Georg Weerth

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Georg Weerth
Georg Weerth.jpg
Georg Weerth en 1851. D'après un Daguerréotype de Carl Ferdinand Stelzner
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 34 ans)
La HavaneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités

Georg Ludwig Weerth (né le à Detmold et mort le à La Havane) fut un écrivain, satiriste, journaliste et négociant allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stelle commémorative à La Havane en mémoire de Georg Weerth

Georg Weerth naît le 17 février 1822 à Detmold en Allemagne de Wilhelmina Weerth (née Burgmann) et Ferdinand Weerth, pasteur et surintendent général. À partir de 1836, après plusieurs accidents cardio-vasculaires, son père ne peut plus travailler. Georg Weerth doit alors abandonner le lycée de Detmold et entamer un apprentissage de négociant le 16 septembre 1838 à la filature de coton, de soie et de laine d'Elberfeld (aujourd'hui Wuppertal) J. H. Brink & Co. Il apprend le français et l'anglais pendant son temps libre pour devenir correspondancier.

Pendant son apprentissage, Georg Weerth fait la connaissance de Hermann Püttmann (1811-1874), rédacteur du journal libéral Barmer Journal, poète et critique d'art, lequel initie Georg Weerth à la littérature et le sensibilise à la question sociale. En 1838, Georg Weerth se lie d'amitié avec Ferdinand Freiligrath et intègre son « petit cercle de littérateurs » la même année. Ledit cercle réunissait régulièrement à Barmen 15 personnes pour discuter littérature et lire des poèmes.

En 1840, Georg Weerth part à Cologne pour travailler dans la mine du comte de Meinertzhagen, avant d'occuper à Bonn en 1842 un poste dans la filature Weerth & Peill d'un proche parent, Friedrich aus’m Weerth. À côté de son travail, Georg Weerth suit des conférences à l'université de Bonn et fait la connaissance du théologien Gottfried Kinkel et du germaniste Karl Simrock qui organisaient alors des cercles de poésie progressistes et encouragent Georg Weerth à écrire. Ils se réunissent au Maikäferbund, un cercle poétique. Le premier poème de Weerth, Der steinerne Knappe (« le mineur de pierre ») paraît en 1841 dans une anthologie.

En 1843, Georg Weerth se rend à Bradford dans le Yorkshire et travaille deux années durant comme correspondancier dans la société de laine peignée et de coton Ph. Passavant & Co. Cette période le marque profondément et affûte ses convictions politiques. Son ami John L. MacMichan, médecin dans les quartiers populaires, lui fait prendre connaissance de l'envers de l'industrialisation : pauvreté et misère des ouvriers dans les usines de textile.

C'est au cours de son séjour en Angleterre qu'il sympathise avec Friedrich Engels et durant un voyage en Belgique à l'été 1845 qu'il rencontre Karl Marx. Il rejoint alors le mouvement communiste et donne corps à ses idéaux dans des poèmes. Weerth, alors commis voyageur, sert de messager en 1846 pour les Comités de correspondance communiste mis en place par Marx et Engels, ainsi que pour la Ligue des communistes. Aussi, Engels écrira plus tard à son sujet : « Weerth, le premier et plus grand poète du prolétariat allemand »[1].

En mars 1846, il accepte un poste à la filature Emanuel & Son. Il publie au même moment une série d'articles dans le Deutscher Brüsseler Zeitung. En février-mars 1848, à la nouvelle de la révolution en France, il se rend à Paris pour être au cœur des événements.

