Geneviève de Fontenay

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Geneviève de Fontenay
Description de cette image, également commentée ci-après
Geneviève de Fontenay à l'élection de Super Mamie 2012.
Nom de naissance Geneviève Suzanne Marie-Thérèse Mulmann
Naissance (86 ans)
Longwy, Meurthe-et-Moselle, France
Profession
Ex-présidente du Comité Miss France
Ex-présidente du Comité Miss Nationale
Ex-Présidente d'honneur du Comité Miss Prestige national
Conjoint
concubin Louis Poirot de Fontenay (1906-1981)
Famille
Ludovic Poirot de Fontenay (1954-1983)
Xavier Poirot de Fontenay (1961)

Geneviève Mulmann, dite Geneviève de Fontenay, née le à Longwy, est l'ancienne présidente du Comité Miss France et du Comité Miss Prestige National.

Biographie[modifier | modifier le code]

Geneviève Suzanne Marie Thérèse Mulmann naît le 30 août 1932 au 6 rue Saint Jules à Longwy, fille d'André Auguste Louis Mulmann et de Marie Thérèse Hedwige Cornélie Martin, son épouse. Elle est l'aînée d'une fratrie de dix enfants et son père est ingénieur des Mines dans les aciéries d'Hagondange. Elle entre d’abord à l'école hôtelière de Strasbourg puis suit une formation d'esthéticienne à Paris, à 17 ans[1].

En 1954, âgée de 22 ans, elle rencontre Louis Pierre Joseph Poirot, né le 23 octobre 1906 à Paris (13e), fils de Joseph Poirot, comptable, et de Marguerite Biéber, son épouse, téléphoniste. Veuf en premières noces de Suzanne Pouleur (épousée le 16 janvier 1932 à la mairie du 13e arrondissement parisien) et remarié à Lyon le 28 mai 1949 avec Marie Gauthier, ce dernier ne peut l'épouser puisqu'il ne divorcera à Versailles que le 3 décembre 1954. Geneviève a avec lui un premier enfant.

Se présentant comme ancien résistant et journaliste-publiciste, Louis Poirot avait été arrêté avant guerre dans une affaire d’escroquerie de grande envergure (plus de 200 000 francs de l’époque de préjudice[2]). Il sera à nouveau condamné, après guerre, pour faux[3].

Le couple s'établit dans un pavillon de l’avenue Clodoald à Saint-Cloud et Geneviève Mulmann, alors esthéticienne, devient ensuite modéliste et mannequin. Un second enfant naît de leur union libre en 1961, à la maternité du 16 quai Carnot. Le 30 mars 1983, leur fils aîné Ludovic se suicide dans son appartement.

Patronyme et pseudonyme[modifier | modifier le code]

Xavier de Fontenay au Salon du livre de Paris ()

Le pseudonyme « de Fontenay » aurait été utilisé par Louis Poirot (mort le 16 mars 1981 lors d’un encas pris à Saint-Cloud), son concubin et père de ses fils, en tant que résistant durant l'occupation. Son fils, Xavier Poirot, a été déclaré, au lendemain de sa naissance le 14 octobre 1961, sous le patronyme « Poirot de Fontenay ».

Toutefois, par la suite, à la demande du procureur de la République de Nanterre, les actes de naissance et de mariage de Xavier Poirot, ainsi que les actes de naissance de ses filles, ont été rectifiés pour que leur état civil soit changé en Poirot, sans la particule ni le pseudonyme. Cette décision a été confirmée par les arrêts successifs de la cour d'appel de Versailles le , puis de la Cour de cassation le [4].

Le Journal officiel du 14 septembre 2006[5] publie la requête de M. Poirot (Xavier, Louis, André), né le 13 octobre 1961 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) auprès du garde des Sceaux, « tant en son nom personnel qu'au nom de ses enfants mineurs Adèle […] et Agathe […] afin d'ajouter « de Fontenay » à leur nom patronymique, pour s'appeler dorénavant Poirot de Fontenay ».

