Georg Ernst Stahl

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Georg Ernst Stahl
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Georg Ernst Stahl

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Georg Ernst Stahl (22 octobre 1659 - 14 mai 1734), chimiste et médecin allemand, est né à Ansbach (Bavière) et mort à Berlin.

Parcours d'un médecin chimiste universitaire[modifier | modifier le code]

Il étudia la médecine à Iéna. En 1683, il fut chargé de cours et, en 1687, il devint médecin personnel du duc de Saxe-Weimar. Il fut nommé professeur de médecine lors de la création de l’université de Halle en 1693. Il enseigna alors la physiologie, la pathologie, la diététique, la pharmacologie ainsi que la botanique. En 1716, il devint médecin du roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse à Berlin car sa renommée en tant que médecin était très grande.

Vie scientifique[modifier | modifier le code]

En observant le travail concret des mineurs et forgerons, en compilant (en lecteur habile et assidu) des travaux parfois séculaires de chimistes oubliés et en reformulant dans une langue savante et formaliste des connaissances anciennes de chimie technique, le jeune Stahl peut développer pléthore de théories nouvelles, dont la théorie du phlogistique censée apporter une explication à la combustion et dont les bases furent ensuite posées par Johann Joachim Becher après sa mort. Toutefois, cette théorie explique-tout, renforcée ensuite par un cadre dogmatique de classifications, était bel et bien vide car un simple bilan matière opérationnelle (avec les gaz connus depuis plus d'un siècle de manière générique) amenait à une masse négative du divin phlogistique ou à des annihilations incompréhensibles ou monstrueuses de matière dans les opérations. Il faut pour expliquer la crédulité de ses contemporains mentionner que son écriture savante dans un latin technique féru de codification était absconse, incompréhensible aux hommes de métiers, sans oublier le discrédit de la chimie technique ancienne, laissée aux laborieux.

Écrivain prolifique (plus de 200 écrits) et professeur influent aux connaissances encyclopédiques, il sait, publiciste brillant, développer largement ses vues et théories, en devenant l'universel et grand savant découvreur du phlogistique. Le docte professeur prétendit éliminer notamment les conceptions alchimiques traditionnelles et ses thuriféraires l'encensèrent alors comme le premier chimiste en tant que tel[1]

Stahl est aussi l'auteur d'une théorie médicale connue sous le nom d'« animisme » selon laquelle l'âme aurait une influence directe sur la santé. Il convient de ne pas confondre cette théorie avec l'animisme dont le sens actuel est plus général.

Ses élèves, dont Johann Junker (1683-1759) et Johann Heinrich Pott (1692-1777), reprirent ses théories. Il est le grand chimiste allemand loué par le philosophe Kant.

Supercherie stahlienne[modifier | modifier le code]

La prétendue chimie stahlienne mise à la mode après sa mort réussit bien mieux sur un plan politique que technique, d'autant plus que ce travail quasi-inaccessible jouait un rôle fédérateur auprès de communautés chimistes, déjà nationales mais divisées. C'est pourquoi de nombreux historiens arguent encore que Stahl apporta beaucoup au rassemblement des chimistes et donc d'un point de vue partielle, au développement de la chimie.

La réception des théories stahliennes en France, peu ou prou édulcorées, déjà actives chez les savants newtoniens ralliés sur ce point aux médecins universitaires (Stahl est l'un des leurs) et même aux apothicaires chimistes (soucieux de mettre fin à un long conflit avec l'autorité universitaire), connut une recrudescence après la traduction tardive du Principe du soufre en 1766. Dès 1770, à la mort du consensuel Rouelle, les querelles renaissent en France et en Angleterre d'autant plus que la lecture des ouvrages de Stahl ne convainc nullement les lecteurs soucieux de clarté.

De nombreuses théories de Stahl ont été ensuite écartées, pourtant certaines n'étaient qu'une réévaluation doctorale et universitaire d'authentiques travaux de chimistes modestes et donc une fois remises sur un plan pratique ou débarrassées des oripeaux abscons dans lesquels Stahl les avaient enserré, redevenaient pleinement valables.

En Allemagne, les chimistes du XIXe siècle considéreront, avec force arguments, l'apogée de l'influence de Stahl et de son phlogistique comme l'époque la plus honteuse et la plus basse de leur histoire scientifique commune. En effet, la chimie faute de conduite théorique fiable n'était plus qu'une liste de recettes ou une accumulation d'observations. Aussi louent-il Antoine Lavoisier, pourfendeur de la supercherie du phlogistique, comme un des grands chimistes de son temps.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est logique que Stahl et ses émules n'aient aucun respect pour les alchimistes anciens et que les chimistes anciens, dont le maître prétendait avoir synthétisé la pensée, ne les intéressaient plus. Or les chimistes ne sont que les lointains héritiers des alchimistes et des anciens chimistes, au moins au niveau des méthodes pratiques de laboratoire et de conception triviale...

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Stahl[modifier | modifier le code]

  • Georg Ernst Stahl, Œuvres médico-philosophiques et pratiques, trad. et comm. T. Blondin, 1859-1864, 5 vol. parus. T. III et IV : Vraie théorie médicale (Theoria medica vera, 1707), 1863.

Études sur Stahl[modifier | modifier le code]

  • A. Lemoine, Le vitalisme et l'animisme de Stahl, 1864.
  • J. E. Chancerel, Recherches sur la pensée biologique de Stahl, 1934.
  • Georges Canguilhem, Études d'histoire et de philosophie des sciences concernant les vivants et la vie, Vrin, 1968, p. 211-225.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]