Georges Hoentschel

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Georges Hoentschel
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Antoinette Hoentschel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Georges Hoentschel (1855-1915), Officier de la Légion d'honneur, est un architecte, décorateur, céramiste et collectionneur français.

Vase par Georges Hoentschel, XIXe siècle

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est membre fondateur du Golf de Saint-Cloud, et membre du Cercle de l'Élysée et du Jockey Club, du Cercle de l Union et de l Automobile Club de France ainsi que de la Société des Amis du Louvre.

Hoentschel décore pour Julius Wernher sa résidence Bath House (82 Piccadilly Westminster), ainsi qu'une partie du château de Luton Hoo dans le Bedfordshire ; il conçoit aussi des intérieurs pour le duc de Gramont, Robert de Montesquiou, la comtesse de Ganay, le roi de Grèce, l'empereur du Japon, etc.

Il réalise le pavillon des Arts décoratifs de l'exposition universelle de 1900 à Paris, ainsi que celle aux États-Unis à Saint Louis (Missouri) en 1904.

Il est très connu en tant que collectionneur aux États-Unis car il céda à son ami John Pierpont Morgan la majeure partie de ses collections qui ornaient les galeries de son hôtel particulier du boulevard Flandrin.

Aujourd'hui, ces 1 882 pièces constituent le fonds des collections des départements du XVIIIe siècle français et médiéval au Metropolitan Museum of Art de New-York.

Il fut l'ami de Marcel Proust, Giovanni Boldini, Paul-César Helleu, Pierre Georges Jeanniot, Georges Feydeau, Willette, Léopold Stevens, Robert de Montesquiou, Jean Carriès, Ferdinand Roybet, Maurice Lobre, Adrien Karbowsky, Adolphe Léon Willette, Victor Hugo, Georges de Porto-Riche, Degas, Jean-Louis Forain, Adolphe Giraldon et de bien d'autres personnalités.

Son travail est visible au musée des arts décoratifs de Paris « Le salon des bois 1900 ». Il a fait un important legs de céramiques au musée du petit Palais de Paris, puisqu'il sauva l'atelier à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre) de son grand ami Jean Carriès en le rachetant peu avant la mort de ce dernier.

Il avait un goût très prononcé pour les impressionnistes, il avait acquis entre autres la Débâcle par temps gris de Monet, la Pomme sur une assiette d'Édouard Manet, l'Enfant à l'épée de Manet, la Rue Mosnier aux Paveurs ou Rue de Berne de Manet, L'Incendie de Turner et beaucoup d'autres de James Abott Whistler, Willette, Camille Pissarro, Sisley. Hoentschel était réputé pour son don très particulier de flairer, de dépister l'objet vraiment beau, de le découvrir au milieu de cent autres, d'aspect analogue pour le profane.

Dans un son carnet du 23 janvier 1919, le marchand d'art René Gimpel (1881-1945), qui l'a connu et indique qu'il était le neveu de son collègue Knoedler, évoque ainsi sa dernière visite de sa maison, avant la vente après décès :

« Je parcours, ce matin, son hôtel avec Paulme, l'expert. Hoentschel est mort au début de la guerre. C'est lui qui a décoré pour Doucet mon hôtel, rue Spontini. Ce fut vraiment le seul décorateur des vingt-cinq dernières années. Il avait formé deux collections, une d'émaux, l'autre d'art décoratif du XVIIIe et il les avait vendues très cher à J.P.Morgan qui a donné le XVIIIe au Metropolitan Museum de New-York. Cet intérieur est un mélange de confort anglais et d'élégance parisienne, avec une salle immense, organisé en vue de sa profession. Sa vente aura lieu dans deux mois. Ce n'est plus qu'une petite collection d'art décoratif, mais comme c'est triste une collection sans collectionneur ! (...) Hoentschel était le joli Français, genre « Bel Ami », blond, le front découvert, plein d'élégance, un peu militaire, le regard clair. Il ne reste rien ici de son âme, et il méritait mieux ! »
Journal d'un collectionneur marchand de tableaux 1918-1939, Calmann-Lévy, 1963, p. 102

Il est le père de deux enfants, Françoise Hoentschel (épouse de Jean de Malherbe) et Jean-Claude Hoentschel, issus de son mariage avec Antoinette Desaille.

Georges Hoentschel est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Pératé, Collection Georges Hoentschel, Paris : Librairie centrale des Beaux-Arts, 1908.
  • "Ormolu in the Hoentschel collection", Bulletin of the Metropolitan Museum of Art, october 1910, p. 238-240.
  • Catalogue des objets d'art, d'ameublement et de décoration, principalement du XVIIIe siècle... tableaux anciens des écoles française et anglaise... objets d'art de l'Extrême-Orient... Orfèvrerie française du XVIIIe s. ... composant la 1re vente de la succession Georges Hoentschel... avril 1919.
  • Tableaux, peintures décoratives, dessins de portes etc. principalement du 18e s. des écoles françaises et étrangères. Sièges anciens Louis XIV, Régence, Louis XV et XVI et Directoires, Sculptures décoratives... 2e vente : 5 mai 1919.
  • Catalogue de belles boiseries et lambris, principalement du XVIIIe siècle, glaces, trumeaux, dessins de portes, décorations peintes, meubles en bois sculptés, Marbres... 3e vente : 11 juin 1919
  • Arsène Alexandre, "Georges Hoentschel et ses collections", La Renaissance de l'art français et des industries du luxe, mars 1920, p. 83-87.
  • Y. Brunhammer, M. Ricour, "Le style 1900", Jardin des Arts, n° 46, 1958, p. 653-655.
  • Evelyne Posseme, "Le Salon du bois du pavillon de l'Union centrale des Arts décoratifs à l'Exposition universelle de 1900", Revue de l'art, n° 117, 1997, p. 64-70.
  • Nicole Hoentschel, Georges Hoentschel, Saint-Rémy-en-l'Eau : Monelle Hayot, 1999.
  • Danielle Kisluk-Grosheid, Salvaging the Past : Georges Hoentschel and French Decorative Arts from The Metropolitan Museum of Art, 1907-2013, New Haven : Yale University Press , 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]