Georges Izard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Izard (homonymie).
Georges Izard
Fonctions
Député 1936-1940
Gouvernement Troisième République
Groupe politique Gauche indépendante
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 70 ans)
Résidence Meurthe-et-Moselle

Georges Izard, né le à Abeilhan (Hérault) et mort le à Paris, est un homme politique, avocat, journaliste et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Izard, fils d'un directeur d'école de Béziers, après des études de lettres supérieures au lycée Louis-le-Grand, échoua en 1922 au concours de l'École normale supérieure. Il connut alors une crise religieuse qui le mena de l'agnosticisme au protestantisme, puis au catholicisme.

Titulaire d'un DES de philosophie consacré à Géraud de Cordemoy, philosophe et historien du XVIIe siècle, et d'une licence de droit, Georges Izard fut nommé en 1926 directeur de cabinet de Charles Daniélou, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande, puis, sous le ministère d'Aristide Briand, à la présidence du Conseil. En 1929 il épousa Catherine Daniélou (1909-1992), fille du ministre Daniélou et sœur de Jean et Alain Daniélou. Il est le père du producteur de télévision Christophe Izard.

Inscrit au barreau de la cour d'appel de Paris en 1932, il devint, l'année suivante, secrétaire de la conférence du stage. Intellectuel engagé dans son temps, il fonda, avec Emmanuel Mounier, Louis-Émile Galey et d'autres, la revue Esprit, dont il s'éloigna en 1933 pour fonder La Troisième Voie qui fusionna en 1934 avec Le Front Commun, le Parti Frontiste de Gaston Bergery. Ils prirent le nouveau vocable de Front Social et Georges Izard dirigea un temps l'hebdomadaire La Flèche. Le 26 avril 1936, il fut élu député du Parti frontiste en Meurthe-et-Moselle contre un sortant d'extrême-droite, Pierre Amidieu du Clos. En 1937 il choisit d'adhérer à la SFIO.

Vice-président de la commission du travail à la Chambre, il fut de ceux qui soutinrent l'Espagne républicaine et refusèrent, en juin 1940, de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

En 1940, engagé volontaire, il fut fait prisonnier de guerre. Libéré pour raison de santé, il rejoignit la Résistance au sein de l'OCM (Organisation civile et militaire). Dès novembre 1944, il devint membre de l'Assemblée consultative provisoire puis de l'assemblée constituante. Il participa encore, en juin 1945 à la création de l'UDSR, dont il fut le secrétaire général adjoint, avant de devenir président du Mouvement démocratique et socialiste pour les États-Unis d'Europe.

Grand avocat[modifier | modifier le code]

Bientôt Georges Izard s'éloigna de la politique pour effectuer son retour au barreau, où son nom allait être associé à la défense de grandes affaires : Kravtchenko contre Les Lettres françaises, Claudel contre Maurras, le bey de Tunis et le sultan du Maroc, dont il défendit les intérêts lors des crises de décolonisation, la famille Rothschild et Daniel Wildenstein dans des affaires fiscales, François Mitterrand et l'hebdomadaire L'Express dans des affaires politiques. Il fut aussi l'avocat de l'écrivain Jacques Chardonne.

Auteur de plusieurs essais, Georges Izard fut élu à l'Académie française le , par 16 voix au premier tour, au fauteuil d'Henri Massis. Il fut reçu par Pierre-Henri Simon le .

Il mourut le et fut inhumé à Morsang. La messe en plein air fut dite par son beau-frère, le cardinal Daniélou. Maurice Druon prononça l'éloge funèbre. Parmi les personnalités présentes se trouvaient Jacques Chaban-Delmas, Edgar Faure et François Mitterrand.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Pensée de Charles Péguy (Avec Emmanuel Mounier et Marcel Péguy, 1931)
  • Où va le communisme ? L'évolution du parti communiste. Les textes (1936)
  • La Bataille de la France (Avec André Déléage, Georges Duveau, Jules Roman et Louis-Émile Galey, 1938)
  • Les Classes moyennes (1938)
  • Les Coulisses de la Convention (1939)
  • Principes de droit civil, Cours professé à l'École supérieure d'organisation professionnelle (1944)
  • L'Homme est révolutionnaire (1945)
  • Principes de droit civil, Cours professé à l'École nationale d'organisation économique et sociale (1946)
  • Viol d'un mausolée, le sens et l'avenir de la déstalinisation (1957)
  • Lettre affligée au général de Gaulle (1964)
  • Sainte Catherine de Gênes et l'au-delà (1969)
  • Discours de réception de Me Georges Izard à l'Académie française et réponse de M. Pierre-Henri Simon, Paris, Gallimard, (1972)

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Académie française, Réception de M. Robert Aron, Discours prononcé en séance privée, le jeudi 17 avril 1975.
  • Jean-Louis Loubet del Bayle, Les non-conformistes des années 1930. Une tentative de renouvellement de la pensée politique française, Seuil, 1969 (Points, Seuil, 2001)
  • Emmanuelle de Boysson, Georges Izard, avocat de la liberté, Paris, Presses de la Renaissance, 2003, ISBN / EAN : 2856169384 / 9782856169384
  • Éric Duhamel, L'UDSR ou la genèse de François Mitterrand, préface d'Hubert Védrine, coll. Histoire, CNRS éditions, Paris, 2007, (ISBN 978-2-271-06503-2)
  • Mathieu Fulla, L’UDSR : un observatoire privilégié de la gauche non communiste de l’après-guerre (1944-1947), dans: La Lettre, no 24, 18 juin 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]