Georges Anglade

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Georges Anglade
Fonctions
Ministre des Travaux publics, Transports et Communications
17 janvier 19957 novembre 1995
Président Jean-Bertrand Aristide
Gouvernement Smarck Michel
Prédécesseur Marc-Henri Rousseau François
Successeur Jacques Dorcéan
Biographie
Date de naissance 18 juillet 1944
Lieu de naissance Port-au-Prince (Haïti)
Date de décès 12 janvier 2010 (à 65 ans)
Lieu de décès Port-au-Prince (Haïti)
Nationalité Haïtienne
Conjoint Mireille Neptune
Enfant(s) Dominique Anglade
Profession Géographe, enseignant

Georges Anglade est un géographe, homme politique et écrivain haïtien, né le 18 juillet 1944 à Port-au-Prince et mort le 12 janvier 2010 également à Port-au-Prince.

Opposant farouche au régime de la famille Duvalier, il est exilé à deux reprises pour ses convictions politiques, en 1974 et 1991. Il passe une grande partie de sa vie adulte en exil au Québec, où il participe la fondation du département de géographie de l'Université du Québec à Montréal. À compter des années 1990, il publie plusieurs ouvrages de lodyans, des contes haïtiens. Après sa retraite de l'enseignement, il partage son temps entre l'écriture et la politique, agissant à l'occasion à titre de conseiller du président haïtien René Préval. Il est mort lors du tremblement de terre qui a frappé Haïti en janvier 2010[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1962, il commence ses études à l'École normale[2] de Port-au-Prince, puis obtient en 1965 une licence en droit[2] et un diplôme de Sciences sociales, à la Faculté de droit de Port-au-Prince. Il quitte alors Haïti pour la France, en raison de son opposition à la dictature des Duvalier, père et fils. Entre 1965 et 1969, il prépare ainsi un doctorat de troisième cycle au Centre de géographie appliquée de Strasbourg[2], et y obtient également une licence ès lettres[2]. En 1968 et 1969, il est en outre professeur à l'Institut de démographie de Strasbourg.

En septembre 1969, il s'installe à Montréal, au Québec, et participe à la fondation de l'Université du Québec à Montréal (UQAM)[2], où il occupe un poste de professeur de géographie sociale, jusqu'à sa retraite de l'enseignement en 2002[2].

Il continue à s'opposer aux autorités haïtiennes et est emprisonné en 1974[2], exilé deux fois en 1974 et 1991[2] et plusieurs fois menacé de mort. Dans les années 1980, il fonde, à Montréal, le Mouvement haïtien de solidarité (MAS)[2], puis rédige en 1990 un manifeste, La Chance qui passe, appel à la démocratie en Haïti[2]. Dans les années 1990, il est conseiller et ministre des travaux publics dans les gouvernements de Jean Bertrand Aristide et René Préval[2]. En 1994, il préside la Conférence Politique Internationale de Miami, qui initie le retour à la démocratie en Haïti.

En 1996, il est nommé associé à la recherche à l'Université de Berkeley, en Californie, puis il retourne à Montréal.

Après sa carrière gouvernementale, il a accentué son activité littéraire, axée sur les lodyans, qu'il a théorisé tout en écrivant des récits de ce genre[2].

En 2010, il meurt, ainsi que sa femme Mireille, lors du tremblement de terre d'Haïti de 2010 alors qu'il était sur place pour participer au 2e festival Étonnants Voyageurs[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive) Voir les ouvrages de l'auteur diffusées dans Les Classiques des sciences sociales. Lien: http://classiques.uqac.ca/contemporains/anglade_georges/anglade_georges.html.

Lodyans (contes narratifs)[modifier | modifier le code]

  • Georges Anglade, Les blancs de mémoire : lodyans, Montréal, Boréal,‎ 1999 (ISBN 9782890529694)
  • Georges Anglade, Ce pays qui m'habite : lodyans, Outremont Québec, Lanctôt,‎ 2002 (ISBN 9782894852408)
  • Georges Anglade, Leurs jupons dépassent : lodyans, Outremont, Québec, Lanctôt,‎ 2004 (ISBN 9782894852651)
  • Georges Anglade, Et si Haïti déclarait la guerre aux USA?, Montréal, Ecosociété,‎ 2004 (ISBN 9782923165028)
  • Georges Anglade, Rire haïtien : les lodyans de Georges Anglade / Haitian laughter : a mosaic of ninety miniatures in French and English, Coconut Creek, FL, Educa Vision,‎ 2006 (ISBN 9781584323594)

Essais[modifier | modifier le code]

  • Georges Anglade, L'espace haïtien, Montréal, Presses de l'Université du Québec,‎ 1974 (ISBN 9780777001158)
  • Georges Anglade, Mon pays d'Haïti, Montréal / Port-au-Prince, Presses de l'Université du Québec / Éd. de l'Action sociale,‎ 1977 (ISBN 9780777001974)
  • Georges Anglade, Espace et liberté en Haïti, Montréal, ERCE & CRC,‎ 1982 (ISBN 9782920418011)
  • Georges Anglade, Atlas critique d'Haïti, Montréal, Université du Québec à Montréal, Groupe d'études et de recherches critiques d'espace,‎ 1982 (ISBN 9782920418004)
  • Georges Anglade, Cartes sur table, Port-au-Prince / New York, Éditions Henri Deschamps, coll. « Études et recherches critiques d'espace »,‎ 1990 (ISBN 9782920418066)
  • Georges Anglade, La chance qui passe, Port-au-Prince, Opération Lavalas,‎ 1990
  • Georges Anglade, Chronique d'une espérance, Port-au-Prince, L'Imprimeur II,‎ 2008 (ISBN 9789993594048)[4]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Plusieurs ouvrages de l'auteur disponibles dans Les Classiques des sciences sociales.

Bakis Henry & Eveno Emmanuel, Hommage. Disparition de Georges Anglade (1944-2010), Netcom, vol. 23, no 3-4, p. 315-318, http://www.netcom-journal.com/volumes/articlesV233/Netcom315-318.pdf

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tristan Malavoy-Racine, « Haïti: Georges Anglade au nombre des victimes - Nouvelles Livres », Voir,‎ 14 janvier 2010 (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Alain Beuve-Méry, « Écrivain québécois - Georges Anglade (rubrique Disparitions) », Le Monde, no 20212,‎ 17-18 janvier 2010, p. 22
  3. Agence France-Presse, « Haïti: mort de l'écrivain Georges Anglade », Google News,‎ 14 janvier 2010 (lire en ligne)
  4. Voir le compte rendu dans la revue Cybergeo