Georges Gastaud

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Georges Gastaud
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Naissance (66 ans)
Nationalité Française
Profession
Professeur de philosophie
Autres activités

Georges Gastaud (né en 1951) est un philosophe, syndicaliste et militant communiste français.

Il est depuis 2004 le secrétaire national du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), dont il dirige également le journal mensuel Initiative communiste. Il milite également pour la défense de la langue française et contre le franglais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le [1], il est le fils de Raymond Gastaud, ancien résistant[2] et maire adjoint de la ville de Cap-d'Ail (Alpes-Maritimes).

Enseignant et syndicaliste[modifier | modifier le code]

Georges Gastaud, agrégé de l'Université[3], a été professeur de philosophie en classes préparatoires scientifiques au lycée Condorcet de Lens. Pendant sa carrière d'enseignant, il a milité en faveur de la création d'un pôle d'enseignement supérieur à Lens et a occupé à plusieurs reprises des responsabilités syndicales au sein du SNES. Il est à la retraite depuis le début des années 2010.

Engagement communiste[modifier | modifier le code]

Militant du PCF, puis du PRCF[modifier | modifier le code]

Engagé en politique auprès du Parti communiste français, il se porte candidat sous cette étiquette à plusieurs d'élections. Influencé par les idées de Louis Althusser, il commence en 1976 à remettre en cause la ligne du PCF, lorsque celui-ci abandonne la dictature du prolétariat[4].

Alors qu'il est membre du Comité fédéral du PCF du Pas-de-Calais et secrétaire de la section PCF de Lens, il est l'un des animateurs de l'opposition à la politique de réformes du parti conduite par Robert Hue. Il est notamment l'un des principaux animateurs de la Coordination Communiste[5],[6].

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, il est un des principaux acteurs, aux côtés de Léon Landini, Henri Alleg et Georges Hage, de l'unification de plusieurs groupes oppositionnels communistes (la Coordination des militants communistes (CMC) du Pas-de-Calais, le Collectif national unitaire des communistes (CNUC)), au sein de la Fédération nationale de la renaissance communiste (FNARC), qui débouche, à travers le Comité de liaison pour une convergence communiste des associations nationales (dit la « Convergence communiste »), sur la création, en 2004, du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF)[7],[8]. Il devient alors le secrétaire national de ce nouveau mouvement, dont il anime également le mensuel Initiative communiste et la revue théorique ÉtincelleS[9].

Georges Gastaud, qui « se présente à la fois comme communiste, internationaliste et patriote »[10], milite pour le retour non seulement aux luttes sociales mais aussi à l'identité nationale[11].

Il préconise que la France sorte de l’Union européenne — notamment parce que les projets européens remettent non seulement en cause la souveraineté nationale mais également la cohésion sociale en fragilisant les services publics[12],[13] —, ainsi que des institutions financières internationales et de l’OTAN[14].

Philosophe marxiste[modifier | modifier le code]

Georges Gastaud est l'auteur de divers ouvrages philosophiques d'inspiration marxiste. Ses travaux portent depuis le début des années 1980 sur la nature « exterministe » du système capitaliste. Il aborde également des thèmes comme la « remondialisation capitaliste » consécutive à de la chute de l'URSS ou ce que représente aujourd'hui un projet communiste.

En 2015, dans Marxisme et universalisme. Classes, nations, humanité(s) (Delga), un travail de compilation rassemblant ses notes sur les sujets d'actualité qui l'ont marqué, il soutient que « La lutte des classes est toujours d'actualité. Différente d'hier mais tellement présente dans tous les thèmes d'actualité »[15]. Il y défend aussi la thèse selon laquelle « la reconquête de la souveraineté des nations est un préalable indispensable au développement d’une solidarité entre les peuples libérés du capitalisme »[14]. Le philosophe André Tosel voit dans Marxisme et universalisme le témoignage de la division qui existe en France, chez « les auteurs issus d'une tradition marxiste », entre partisans et adversaires d'un « retour au nationalisme »[16].

En 2016, Georges Gastaud publie chez Delga Lumières communes. Traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique, une somme en quatre tomes qui est saluée par le philosophe André Tosel[17].

