George Blake (espion)

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George Blake
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George Blake dans les années 1950.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 98 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
George BeharVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Allégeance
Formation
Activités
Parentèle
Henri Curiel (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Conflits
Condamné pour
Lieu de détention
Distinctions

George Blake, né George Behar le à Rotterdam et mort le [1] à Moscou, est une taupe du KGB au sein du Secret Intelligence Service (SIS ou MI6)[2].

Démasqué, jugé et condamné en 1961 à quarante-deux ans de détention, il a été emprisonné, mais a réussi à s'enfuir de la prison Wormwood Scrubs en 1966. Il s'est réfugié en URSS. Il est l'un des agents qui ont miné la confiance des Britanniques dans le SIS pendant des décennies. George Blake a vécu à Moscou. Il n'a pas fait partie du groupe des Cinq de Cambridge bien qu'il leur soit souvent associé dans les ouvrages historiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

George[3] Behar naît d'une mère néerlandaise protestante et d'un père juif sépharade[4] originaire de l'Empire ottoman, naturalisé britannique, Albert Behar. Ce dernier avait combattu contre l'Empire ottoman, allié des Allemands pendant la Première Guerre mondiale, du côté des Britanniques et avait reçu des décorations pour sa bravoure de la part des Britanniques et des Français. Les Behar connaissent une existence confortable à Rotterdam, jusqu'à la mort d'Albert en 1936. George a treize ans. Il est envoyé chez des cousins en Égypte et poursuit ses études à l'école anglaise du Caire. Il est proche de son cousin Henri Curiel qui deviendra plus tard un membre éminent du parti communiste égyptien. Blake dira dans ses Mémoires que son cousin de huit ans plus âgé le marquera pour toute la vie.

George Behar devient ensuite un anti-nazi ardent au moment de l'occupation des Pays-Bas[réf. souhaitée] par les armées du Troisième Reich. Il prend le nom de guerre de Max de Vries et entre en résistance. Il est arrêté, mais relâché à cause de son jeune âge. Finalement il gagne Londres déguisé en moine[réf. souhaitée], avant son dix-huitième anniversaire à la veille d'une nouvelle arrestation. Il change de nom pour Blake, patronyme adopté par sa mère déjà réfugiée à Londres, et entre à la direction des opérations spéciales. Il y rencontrera sa future épouse, une secrétaire du Secret Intelligence Service. Trois fils naîtront de cette union.

Agent britannique[modifier | modifier le code]

George Blake à son retour de Corée en 1953.

George Blake s'occupe au sein des services secrets britanniques de l'Europe de l'Est, mais son opinion change au moment de la guerre de Corée, lorsqu'il est envoyé à l'ambassade de Séoul. Il assiste à des bombardements de populations civiles qui lui font douter du bon droit des Occidentaux.[réf. souhaitée] George Blake est fait prisonnier par les Nord-Coréens qui prennent Séoul, le , et passe trois ans en prison qui achèvent de le convaincre du bien-fondé du communisme. Il demande alors à rencontrer des officiels soviétiques, engagés aux côtés des combattants de Corée du Nord. On a supposé qu'il aurait subi un lavage de cerveau, mais George Blake affirme dans ses Mémoires qu'il est devenu communiste volontairement. Après la guerre de Corée, libéré, il retourne au SIS qui l'envoie en poste à Berlin. À ses correspondants soviétiques, il fournit les noms d'agents de l'Est passés à l'Ouest, des documents du MI6 à l'URSS, mais leur révèle surtout les données du tunnel secret entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, grâce auquel Américains et Anglais écoutent les communications entre Berlin Est et Moscou. Blake sera à son tour « donné » par la taupe polonaise Michal Goleniewski en 1959. George Blake est arrêté à Londres à sa descente d'avion en provenance de Beyrouth où il était en poste après Berlin. Il est condamné dans un procès à huis clos à quarante-deux ans de prison en 1961. C'était à l'époque la peine de prison la plus lourde de l'histoire du Royaume-Uni moderne, mise à part la peine de réclusion à perpétuité.