Il part en avril 1848 à Cologne avec Marx et Engels pour fonder la Nouvelle Gazette rhénane. En plus de couvrir l'actualité de la Grande-Bretagne[2] et de la Belgique[3], il dirige la rubrique du feuilleton. C'est là qu'il publie entre 1848 et 1849 les épisodes de sa satire Vie et faits du fameux chevalier Schenapahnski, en s'inspirant du prince Felix Lichnowski pour son personnage principal. Le nom de « Schenapahnski » (« Schnapphahnski » en allemand, qui vient de « Schnapphahn » qui signifie « voleur de poules ») est une référence à l'épopée en vers Atta Troll de Heinrich Heine dans laquelle le chevalier apparaît à deux reprises. Mais Lichnowsky meurt prématurément le 19 septembre 1848 à Francfort – les premiers chapitres du Schenapahnski paraissent début août –, ce qui vaudra à Georg Weerth une condamnation pour « diffamation à l'encontre d'un mort ». Il est reconnu coupable en janvier 1850 et doit purger une peine de trois mois de prison en plus de se voir privé de ses droits civiques pour une durée de cinq ans. Il sort de prison le 25 février 1850.

Profondément déçu que la révolution ait avorté, Georg Weerth renonce à la littérature. Il entreprend alors de longs voyages d'affaires dans la moitié de l'Europe, dont l'Espagne, le Portugal, la Grande-Bretagne ou la France. Mais sa société fait faillite et Georg Weerth reprend le 7 décembre 1852 l'agence pour les Indes occidentales de l'établissement Steinthal & Co. Il part alors pour Saint Thomas et parcourt jusqu'à juin 1855 les États-Unis, le Mexique, Cuba et le Brésil.

En juin 1855, il rentre à Southampton, entre autres pour demander la main d'une cousine éloignée, Betty Tendering. Cette dernière l'éconduit et Georg Weerth repart le 2 décembre 1855 à Saint Thomas. Il décide en mars 1856 de s'installer à La Havane, à Cuba. Le 23 juillet 1856, au cours d'un voyage d'affaires à Saint-Domingue, il tombe malade. Le médecin qui l'examine rapidement lui diagnostique une méningite le 26 juillet. La malade est déjà à un stade avancé et Georg Weerth ne peut être sauvé.

Georg Weerth décède le 30 juillet 1856 à l'âge de 34 ans à La Havane. Dans le quartier de Cayo Hueso, une stèle commémorative est dressée en 1974 sur un mur de la Calle Aramburu – le dernier vestige de l'ancien cimetière d'Espada – en la mémoire de Georg Weerth[4],[5]. Ses effets personnels et manuscrits sont répartis dans trois lieux. Ses principaux manuscrits sont conservés au Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis d'Amsterdam. Les deux caisses dans lesquelles ils contenaient furent achetées en 1936 pour 5000 marks. Une partie des manuscrits originaux est conservée à l'institut Marx-Engels de Moscou. Ces derniers furent acquis par un amateur dans les années 1920. Enfin, la Lippischen Landesbibliothek de Detmold, la ville natale de Georg Weerth, complète les poèmes de la main de Georg Weerth et des exemplaires d'auteur de la Nouvelle Gazette rhénanepar des centaines de lettres qu'elle tient à la disposition du public[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sélection[modifier | modifier le code]

  • Vie et faits du fameux chevalier Schenapahnski, RN éditions, 2017, traduit de l'allemand et présenté par Christophe Lucchese [édition originale : Leben und Thaten des berühmten Ritters Schnapphahnski, Hoffmann und Campe, Hambourg, 1849] (ISBN 979-10-96562-09-1)
  • Das Hungerlied, 1844
  • Die Armen von der Senne. In: Hermann Püttmann (Hrsg.): Deutsches Bürgerbuch für 1845.[7] S. 266–271
  • Die Industrie. In: Hermann Püttmann (Hrsg.): Deutsches Bürgerbuch für 1845. S. 346–347
  • Handwerksburschenlied. (1846) Der Sozialdemokrat Nr. 24 vom 7. Juni 1883. nach Marx-Engels-Werke Band 21, S. 5–8
  • Handwerksburschenlieder. In: Hermann Püttmann (Hrsg.): Album. Originalpoesien. Reiche, Borna 1847, S. 6 ff. Digitalisat
  • La Liberté du commerce considérée du point de vue prolétaire par M. G. Weerth et Les protectionnistes, les libres échangistes et la classe ouvrière par M. Karl Marx. C. G. Vogler, Bruxelles 1847