Engagement contre le « tout-anglais »[modifier | modifier le code]

Georges Gastaud est président de l'association COURRIEL (acronyme de « Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique »), une association de défense de la langue française contre le tout-anglais[18],[19]. Il dénonce le franglais comme une manœuvre des grands groupes à l'assaut des marchés nationaux « par le biais d'une publicité efficace et pas chère vu qu’une langue suffit », et propose de revenir à des termes en français, voire à des néologismes si nécessaire : « Le premier service public de France, c’est la langue française. Si on ne défend pas celui-là, on ne pourra pas défendre les autres », soutient-il[20]. Il s'insurge notamment contre la multiplication des enseignes en anglais, constatant que dans sa ville (Lens), « Les deux tiers des nouvelles enseignes sont en anglais »[21].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Se penchant sur la contribution de Georges Gastaud à l'ouvrage collectif Communisme. Quel avenir ? (Le Temps des cerises, 2002), le sociologue Georges Ubbiali y voit un exemple de l'« orthodoxie stalinienne à toute épreuve » pour laquelle l'avenir du communisme se trouve dans son passé, et conclut que « mis à part l'hommage à Staline, tout le texte respire le bon vieux temps d'autrefois où le Parti éclairait la voie. Tout le reste, l'extrême-gauche en particulier, n'est qu'ennemi de classe, petit bourgeois[,] etc... »[22].

Dans son article « L'Union européenne ou un hybride à vocation subimpériale dans le capitalisme mondialisé » paru en 2016 dans Revue française d'histoire des idées politiques, André Tosel fait le constat que « La tentation d'un retour au nationalisme est vive en France et [qu'elle] divise aussi les auteurs issus d'une tradition marxiste, comme en témoigne l'ouvrage de Georges Gastaud, Marxisme et universalisme » (Delga, 2015)[23].

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Mondialisation capitaliste et projet communiste : cinq essais pour une renaissance, Le Temps des cerises, coll. « Essais », 1997, 299 p. (notice BnF no FRBNF37094790).
  • Lettre ouverte aux bons Français qui assassinent la France, Paris, Le Temps des cerises, 2005, 190 p. (notice BnF no FRBNF40081093).
  • Sagesse de la révolution : assagir la révolution ou révolutionner la sagesse ? (par Georges Gastaud), suivi de Devenir enfant : pour une critique du fascynisme (par Marion Gandiglio), Le Temps des cerises, 2008, 277 p. (notice BnF no FRBNF41389056) (compte rendu de Frédéric Delorca sur le site parutions.com).
  • Patriotisme et internationalisme : éléments de réflexion marxiste sur la question nationale, Comité internationaliste pour la solidarité de classe, 2010, 144 p. (notice BnF no FRBNF42375042).
  • Marxisme et Universalisme : classes, nations, humanité(s), Éditions Delga, 2015 (notice BnF no FRBNF44397940).
  • Lumières communes, cours laïque de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique, Delga, 2016 (ISBN 978-2-37607-104-4).
    • Tome 1 : Philosophie et matérialisme dialectique, 508 p.
    • Tome 2 : Une approche dia-matérialiste de la connaissance, 305 p.
    • Tome 3 : Sciences et matérialisme dialectique, 510 p.
    • Tome 4 : Pour une approche marxiste de l’homme, 496 p.

Chapitres d'ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • « Pour une analyse révolutionnaire de la contre-révolution », dans Bruno Drweski (dir.), Octobre 1917 : causes, impact, prolongements, coll. « Actuel Marx confrontation », Presses universitaires de France (PUF), 1999 (notice BnF no FRBNF37088211).
  • Chapitre dans Roger Martelli (dir.), Communisme : quel avenir ?, Le Temps des cerises, 2002 (notice BnF no FRBNF39052698).

Articles de revues[modifier | modifier le code]

  • Lettre ouverte au physicien Gilles Cohen-Tannoudji sur la signification philosophique du rapprochement entre cosmologie et physique des particules, revue La Pensée, n° 259, septembre 1987.
  • Tenir sa langue pour ne pas être réduit au silence, journal Bastille-République-Nations (BRN), No 44, 18 juin 2009.
  • Georges Gastaud et Karine Van Wynendaele, « Dénoncer le carcan des traités européens, exiger sans ambiguïté le retrait total des mesures gouvernementales », L’Université Syndicaliste, no 591,‎ , p. 8 (du supplément) (lire en ligne)

Divers[modifier | modifier le code]

