Gertrude Blanch

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Gertrude Blanch
Description de l'image Gertrude blanch.jpg.
Nom de naissance Gittel Kaimowitz
Naissance
Kolno
Décès (à 98 ans)
San Diego
Nationalité américaine
Domaines Mathématiques, analyse numérique
Institutions National Bureau of Standards, Aerospace Research Laboratories, Dayton, Ohio
Diplôme Ph. D.
Formation université Cornell
Renommé pour Tables de fonctions de Mathieu
Distinctions Fellow de l'American Association for the Advancement of Science (1962), Federal Woman's Award (1964)

Gertrude Blanch, née le 2 février 1897 à Kolno en Pologne, anciennement dans l'Empire Russe, et morte le 1er janvier 1996 à San Diego aux États-Unis[1] est une mathématicienne américaine qui a réalisé des études novatrices en l'analyse numérique et en informatique[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gertrude Blanch s'appelle à sa naissance en 1897 Gittel Kaimowitz. Son père émigre aux États-Unis et elle le rejoint à New York en 1907 à l'âge de dix ans avec sa mère et une de ses sœurs. Elle entre alors à l'école primaire, puis au collège à Brooklyn et est diplômée du lycée du district Est de Brooklyn (Eastern District High School) en 1914. Son père décède la même année et elle commence à travailler. Elle américanise à cette époque son prénom en Gertrude[3]. Elle acquiert la citoyenneté américaine en 1921. Elle travaille comme employée jusqu'au décès de sa mère en 1927.

Études[modifier | modifier le code]

Gertrude Blanch entreprend, de 1928 à 1932, des études de mathématiques à l’université de Washington, une partie de l'université de New York, ou elle étudie les mathématiques. C'est alors qu'elle change son nom en Gertrude Blanch, en adoptant l’américanisation du nom de sa mère, Dora Blanc. Elle obtient en 1934 un master à l'université de Cornell[4]. Elle obtient un Ph. D. intitulé Properties of the Veneroni transformation in S4[5] en 1935. Les résultats de sa thèse paraissent en 1936 dans le journal American Journal of Mathematics[6],[7]

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1938, elle devient Director of Mathematics et Manager of Computation au Mathematical Tables Project (en) à New York. Ce projet dépend alors de la Work Projects Administration. Elle supervise près de 450 personnes appelés en anglais human computer sans qualifications particulières, et qui effectuent des calculs numériques pour des tables de fonctions[8]. Les schémas et l'organisation des calculs sont élaborés par Gertrude Blanch. La qualité des algorithmes et des tests d'erreur font de tables produites un ouvrage de référence pendant de dizaines d'années, notamment pour les fonctions transcendantes. Elle travaille dans ce projet jusqu'en 1942. Le National Bureau of Standards reprend alors pour l'essentiel le personnel du Mathematical Tables Project dans le cadre du Applied Mathematics Panel du National Defense Research Committee. Dans ce cadre, Gertrude Blanch supervise les calculs pour l'armée, la marine ainsi que divers autres projets militaires.

Après la guerre, elle rejoint l'université de Californie à Los Angeles, où elle travaille au Institute for Numerical Analysis en tant que directeur assistant et chef du département de calculs, toujours dépendant du National Bureau of Standards. Elle figure parmi les membres de l’Association for Computing Machinery (ACM) dès le mois de mai 1948[9]. Durant la période des persécutions de McCarthy, elle est importunée parce que sa sœur aînée est membre du parti communiste des États-Unis[10], et elle est soupçonnée d'être communiste parce qu'elle est célibataire et sans enfants[3]. L'institut est fermé en 1954. Elle travaille ensuite pendant un an pour l'entreprise Electrodata Corporation à Pasadena, et par la suite elle rejoint le laboratoire de recherche aérospatiale à la Wright-Patterson Air Force Base de l’armée de l'Air[2],[4] où elle travaille sur les fonctions de Mathieu tout en assurant des cours de perfectionnement aux officiers. Elle reste dans cet emploi jusqu'à sa retraite[10].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

L'ensemble des documents et écrits de Getrude Blanch sont conservés sous le titre de dossier Gertrude Blanch Papers, (1932-1996) au Charles Babbage Institute (en) de l'université du Minnesota à Minneapolis[11].

Articles[modifier | modifier le code]

Elle publie plus d'une trentaine d'articles scientifiques sur l'approximation de fonctions, les fonctions de Mathieu ou encore l'analyse numérique dans des revues américaines, dont American Journal of Mathematics, Bulletin of the American Mathematical Society, Journal of Mathematics and Physics, et dans Mathematical Tables and other Aids to Computation et le Journal of Research of the National Bureau of Standards[12].

Livres[modifier | modifier le code]

Elle a publié plusieurs volumes de tables sur les fonctions de Mathieu :

  • Gertrude Blanch et Donald S. Clemm, Tables relating to the radial mathieu functions: Vol. 1: Functions of the first kind, Aeronautical Research Laboratories, Wright-Patterson Air Force Base, , xxix+383 p. (Math Reviews 148948)

et un deuxième volume :

  • Gertrude Blanch et Donald S. Clemm, Tables relating to the radial Mathieu functions. Vol. 2: Functions of the second kind, Aeronautical Research Laboratories, Wright-Patterson Air Force Base, , xxiii+481 p. (Math Reviews 179911)

et enfin :

  • Gertrude Blanch et Donald S. Clemm, Mathieu’s equation for complex parameters. Tables of characteristic values, Aerospace Research Laboraories; Washington: Superintendent of Documents. U.S. Government Printing Office., , xiii+273 p. (Math Reviews 250432, zbMATH 0204.49902).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Female Role Models: Gertrude Blanch », sur Coding Blonde (consulté le 17 mars 2016).
  2. a et b David Greer, George Washington University, « Gertrude Blanch », Biographies of Women Mathematicians, sur www.agnesscott.edu (consulté le 17 mars 2016).
  3. a et b (en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « Gertrude Blanch », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  4. a et b « The History of Numerical Analysis and Scientific Computing », sur history.siam.org (consulté le 17 mars 2016)
  5. (en) Gertrude Blanch sur le site du Mathematics Genealogy Project.
  6. Gertrude K. Blanch, « Properties of the Veneroni Transformation in S4 », American Journal of Mathematics,, vol. 58, no 3,‎ , p. 639-645 (Math Reviews 1507189, présentation en ligne)
  7. David Greer, George Washington University, « Gertrude Blanch », Biographies of Women Mathematicians, sur https://www.agnesscott.edu/, Agnes Scott College (consulté le 2 avril 2017).
  8. David Alan Grier, When Computers Were Human, Princeton University Press, (ISBN 978-0-691-09157-0).
  9. Membership directory of the ACM, 21 mai 1948.
  10. a, b et c Green et LaDuke 2009, p. 144-145.
  11. Gertrude Blanch Papers, 1932-1996.
  12. Gertrude Blanch sur Zentralblatt MATH.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Judy Green et Jeanne LaDuke, Pioneering Women in American Mathematics : The Pre-1940 PhD’s, American Mathematical Society et London Mathematical Society, coll. « History of Mathematics Volume 34 », , 345 p. (ISBN 978-0-8218-4376-5, lire en ligne), p. 144–145.
  • (en) David Alan Grier, « Gertrude Blanch of the Mathematical Tables Project », IEEE Annals of the History of Computing, vol. 19, no 4,‎ , p. 18–27 (ISSN 1058-6180, DOI 10.1109/85.627896).