Gerda Alexander

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Gerda Alexander (1908-1994) est une allemande qui a passé la plus grande partie de sa vie au Danemark, à Copenhague. Cette personnalité du XXe siècle est connue par la méthode de prise de conscience du corps qu'elle a créée et appelée l'eutonie[1].

Enfance[modifier | modifier le code]

Elle est née dans la région de Cologne, à Wuppertal en 1908. Ses parents sont conquis par les idées nouvelles sur l'éducation musicale des enfants par une méthode inventée par Emile Jaques-Dalcroze, la rythmique. C'est une pratique par laquelle les enfants doivent apprendre et exprimer la musique qu'ils entendent avec leur corps en bougeant. C'est une préparation à la musique, à la danse, à l'opéra, au théâtre, à l'interprétation comme à la mise en scène, et à tous les autres arts. Son père, excellent pianiste amateur, joue tous les soirs à la maison. Si elle est énervée, celui-ci la pose sur le piano, en pensant que les vibrations la calment. Et à l'âge de 7 ans, ses parents l'inscrivent à un cours de rythmique.

Formation initiale[modifier | modifier le code]

Gerda Alexander va beaucoup aimer cette activité qu'elle va pratiquer enfant puis adolescente. Puis elle va suivre la formation qui va l'amener à être à son tour professeur de rythmique. Parallèlement, elle est inscrite au conservatoire de Bonn où elle suit des études musicales et apprend le piano. Elle est alors jeune, active, enthousiaste et se dépense sans compter. Elle participe à de nombreux congrès pour présenter la rythmique. Tous ces congrès d'alors héritent des recherches du début du XXe siècle sur le mouvement libre : comment permettre aux individus de dégager de toute influence l'expression qui leur est propre. Avec un sens critique et une grande indépendance d'esprit, elle voit ce qui existe. Elle trie. Elle cherche de son côté.

Deuxième axe de recherche[modifier | modifier le code]

Hélas, très jeune, à 17 ans, elle tombe malade, atteinte d'un rhumatisme articulaire aigüe et d'une endocardite. C'est un gros coup d'arrêt pour elle et ce sera le second axe de recherche que de se débrouiller par elle-même pour assurer, malgré les séquelles de sa maladie, sa vie de tous les jours et son premier poste de professeur de rythmique.

Elle répond à la demande de former à la rythmique, sur place dans les écoles, des maîtresses de jardin d'enfants et des professeurs de gymnastique à Copenhague et à Malmö. C'est ce qui l'amène à s'installer au Danemark où elle passera la plus grande partie de sa vie. C'est là qu'elle élaborera sa méthode, l'eutonie. C'est de là qu'elle la fera connaître en Europe et en Amérique.

C'est en 1940 que pour la première fois, elle forme, non plus des professeurs de rythmique, mais des personnes à ses toutes premières découvertes personnelles. On appellera plus tard ses élèves des eutonistes ou des professeurs d'eutonie. Gerda Alexander élaborera sa méthode en l'enrichissant de principes qu'elle réunit de façon extrêmement cohérente jusqu'en 1980.

L'eutonie[modifier | modifier le code]

L'aspect thérapeutique[modifier | modifier le code]

Ayant remarquablement dépassé les séquelles invalidantes de sa maladie et ayant retrouvé la santé, Gerda Alexander va essayer ses découvertes pour aider d'autres personnes atteintes de divers ennuis. Grâce à certains médecins que les effets de l'eutonie intéressent, elle va découvrir ce qu'apportent la prise de conscience du corps et la détente physique et mentale, l'amélioration de l'exécution des mouvements qui en découlent. C'est le docteur Bartussek, qui en 1957, lui propose d'appeler sa méthode l'eutonie à partir des racines grecques eu = bon et tonos = tonus. Jusque là, on parlait de la méthode de relaxation et de mouvement de madame Alexander. Ce sera plus simple et plus clair. Plus clair, car dans la même période, un australien, en Angleterre, découvre lui aussi sa méthode. Il porte par hasard le même nom et nomme sa méthode la Technique Alexander. Un autre homme invente une méthode comparable et lui donne son nom. Là, pas d'équivoque. Ce sera la méthode Feldenkrais.

L'aspect pédagogique[modifier | modifier le code]

Artiste à l'origine, Gerda Alexander va s'intéresser à la préparation corporelle et au maintien de la santé et du confort physique des danseurs de l'Opéra Royal et des musiciens de l'Orchestre de la Radio Danoise. Elle saura les intéresser à l'eutonie en tant que pédagogie pour libérer et prévenir leur corps des douleurs et des tensions dues à l'exercice de leur art[2].

L'aspect développement personnel ou développement artistique[modifier | modifier le code]

Gerda Alexander remarquera que personne n'obtient une libération de son corps sans que cela n'entraîne un remaniement positif et plus profond de sa personne. Et pour l'artiste, libérer son corps, c'est libérer son premier instrument d'expression.

École internationale[modifier | modifier le code]

Deux pays vont bien accueillir Gerda Alexander et l'eutonie. Ce sont l'Allemagne, son pays natal, et la France où elle fera connaître l'eutonie par des stages renouvelés sur de nombreuses années, tout en suscitant l'envie chez les amateurs de se former, dans son école puis dans les écoles qui s'ouvriront, pour devenir professeur d'eutonie. Avec la France, les pays de langue française (la Belgique, le Québec et la Suisse) puis plus tard l'Amérique latine (l'Argentine et le Brésil) accueilleront et Gerda Alexander et l'eutonie.

Les livres sur l'eutonie[modifier | modifier le code]

Gerda Alexander s'explique sur sa découverte dans un livre écrit en allemand en 1976 et tout de suite traduit en français l'année suivante en 1977. Il sera réédité plusieurs fois. On le trouve actuellement sous le titre "Le Corps retrouvé par l'Eutonie" aux éditions Le Bout du Monde.

Dans le livre de Violeta Hemsy de Gainza aux éditions Dervy "Entretiens avec Gerda Alexander sur l'Eutonie", elle raconte encore de façon très vivante son cheminement.

Outre ces deux livres, il existe dix livres parus sur l'eutonie. On trouve cette bibliographie sur le site eutonie.com[3].

Ce qu'on doit à Gerda Alexander[modifier | modifier le code]

Gerda Alexander décède en 1994, à l'âge de 86 ans.

On lui doit l'eutonie, une méthode corporelle qui est venue combler le manque en pratiques d'entretien de la santé, de ressourcement, de préparation saine à toute activité, de libération du corps, du mental et de l'expression propre à chacun, qui touchait, dans le monde occidental, les hommes et les femmes du XXe siècle.

La population du XXIe siècle trouvera cette pratique auprès des eutonistes. Mais bien au-delà l'eutonie aura inspiré et inspire encore bien des disciplines, où le corps est de quelque importance, par les grands principes qui l'expliquent et qui expliquent le rapport que chacun devrait entretenir avec lui, que Gerda Alexander aura dégagés. À elle en revient le mérite. D'autres auraient pu le faire. Ces principes étaient à découvrir. Les principes qui constituent l'eutonie sont universels.

Notes et références[modifier | modifier le code]