Gentle Giant

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Gentle Giant

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Gentle Giant en concert à Hambourg en avril 1974.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Rock progressif, folk progressif, rock expérimental
Années actives 19701980
Labels Chrysalis (UK)
Vertigo (UK,US)
Columbia (US)
Capitol (US)
One Way
Alucard Music
DRT Entertainment
Composition du groupe
Membres Gary Green
Derek Shulman
Ray Shulman
Kerry Minnear
John Weathers
Anciens membres Martin Smith
Malcolm Mortimore
Phil Shulman

Gentle Giant était un groupe de rock progressif britannique actif entre 1970 et 1980. Il est connu pour la complexité et la sophistication de ses mélodies, qui empruntent aux genres de la musique progressive, de la musique classique, médiévale, jazz et rock[1]. Tous les membres du groupe, hormis les deux premiers batteurs Martin Smith et Malcolm Mortimore, étaient multi-instrumentistes.

L'objectif des membres du groupe était, selon Derek Shulman, de « repousser les limites de la musique populaire contemporaine, au risque d'être impopulaires[2] ». En effet, les ventes n'égalèrent jamais les sommets commerciaux d'autres groupes contemporains tels que Pink Floyd, Yes ou Genesis, et Gentle Giant est souvent considéré comme l'une des formations les plus expérimentales des années 1970[1].

Composition du groupe[modifier | modifier le code]

Anciens membres

Histoire[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

Le noyau de ce qui allait devenir Gentle Giant est constitué des frères Shulman: Phil, Derek et Ray. Les frères, d'ascendance écossaise par la mère et juive par le père (Shulman: homme de l'école, homme de la synagogue), sont nés à Glasgow en Écosse dans le Gorbals, un quartier à cette époque connu pour sa grande pauvreté. La famille déménage à Portsmouth en Angleterre, où Ray naquit. Leur père est un musicien de l’armée qui est devenu trompettiste Jazz, et qui avait continué à jouer à Portsmouth. Le père, bien qu'issu de la classe ouvrière, travaille pendant toute la journée comme représentant de commerce mais, il fait des concerts tous les soirs. Il donne des leçons de musique, et si bien, la maison est toujours pleine de musiciens. Il encourage ses enfants à apprendre la musique ; Phil, Derek et Ray sont tous devenus multi-instrumentistes.

Simon Dupree and the Big Sound[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Simon Dupree and the Big Sound.

Au début des années 1960, Derek et Ray formèrent un groupe à tendance rhythm and blues. Phil, à la base leur manager, intégra lui-même la formation. En 1966, Le groupe des frères Shulman, initialement nommé "The Howling Wolves", ensuite nommé "The Road Runners", décida officiellement de prendre pour nom "Simon Dupree and the Big Sound" et s'orienta vers un style plus soul/pop[3]. Derek, en tant que chanteur et leader de Simon Dupree and the Big Sound, prit le pseudonyme de Simon Dupree. Son frère Phil jouait du saxophone et de la trompette tandis que le frère cadet, Ray, jouait de la guitare et du violon. On peut noter une brève participation du futur Elton John au groupe en tant que pianiste en 1967[4],[5].

Après avoir signé chez EMI, Simon Dupree and the Big Sound sortit plusieurs singles qui n'engrangèrent que peu de succès. Suite aux pressions de leur management et de leur maison de production, ils prirent une tournure plus psychédélique avec Kites (et l'album Without Reservation un an plus tard), un single qui intégra le Top 10 britannique en automne 1967. Ce succès ne fit que frustrer les frères Shulman qui se considéraient comme des chanteurs soul et qui trouvaient très hypocrite ce changement de style. Derek Shulman qualifia plus tard Kites de « Utter Shit » (« Merde totale »)[6].

L'opinion des frères Shulman s'en trouva confirmée par les échecs successifs des singles suivant Kites. Cherchant à s'éloigner de l'image que le public s'était fait du groupe, ils sortirent un double single à la fin de l'année 1968 sous le nom "The Moles" : We are the Moles (parts 1 & 2). Une rumeur stipulait alors que The Moles n'était en réalité qu'un nouveau pseudonyme des Beatles, avec Ringo Starr pour chanteur. Syd Barrett, leader de Pink Floyd, dévoila finalement le fait que sous cette appellation se cachait Simon Dupree and the Big Sound[7],[8]. En 1969, les frères Shulman finirent par dissoudre le groupe.

La formation de Gentle Giant[modifier | modifier le code]

Gentle Giant naquit en 1970, lorsque les frères Shulman s'associèrent avec deux autres multi-instrumentalistes, Gary Green et Kerry Minnear, plus le batteur Martin Smith qui avait déjà joué au sein de Simon Dupree and the Big Sound. Kerry Minnear avait fait ses études au Royal College of Music, était diplômé en composition et avait joué avec le groupe Rust. Gary Green était essentiellement un joueur de blues et n'avait jamais joué dans un groupe au-dessus du niveau semi-professionnel, mais il s’adapta rapidement au niveau du groupe. Phil se mit au saxophone, à la trompette et à la clarinette, Derek au saxophone et à la flûte à bec et Ray à la basse et au violon.

