Georges-Alexandre Sarrejani

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Georges-Alexandre Sarrejani
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Condamné pour

Georges-Alexandre Sarrejani dit Sarret (né le à Trieste et mort le à Aix-en-Provence), était un avocat d'affaires, mais aussi un escroc et un assassin. Il est le dernier guillotiné à Aix-en-Provence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Trieste en Italie en 1878[1], il immigre en France au cours de son adolescence. Il fait de brillantes études de droit et devient l’un des avocats d’affaires les plus en vue de Marseille. Ayant installé son cabinet au 45, rue de la Palud à Marseille, il vit avec son épouse et ses enfants dans un riche appartement non loin de là. Mais ce ne sont que des apparences d’honorabilité : Me Sarret mène une vie très dissolue, faite de jeux, d’alcool, de fêtes et de femmes de passage[2].

Escroquerie et meurtre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, il fait la connaissance de deux sœurs allemandes, culottières, Catherine et Philomène Schmidt. Il les séduit bien vite, et elles deviennent toutes deux ses maîtresses. Les amants ont pour habitude de se retrouver dans une villa de campagne que loue Sarret, baptisée « L'Ermitage », dans la banlieue d'Aix-en-Provence[3].

Mais bientôt, la relation prend un tournant inquiétant. Habile escroc, Sarret décide de faire participer ses maîtresses à ses trafics à l’assurance-vie. Le plan n’est pas compliqué : d’abord, il leur fait épouser deux hommes à la santé plus que fragile. Ensuite, il engage un complice à la santé parfaite qui, habilement grimé, passe un examen médical impeccable en vue de souscrire une assurance-vie, au nom du mari impotent. Enfin, on attend le décès de l’époux, quitte à le précipiter un peu, avec du poison, du gaz, etc.

Tout se déroule bien lorsque le 20 août 1925, Sarret abat au fusil de chasse un complice trop gourmand, l'abbé défroqué Louis Chambon-Duverger, et sa maîtresse, Noémie Ballandraux, dans la villa de « L'Ermitage ». Après le double meurtre, Sarret achète cent litres de vitriol (c’est-à-dire d’acide sulfurique) qu’il verse dans une baignoire contenant déjà les deux corps. Au bout de trois jours de dissolution, lui et les sœurs Schmidt jettent la colle infecte et noirâtre dans l'herbe. Le crime reste inconnu pendant six ans.

En 1931, les dépenses somptueuses du trio obligent Sarret à mettre sur pied une nouvelle escroquerie à l'assurance-vie, en faisant croire au décès de Catherine Schmidt, et en lui substituant le corps d'une femme tuberculeuse fraîchement décédée. Catherine se réfugie à Nice, mais y fait la connaissance d’un jeune homme dont elle tombe amoureuse et qu’elle suit à Marseille, sans réfléchir. Quelqu'un remarque dans la rue la prétendue morte, et va avertir les autorités.

Philomène Schmidt est arrêtée et mise en prison an mars 1931, si bien que sa sœur Catherine se rend au commissariat deux jours plus tard. Les sœurs dénoncent Sarret. Mais l’homme est malin. Avec tout son talent d'avocat-conseil, il fait, deux ans durant, retarder le procès, en usant de toutes les erreurs de procédures et autres défauts. Néanmoins, la justice finit par trancher, le 31 octobre 1933, aux assises des Bouches-du-Rhône. Les jurés, impressionnés par l’affreuse méthode de dissimulation, font preuve de sévérité. Les sœurs Schmidt sont condamnées chacune à 10 ans de réclusion. L’avocat-conseil est condamné à mort.

Le , Georges-Alexandre Sarrejani est guillotiné en public à l’entrée de la prison d’Aix-en-Provence par le bourreau Anatole Deibler. Ce fut la dernière exécution capitale qui eut lieu dans la ville[réf. souhaitée].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Géo London, Les grands procès de l'année 1933, Les éditions de France, chapitre "Sarret et les sœurs Schmidt".

Filmographie[modifier | modifier le code]

L’affaire Sarret fut contée par Solange Fasquelle dans le livre Le Trio infernal, lequel fut adapté au cinéma en 1974 sous le même titre par Francis Girod, avec Michel Piccoli dans le rôle de Sarret et Romy Schneider dans le rôle de Philomène Schmidt.

Documentaire télévisé[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Bourgoin, La Bible du crime, éditions de la Martinière, , p. 162.
  2. Stéphane Bourgoin, La Bible du crime, éditions de la Martinière, , p. 163.
  3. Jacques Expert, Scènes de crime, Place des éditeurs, , p. 87.

Articles connexes[modifier | modifier le code]