Un décret de changement de nom, signé le 23 janvier 2007 par le Premier ministre Dominique de Villepin et publié le 25 au Journal officiel [6], a finalement autorisé le changement de nom en « Poirot de Fontenay » pour Xavier Poirot et ses deux filles mineures. Leurs actes de naissances ont été modifiés en ce sens en avril 2007.

Geneviève Mulmann, quant à elle, n'est pas concernée par ce décret ; elle peut continuer d'user librement du pseudonyme « Geneviève de Fontenay ».

Au sein du comité Miss France[modifier | modifier le code]

Geneviève de Fontenay et Élodie Gossuin au festival de Cannes 2002.

Geneviève de Fontenay intègre, comme secrétaire générale, l’association du comité Miss France, présidé par Guy Rinaldo, en 1954. Résidant toujours à Saint-Cloud, elle est élue Miss Élégance en 1957 alors qu'elle est mannequin chez Balenciaga. Louis Poirot devient au même moment délégué général du comité. Geneviève devient l'assistante de Louis en 1962. Après le décès de son compagnon et alors qu’elle traverse une période difficile avec son cadet, auteur d’actes d’agressions[7], elle reprend le comité, y associe son fils et transforme l’organisation en société. En 2002, ils vendent tous deux les parties commerciale et télévisuelle de leur entreprise à la société Endemol France, qui produit des émissions comme Star Academy ou Secret Story, pour la somme de 10 millions [8]. Son salaire, en tant que directrice adjointe de la société Miss France, était de 5 000 euros par mois, selon un contrat initialement signé jusqu'en 2017[9].

Le , elle se voit décerner la médaille du Mérite et Dévouement français, récompensant « le bien et la valeur », au cours de l'élection de Miss Seine-et-Marne 2002 à Lizy-sur-Ourcq, ville où elle passait toutes ses vacances chez ses grands-parents lorsqu'elle était enfant. C'est Muriel Truéba, alors déléguée Paris-Île-de-France, qui en avait fait la demande.

Tenue vestimentaire[modifier | modifier le code]

Contrairement à d'autres ambassadrices de la mode française qui estiment que le chic et le bon goût passent par un renouvellement constant des tenues, Geneviève de Fontenay possède un unique style de chapeau dont elle ne change jamais en représentation. Il constitue sa marque de fabrique et lui vaut le surnom de « la Dame au Chapeau ». Le répertoire de ses tenues, assorties et systématiquement noires et blanches, est lui aussi très limité et forme un look inchangé depuis 1957, année où il était à la mode. Geneviève de Fontenay suit là les conseils de Louis Poirot, ce dernier jugeant alors que « sa tête est trop petite pour son corps » et lui ayant conseillé de porter un couvre-chef[10].

Séance de dédicace en 2011.

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 2002, elle soutient la candidature à l'élection présidentielle de la porte-parole de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller. Pendant la campagne de 2007, elle se prononce pour la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal. Cinq ans plus tard, en 2012, elle appelle à voter pour le candidat du même parti, François Hollande[11].

Elle soutient le candidat En marche ! Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2017. Elle est également présente à son meeting à Lyon le [12].

Selon elle, un « sénateur-maire de Savoie » lui avait proposé la Légion d'honneur ; elle déclare s'y être opposée : « C’est vraiment désacraliser le ruban, s’était-elle exclamée, que de le distribuer à n’importe qui… comme des médailles en chocolat »[13].

En 2016, elle se dit opposée au mariage homosexuel, à la « gestation pour autrui » et à la « procréation médicalement assistée » pour les lesbiennes. Elle rejoint ainsi La Manif pour tous[14].

En avril 2018, elle lance avec Florian Philippot une « initiative » contre « la politique antisociale » du président Emmanuel Macron, avec pour objectif d'organiser une manifestation le 1er mai suivant. Elle précise cependant ne pas soutenir politiquement le président des Patriotes[15]. Cette annonce déclenche une polémique, du fait du passé frontiste de Florian Philippot. Geneviève de Fontenay déclare alors qu'elle n'apparaîtra plus à ses côtés[16]. En 2018, elle indique : « J'ai toujours voté à gauche, sauf quand j'ai voté Jacques Chirac contre Le Pen »[15].

