Georges Hatot

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Georges Hatot
Nom de naissance Georges Alphonse Hatot
Naissance
Paris 10e
France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 82 ans)
Paris 15e
France
Profession Réalisateur, scénariste

Georges Alphonse Hatot (né le à Paris et mort dans la même ville le (à 82 ans)[1]) est un réalisateur et scénariste français de « vues animées » au tout début du cinéma muet. Reconnu comme l’un des premiers réalisateurs de l’histoire et l'inventeur du « péplum » comme genre[2], sa carrière est météoritique (1896-1910), éclipsée par des relations d’affaires peu recommandables (affaire Stavisky).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris, Georges Hatot a un parcours professionnel complexe, digne de l'un des personnages de son œuvre cinématographique.

Son premier métier est employé de banque[3]. Puis il se fait engager comme comédien au Théâtre des Bouffes-du-Nord, au théâtre Moncey, avant de devenir pensionnaire du Théâtre Antoine[3]. En 1896, il joue par exemple dans Plutus, la comédie en trois actes d'Aristophane, dans une adaptation de P. Gavault[4]. Il est aussi engagé au Théâtre de l'Hippodrome, comme régisseur responsable des scènes de foules. Après quoi, il monte une société de films, qui fait faillite[3]. En 1909, il est directeur de La presse coloniale[5]. Puis il dirige une société immobilière et contentieuse, le Central Omnium[6].

Georges Hatot pris dans la nasse de l'affaire Stavisky (photo de presse, anonyme, 1935)
Georges Hatot pris dans la nasse de l'affaire Stavisky (photo de presse, anonyme, 1935)

En 1919, il rencontre Alexandre Stavisky, dont il devient l'un des plus proches collaborateurs. En 1929, il est secrétaire général de la SIMA (Société d'installations mécaniques et agricoles[7]), une société au cœur de l'affaire Stavisky. En 1936, en raison de son rôle dans plusieurs escroqueries avec ce dernier, il est condamné pour complicité de faux en écritures publiques et complicité d'escroquerie, à 2 ans d'emprisonnement et 100 francs d'amende[8].

Il meurt à Paris en 1959, à l'âge de 82 ans, dans l'anonymat le plus total.

L'œuvre cinématographique[modifier | modifier le code]

Néron essayant des poisons sur des esclaves, de Georges Hatot et Alexandre Premio, premier péplum de l'histoire du cinéma (1897)

Georges Hatot découvre tôt l'invention des Frères Lumière, et réalise ses premières « vues animées » (vocable de l'époque), âgé de 20 ans à peine, dès 1896. Il participe en particulier, avec l'aide de l'opérateur Alexandre Promio, à la création du premier « péplum » du cinéma : Néron essayant des poisons sur des esclaves.

Jusqu'en 1901, il est au service de la Société Lumière[9] et de la Pathé, et réalise une adaptation en 13 tableaux de La Vie et la Passion de Jésus-Christ (1897), avec le pantomime Breteau dans le rôle du Christ, ainsi qu'une série de films dramatiques liés à des morts célèbres : L'exécution de Jeanne d'Arc, L'assassinat du duc de Guise, La mort de Marat et La mort de Robespierre (tous en 1897). L'historien Richard Abel évoque également une collaboration sur les vues animées avec Footit et Chocolat[10], mais elle reste douteuse.

En 1906[11], il rejoint la Société Éclair et participe à des films aux personnages récurrents, comme la série avec Nick Carter, et travaille souvent en tandem avec Victorin Jasset. Il se retire des plateaux à la fin des années 1910, avant de tourner un tout dernier film en 1922, La loupiote.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

On ne sait pas grand chose de sa vie personnelle, si ce n'est qu'il perd en 1922 une enfant nommée Denise, en bas âge, à une date qui correspond à la fois à son retour à la réalisation (après 12 ans d'absence) et son abandon définitif du cinéma[12].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 1896 : Néron essayant des poisons sur des esclaves
  • 1897 : Le Cocher endormi
  • 1897 : Assassinat de Kleber
  • 1897 : Le Rémouleur et l'Assiette au noir
  • 1897 : Pierrot et le Fantôme
  • 1897 : Pierrot et la Mouche
  • 1897 : La Nourrice et le Soldat amoureux
  • 1897 : Le Marchand de marrons
  • 1897 : Jongleur, le bilboquet
  • 1897 : Jean qui pleure et Jean qui rit
  • 1897 : L'Ivrogne
  • 1897 : Dentiste
  • 1897 : La Danseuse de corde
  • 1897 : L'Amoureux dans le sac
  • 1897 : La Mort de Robespierre
  • 1897 : Mort de Marat
  • 1897 : L'Assassinat du duc de Guise
  • 1898 : Poursuite de cambrioleurs sur les toits
  • 1898 : Exécution de Jeanne d'Arc
  • 1898 : La Vie et la Passion de Jésus-Christ
  • 1902 : La Servante de bains indiscrète
  • 1902 : Le Jugement de Pâris
  • 1903 : Courage de mari
  • 1905 : L'Envers de théâtre
  • 1905 : Les Farces de Toto Gâte-Sauce
  • 1905 : Dix femmes pour un mari (coréalisation de Lucien Nonguet et Ferdinand Zecca)
  • 1906 : La Fête à Joséphine
  • 1906 : Les Débuts d'un chauffeur
  • 1906 : Le Billet de faveur
  • 1906 : Chiens contrebandiers
  • 1906 : Trois sous de poireaux
  • 1906 : Boireau déménage
  • 1906 : La Course à la perruque
  • 1906 : Voilà mon mari
  • 1907 : Les Mésaventures d'un cycliste myope
  • 1908 : Les Chiens ambulanciers
  • 1909 : Cache-toi dans l'armoire
  • 1910 : Hérodiade
  • 1910 : La Reconnaissance de l'Arabe
  • 1910 : La Fleur de mort (coréalisation de Victorin Jasset)
  • 1910 : Ginhara ou Fidèle jusqu'à la mort (coréalisation de Victorin Jasset)
  • 1910 : La Résurrection de Lazare
  • 1910 : Dans les ruines de Carthage (coréalisation de Victorin Jasset)
  • 1910 : L'Enseveli de Tebesa (coréalisation de Victorin Jasset)
  • 1922 : La Loupiote

Scénariste[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance à Paris 10e, du 25/12/1876, n°5820, avec mention du décès, Archives de Paris en ligne, V4E 3709, vue 31
  2. Mathilde Bergon, « De Moïse à Ben-Hur, le grand retour des péplums », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  3. a, b et c Le Petit journal, (lire en ligne)
  4. Gil Blas, (lire en ligne)
  5. L'Univers, (lire en ligne)
  6. Le Petit Parisien : journal quotidien du soir, (lire en ligne)
  7. Une affaire d’État : le dossier Stavisky -, Editions Publibook (ISBN 9782748373004, lire en ligne)
  8. « Recueil de la Gazette des tribunaux : journal de jurisprudence et des débats judiciaires », sur Gallica, (consulté le 15 juillet 2017)
  9. « Les vues mises en scène par Georges Hatot (1897) | Séries | Catalogue Lumière », sur catalogue-lumiere.com (consulté le 12 juillet 2017)
  10. (en) Richard Abel, The Ciné Goes to Town: French Cinema, 1896-1914, Updated and Expanded Edition, University of California Press, (ISBN 9780520912915, lire en ligne)
  11. « Georges Hatot | Festival International du Film de la Rochelle », sur archives.festival-larochelle.org (consulté le 12 juillet 2017)
  12. Comoedia, [s.n.], (lire en ligne)