Gerard Schaefer

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Gerard Schaefer
Tueur en série
Image illustrative de l'article Gerard Schaefer
Gerard John Schaefer.
Information
Nom de naissance Gerard John Schaefer
Naissance
Atlanta, Géorgie (États-Unis)
Décès (à 49 ans)
Prison d'État de Starke, Floride (États-Unis)
Cause du décès Assassinat: 40 coups de couteau portés à la tête
Condamnation Octobre 1973
Sentence Prison à perpétuité
Meurtres
Victimes 2-100+
Période -Avril 1973
Pays États-Unis
États Floride
Arrestation 1973

Gerard John Schaefer, né le et mort le , est un tueur en série américain qui présente la particularité d'avoir sévi alors qu'il exerçait la profession de policier. Il est un cas unique de cumul de perversions et paraphilies dans « l'univers » des tueurs en série.

Alors qu'il n'a été condamné que pour deux meurtres et bien qu'il ait de nombreuses fois clamé son innocence, il est suspecté de nombreux autres homicides.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gerard Schaefer est l'aîné des trois enfants de Gerard Schaefer, représentant de l'entreprise Kimberly-Clark et Doris, mère qu'il idéalise[1].

Gerard John Schaefer est élevé à Atlanta, Géorgie jusqu'en 1960, date à laquelle sa famille et lui emménagent à Fort Lauderdale en Floride. Schaefer ne s'entend pas très bien avec son père, homme autoritaire et alcoolique. Il pense qu'il lui préfère sa sœur. Durant son adolescence, Schaefer se révèle obsédé par les culottes de femmes et devient un voyeur, espionnant une petite voisine du nom de Leigh Hainline. Plus tard, il admettra avoir tué des animaux dans son enfance et s'être travesti, bien que certaines fois il ait argué que c'était uniquement pour éviter l'enrôlement dans l'armée durant la guerre du Viêt Nam (qu'il finit par faire quand même). Le Q.I. de Schaefer est évalué à 130 (dans la tranche très supérieure) et il est un autodidacte qui s'investit énormément sur les sujets qui l'intéressent.

Après avoir obtenu son diplôme au lycée St. Thomas Aquinas à Fort Lauderdale en 1966, Schaefer entre à l'Université, période pendant laquelle il se marie à Martha Fogg. En 1969, il devint enseignant mais est rapidement licencié pour « comportement totalement inapproprié » selon le principal. Il tente de devenir prêtre, mais finalement, après son divorce en 1970, se tourne vers les métiers de l'ordre et de la loi. Il est diplômé de l'école de police fin 1971 à l'âge de 25 ans et diplômé en criminologie à Broward Community College en 1972[2].

Arrestation[modifier | modifier le code]

Le , Schaefer, alors qu'il est en patrouille, prend deux adolescentes en stop. Il les enlève, les emmene dans un coin isolé d'une forêt, les attacha à un arbre et menace de les tuer ou de les vendre à un réseau de prostitution. Cependant, il reçoit un appel du central et doit partir en mission, laissant les filles là. Il promet de revenir « finir ce qu'il avait commencé ».

Les deux jeunes filles, qui ont entre 17 et 18 ans, réussissent à se détacher et à aller au commissariat le plus proche qui s'avère être celui de leur propre ravisseur. Quand Schaefer retourne dans les bois et constate que ses victimes ne sont plus là, il appelle le commissariat et dit qu'il a fait « quelque chose de stupide », expliquant qu'il a fait semblant d'enlever deux auto-stoppeuses et de les menacer de mort pour leur faire peur et les dissuader d'utiliser un moyen de transport aussi irresponsable. Le supérieur de Schaefer ne le croit pas et le fait revenir au commissariat où il lui retire son insigne et l'inculpe de séquestration et agression.

Schaefer paye sa caution et est relâché. Deux mois plus tard, le , Schaefer enlève, torture et tue Susan Place, 17 ans, et Georgia Jessup, 16 ans. Il les enterre sur l'Île Hutchinson.

En décembre de cette même année, Schaefer est jugé pour l'enlèvement des deux adolescentes qui s'étaient échappées en juillet. Grâce à un accord, il plaide coupable sur le seul chef d'accusation d'agression aggravée et il n'est condamné qu'à un an d'emprisonnement.

