Georges Hoentschel

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Georges Hoentschel
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Antoinette Hoentschel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Georges Hoentschel, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un décorateur, céramiste et collectionneur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Vase (vers 1890–1900), New York, Metropolitan Museum of Art.
Vase panier (vers 1900), New York, Metropolitan Museum of Art.

Georges Hoentschel décore pour Julius Wernher sa résidence Bath House (82, Piccadilly Westminster), ainsi qu'une partie du château de Luton Hoo dans le Bedfordshire. Il conçoit aussi des intérieurs pour le duc de Gramont, Robert de Montesquiou, la comtesse de Ganay, le roi de Grèce, l'empereur du Japon, etc.

Il réalise la décoration du pavillon de l'Union centrale des arts décoratifs pour l'Exposition universelle de 1900 à Paris, qui sera présenté aussi aux États-Unis à Saint-Louis en 1904.

Il est très connu en tant que collectionneur aux États-Unis car il céda à son ami John Pierpont Morgan la majeure partie de ses collections qui ornaient les galeries de son hôtel particulier parisien du boulevard Flandrin.

Aujourd'hui, ces 1 882 pièces constituent le fonds des collections des départements du XVIIIe siècle français et médiéval au Metropolitan Museum of Art de New York.

Il fut l'ami, entre autres personnalités, de Marcel Proust, Giovanni Boldini, Paul-César Helleu, Pierre Georges Jeanniot, Georges Feydeau, Adolphe Léon Willette, Léopold Stevens, Robert de Montesquiou, Jean Carriès, Ferdinand Roybet, Maurice Lobre, Adrien Karbowsky, Victor Hugo, Georges de Porto-Riche, Edgar Degas, Jean-Louis Forain et Adolphe Giraldon.

Son travail de style Art nouveau est visible au musée des arts décoratifs de Paris, au « salon des bois 1900 ». Il a fait un important legs de céramiques au Petit Palais de Paris, provenant de l'atelier de Saint-Amand-en-Puisaye de son grand ami Jean Carriès, qu'il racheta peu avant la mort de ce dernier. Par la suite, Hoentschel offrit à la ville de Paris la collection presque complète de l'artiste conservée au même musée.

Il avait un goût très prononcé pour les impressionnistes, ayant acquis entre autres La Débâcle, temps gris de Claude Monet, Pomme sur une assiette d'Édouard Manet, l'Enfant à l'épée de Manet, La Rue Mosnier aux paveurs ou Rue de Berne de Manet, L'Incendie de William Turner et nombre d'œuvres de James Abott Whistler, Adolphe Léon Willette, Camille Pissarro et Alfred Sisley. Hoentschel était réputé pour son œil de collectionneur avisé.

Dans son carnet du , le marchand d'art René Gimpel (1881-1945) qui l'a connu indique qu'il était le neveu de son collègue Knoedler. Il évoque ainsi sa dernière visite de sa maison, avant la vente après décès : « Je parcours, ce matin, son hôtel avec Paulme, l'expert. Hoentschel est mort au début de la guerre. C'est lui qui a décoré pour Doucet mon hôtel, rue Spontini. Ce fut vraiment le seul décorateur des vingt-cinq dernières années. Il avait formé deux collections, une d'émaux, l'autre d'art décoratif du XVIIIe siècle et il les avait vendues très cher à J.P. Morgan qui a donné le XVIIIe siècle au Metropolitan Museum de New York. Cet intérieur est un mélange de confort anglais et d'élégance parisienne, avec une salle immense, organisée en vue de sa profession. Sa vente aura lieu dans deux mois. Ce n'est plus qu'une petite collection d'art décoratif, mais comme c'est triste une collection sans collectionneur ! […] Hoentschel était le joli Français, genre "Bel Ami", blond, le front découvert, plein d'élégance, un peu militaire, le regard clair. Il ne reste rien ici de son âme, et il méritait mieux ! »[1]

Il est le père de deux enfants, Françoise Hoentschel (épouse de Jean de Malherbe) et Jean-Claude Hoentschel, issus de son mariage avec Antoinette Desaille.

Il est membre fondateur du Golf de Saint-Cloud, et membre du cercle de l'Élysée et du Jockey Club, du cercle de l'Union et de l'Automobile Club de France, ainsi que de la Société des amis du Louvre. Il est promu officier de la Légion d'honneur.

Georges Hoentschel est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal d'un collectionneur marchand de tableaux 1918-1939, Calmann-Lévy, 1963, p. 102.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Pératé, Collection Georges Hoentschel, Paris : Librairie centrale des Beaux-Arts, 1908.
  • (en) « Ormolu in the Hoentschel collection », Bulletin of the Metropolitan Museum of Art, octobre 1910, p. 238-240.
  • Catalogue des objets d'art, d'ameublement et de décoration, principalement du XVIIIe siècle… tableaux anciens des écoles française et anglaise… objets d'art de l'Extrême-Orient… Orfèvrerie française du XVIIIe siècle… composant la 1re vente de la succession Georges Hoentschel… avril 1919.
  • Tableaux, peintures décoratives, dessins de portes etc. principalement du XVIIIe siècle des écoles françaises et étrangères. Sièges anciens Louis XIV, Régence, Louis XV et XVI et Directoires, Sculptures décoratives… 2e vente : 5 mai 1919.
  • Catalogue de belles boiseries et lambris, principalement du XVIIIe siècle, glaces, trumeaux, dessins de portes, décorations peintes, meubles en bois sculptés, Marbres… 3e vente : 11 juin 1919.
  • Arsène Alexandre, « Georges Hoentschel et ses collections », La Renaissance de l'art français et des industries du luxe, mars 1920, p. 83-87.
  • Y. Brunhammer, M. Ricour, « Le style 1900 », Jardin des Arts, n° 46, 1958, p. 653-655.
  • Evelyne Posseme, « Le Salon du bois du pavillon de l'Union centrale des Arts décoratifs à l'Exposition universelle de 1900 », Revue de l'art, n° 117, 1997, p. 64-70.
  • Nicole Hoentschel, Georges Hoentschel, Saint-Rémy-en-l'Eau : Monelle Hayot, 1999.
  • (en) Danielle Kisluk-Grosheid, Salvaging the Past: Georges Hoentschel and French Decorative Arts from The Metropolitan Museum of Art, 1907-2013, New Haven : Yale University Press , 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]