George Madison

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George Madison
Illustration.
Fonctions
Gouverneur du Kentucky
Prédécesseur Isaac Shelby
Successeur Gabriel Slaughter
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Comté d'Augusta (Virginie, États-Unis)
Date de décès
Lieu de décès Paris (Kentucky, États-Unis)
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Parti politique Parti républicain-démocrate
Conjoint Jane Smith
Profession Militaire (plus haut grade ː Major)
Religion Presbytérianisme

Signature de George Madison

George Madison (juin 1763 - 14 octobre 1816) est le sixième gouverneur du Kentucky. Il meurt de la tuberculose quelques mois seulement après son élection. Il est issu d’une puissante famille, les Madison, très influent en Virginie. C’est un cousin au second degré du président James Madison. Il sert avec distinction dans trois guerres: la Guerre d'indépendance des États-Unis, la Guerre amérindienne du Nord-Ouest, et la Guerre de 1812. Il est blessé à deux reprises lors de la guerre amérindienne du Nord-Ouest, et il est fait prisonnier après la bataille de Frenchtown lors de la guerre de 1812.

L’expérience politique de Madison avant de devenir gouverneur est relativement faible. Elle consiste en un mandat unique de vingt ans comme contrôleur de gestion de l'État. Bien que son service militaire l'ait rendu extrêmement populaire dans le Kentucky, il ne cherchait pas de poste plus élevé jusqu'à ce que les citoyens insistent pour qu'il se présente au poste de gouverneur en 1816. James Johnson (Kentucky) (en), son seul rival dans la course, abandonne en raison de l'immense popularité de Madison, et ce dernier est élu sans opposition. Quelques mois plus tard, il devient le premier gouverneur du Kentucky à mourir en fonction. Le lieutenant-gouverneur du Kentucky, Gabriel Slaughter succède à James Johnson comme gouverneur.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

George Madison est né en juin 1763 à la partie du comté d'Augusta en Virginie devenu ultérieurement le comté de Rockingham. Ses parents sont John et Agatha (Strother) Madison. Son frère James Madison (bishop) (en) devient le premier évêque de l'Église épiscopale de Virginie et président du Collège de William et Mary[1]. Son autre frère est le capitaine Thomas Madison (en). George Madison est aussi un cousin au second degré président James Madison[1]. Madison fait ses études dans les écoles locales et a également reçu l'instruction à domicile[2].

Il s’enrôle comme simple soldat dans l’armée continentale lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis avant d’avoir l’âge légal[3],[4]. On ne sait pas exactement à quel moment Madison s’installe au Kentucky, mais les registres fonciers du comté de Lincoln indique que lui et son frère Gabriel sont là au moins à partir de 1784[5]. Il épouse Jane Smith avec qui il a quatre enfants - Agatha, William, Myra, et George. Sa femme, Jane Smith Madison, meurt en 1811[3].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Guerre amérindienne du Nord-Ouest[modifier | modifier le code]

Madison sert dans la milice du Kentucky pendant la guerre indienne du Nord-Ouest. Il est sous-officier dans l’armée d’Arthur St. Clair lors de la défaite américaine à la bataille de la Wabash le 4 novembre 1791 lors de la retraite, un soldat nommé William Kennan trouve Madison assis sur un rondin. Madison, qui est connu pour être de constitution frêle, est grièvement blessé et saigne abondamment. Kennan, qui était poursuivi par les Indiens, récupère un cheval abandonné et l'aide à s'échapper[6].

Plus tard dans la guerre, Madison sert sous les ordres du major John Adair. Le 5 novembre 1792, les hommes d'Adair, qui campaient près de Fort St. Clair, sont pris en embuscade par une troupe d'Indiens sous le commandement du chef Michikinikwa. Adair ordonne la retraite, puis rassemble ses hommes et les divise en trois groupes. Il ordonne à Madison et ses hommes de contourner le flanc de l'ennemi, mais ils échouent et Madison est à nouveau blessé dans la bataille. Adair doit finalement sonner la retraite vers Fort St. Clair[7]. Dans le rapport d’Adair destiné au brigadier général James Wilkinson, il écrit: «Madison's bravery and conduct need no comment; they are well-known[Note 1]»[8].