Gentle Giant disposait de trois chanteurs principaux : Derek Shulman, Phil Shulman et Kerry Minnear. Cependant, Minnear ne chantait pas de parties principales en concert, en raison de son incapacité à projeter sa voix à un niveau approprié pour l'amplification en spectacle (Derek et Phil Shulman s’occupaient donc des parties vocales principales de Minnear).

Dès ses débuts, la musique du groupe pouvait s'étaler sur un registre particulièrement large, en raison de la grande polyvalence de ses membres. Les crédits d'un des albums de Gentle Giant, Acquiring the Taste, indiquent en effet que plus d'une trentaine d'instruments ont été utilisés, et ce, bien sûr, uniquement par les membres du groupe[9]. Enfin, cinq des six membres chantaient, permettant une certaine liberté pour les compositions vocales.

Premiers membres et trois premiers albums[modifier | modifier le code]

Le premier album du groupe, Gentle Giant, sortit en 1970, et le second, Acquiring the Taste, en 1971. Peu après la sortie de cet album, Martin Smith quitta le groupe, car il était manifestement en désaccord avec Phil Shulman. Il fut remplacé par Malcolm Mortimore, avec qui le groupe enregistra Three Friends en 1972. C'était le premier album concept de Gentle Giant. Il était basé sur le thème de trois garçons, qui, en grandissant, cessaient progressivement de comprendre les parcours et les choix des autres; en effet, l'un devenait ouvrier, l'autre artiste et le dernier cadre[10].

En mars 1972, le groupe entama une tournée à travers l'Europe en première partie de Jethro Tull, et alla en Allemagne, en Italie et en France (à Lyon et à Paris[2]). Alors qu'il s'apprêtait à partir pour l'Angleterre, Malcolm Mortimore, le batteur du groupe, eut un accident de moto dont il ressortit avec une jambe et un bras cassés[11]. Pour honorer les dates de concert, Gentle Giant engagea John "Pugwash" Weathers, un vétéran de la scène britannique puisqu'il avait déjà joué avec Eyes Of Blue, Wild Turkey, Graham Bond's Magic et The Grease Band (le groupe de scène de Joe Cocker[2]). Finalement, il devint un membre à part entière de la formation puisque Mortimore était encore en convalescence en avril, après la tournée.

Par la suite, le groupe partit en Amérique du Nord et joua à plusieurs reprises aux côtés de Yes. Cette tournée s'acheva au Madison Square Garden de New York, en compagnie de Jethro Tull qui venait de sortir Thick as a Brick[10].

Octopus et départ de Phil Shulman[modifier | modifier le code]

Après l'avoir enregistré à l'automne dans les studios Advision de Londres[12], Gentle Giant sortit Octopus fin 1972. Il fut nommé d'après un jeu de mots de la part de la femme de Phil Shulman, Roberta, qui faisait référence au fait que l'album comportait huit pièces ("Oct-": huit, "Opus": œuvre)[13]. La pochette européenne fut dessinée par Roger Dean (une autre illustration fut réalisée pour le marché américain)[12]. Ray Shulman le commenta ainsi en 2004[14]: « C'était probablement notre meilleur album, si l'on excepte peut-être Acquiring the Taste. Nous avions à la base dans l'idée d'écrire une chanson pour chaque membre du groupe. Avoir un concept à l'esprit était un bon début pour se mettre à écrire. Je ne sais pas pourquoi, mais malgré l'euphorie suscitée par les sorties de Tommy et Quadrophenia [des Who], les albums-concept ont été, du jour au lendemain, perçus comme étant plutôt ringards et prétentieux. »

L'influence des musiques médiévales et surtout de la Renaissance était alors particulièrement notable. Les textes d'Advent of Panurge (écrits par Phil Shulman) faisaient référence à François Rabelais, tout comme Pantagruel's Nativity près de deux ans auparavant sur l'album Acquiring the Taste[10].

Octopus est souvent considéré comme étant le meilleur album du groupe[12],[13]. Mais Phil Shulman, découragé (par rapport, entre autres, à des concerts avec Black Sabbath ou le groupe fut très mal reçu[15]) et s'estimant trop âgé pour faire partie d'un groupe de rock, reprit sa carrière d'enseignant interrompue quelques années auparavant[13]. En 2008, il déclara également qu'il n'avait alors pas assez de temps à consacrer à sa famille. Ce départ marqua fortement le groupe car Phil écrivait la quasi-totalité des textes; désormais, c'est Derek Shulman qui s'en occupa.

Un quintette[modifier | modifier le code]

Derek Shulman en 1974.

