par les étudiants. Certains de ceux qu'elle a supervisés et encadrés à Cambridge firent eux-mêmes de brillantes carrières en géologie, notamment Dorothy Hill, Elizabeth "Betty" Ripper et Oliver Bulman[7].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Elles reçoit le Lyell Fund de la Société géologique de Londres en 1900 pour ses travaux sur les graptolites, mais elle n'est pas en mesure de venir le chercher en personne, en effet les femmes ne sont pas autorisées à assister aux réunions du comité à cette époque.

En 1919, elle devient l'une des premières femmes admises à la Société géologique de Londres et, remporte, la même année, la médaille Murchison[8].

Elle devient présidente l'Association britannique des Sciences en 1923[2].

Elle est également faite membre de l'Ordre de l'Empire britannique pour son travail avec la Croix-Rouge pendant la Première Guerre mondiale[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Les publications issues de ses recherches sur les graptolites ont été rassemblées dans un livre :

  • Elles, GL & Wood, EMR 1901–1918. Monographie des graptolites britanniques. Parties 1 à 11. Palaeontological Society, Londres, Monographies, 1 - 539

Elle a également écrit ou co-écrit un certain nombre d'autres articles scientifiques :

  • Elles, GL 1909. La relation entre les roches ordoviciennes et siluriennes de Conway (Nord du Pays de Galles). Journal trimestriel de la Geological Society, Londres, 65, 169–194.
  • Elles, GL 1922. Les faunes à graptolites des îles britanniques. Actes de l'Association des géologues, 33, 168–200
  • Elles, GL 1922. Le pays Bala : sa structure et sa succession rocheuse. Journal trimestriel de la Geological Society, Londres, 78, 132-175.
  • Elles, GL et Slater, IL 1906. Les plus hauts rochers siluriens du district de Ludlow. Journal trimestriel de la Geological Society, Londres, 62, 195-221.
  • Elles, GL & Wood, EMR 1895. Notes supplémentaires sur les schistes secs de Drygill. Geological Magazine, 2, 216–249. 

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Higgs, « The role of women in the history of geological studies in Ireland In: Burek C.V. & Higgs B. (eds) The role of Women in the History of Geology. », Geological Society, London, Special Publications, vol. 281,‎ , p. 137–154 (DOI 10.1144/sp281.9)
  2. a b c d e et f Burek, « The role of women in geological higher education Bedford College, London (Catherine Raisin) and Newnham College, Cambridge, UK », Geological Society, London, Special Publications, vol. 281, no 1,‎ , p. 9–38 (DOI 10.1144/SP281.2)
  3. (en) Megan O'Donnell, « 100 years of female Fellows: Ethel Woods (nee Skeat) », sur Geological Society of London blog, (consulté le 14 mars 2021)
  4. (en) Megan O'Donnell, « 100 years of female Fellows: Margaret Crosfield », sur Geological Society of London blog, (consulté le 14 mars 2021)
  5. « The Sedgwick Club », sedgwickclub.soc.srcf.net (consulté le 6 avril 2016)
  6. Burek et Higgs, « The role of women in the history and development of geology: an introduction », Geological Society, London, Special Publications, vol. 281, no 1,‎ , p. 1–8 (DOI 10.1144/SP281.1)
  7. Secord, Howells, Couples et Oldroyd, « Geological Tensions in an Idyllic Field », Metascience, vol. 13, no 1,‎ , p. 1–27 (DOI 10.1023/B:MESC.0000023262.37758.d2)
  8. Burek, « The first female Fellows and the status of women in the Geological Society of London », Geological Society, London, Special Publications, vol. 317, no 1,‎ , p. 373–407 (DOI 10.1144/SP317.21)