La guerre de 1812[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre de 1812, le gouverneur Shelby appelle les volontaires pour servir dans l'armée du Nord-Ouest. Le colonel John Allen (soldier) (en) prend la tête d’un régiment, et fait de George Madison son deuxième commandant[8]. Le régiment connu sous le nom du 1er régiment de fusiliers des volontaires du Kentucky, combat dans l’armée de James Winchester (en) à la bataille de Frenchtown[4],[8].

Winchester est capturé par le général Henry Procter (British Army officer) (en), mais environ quatre cents hommes sous les ordres de Madison continuent à se battre et repoussent plusieurs charges menées par les Britanniques[9]. Les hommes de Madison croient avoir remporté la victoire quand ils observent un drapeau blanc au milieu des troupes britannique. Seulement le drapeau est agité par Winchester lui-même pour ordonner aux forces de Madison d’arrêter les hostilités[9]. Lorsque Madison se rend compte, il refuse d’obéir, car il considère que comme captif, Winchester n’a plus d’ordre à donner[10]. Procter finit par exiger la reddition inconditionnelle de Madison, mais Madison insiste pour que les termes de la reddition inclus la protection des prisonniers américains des alliés indiens de Procter[9]. Procter rechigne dans un premier temps, mais après la promesse de Madison de vendre très cher leur vie, Proctor finit par accepter[11].

Le général britannique Proctor se retrouve avec autant de prisonniers que de soldats, et n'est pas en mesure de respecter les conditions qu'il avait acceptées[11]. Les sous-officiers sont libérés sur parole[12]. Les soldats américains blessés sont laissés sous la garde des médecins américains[11]. Peu de temps après la bataille, les Indiens se servent dans le stock des Américains, qui comprenait une grande quantité de whisky[11]. Ivres et violents, ils s’en prennent aux soldats américains blessés. Beaucoup sont tués dans un épisode connu plus tard sous le nom de massacre de la rivière Raisin[11]. Madison et les autres officiers sont d’abord amenés à Fort-Malden (en), puis conduit dans une prison au Québec[13]. Madison est libéré de prison un an après sa capture dans le cadre d'un échange de prisonniers[4]. Il retourne au Kentucky après sa libération. Son retour est célébré et honoré lors d’un dîner public le 6 septembre 1814[14].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le gouverneur Isaac Shelby nomme Madison comme contrôleur des comptes publics le 7 mars 1796. il occupe ce poste pendant vingt ans, et bien qu'il n'ait jamais cherché à obtenir un poste plus élevé, l’historien Lewis Collins estime qu’avec le soutien populaire dont il disposait, il aurait pu obtenir n’importe quel poste[8]. En 1800, il devient administrateur du Séminaire Kentucky dans le comté de Franklin[5]. Le 5 décembre 1806, il fait partie du grand jury qui refuse d’inculper Aaron Burr pour conspiration et trahison. Il est nommé directeur de la Banque du Kentucky cette année[5].

Il démissionne de son poste de contrôleur des comptes publics en 1816 en raison de sa santé défaillante, mais sous la pression populaire, il accepte de se porter candidat au poste de gouverneur[15]. James Johnson (Kentucky) (en), l'autre candidat à un poste, se retire de la course en raison de la popularité de Madison, ainsi ce dernier est élu sans opposition[3]. Après l'élection, Madison voyage jusqu'à Blue Lick Springs, mais son état de santé est trop faible pour lui permettre de continuer jusqu'à Francfort, capitale de l'État, pour son investiture[14]. Un juge de paix du comté de Bourbon lui prêter serment le 5 septembre 1816[15]. Lors de son court mandat, son seul acte officiel est la nomination du colonel Charles Stewart Todd (en) comme secrétaire d'État[4]. Il décède le 14 octobre 1816, quelques semaines à peine après le début de son mandat[15]. Il est enterré au cimetière de Frankfort[4].