De Miss France à Miss nationale[modifier | modifier le code]

Polémique autour de Miss France 2008[modifier | modifier le code]

À la suite de la publication par le magazine Entrevue de photos suggestives de Valérie Bègue, Miss France 2008, Geneviève de Fontenay a souhaité que celle-ci restitue son titre, au motif qu'elle aurait enfreint le règlement du Comité Miss France.

Après des manifestations de soutien à Valérie Bègue à La Réunion de la part de la population, d'élus locaux et même de l'évêque de La Réunion Mgr Gilbert Aubry, et des pressions du secrétaire d’État à l’Outre-Mer Christian Estrosi, la société Miss France a décidé de ne pas lui retirer son titre. Toutefois, il a été également décidé qu'elle serait remplacée par une dauphine pour représenter la France dans les concours internationaux de Miss et certains galas régionaux. Ces photos de Valérie Bègue étaient déjà connues et lui avaient valu d'être destituée de son titre de Miss Réunion par le comité local. Elle a été réhabilitée dix jours plus tard par un agent inconnu ayant l'autorité requise pour annuler son invalidation. Cet épisode avait fait l'objet de discussions dans les médias à La Réunion[réf. nécessaire].

Au 9 janvier 2008, Laura Tanguy, seconde dauphine de Miss France[17], est officiellement la remplaçante de Valérie Bègue aux élections de Miss Monde 2008, de Miss Univers 2008, ainsi qu'aux élections régionales aux côtés de la présidente du Comité Miss France.

Rupture avec Endemol et la Société Miss France[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2010, plusieurs sources[18] indiquent que Geneviève de Fontenay a adressé le 13 février 2010 à Endemol et à la Société Miss France une lettre de récrimination, à la suite de plusieurs scandales qu'elle n'aurait pas supportés. Le même jour, Geneviève de Fontenay confirme son intention de quitter la Société Miss France et de créer un nouveau concours de Miss en janvier 2011[19].

Création d'un nouveau Comité de Miss[modifier | modifier le code]

Parallèlement à la Société Miss France appartenant à Endemol France, Geneviève de Fontenay crée officiellement le 21 octobre 2010 un comité dissident dont le nom est le Comité Miss Nationale, qui élira la première Miss Nationale le dimanche 5 décembre 2010, soit le lendemain de l'élection de Miss France 2011.

Geneviève de Fontenay et Miss Prestige National 2012 Christelle Roca lors de la demi-finale de l'élection de « Super Mamie » à Saint-Cyprien, le 15 avril 2012.

Barbara Morel, alias Miss Provence, est élue Miss Nationale 2011. Elle devient ainsi la première Miss Nationale de l'histoire.

Le 10 novembre 2011, la justice interdit à Geneviève de Fontenay d'organiser son concours pour 2012. Elle annonce cependant que le concours aura bien lieu, mais sans elle.

Le 17 novembre 2011, Geneviève de Fontenay confirme le maintien de l'élection, mais suite à l'assignation devant le tribunal de grande instance de Nanterre par Michel Le Parmentier détenteur de la marque « Miss Nationale » pour contrefaçon et usage illicite d'une marque déposée à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI), Geneviève de Fontenay annonce que le concours est rebaptisé « Miss Prestige National »4 et qu'elle n'utilisera plus le logo qui s'inspire directement de son chapeau5.

Depuis 2012, la dénomination « Miss Nationale » est utilisée par le "Comité Miss Nationale" de Michel Le Parmentier.