Éditions de ses œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Ausgewählte Werke, Verlag Volk und Welt, Berlin, 1948, édition établie par Bruno Kaiser
  • Sämtliche Werke in fünf Bänden, Aufbau-Verlag, Berlin, 1956–1957, édition établie par Bruno Kaiser
  • Werke in zwei Bänden, Volksverlag, « Bibliothek Deutscher Klassiker », Weimar, 1963
  • Briefwechsel mit Betty Tendering. Aufbau-Verlag, Berlin-Weimar 1972, édition établie par Bruno Kaiser
  • Vergessene Texte. Werkauswahl in 2 Bänden, Leske, Cologne, 1975-1976, édition établie par Jürgen-Wolfgang Goette & Jost Hermand
  • Sämtliche Briefe, 2 volumes, Campus-Verlag, Francfort-sur-le-Main, 1989, édition établie par Jürgen-Wolfgang Goette (ISBN 3-593-33913-7)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Friedrich Engels: Georg Weerth, der erste und bedeutendste Dichter des deutschen Proletariats. In: „Der Sozialdemokrat“. Zürich. Nr. 24 vom 7. Juni 1883.
  • F. P. Siller: Georg Vert. Ocerk po istorii nemeckoj socialisticeskoj po·ezii pervoj poloviny 19-go veka. Moskava 1929. [Georg Weerth. Ein Beitrag zur Geschichte der deutschen sozialistischen Dichtung in der I. Hälfte des 19. Jahrhunderts]
  • Karl Weerth: Georg Weerth. Der Dichter des Proletariats. Ein Lebensbild. C. L. Hirschfeld, Leipzig 1930.
  • Marianne Lange: Georg Weerth. Der erste und bedeutendste Dichter des deutschen Proletariats. Dietz Verlag, Berlin 1957.
  • Florian Vaßen: Georg Weerth. Ein politischer Dichter des Vormärz und der Revolution von 1848/49. Metzler, Stuttgart 1971.
  • Ernst Fleischhack: Georg-Weerth-Bibliographie. Naturwissenschaftlicher u. Historischer Verein für das Land Lippe, Detmold 1972 (aus: Lippische Mitteilungen aus Geschichte und Landeskunde, Band 41, 1972).
  • Walter Baumert: Und wen der Teufel nicht peinigt... Die Jugend des Dichters Georg Weerth. Kinderbuchverlag Berlin, 1973.Belletristik
  • Georg Weerth. Werk und Wirkung. Akademie-Verlag, Berlin 1974 (=Literatur und Gesellschaft) Mit Beiträgen von: Hans Kaufmann, Werner Feudel, Bruno Kaiser, Mary Kemp-Asharf, Hans-Georg Werner, Silvia Schlenstedt, Frank Wagner, Dieter Schiller, Ingrid Pepperle, Sergei Turajew und Reinhold Weisbach.
  • Klaus Nellner (Hrsg.): Georg Weerth in seiner Zeit. Lippische Landesbib., Detmold 1981.
  • Ulrich Neseker: Georg Weerth. Landschaftsverband Westfalen-Lippe, Münster 1987.
  • Bernd Füllner (Hrsg.): Georg Weerth. Aisthesis-Verlag, Bielefeld 1988.
  • Uwe Zemke: Georg Weerth. Droste, Düsseldorf 1989.
  • Michael Vogt (Hrsg.): Georg Weerth (1822–1856). Aisthesis-Verlag, Bielefeld 1993, (ISBN 3-925670-78-5).
  • Michael Vogt (Hrsg.): Georg Weerth und das Feuilleton der „Neuen Rheinischen Zeitung“. Aisthesis-Verlag, Bielefeld 1999. (ISBN 3-89528-200-6) Mit Beiträgen von: Fritz Wahrenburg, Florian Vaßen, Michael Vogt, Norbert O. Eke, Bernd Füllner, Jürgen-Wolfgang Goette, Inge Rippmann, Nikolaus GatterEoin Bourke u. Uwe Zemke.
  • Bernd Füllner: Georg-Weerth-Chronik (1822–1856). Aisthesis-Verlag, Bielefeld 2006 (=Veröffentlichungen der Literaturkommission für Westfalen. Literaturkommission für Westfalen 20) (ISBN 3-89528-539-0)
  • Michael Vogt (Hrsg.): Georg Weerth und die Satire im Vormärz. Aisthesis-Verlag, Bielefeld 2007 Mit Beiträgen von: Norbert O. Eke, Claude D. Conter, Inge Rippmann, Olaf Briese, Raphael Hörmann, Fritz Wahrenburg, Bernd Füllner, François Melis, Michael Perraudin, Florian Vaßen u. Michael Vogt.
  • François Melis: Georg Weerths Mitarbeit in der Redaktion der Neuen Rheinischen Zeitung. In: derselbe: Zur Geschichte der Neuen Rheinischen Zeitung und ihrer Edition in der Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA). Argument, Hamburg 2012 (ISBN 978-3-88619-656-2), S. 269–330.