Madison est le premier gouverneur du Kentucky à mourir en fonction[15]. Les opposants à son lieutenant-gouverneur, Gabriel Slaughter, contestent immédiatement l’accession de ce dernier au poste de gouverneur[3]. Ils affirment que le gouverneur ne peut être autorisé à servir sans avoir été élu par le peuple[3]. Une mesure appelant à une élection spéciale du gouverneur est validée par la Chambre des représentants du Kentucky, mais échoue devant le Sénat par un vote de 18-14[3]. Gabriel Slaughter est autorisé à exercer les pouvoirs de gouverneur, mais de nombreux citoyens et responsables de l’état refusent de l'appeler par ce titre, préférant l’appellation «gouverneur par intérim» ou «lieutenant-gouverneur»[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction: Le courage et la conduite de Madison n'ont pas besoin de commentaire, ils sont bien connus de tous.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Harrison 1992, p. 601
  2. Encyclopedia of Kentucky 1987, p. 73
  3. a b c d e et f Powell 1976, p. 22
  4. a b c d et e NGA 2015.
  5. a b et c Hopkins 2004, p. 20
  6. McClung et Waller 1872, p. 274
  7. Gaff 2004, p. 85-86
  8. a b c et d Collins 1848, p. 310
  9. a b et c Coles 1966, p. 116
  10. Young 1903, p. 23
  11. a b c d et e Coles 1966, p. 117
  12. Collins 1848, p. 311
  13. Young 1903, p. 26
  14. a et b Hopkins 2004, p. 21
  15. a b c et d Harrison 1992, p. 602
  16. Powell 1976, p. 24

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Orlando Brown, « The Governors of Kentucky », The Register of the Kentucky Historical Society, vol. 49, no 3,‎ , pp. 202–212.
  • (en) « Kentucky Governor George Madison », National Governors Association, (consulté le 3 septembre 2016). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Harry L. Coles, The War of 1812, University of Chicago Press, (ISBN 0-226-11350-7, lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lewis Collins, Historical Sketches of Kentucky, L. Collins, (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Encyclopedia of Kentucky, New York, New York, Somerset Publishers, (ISBN 0-403-09981-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Alan D. Gaff, Bayonets in the Wilderness: Anthony Wayne's Legion in the Old Northwest, University of Oklahoma Press, (ISBN 0-8061-3585-9, lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lowell H. Harrison, The Kentucky Encyclopedia, Lexington, Kentucky, The University Press of Kentucky, (ISBN 0-8131-1772-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) James F. Hopkins, Kentucky's Governors, Lexington, Kentucky, The University Press of Kentucky, (ISBN 0-8131-2326-7). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) William Terrell Lewis, Genealogy of the Lewis Family in America: From the Middle of the Seventeenth Century Down to the Present Time, Courier-Journal Job Printing Company, (lire en ligne), p. 397.
  • (en) John Alexander McClung et Henry Waller, Sketches of Western Adventure: Containing an Account of the Most Interesting Incidents Connected with the Settlement of the West, from 1755 to 1794, Richard H. Collins & Co., (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Robert A. Powell, Kentucky Governors, Danville, Kentucky, Bluegrass Printing Company, (OCLC 2690774, ASIN B0006CPOVM). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Eli Smith, A Funeral Sermon on the Death of Governor Madison, Frankfort, Kentucky, Gerard & Kendall, .
  • (en) Bennett Henderson Young, Battle of the Thames: in which Kentuckians defeated the British, French, and Indians, October 5, 1813, with a list of the officers and privates who won the victory, J.P. Morton, (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]