Une rumeur dit que chaque année correspondrait en fait à un agent secret assassiné à cause de lui[réf. souhaitée] ; beaucoup de spécialistes lui reprochent la mort de nombreux agents occidentaux tombés en URSS (de 150 à 400), mais George Blake avait passé un accord avec le KGB : aucun agent capturé grâce à lui ne devait être exécuté[réf. souhaitée], ce qui a été respecté à la lettre selon le KGB[réf. souhaitée].

Après son procès[modifier | modifier le code]

George Blake réalise au bout de cinq ans d'emprisonnement à Wormwood Scrubs qu'il n'a aucune chance de recouvrer la liberté par échange d'agents secrets, comme cela se faisait parfois. Cette peine incite sa femme à demander le divorce. En détention, il se lie particulièrement à trois codétenus, Pat Pottle (en), Michael Randel (en) et Sean Bourke (en). Les deux premiers sont des activistes anarchistes et anti-nucléaires, emprisonnés pour complot avec une peine de dix-huit mois[5], et Bourke un membre de l'IRA, condamné à sept ans pour avoir envoyé une bombe à un officier supérieur de police. Pottle, libéré parvient à se procurer un talkie-walkie et à le faire parvenir à Blake. Celui-ci profite de la séance cinéma du dimanche pour se glisser hors de sa cellule, le , et s'échapper, en compagnie de Bourke, par une échelle placée par Pottle. Caché dans le double fond d'une camionnette conduite par ses amis de captivité,[réf. souhaitée] il parvient à gagner Berlin, et à passer en Allemagne de l'Est. Il est envoyé en URSS. Il y commence une nouvelle vie à Moscou, il se marie, et un autre fils nait de ce deuxième mariage. Accueilli en héros et décoré de l'ordre de Lénine, il est fait colonel du KGB. Il devient l'ami de Markus Wolf[réf. souhaitée], et fait de nombreux voyages à Berlin-Est jusqu'à la chute du mur (1989). À la suite de la chute de l'URSS (1991), les autorités britanniques réclament son extradition afin qu'il finisse de purger sa peine, mais les services russes répondent qu'ils ne l'échangeraient même pas contre 20 de leurs agents détenus à l'Ouest.[réf. souhaitée]

Il publie ses Mémoires en 1990, expliquant qu'il ne s'était jamais senti britannique, et donc qu'il n'avait pu trahir une quelconque appartenance… Les autorités britanniques avaient interdit à son éditeur de lui verser l'à-valoir et les droits d'auteur de 60 000 livres sterling qui étaient prévus. Blake intente un procès plus tard devant la Cour européenne des Droits de l'Homme et reçoit 5 000 livres d'indemnités. Il regrettera aussi la mort des agents, dont il est responsable, lors d'une émission de NBC News en 1991.[réf. souhaitée] Il a récemment publié un nouveau livre Murs transparents.

Il est décoré en 2007 de l'ordre de l'Amitié, héritier de l'ancien ordre de l'Amitié des peuples, par Vladimir Poutine.

Le , jour de ses 90 ans, George Blake est félicité par Vladimir Poutine, qui estime qu'il fait partie d'un « brillant ensemble d'hommes à poigne et courageux », et déclare : « Vous et vos collègues avez apporté une importante contribution à la paix en assurant la sécurité et la parité stratégique[6]. »

George Blake a fait l'objet de nombreux films au cinéma, à la télévision[réf. souhaitée] et de livres, romans ou documentaires historiques. Son histoire constitue le sujet du dernier projet cinématographique d'Alfred Hitchcock, The Short Night, mais le réalisateur, qui y travaillera durant une dizaine d'années renoncera à le réaliser pour raisons de santé en 1979.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Randle, Pat Pottle, The Blake Escape : How We Freed George Blake - and Why, Harrap, Londres, 1989

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]