Sur Weerth[modifier | modifier le code]

  • Ernst Fleischhack, Georg-Weerth-Bibliographie. Naturwissenschaftlicher u. Historischer Verein für das Land Lippe, Detmold 1972 (aus: Lippische Mitteilungen aus Geschichte und Landeskunde, Band 41, 1972).

Entrées biographiques[modifier | modifier le code]

  • Georg Weerth. In: Franz Osterroth: Biographisches Lexikon des Sozialismus. Verstorbene Persönlichkeiten. Bd. 1. J. H. W. Dietz Nachf., Hannover 1960, S. 322–323.
  • Weerth, Georg. In: Lexikon sozialistischer deutscher Literatur. Von den Anfängen bis 1945. Monographisch-biographische Darstellungen. Bibliographisches Institut, Leipzig 1964, S. 526–530.
  • M. Kotschetkowa: Georg Weerth. In: E. P. Kandel (Redaktion):Marx und Engels und die ersten proletarischen Revolutionäre. Dietz Verlag, Berlin 1965, S. 339–366.
  • Peter Schuppan: Weerth, Georg. In: Karl Obermann, Heinrich Scheel, Helmuth Stoecker u.a. Hrsg.: Biographisches Lexikon zur Deutschen Geschichte. Von den Anfängen bis 1917. Deutscher Verlag der Wissenschaften, Berlin 1967, S. 486–487.
  • Bruno Kaiser: Weerth, Georg. In: Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung. Biographisches Lexikon. Dietz Verlag, Berlin 1970, S. 469–471.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Der Sozialdemokrat Nr. 24, 7. Juni 1883 http://www.mlwerke.de/me/me21/me21_005.htm
  2. François Melis, « Georg Weerth in neuer Sicht: Großbritannien-Berichterstatter und Feuilletonist der Neuen Rheinischen Zeitung » in idem, Zur Geschichte der Neuen Rheinischen Zeitung und ihrer Edition in der Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA), Argument, Hamburg, 2012, p. 269–298, (ISBN 978-3-88619-656-2)
  3. François Melis, « Georg Weerth und seine Beiträge für die Rubrik „Belgien“ in der Neuen Rheinischen Zeitung » in idem, Zur Geschichte der Neuen Rheinischen Zeitung und ihrer Edition in der Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA), Argument, Hamburg, 2012, p. 299-330, (ISBN 978-3-88619-656-2)
  4. Jörg Schurig (dpa): Deutsche in Havanna. In: n-tv vom 28. Januar 2010, abgerufen am 18. Juni 2012.
  5. Adys Cupull und Froilán González: Desde el Callejón del Poeta. In: Auca en Cayo Hueso vom 28. Mai 2012, abgerufen am 18. Juni 2012 (spanisch).
  6. Peter Ortmann:Der erste revolutionäre Dichter (taz NRW vom 16. März 2007, S. 3, 325 Z. Porträt)
  7. Reprint: Deutsches Bürgerbuch für 1845. Neu herausgegeben von Rolf Schlosser. Eingeleitet von Hans Pelger. ilv leske republik, Köln 1975 (ISBN 3-434-00254-5).

Liens externes[modifier | modifier le code]