Condamnation pour meurtres[modifier | modifier le code]

En avril 1973, plus de six mois après leur disparition, les restes décomposés de Susan Place et Georgia Jessup sont retrouvés. Elles ont été attachées à un arbre d'une certaine façon et ont disparu alors qu'elles faisaient de l'auto-stop. Les similarités avec l'affaire des deux filles qui s'étaient échappées font que la police obtient un mandat de perquisition pour la maison de Schaefer qu'il partage avec sa femme et sa mère qui était à l'époque divorcée.

Dans la chambre de Schaefer, la police trouve des nouvelles morbides qu'il a écrites. Elles sont remplies de descriptions de tortures, viols et meurtres de femmes que Schaefer désigne communément comme « putes » et « salopes ». Plus accablant, les autorités trouvent dans ses affaires personnelles des bijoux, des journaux intimes ainsi que des dents d'au moins 8 jeunes femmes et adolescentes qui ont disparu les années précédentes. Certains bijoux appartiennent à Leigh Hainline, qui était sa voisine lorsqu'ils étaient adolescents ; Hainline a disparu en 1969 après avoir dit à son mari qu'elle le quittait pour un ami d'enfance. On trouve aussi parmi ses affaires un porte-monnaie qui est identifié comme étant celui de Susan Place. La mère de Susan reconnaît plus tard Schaefer comme étant l'homme qu'elle avait vu avec sa fille et Georgia Jessup juste avant leur disparition.

La fouille à son domicile permet également de retrouver chez lui des papiers d'identité ayant appartenu à une trentaine de filles qui ont disparu et dont on n'a jamais retrouvé les corps ainsi que des écrits où Schaefer exprime ses fantasmes nécrologiques, nécrophiliques, de strangulation, etc.

Schaefer est inculpé des meurtres de Place et Jessup. En octobre 1973, il est déclaré coupable et il écope de 2 peines d'emprisonnement à perpétuité (et non à la peine capitale, puisqu'à l'époque de son procès, en 1973, la peine de mort avait été suspendue en Floride).

Les autorités concluent rapidement qu'il est très probablement lié à la disparition d'environ 30 femmes et adolescentes.

Place et Jessup ne sont probablement pas les dernières victimes de Schaefer. Deux adolescentes de 14 ans ont disparu alors qu'elles faisaient de l'auto-stop quelques semaines après les meurtres de Susan Place et Georgia Jessup. Leurs corps sont découverts plus tard et des bijoux appartenant à l'une des victimes sont également trouvés dans la maison de Schaefer.

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

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Schaefer utilisait sa fonction d'adjoint avec sa voiture de service pour prendre des jeunes auto-stoppeuses en les mettant en garde sur le danger de l'auto-stop. Il les raccompagnait chez elles et ils s'échangeaient les numéros de téléphone. Schaefer les recontactait pour leur proposer de les accompagner aux endroits qu'elles souhaitaient. Il les emmenait dans un bois, les ligotait avec des cordes et les pendait à des branches d'arbre de façon que leurs doigts de pied touchent à peine le sol pour qu'elles puissent après quelques heures se pendre elles-mêmes, mais Schaefer les détachait juste à temps avant qu'elles aient péri. Il les obligeait à boire de l'alcool pour par la suite les photographier pendant qu'elles urinaient et déféquaient. Ensuite, il les pendait à nouveau et terminait par la strangulation. Pour finir, il violait les corps, les démembrait et se masturbait au-dessus des restes.

Emprisonnement et mort[modifier | modifier le code]

Schaefer fit appel de sa condamnation, clamant que c'était un coup monté. Tous ses pourvois furent rejetés. Plus tard, Schaefer commença à vouloir poursuivre en justice certaines personnes pour des motifs extravagants, par exemple un écrivain parce qu'il l'avait décrit comme un homme étant en surpoids. Il essaya également de poursuivre en justice les auteurs Colin Wilson et Michael Newton et l'ancien agent du FBI Robert Ressler pour l'avoir décrit (Schaefer) comme un tueur en série. Toutes les plaintes de Shaefer furent déboutées.

Le , Schaefer fut retrouvé poignardé à mort dans sa cellule de la prison de Starke, la prison d'État de Floride. Il avait reçu 40 coups de couteau à la tête et à la nuque par un codétenu, Vincent Rivera.

En 1999, Rivera fut reconnu coupable d'avoir tué Schaefer et écopa de 53 ans et 10 mois à purger en plus de la condamnation à perpétuité de plus de 20 ans qu'il purgeait déjà pour un double meurtre.

