Georges Delmas

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Georges Delmas, militaire français du XXe siècle, né à Cahors en 1890, mort dans sa ville natale en 1967, colonel dans la Gendarmerie, a été héros des deux guerres mondiales et résistant français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Delmas est né au sein d’une famille rurale le à Cahors, dans le Lot. Précocement, il s’engage comme volontaire pour trois ans le au sein du régiment de sapeurs-pompiers de Cahors.

Capitaine Georges Delmas pendant la campagne du Levant

Rapidement, Georges Delmas est happé par l’Histoire. Il est nommé sergent au 7e régiment d’infanterie le alors que l'Allemagne déclare la guerre à la France. Dès lors, il s’ensuit un engagement sans faille de la part de ce militaire qui va successivement être promu au grade de sous-lieutenant en , de lieutenant en puis de capitaine le . Cette ascension dans l’échelle des grades, Delmas le doit à ses actes de bravoures qui sont reconnus et soulignés par ses chefs, en atteste sa citation à l’ordre du régiment accompagnant sa Légion d’honneur le signé du maréchal Joffre :

« Officier d’une bravoure remarquable, quatre fois blessé, est revenu sur le front à peine guéri, s’est fait remarquer le en portant vigoureusement sa compagnie à l’attaque des positions ennemies. Le a contribué à l’enlèvement d’une tranchée et d’un village fortement défendu. A repoussé la nuit suivante, une contre-attaque ennemie. »

Ses actions au feu et son sens du commandement sont récompensés par onze citations[2], la Croix de guerre 14-18 avec huit palmes, deux étoiles d’argent et une étoile de bronze. Au cours de ce conflit, Georges Delmas est blessé à neuf reprises dont une par balle à la tête et une autre au thorax.

Après deux années au sein des troupes d’occupation en Rhénanie, il rejoint le 16e régiment des tirailleurs algériens le et participe à la campagne du Levant. Après les tranchées et la boue, Delmas s’illustre au sein de la 1re Armée du Levant dans les combats de Cilicie, qui lui valent quatre citations dont deux à l’ordre de l’armée. Il est par ailleurs blessé une dixième fois.

Le , il épouse Marguerite Boussac Marguerite. de ce mariage nait un fils unique, Henri Delmas, le et mort célibataire et sans enfant le .

Fidèle à son premier engagement, il est muté à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris en 1923. En 1925, il choisit de servir au grade et à l’emploi de capitaine de Gendarmerie. Le , il est élevé au rang de commandeur de la Légion d'honneur et décoré dans la cour des Invalides. Le , il est affecté à la légion de gendarmerie de Paris.

Après un passage sur ses terres à la compagnie de Villeneuve-sur-Lot (47), il est promu au grade de chef d'escadron et affecté à la 7e légion de gendarmerie, compagnie de Chaumont (52) le . Démontrant de grandes qualités dans ses fonctions, il est félicité à plusieurs reprises notamment dans son action de formation auprès des cadres de la Gendarmerie nationale, en témoigne une lettre de félicitations du ministre de la Défense et de la Guerre en date du .

Chef d’escadron Georges Delmas

Une nouvelle fois, le chef d’escadron Georges Delmas va être rattrapé par l’Histoire et se retrouve au cœur de la drôle de guerre. En 1940, il organise la défense des ponts de Saône à Gray (70) face à l’avancée de l’armée allemande. Blessé une onzième fois, il reçoit une seizième citation.

Ébranlé par la défaite, le chef d’escadron Delmas, peu enclin à servir le gouvernement de Vichy, fait valoir ses droits à la retraite en 1942. En 1943, il devient chef puis inspecteur de l’Armée secrète (AS) pour la « Région Toulouse ». Organisant la résistance au sein de son secteur, Delmas, dit Drouot, est activement recherché par la Gestapo, ce qui l’oblige à gagner le maquis. Il prend la tête du groupe de résistants Veny près de Cahors (46) et commande une soixantaine d’hommes.

