Germaine Casse
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Germaine Casse, née à Paris le et morte à Draveil le [1], est une peintre et décoratrice de théâtre française.
Elle est connue pour ses représentations de la lumière et de la vie des Antilles et pour sa promotion des artistes ultramarins à Paris.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse
[modifier | modifier le code]Germaine Casse est la fille de Germain Casse, gouverneur de la Martinique et député de la Guadeloupe, et de Julie John, originaire du Sénégal. Sa grand-mère maternelle, Marie John, était métisse, fille d’un officier britannique et d’une femme peule[2].
Elle passe une partie de son enfance aux Antilles françaises avant de s’installer dans le sud de la France. Elle étudie près de dix ans à l’École des beaux-arts d'Avignon sous la direction de Pierre Grivolas, développant un style marqué par la lumière et la couleur, inspiré du post-impressionnisme[3]. Elle peint régulièrement en plein air, explorant la lumière méditerranéenne et antillaise.
Carrière et expositions
[modifier | modifier le code]Au début des années 1920, elle obtient une bourse du ministère des Colonies qui lui permet de se rendre en Guadeloupe. Ce séjour influence durablement sa palette et son approche de la lumière. En mai 1923, elle organise sa première exposition à Pointe-à-Pitre, présentant des scènes de vie quotidienne, des paysages et la flore locale.
En 1924, elle participe à la fondation de la Société des artistes antillais, dont le premier salon rassemble peintres et sculpteurs de l'archipel[4].
De retour à Paris, elle expose dans plusieurs salons prestigieux, notamment au Salon d'automne de 1928 avec les toiles Femme et fleurs et La Désirade (Guadeloupe)[5].
On lui doit de nombreux paysages de la Guadeloupe. Elle y séjourne en 1920-1922 et en rapporte une centaine de tableaux qu'elle présente à l'exposition coloniale de Marseille en 1922. De 1923 à 1925, elle est chargée de mission par le ministère des Colonies en Guadeloupe afin d'y développer la formation et la vie artistique. Elle y organise, place de la Victoire à Pointe-à-Pitre, du 12 au 14 mai 1923 la première exposition d'art de Guadeloupe. Le musée Schœlcher conserve de sa part la toile Plage sous le fort (1923)[6].
Style et réception critique
[modifier | modifier le code]Le style de Germaine Casse se caractérise par une attention particulière à la lumière, des couleurs lumineuses et des compositions réalistes et poétiques. Selon Christelle Lozère, son métissage culturel enrichit son œuvre et lui permet de naviguer entre influences créoles et européennes[2].
Ses œuvres sont parfois qualifiées d’« exotiques » par la critique contemporaine. L'historien Alain Locke souligne la pertinence de son travail dans le contexte de l'art antillais et de la représentation des artistes noirs en Europe.
Contexte et défis
[modifier | modifier le code]Les années 1920 et 1930 représentent une période difficile pour les femmes artistes, particulièrement celles issues des colonies. Casse doit composer avec un environnement artistique dominé par les hommes et une reconnaissance limitée des artistes ultramarins. Elle participe également à des expositions coloniales, notamment à Marseille (1922) et Paris (1931).
Activités artistiques et héritage
[modifier | modifier le code]À partir des années 1930, elle conçoit des décors de théâtre et de cabaret à Paris, intégrant motifs tropicaux et modernisme. Elle fonde l'atelier Karukéra, collaborant avec de jeunes artistes antillais et africains et favorisant le dialogue culturel entre la France et les Antilles.
Elle reçoit la Légion d’honneur pour son rôle dans le rayonnement de la culture antillaise[7].
Elle épouse à Avignon, le , le sculpteur Jean Pierre Elzéar Gras[8].
Après sa mort en 1967, son œuvre continue d’influencer la scène artistique ultramarine et constitue un modèle pour les femmes artistes.
Une allée de Basse-Terre porte son nom.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Transcription de l'acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Draveil, à la mairie de Paris 14e, no 3318, vue 4/31.
- Christelle Lozère, « Germaine Casse et la mission de 1923 en Guadeloupe : un mirage politique ? », in Laurent Houssais et Dominique Jarrassé (dir.), Nos artistes aux colonies : sociétés, expositions et revues dans l’empire français 1851-1940, Paris, Éditions Esthétiques du Divers, 2015, p. 140-157.
- ↑ Christelle Lozère, Histoire de l'art des Antilles françaises en contexte esclavagiste et post-esclavagiste (XIXe siècle – 1943), thèse d'habilitation, Université Panthéon-Sorbonne, 2023.
- ↑ « Société des artistes antillais », Madinin’Art, consulté le 29 octobre 2025.
- ↑ René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 251.
- ↑ Collectif, Le Patrimoine de la Guadeloupe, éditions Hervé Chopin, 2019, p. 401.
- ↑ Musée Peinture Martinique, notice biographique, consulté le 29 octobre 2025.
- ↑ Bulletin de l’Association littéraire et artistique internationale (Paris), août 1882, p. 26-27 : Les premiers jours de juillet nous arriva la nouvelle de la mort d'Élisée Reclus.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 251.
- Bénézit, 1961.
- Roger Toumson, Anthologie de la peinture en Guadeloupe: des origines à nos jours, 2009, p. 64-65
- Christelle Lozère, Histoire de l'art des Antilles françaises en contexte esclavagiste et post-esclavagiste (XIXe siècle – 1943), thèse d’habilitation, Université Panthéon-Sorbonne, 2023.
- Christelle Lozère, « Germaine Casse et la mission de 1923 en Guadeloupe : un mirage politique ? », in Laurent Houssais et Dominique Jarrassé (dir.), Nos artistes aux colonies, Paris, Éditions Esthétiques du Divers, 2015, p. 140-157.
- Christelle Lozère, « Artists from the Antilles in Interwar Paris », in Denise Murrell (dir.), The Harlem Renaissance and Transatlantic Modernism, New York, The Metropolitan Museum of Art, 2024.
- « Germaine Casse », AWARE – Archives of Women Artists, Research & Exhibitions.
- « La mission artistique de Germaine Casse en Guadeloupe », Bulletin de la Société d’Histoire de la Guadeloupe, no 189, 2021.
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la vie publique :
- Photographie de l'artiste par François Antoine Vizzavona
- Base Léonore