Rivera n'avoua pas le meurtre ni ne donna de mobile. La sœur de Schaefer prétendit que c'était pour empêcher Schaefer d'essayer de prouver que le meurtre d'Adam Walsh n'était pas d'Ottis Toole (il avait avoué puis s'était rétracté). D'autres suggérèrent que c'était parce que Schaefer devait de l'argent à des prisonniers. Des rumeurs affirmaient également que Schaefer était une « balance » et donnait des informations sur les autres détenus. Sondra London (voir plus bas) prétendit que Rivera avait tué Schaefer pour une banale dispute à propos d'une tasse de café.

À l'époque de la mort de Schaefer, un détective de Fort Lauderdale avait proposé d'inculper celui-ci de 3 meurtres non résolus afin de s'assurer qu'il ne sortirait jamais de prison.

Killer Fiction[modifier | modifier le code]

Au lycée, Schaefer était sorti avec Sondra London, qui devint par la suite auteure de romans policiers. Elle était restée en contact avec Schaefer après sa condamnation et en 1989 elle publia Killer Fiction qui est un recueil de nouvelles et de dessins trouvés dans la maison de Schaefer après son arrestation. Une suite intitulée Beyond Killer Fiction, fut publiée peu après. Après la mort de Schaefer, London publia une nouvelle édition de Killer Fiction, contenant les histoires qui figuraient déjà dans les deux livres précédents et ajouta les lettres que lui avait envoyées Schaefer où il se vantait d'avoir tué 34 femmes et adolescentes et à quel point il était admiré pour cela par son codétenu Ted Bundy avec qui il partage sa cellule[3]. À la même époque où il se vantait de ces faits, Schaefer était débouté de toutes ses requêtes à poursuivre en justice n'importe qui le traitant de tueur en série ainsi que ses nombreux appels de sa condamnation.

Les nouvelles qu'avait écrites Schaefer parlaient toutes de tortures barbares et de meurtres perpétrés sur des femmes. Elles étaient souvent écrites du point de vue du meurtrier qui était souvent un policier, comme Schaefer.

Dans ses écrits, Schaefer prétendit avoir commencé à tuer des femmes dès 1963-1964 alors qu'il n'avait que 17 ans

Deux écolières, Peggy Rahn, 9 ans et Wendy Stevenson, 8 ans, disparurent fin 1969 après avoir été aperçues en compagnie d'un homme correspondant à la description de Schaefer. Schaefer nia être impliqué dans cette affaire lorsqu'il fut publiquement accusé. Mais dans une lettre à Sondra London en 1989, il se vanta de les avoir tuées et mangées.

London et Schaefer furent brièvement en 1991 mais London rompit et se fiança à un autre homme qui se trouve être aussi un tueur en série (Danny Rolling). Schaefer ne prit pas très bien la rupture et commença à envoyer à London des menaces de mort. Il essaya sans succès par trois fois de la poursuivre pour lui avoir « volé » son travail.

Divers[modifier | modifier le code]

Schaefer a fait l'objet d'une interview de la part du spécialiste français des tueurs en série Stéphane Bourgoin[4].

« Vingt ans plus tard, mon corps se souvient encore de la terreur qui s'est emparée de moi lors de ma rencontre avec Gerard Schaefer, un ex-policier accusé du meurtre de 34 femmes en Floride. Dès l'instant où je me suis trouvé face à lui, j'ai eu le sentiment d'être confronté au Mal absolu[5]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) RJ Parker, Serial Killer Groupies, Rj Parker Publishing, , p. 135
  2. (en) RJ Parker, Serial Killer Groupies, Rj Parker Publishing, , p. 137
  3. 90' faits divers, TMC : tueurs en série : dans la tête des serial killers.
  4. Extrait de l'interview sur le site de Stéphane Bourgoin
  5. Extrait de la quatrième de couverture de son livre "Mes conversations avec les tueurs" (Grasset).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gerard J. Schaefer "Journal d'un tueur" (éditions Camion Noir - 2015). Traduction de l'américain par Nicolas Castelaux.
  • Stéphane Bourgoin, Sex Beast : Sur la trace du pire tueur en série de tous les temps, Éditions Grasset (2015)
  • Il est évoqué comme étant un personnage secondaire du roman de James Ellroy Un Tueur sur la route (1986).

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]