Remise de la plaque de Grand officier de la Légion d’Honneur.

Conformément aux ordres reçus, Delmas et son groupe se préparent à passer à l’action dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Le , avec ses 60 hommes, il se distingue en se défendant contre une colonne des Waffen-SS, à Gigouzac (46)[3]. Ce coup d’éclat causant la perte d’une centaine d’Allemands et autant de blessés, vaut à Georges Delmas, dit « Drouot » et à son groupe une citation à l’ordre de la Division FFI en date du , sa dix-septième :

« Brillant officier déjà titulaire de onze citations de la guerre 14-18, s’est distingué à nouveau dans le Maquis au cours d’un combat inégal avec les forces de l’ennemi supérieures en nombre dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1944. »

De plus, il mène une embuscade d’ampleur le infligeant encore de lourdes pertes à l’ennemi. Au cours de ce conflit, blessé une onzième fois, il reçoit deux citations dont une à l’ordre de l’armée ainsi que la médaille de la Résistance par décret du .

Nommé lieutenant-colonel en 1945, il est promu colonel de réserve en 1946. À son grand désarroi, en 1947, il se voit refuser de partir en campagne en Indochine. Élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en 1948, le colonel Georges Delmas est rayé des cadres en 1951 et se retire à Cahors (46) où il meurt le .

Sa carrière militaire caractérisée par un engagement total et constant lui a valu onze blessures de guerre, dix-sept citations dont onze à l’ordre de l’armée et vingt-deux décorations françaises et étrangères.

Décorations[modifier | modifier le code]

Le colonel Georges Delmas totalise vingt-deux décorations françaises et étrangères dont les principales sont :

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

La municipalité de Cahors (46) donne son nom à une voie de la commune, la « rue Colonel-Georges-Delmas ».

La 120e promotion (2013-2015) de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale de Melun (77) est baptisée de son nom par le ministre de l’Intérieur le [4],[5]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

- Fiche de matricule militaire n°365 de Georges Delmas, consultable gratuitement dans les archives en ligne du LOT (registre matricules → année 1910 → cote 1 R RM 125 → pages 592 à 599): grades, affectations, citations, blessures, décorations, etc.
- Extrait du journal de marche et des opérations: Pages 5 (bas de page de droite) et 20 (paroles du général PRIOU à l'occasion de la remise de la croix de guerre avec palmes) lorsque Georges DELMAS commandait la 22e compagnie du 228e RI
- Article dans le" Combattant du Lot" de décembre 1929 (page 2/5), en bas à droite de la 2e page, l'article intitulé "Dans le Puy de Dome"
- Participation du commandant Delmas au parachutage du 14 juillet 1944 (opération Cadillac) à LAMARESQUE (page 3/9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Service historique de la Défense, Château de Vincennes, Vincennes, France
  2. Hommage des sapeur-pompiers de Paris qui reprend les 11 citations de Georges Delmas durant la Première Guerre mondiale, « http://www.pompiersparis.fr/la-brigade/l-histoire/special-centenaire-1914-2014-sapeurs-pompiers-de-paris-pendant-la-grande-guerre/morts-au-front-morts-aux-feux/un-heros-parmi-les-heros »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  3. a et b « Combat à Gigouzac, 30 juin 1944 », sur archives.quercy.net, (consulté le )
  4. EOGN, « La 120ème promotion : promotion Colonel Georges Delmas », sur gendarmerie.interieur.gouv.fr, Ministère de l'Intérieur, (consulté le )
  5. « Hommage à M. Delmas », sur ladepeche.fr, (consulté le )
  6. « Gigouzac : 2e partie et fin », sur academia.edu, p. 6-7
  7. « Gigouzac infos » [PDF], sur Commune de Gigouzac (n° 14), (consulté le ), p. 4-6
  8. article sur Gigouzac, 30 juin 1944
  9. [PDF] Action du lieutenant-colonel DROUOT (Delmas) le 29 juillet 1944