Georges Suffert

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Georges Suffert
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Fonction
Secrétaire général
Club Jean-Moulin
-
Jacques Pomonti (d)
Biographie
Naissance
Décès
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BourgesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Georges Suffert, né le dans le 7e arrondissement de Paris, et mort dans la nuit du 16 au [1] à Bourges[2], est un journaliste et écrivain français ; il a notamment collaboré à France Observateur, L'Express, Le Figaro et Le Point dont il fut l’un des fondateurs en 1972.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Georges Suffert est le fils de Gustave, ancien élève du collège Stanislas, et propriétaire de l'hôtel Jeanne d'Arc, rue Vaneau, fréquenté par les responsables religieux en visite chez l’archevêque de Paris, mais aussi des mercenaires et des trafiquants d’armes comme Raymond Westerling. Il possédait une villa des années 1920 dotée d'un parc planté de séquoias, à Saint-Vérain dans la Nièvre[3].

Georges Suffert entre à seize ans dans un réseau de résistance avec son frère et se bat l'année suivante sur une barricade du boulevard Saint-Michel lors de la Libération de Paris. Blessé, il reçoit la Croix de guerre[3].

Il étudie à la Sorbonne où il s'inscrit dans le sillage de la Jeunesse étudiante chrétienne, la JEC. Il écrit dans le journal des étudiants catholiques de la faculté Tala Sorbonne[4],[5].

Il organise à vingt ans un colloque dans l'hôtel de son père avec les intellectuels catholiques Jean Daniélou, François Mauriac, Gabriel Marcel et Étienne Borne et lance une revue gauchiste, Les Mal Pensants.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

En 1953, Georges Suffert entre au Commissariat général au Plan. En y côtoyant Jean Monnet, il devient ardent défenseur de la construction européenne[3].

Proche d'André Mandouze, il collabore à La Tribune des Peuples, de K.S. Karol, s'engage pour l'indépendance du Maroc puis de l'Algérie. Il milite contre la guerre d'Algérie et le recours à la torture.

De 1958 à 1965, Georges Suffert est secrétaire général du Club Jean Moulin, fondé le par, notamment, Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin, et Stéphane Hessel. Jusqu'en 1970, ce club a contribué à la rénovation de la gauche[6].

Rejetant le mouvement de Mai 68, il se tourne alors vers la figure de Raymond Aron et la droite libérale[3].

Carrière journalistique[modifier | modifier le code]

Devenu journaliste, après avoir collaboré à Témoignage chrétien puis aux Cahiers de la République, revue dirigée par Pierre Mendès France, il entre à France Observateur.

Il écrit également dans la revue Esprit[3].

Georges Suffert a été rédacteur en chef à L’Express, puis, après la rupture de l'équipe dirigeante de cet hebdomadaire avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, en 1971, il se lance avec ces derniers (Olivier Chevrillon, Claude Imbert, Jacques Duquesne, Pierre Billard…) dans l’aventure du Point à partir de 1972.

L’Affaire Henri Curiel[modifier | modifier le code]

Dans son numéro du , Le Point publie un article de Georges Suffert qui accuse le militant Henri Curiel d’être « à la tête d’un réseau de soutien au terrorisme », complice de Carlos et agent du KGB. Sans qu'il y ait aucune relation avec cet article, Curiel sera abattu le à Paris, XIIIe, par deux hommes jamais identifiés, relançant la polémique née à la parution de l'article. Ce meurtre a été attribuée à un mystérieux Commando Delta proche de l’OAS[7],[8]. Certains[Qui ?], au Point, reprochèrent alors à Suffert son article, ce qui conduisit à une grave crise au sein de la rédaction et au départ de Georges Suffert et au ralentissement de sa carrière journalistique.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

De 1980 à 1981, il présente La rage de lire sur TF1.

Il a été membre du comité éditorial du quotidien Le Figaro et éditorialiste pour Le Républicain lorrain. Il écrit également, par le truchement de son ami Pierre Chaunu, dans La Manche Libre à partir de 1999.

Il publie de nombreux ouvrages, sur l'histoire de l'Eglise et la politique.

Il meurt d’une crise cardiaque, à 84 ans. Ses obsèques ont été célébrées à Saint-Vérain[9].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

L’Académie française lui décerne le prix Ève Delacroix en 1982 pour Un royaume pour une tombe et le prix Roberge en 1984 pour Saint-Fargeau/Ancy-le-Franc

Ses Mémoires d'un ours lui valent le Prix Saint-Simon 1995.

Son livre Tu es Pierre - Histoire de l’Église fondée par Jésus-Christ, il y a 2000 ans, publié aux Éditions de Fallois, a obtenu le Prix des Maisons de la Presse en 2000. Le Pape et l’Empereur, chez le même éditeur, reçoit le Prix Cazes en 2003.

Georges Suffert était officier de Ordre national de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Le Pape et l’Empereur, Éditions de Fallois, 2003.
  • Tu es Pierre - Histoire de l’Église fondée par Jésus-Christ, il y a 2000 ans, Éditions de Fallois, 2000.
  • En cheminant avec Jésus. Les Évangiles revisités par un chrétien ordinaire, Ramsay, 1997.
  • Mémoires d’un ours, Éditions de Fallois, 1995.
  • Les nouveaux cow-boys. Essai sur l’anti-americanisme primaire, Orban, 1984.
  • Le tocsin, Éditions Grasset & Fasquelle, 1984.
  • Quand l’occident se réveillera, Grasset & Fasquelle, 1980.
  • Charles de Gaulle 1890-1970, Biographies historiques, éditions Express.
  • La fête au Togo et autres histoires, Grasset & Fasquelle, 1979.
  • La peste blanche ou comment éviter le suicide du continent (avec Pierre Chaunu), Gallimard, 1977.
  • Lettre ouverte aux gens de vingt ans à qui l’on ment, Albin Michel, 1977.
  • Le cadavre de Dieu bouge encore, Grasset & Fasquelle, 1975.
  • Les intellectuels en chaise longue, Editions Plon, 1974.
  • Les Catholiques et la gauche, Maspero, 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Georges Suffert est mort », sur lepoint.fr
  2. État civil trouvé dans la base MatchId des fichiers de décès en ligne du Ministère de l'Intérieur avec les données INSEE (consultation 26 septembre 2020)
  3. a b c d et e Olivier Chevrillon, « Georges Suffert (1927-2012). Un grand journaliste », Commentaire, vol. 4, no 140,‎ , p. 1157-1160 (DOI 10.3917/comm.140.1157, lire en ligne) Inscription nécessaire
  4. Le journal Tala Sorbonne par Mgr Maxime Charles. Consulté le 17 janvier 2012.
  5. Tala est le nom traditionnellement donné dans la France universitaire aux catholiques pratiquants car, ils « vont-à-la messe ». Les élèves membres de l’aumônerie de l’École normale supérieure de Paris, rue d’Ulm, les khâgneux catholiques pratiquants… sont toujours désignés comme des Talas.
  6. Guy Rossi-Landi, « Critique : Un ours plutôt bien léché », Lire,
  7. Daniel Schneidermann, « Curiel, Giazzi, et la carte de presse » sur libération.fr. Consulté le 17 janvier 2012
  8. Myriam Chaplain-Riou, Agence France Presse « Décès de Georges Suffert, cofondateur du Point et écrivain. Consulté le 17 janvier 2012. [1]
  9. Google.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]