Geneviève de Brabant

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'opéra-bouffe qui en est inspiré, voir Geneviève de Brabant (opéra-bouffe).
"Geneviève de Brabant" par Adrian Ludwig Richter

Geneviève de Brabant est une héroïne légendaire du Moyen Âge.

Les origines[modifier | modifier le code]

Très populaire, et ayant donné naissance à un nombre important d'œuvres littéraires et musicales, le personnage de Geneviève de Brabant paraît plus légendaire qu'historique.

La première version en langue française de son histoire semble être celle du père jésuite René de Cériziers nommée L'Innocence reconnue ou Vie de Sainte Geneviève de Brabant et publiée dans un recueil en 1647. Elle aurait pour source un texte en latin de Matthias Emmich datant de 1472[1].

Les personnages cités dans le conte rendent impossible une datation historique. Il se pourrait que le personnage de Geneviève de Brabant soit directement inspiré de Marie de Brabant (en). Marie, accusée faussement d'adultère par Louis II de Bavière, son époux, fut exécutée le 18 janvier 1256 à Donauworth en Bavière.

Les nombreux auteurs donnent quelquefois à Geneviève de Brabant le titre de Bienheureuse ou de Sainte, rien ne semble confirmer ces titres[1].

La légende a inspiré une très riche imagerie populaire[2], jusqu'à la bande dessinée du XXe siècle.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Geneviève, fille du duc de Brabant, était l’épouse du palatin Siffroi. Marié depuis quelque temps, mais n’ayant pas encore d’enfants, le palatin dut la quitter pour rejoindre Charles Martel et son armée. Geneviève, enceinte le jour du départ de son mari mais sans qu’elle le sût encore, fut confiée à l’intendant Golo. Celui-ci n’étant pas parvenu à la séduire, il la dénonça en affirmant qu’elle venait de donner le jour au fruit d’un adultère. Par courrier, Siffroi ordonna à Golo de faire noyer la mère et l'enfant.

L’intendant livra les deux victimes à des domestiques, qui, parvenus dans une forêt voisine, furent émus et attendris. Ils résolurent de leur laisser la vie et de les abandonner dans ce lieu sauvage. Pendant plusieurs années, Geneviève et son enfant survécurent dans la forêt grâce au lait d’une biche qui s’attacha à eux. Un jour, lors d’une chasse, Siffroi parvint jusqu’à la grotte où vivait Geneviève.

Devant le caractère miraculeux de cette rencontre, il comprit la vérité et fit exécuter son intendant Golo. À l’emplacement où elle fut retrouvée, et en remerciement pour sa protection, Geneviève de Brabant fit ériger une chapelle en l’honneur de la Vierge.

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Geneviève de Brabant de Matthias Emmich, 1472, traduit du latin par Émile de La Bédollierre (1841).
  • Père René de Cériziers s.j., L'innocence reconnue ou Vie de Sainte Geneviève de Brabant, Paris, 1634, Mons, 1638, Paris, 1640, 1645, 1646 etc., Tournai, 1640, Lyon, 1649, 1669, Bruxelles, 1656, 1675.
  • L'innocence reconnue, romance d'Arnaud Berquin (1776)[3].
  • Geneviève de Brabant de Pierre Duputel (1805).
  • La version allemande du chanoine Christophe Von Schmid (Genovefa, 1810), est parue en traduction française en 1836 à Lille (chez Lefort - voir https://books.google.com/books?id=5bA_AAAAcAAJ) puis chez Casterman (Tournai, 1884, etc.) ainsi que chez Mame (Paris, 1938), et aussi sous forme d'adaptations (Payot, 1922).
  • Geneviève de Brabant, et quelques autres aventures des Croisades de Jacques Collin de Plancy, Paris : Société de Saint-Victor (1853).
  • Légendes pour les enfants de Paul Boiteau (1857).
  • La touchante histoire de Geneviève de Brabant, de José Germain, Elbeuf, Coll. L'Adolescence catholique (1928), rééd. Nelson (1936).

Adaptations scéniques[modifier | modifier le code]

Adaptations musicales[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Geneviève de Brabant, par Gaston Niezab, Les merveilleuses histoires racontées par l'image N° 28, Paris : Les Editions modernes, 1938, 16 pl.
  • Geneviève de Brabant, par Tonet Timmermans, dans Le Journal de Tintin belge, du N° 44, du 30 octobre 1947, au N° 12, du 18 mars, 1948, 21 pl.
  • Genoveva de Brabante, par Jaume Juez i Castellà, Bruguera : Ediciones Toray, 1952, 66 pl. ; traduit de l'espagnol : Geneviève de Brabant, dans Mireille, du N° 149, du 6 décembre 1956, au N° 165, du 28 mars 1957.
  • Genoveffa, par Devi, dans Gaie Fantasie (Editions Alpe) N° 23, 5 décembre 1952, 11 pl. ; traduit de l'italien : Geneviève de Brabant, dans Le Petit Sheriff N° 87 du 9 janvier 1954.
  • Geneviève de Brabant, et Échec à l'Islam, suite et fin de Geneviève de Brabant, une "Belle histoire de l'Oncle Paul" par Mitacq (dessin) et Octave Joly (scénario), dans Spirou N° 813 du 12 novembre 1953, 4 pl., et N° 814 du 19 novembre 1953, 4 pl.
  • Genoveva de Brabante, par E. M. Fariñas et Armando Borrell, Barcelona : Editorial Toray, 1964, colección Novelas Gráficas Clásicas N° 16, 84 pl.

Films[modifier | modifier le code]

  • Genoveffa - Il figlio della foresta, de Giulio Amauli (Italie, 1933).
  • Genoveffa di Brabante, de Primo Zeglio (Italie, 1947).
  • La Leggenda di Genoveffa, de Arthur Maria Rabenalt (Italie - France - Allemagne, 1952).
  • Genova, de F. Nagoor (Inde, 1953).
  • Genoveffa di Brabante (Genoveva de Brabante), de José Luis Monter (Italie - Espagne, 1964).

Analyses[modifier | modifier le code]

  • Catherine Velay-Vallantin, L'Histoire des contes, Fayard, 1992 (ISBN 2-213-02677-7). Chapitre intitulé Geneviève de Brabant.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b s:Geneviève de Brabant (Emmich)
  2. Leclerc Marie-Dominique. Geneviève de Brabant dans l'imagerie populaire. In: Romantisme, 1992, n°78. Le conte et l'image. pp. 91-101. www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1992_num_22_78_6081
  3. Arthur Dinaux, Trouvères, jongleurs et ménestrels du nord de la France et du midi de la Belgique, 1863
  4. Annales dramatiques ou dictionnaire général des théâtres - tome quatrième F-G-H, 1809
  5. La France littéraire, 1840
  6. RINFRET,Edouard-Gabriel, Le théâtre canadien d'expression française,Montréal,Leméac, tome 1, 1975, 390p.