Le quintette restant sortit In a Glass House (nom inspiré du proverbe « ceux qui vivent dans des maisons de verre devraient s'abstenir de lancer des pierres ») en 1973. L'album ne sortit jamais aux États-Unis, Capitol le jugeant invendable. Il fut pourtant importé en masse et se vendit à 150 000 exemplaires. Ce succès inespéré conduit le groupe à "américaniser" sa musique, c'est-à-dire rendre les mélodies plus évidentes, éviter les digressions superflues et accentuer le rythme. Ces changements se retrouvèrent dans The Power and the Glory, sorti en 1974, qui s'étendait autour des thèmes de la prise de pouvoir et de la corruption. Certains y virent un parallèle avec le scandale du Watergate qui contraint Nixon à démissionner, ce que Derek Shulman démentit[13].

"L'américanisation" de la musique du groupe se poursuivit avec Free Hand (1975). C'est l'album de Gentle Giant qui eut le plus de succès commercial; il parvint à atteindre la 48e du Billboard 200[16]. L'album était constitué de réflexions autour de la condition de musicien de rock[17].

L'album suivant fut Interview (1976), un autre concept-album basé sur une interview imaginaire du groupe, dans laquelle les questions des journalistes, souvent sans intérêt, étaient tournées en dérision. Derek Shulman déclara plus tard qu'il s'agissait pour lui du « début de l'érosion »[15]. Interview s'avèra être un échec en termes de ventes: il n'atteignit que la 137e place des charts américains[18]. Il s'agirait donc de la fin de "l'âge d'or" du groupe, dont les trois derniers albums traduisirent un certain déclin artistique[17].

Dans un même temps, le groupe sortit le live album Playing the Fool.

Les années "pop", fin du groupe et reformations[modifier | modifier le code]

À partir de 1977, le groupe ne se produisit plus qu'aux États-Unis (mis à part un concert télévisé à Londres en janvier 1978)[10]. Gentle Giant sortit plusieurs albums plus orientés "pop" que les précédents: The Missing Piece en 1977, Giant for a Day en 1978 et Civilian en 1980. Le groupe se sépara au cours de l'été 1980. Le seul membre à poursuivre sa carrière de musicien fut John Weathers avec Man; Derek Shulman devint producteur de musique (chez PolyGram, Atco et Roadrunner Records) et Ray Shulman se mit au gospel[15].

Il y eut deux reformations partielles du groupe au cours des années 2000. La première regroupa en 2004 Kerry Minnear, John Weathers, Gary Green et Phil Shulman qui enregistrèrent trois nouvelles compositions pour la compilation Scraping the Barrel. Mais il n'y eut aucun concert et le quatuor se dissout immédiatement après les enregistrements. La seconde prit forme en 2008 avec Gary Green et Malcolm Mortimore qui recrutèrent trois autres musiciens pour créer Rentle Giant. Ils furent rejoints par Kerry Minnear pour former les Three Friends[19]. Six mois plus tard, Minnear quitta la formation pour des raisons personnelles.

Discographie[modifier | modifier le code]

Autres sorties[modifier | modifier le code]

Coffret disques[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Gentle Giant biography, Prog Archives. Consulté le 23 mai 2011.
  2. a, b et c (fr) Rétrospective/Gentle Giant page 1, Big Bang Mag. Consulté le 23 mai 2011.
  3. (en) Simon Dupree & the Big Sound: Biography, sur Allmusic. Consulté le 23 mai 2011.
  4. Blazemonger.com: Elton John
  5. Elton John tours Scotland with Simon Dupree - 1967.
  6. ZigZag magazine interview 1975
  7. (fr) Les faux inédits des Beatles sur Psychedelisme.com. Consulté le 23 mai 2011
  8. The Beatles Collaborations etc. The Moles
  9. (en) Acquiring the Taste: Credits, sur Allmusic. Consulté le 23 mai 2011.
  10. a, b, c et d Aymeric Leroy, Rock progressif, Le mot et le reste (ISBN 9782360540037)
  11. Page de Malcolm Mortimore sur le site officiel de Gentle Giant
  12. a, b et c Frédéric Delâge, Chroniques du Rock progressif : 1967 - 1979, La Lauze,‎ 2002, 240 p. (ISBN 2-912032-28-8)
  13. a, b, c et d (fr) Rétrospective/Gentle Giant page 2, Big Bang Mag. Consulté le 23 mai 2011.
  14. Ray Shulman interview in Q magazine
  15. a, b et c Derek Shulman interview by Jason Rubin
  16. (en) Free Hand: Charts & Awards, sur Allmusic. Consulté le 23 mai 2011.
  17. a et b (fr) Rétrospective/Gentle Giant page 3, Big Bang Mag. Consulté le 23 mai 2011.
  18. (en) In'terview: Charts & Awards, sur Allmusic. Consulté le 23 mai 2011.
  19. (en) Three Friends - Thursday 16th April, Ropetackle.com. Consulté le 14 juin 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]