Georges Saint-Paul

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Georges Saint-Paul
Portrait de Georges Saint-Paul
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
Montigny-lès-MetzVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
Thématique
Profession Psychiatre et psychologueVoir et modifier les données sur Wikidata

Georges Saint-Paul ( à Montigny-lès-Metz - à Genillé) est un médecin militaire et chercheur français. Médecin général, il est l'auteur d'une œuvre à la fois littéraire et scientifique sous les pseudonymes de : G. Espé de Metz et Dr Laupts.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Saint-Paul naît à Montigny-lès-Metz, juste avant l’annexion de la Lorraine par l'Empire allemand. Ses parents optent pour la nationalité française. Georges Saint-Paul suit ses études en France et soutient un doctorat en 1892. Médecin-major en Algérie, puis en Tunisie, il revient ensuite en France, à Tours, puis à Nancy. En 1926, il est nommé directeur du Service de santé des armées, à Nancy, avec le grade de général.

Au cours de sa carrière, il noue une relation épistolaire avec le chercheur allemand Paul Näcke, et publie plusieurs ouvrages scientifiques, notamment sur ce que l'on appelle dans un premier temps l'« inversion » puis sur ce qu'il qualifiera lui-même d'« homosexualité », sous le pseudonyme de Dr. Laupts. En 1908, il prend ses distances avec Näcke à propos de la thèse que défend ce dernier sur la « dégénérescence de la France », à travers la revue Archives de l’anthropologie criminelle dirigée par Alexandre Lacassagne.

Il publie en outre des œuvres plus littéraires, dramatiques ou poétiques, sous le pseudonyme de G. Espé de Metz. Sous le même alias il contribua à la discussion du colonialisme dans la presse, notamment autour de l'Algérie. Se définissant volontiers comme un agitateur d'idées, on lui doit plusieurs néologismes, dont le terme d'« endophasie », qu'il associait à l'introspection[1].

En 1931, il crée l'Association des lieux de Genève, pour promouvoir des zones destinées à accueillir les populations civiles en cas de conflit armé, anticipant les principes des conventions de Genève de 1949.

Georges Saint-Paul mourut le , au château de Rassay, près de Genillé en Indre-et-Loire.

Ses travaux[modifier | modifier le code]

Georges Saint-Paul, sous l'impulsion de Lacassagne, mena des travaux sur le langage intérieur. Défenseur d'une psychologie scientifique, il entendait démocratiser la méthode d'introspection en l'appliquant à un large échantillon d'individus. Son programme s'appuie sur ce qu'il appelle la « cérébrologie », ou science du cerveau, une méthode scientifico-médicale permettant de passer de la psychologie individuelle à une forme de psychologie générale.

Publications[modifier | modifier le code]

Sous son propre nom
  • Essais sur le langage intérieur, Lyon, Stock, 1892.
  • Le langage intérieur et les paraphasies, Paris, Félix Alcan, 1904.
  • L'art de parler en public. L'aphasie et le langage mental, Paris, Octave Doin & fils, 1912 lire en ligne.
  • Le rôle mondial du médecin militaire, précédé d'une étude sur le rôle du groupe des brancardiers (G. B. D.) pendant la guerre, 1918.
  • Invertis et homosexuels, coll. « Thème psychologique », Paris, Vigot, 1930 - 3e édition augmentée (Laupts, 1896 et 1910)
Sous le nom Dr. Laupts
  • Tares et poisons. Perversion et perversité sexuelle. Une enquête médicale sur l'inversion. Le roman d'un inverti-né. Le procès Wilde. La guérison et la prophylaxie de l'inversion, préface d'Émile Zola, Paris, G. Carré, 1896.
  • L'homosexualité et les types homosexuels, préface d’Émile Zola, Paris, Vigot, 1910 - édition augmentée de 1896.
Sous le nom G. Espé de Metz
  • Souvenirs de Tunisie et d'Algérie, Tunis, J. Danguin, Libraire-Éditeur, 1909.
  • Vers l'Empire..., Paris, Ambert, 1913.
  • Par les colons : l'Algérie aux Algériens et par les Algériens, Paris, Émile Larose Libraire-Éditeur, 1914.
  • Thèmes prosodiques, Paris, Berger-Levrault, 1929.
  • J'en appelle au monde civilisé : lettre ouverte aux membres de la S.d.N., Paris, R. Brumauld, 1929
  • Thèmes psychologiques. Poésie, Prosodisme, Grammaire, Paris, Vigot et Debresse, 1934.
  • Ludibria venti. Amusettes, Paris, Debresse, 1935.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carroy, Jacqueline, « Le langage intérieur comme miroir du cerveau : une enquête, ses enjeux et ses limites », revue Langue française. Vol. 132, n° 1, éd. La parole intérieure, 2001, p. 48-56.

Sources[modifier | modifier le code]