  • Préface : Henri Alleg, Petite contribution au Livre noir de l'anticommunisme et de la contre-révolution, éditions du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), 2007, 192 p., (ISBN 2953119205 et 9782953119206).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF.
  2. Honneur aux nouveaux résistants de la CGT ouvrière !, l'Humanité [en ligne], 8 juin 2016 : « Georges Gastaud, fils de Raymond Gastaud, chevalier de la Légion d’honneur, décoré pour faits de Résistance par la France, les Etats-Unis d’Amérique et par la République populaire de Pologne ».
  3. Fiche de Georges Gastaud sur le site des éditions Delga.
  4. Philippe Cohen, Le bluff républicain : à quoi servent les élections ?, Arléa, 1997, 342 p., p. 200.
  5. Roger Martelli et al., Communisme, quel avenir ?, Le Temps des Cerises, 2002, 163 p., p. 108 : « Il est l'un des animateurs de la Coordination des militants communistes et de la FNARC. »
  6. « Animée par Henri Alleg et Georges Gastaud, la coordination des militants communistes s'oppose à la gauche plurielle en prônant "une stratégie de lutte de classes et de rassemblement contre la construction européenne et la mondialisation". Récusant la "dérive social-démocrate" du parti actuel, ce courant veut s'inscrire dans la continuité parfaite de choix du Congrès de Tours et proteste contre la criminalisation du commmunisme », cf. Regards, mensuel postcapitaliste, Société d'édition du journal Regards, Nos 69 à 74, 2001, p. 145.
  7. (en) Gino Raymond, PCF and Front de Gauche: exploiting a communist nostalgia in France?, in Twentieth Century Communism, Issue 11, 2016, pp. 114-129 : « A paroxysm was reached at the Martigues congress of 2000, when the frustrated orthodox dissenters split from the PCF to set up organisations to pursue their communist mission. After various incarnations, these endeavours resulted in the launching of the Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) in 2004, with Léon Landini as its president and Georghes Gastaud as its national secretary. »
  8. Dominique Andolfatto, « L'année terrible ». Chronologie du PCF 2002-2003 : de la campagne présidentielle au XXXIIe congrès, in La fin du PCF : vers un néo-communisme ?, revue Communisme, L'Âge d'homme, No 72-73, 2002-2003, pp. 29-49, p. 29 : « 27 janvier [2002]. Création, à l'initiative de la Coordination des militants communistes (CMC-Pas-de-Calais, animée notamment par Georges Gastaud) et de la Coordination nationale unitaire des communistes (CNUC, animée par Georges Hage) de la Fédération nationale des associations pour la renaissance communiste (FNARC) pour fédérer les courants communistes « orthodoxes » ».
  9. Left Curve, Université de Californie, 2006, p. 99 : « Georges Gastaud, philosopher and director of the journal Etincelle[S]. »
  10. Philippe Bessin, Georges Gastaud veut bouter les mots anglais hors de Lens, op. cit..
  11. « Lens : élections, attentats... le regard de Georges Gastaud, philosophe », sur La Voix du Nord, .
  12. Vincent Geitner, Les professeurs et l’ enseignement de l’Histoire : Un consensus impossible, des marges de manœuvre aléatoires. De la Libération à nos jours, Éditions universitaires européennes, (ISBN 978-3841729163, OCLC 959988678, lire en ligne)
  13. (Gastaud et Van Wynendaele 2003).
  14. a et b Aurélien Bernier, Marxisme et universalisme. Classes, nations, humanité(s), Le Monde diplomatique, mai 2016.
  15. Y. P., Lens : Georges Gastaud a compilé ses notes en un livre, La Voix du Nord, 19 septembre 2015 : « [...] le professeur de philosophie, désormais en retraite, a pris le temps nécessaire pour retrouver, relire, et rassembler ses notes concernant tous les sujets d’actualité qui l’ont marqué. Un travail de compilation qui a abouti à un livre, sorti aux éditions Delga : Marxisme et universalisme, classes, nations, humanité(s). [...]. Il est une évidence cependant qui transparaît plus que jamais aujourd’hui : «  La lutte des classes est toujours d’actualité. Différente d’hier mais tellement présente dans tous les thèmes d’actualité. » Le dominant, le dominé constituent toujours à ses yeux le thème central dans le concert international et français ».
  16. L’Union européenne ou un hybride à vocation subimpériale dans le capitalisme mondialisé, artefiliosfia.com, colloque 2016 sur le thème « L'Europe en question. Histoire, institutions, identités » : « La tentation d’un retour au nationalisme est vive en France et divise aussi les auteurs issus d’une tradition marxiste, comme en témoigne l’ouvrage de Georges Gastaud, Marxisme et universalisme. Classes, nations, humanité(s), Paris, Delga, 2015 ».
  17. André Tosel, « philosophie. Lumières nouvelles », L'humanité,‎ (lire en ligne).
  18. Association COURRIEL.
  19. Georges Gastaud a publié, dans La répétion générale, revue littéraire et poétique (No 2, 2011), des poèmes « dénonçant le mésusage de la langue française ».
  20. Philippe Bessin, La résistance linguistique: une forme de lutte chère à Georges Gastaud, in La Voix du Nord, 26 mars 2011.
  21. Philippe Bessin, Georges Gastaud veut bouter les mots anglais hors de Lens, La Voix du Nord, 18 juin 2010 (reproduit sur le site lens.maville.com).
  22. Georges Ubbiali, compte rendu de Communisme. Quel avenir ? (Le Temps des cerises, 2002), dans Revue électronique Dissidences, 12 septembre 2012.
  23. André Tosel, L’Union européenne ou un hybride à vocation subimpériale dans le capitalisme mondialisé, in Revue française d'histoire des idées politiques, 2016/1, No 43, pp. 129-150.

Liens externes[modifier | modifier le code]