En janvier 2016, à 83 ans, elle annonce qu'elle se retire officiellement de tous les concours de beauté, déclarant qu'elle ne se sent plus dans son « élément » dans « cette société »[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie sur LCI
  2. L'Humanité, édition du 11 novembre 1938 (page 8) : Deux escrocs arrêtés par la Préfecture de police - La police met fin au trafic de deux escrocs. C'est à l'activité de deux escrocs particulièrement écœurante que la préfecture de police, à la suite d'une quantité de plaintes, a réussi à mettre un terme. L'Office des œuvres sociales était une entreprise d'escroquerie qui conduit ses fondateurs en prison : Louis Poirot, dit Piebert, 32 ans, demeurant 18 rue Wurtz (...)
  3. Paris-Jour (7 avril 1967) : Monsieur "Miss France" condamné pour faux
  4. Cass. civ 1re, , Xavier Poirot de Fontenay, (n° de pourvoi: 03-10409)
  5. Demande no  24188. Source : L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, décembre 2006.
  6. Décret du 23 janvier 2007 (NOR: JUSN0620762D), signé par Dominique de Villepin, Premier ministre, et Pascal Clément, garde des Sceaux, ministre de la Justice, publié le 25 janvier 2007 dans le Journal officiel de la République française, page 1453. Ce décret n'est pas accessible sur Légifrance, en raison des règles sur les « informations nominatives à accès protégé » (INAP).
  7. « Le Parisien » et « France Soir » du 14 avril 1983, “Quotidien de Paris” du 22 janvier 1988
  8. Patrick Bernard, « Geneviève de Fontenay coincée par Endemol ? », sur Le Point,
  9. Les détails du contrat liant Geneviève de Fontenay et Endemol France
  10. Amel Brahmi, La vie secrète de Geneviève, Éditions du Moment, , 182 p. (lire en ligne)
  11. Geneviève de Fontenay, « Moi, Geneviève de Fontenay, je voterai pour François Hollande à la présidentielle », propos recueillis par Melissa Bounoua, 8 février 2012, NouvelObs.com, consulté le 14 avril 2012.
  12. « Emmanuel Macron - Geneviève de Fontenay présente à son meeting ! (Vidéo) », non-stop-people.com, 4 février 2017.
  13. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1301189-thomas-piketty-a-refuse-la-legion-d-honneur-moi-aussi-mimie-mathy-aurait-du-faire-pareil.html
  14. Geneviève de Fontenay : « Pourquoi j'ai rejoint la Manif pour tous », Le Figaro, 13 octobre 2016
  15. a et b Geneviève de Fontenay, interviewée par Hugo Domenach, « Geneviève de Fontenay : "Florian Philippot a changé" », lepoint.fr, 23 avril 2018.
  16. « Geneviève de Fontenay n'apparaîtra plus aux côtés de Florian Philippot », 20minutes.fr, 24 avril 2018.
  17. La première dauphine, Miss Nouvelle-Calédonie, n’a pas souhaité occuper la fonction.
  18. Geneviève de Fontenay claque la porte d'Endemol L'Express
  19. Geneviève de Fontenay organisera ses propres concours de miss (Le Parisien.fr)
  20. https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/01/17/genevieve-de-fontenay-quitte-le-monde-de-miss_4848714_3224.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Geneviève de Fontenay apparaît dans la bande dessinée Les Gendarmes
  • Elle apparaît, auprès de Karl Lagerfeld, dans Oggy et les Cafards : Oggy et l'œuf de Pâques (épisode 223, saison 4)
  • Geneviève de Fontenay signe la préface de Pacôme Toulemonde !, livre de Rom Juan et Lucile Notin-Bourdeau (Éditions Jeanne d'Arc, 2017) sur l'autisme et l'amitié.
  • Geneviève de Fontenay signe la préface de Tatoublié de A à Z, livre de son ami, Rom Juan, (Éditions Jeanne d'Arc, 2018) sur la maladie d'Alzheimer.
  • Interview de Geneviève de Fontenay sur le handicap pour http://dahlir43.fr/interview-de-genevieve-de-fontenay-handicap/

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier de Fontenay, L'Histoire secrète des Miss France, Flammarion, novembre 2009, 353 p.
  • Genevieve de Fontenay, Sans compromis, conversation avec Sylvie Tellier, Miss France 2002, Michel Lafon, 2005, 296p.
  • Paul Mulmann, Geneviève et les siens : chronique d'une famille française, préf. de Geneviève de Fontenay, La Nuée bleue, Strasbourg, 1999, 142 p. (l'auteur est le frère de Geneviève de Fontenay)