Geneviève Laroque

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Geneviève Laroque, 1966
Geneviève Laroque
Naissance
Paris
Décès (à 82 ans)
Hôpital Georges Clemenceau (Champcueil, Essonne)
Nationalité Drapeau de la FranceFrançaise
Profession
Autres activités
Ancien membre de l'IGAS, Présidente de la Fondation nationale de gérontologie
Formation
ENA (promotion 1963-1965)
Distinctions
Chevalier de l'ordre des Palmes académiques, Officier de la Légion d'honneur
Famille

Geneviève Laroque, née le , et décédée le [1], est une référence de la gérontologie en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'Odette-Emma Kahn (1906-1984), secrétaire juridique et déportée résistante, et d'André-Élie Laroque (1898-1963), juriste, mère de Jean-Louis, François et Isabelle Rey, elle est la cousine de Pierre Laroque, considéré comme l'un des pères du système français de Sécurité sociale mis en place en 1945[2].

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

Geneviève Laroque commence sa carrière administrative en 1953[3]. Secrétaire administrative au sein du Ministère des Armées (1953-1956), puis sous-chef de service administratif au Ministère des Transports-Aviation civile (1956-1963), elle intègre l’ENA en 1963 par la voie du concours interne, alors qu’elle est déjà mère de trois enfants. Issue de la promotion Stendhal[4], elle entre en 1965 au Ministère de l'Éducation nationale, en tant qu'administratrice civile, où elle occupe successivement les fonctions de chef de bureau de la Promotion sociale (1965-1968), de Secrétaire générale de la Faculté de droit et sciences économiques de l'Université de Nanterre (1968-1969) de Secrétaire générale au rectorat de l’Académie de Paris, puis chargée de mission auprès du directeur de « l’éducation permanente » (1969-1972).

De 1973 à 1982, sa carrière se poursuit au sein de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, dont elle devient Directrice déléguée pour les établissements de moyens et longs séjours. Là, elle participe au mouvement d’humanisation des hospices.

De 1982 à 1996, elle s'investit dans les ministères sociaux. En tant qu'Inspectrice générale des affaires sociales, elle publie plusieurs rapports notables sur les soins palliatifs en 1985, sur les personnes âgées dépendantes en 1989 et sur le vieillissement des personnes handicapées en 1995. Elle est également très active dans la dénonciation du phénomène de sur-psychiatrisation des personnes âgées[5],[6].

Geneviève Laroque a dirigé le cabinet de Michel Gillibert, Secrétaire d’État chargé des handicapés et accidentés de la vie en 1988, puis le cabinet de Théo Braun, Ministre délégué chargé des personnes âgées en 1990. Elle est à l'origine de la révision des modes de calcul des forfaits de soins des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), qui sont désormais établis en fonction du degré de dépendance, et non plus du statut de l’établissement d’accueil[7] .

Responsabilités associatives[modifier | modifier le code]

En 1991, elle devient présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie, et s'applique jusqu'à son décès à contribuer au développement de la recherche française dans ce domaine et à se battre en faveur d’une meilleure prise en charge des personnes en perte d’autonomie[8].

Geneviève Laroque s'est impliquée dans de très nombreuses instances hors du domaine de la gérontologie, et plus particulièrement dans les champs

  • de la santé mentale et du handicap mental,
  • de l'enfance et de la famille,

et plus généralement dans le champ social.

Contribution au développement des soins palliatifs[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de ses responsabilités de haut fonctionnaire dans les ministères sociaux, Geneviève Laroque a apporté une contribution essentielle au développement des soins palliatifs en France[9]. En 1985, elle se voit confier par Edmond Hervé, Secrétaire d'État à la Santé, la présidence d’un groupe de travail chargé de proposer des mesures en vue d’améliorer l’accompagnement des personnes en fin de vie. Son rapport est remis en février 1986 et est rendu public après les élections législatives de 1986 par la nouvelle ministre Michèle Barzach[10]. Il comporte la proposition de plusieurs mesures qui seront mises en application par une circulaire du 26 août 1986[11] qui est considérée comme une étape décisive dans la construction du modèle français des soins palliatifs [12].
Le docteur Maurice Abiven est le premier médecin à saisir l’opportunité ouverte par la Circulaire Laroque[13] en créant dès le mois de juin 1987 une première unité de soins palliatifs à Paris[14].
Geneviève Laroque fera de la question de l’aide aux mourants une préoccupation constante bien après la fin de sa carrière professionnelle, n’hésitant pas à publier ses prises de position en particulier à l’occasion de faits d’actualités ou de débats touchant à la problématique de l’euthanasie, dont elle a toujours considéré qu’elle ne devait pas être réglementée [15],[16].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Vieillesses Interdites, L'Harmattan, (ISBN 978-2747563864), p. 87 et ss. - Sexe, mensonge et vieillissement
  • Collectif, Etudes sur la mort : Mourir âgé en institution, vol. 126, L'Esprit du temps, (ISBN 978-2847950328), p. 19 et ss. – Vivre et mourir très âgé en maison de retraite : un défi
  • Collectif, Vivre avec Alzheimer, L'Harmattan, (ISBN 978-2747583459), p. 152 et ss. – Chapitre VII : L’histoire de Robert
  • Collectif, Gérontologie Sociale : Héritages et Réflexions Contemporaines, L'Harmattan, (ISBN 978-2296960480), p. 115 et ss. – Grandir, c’est vieillir

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Anne Métral, Vivre âgé jusqu'au bout : Le quotidien d'une institution, Chronique Sociale, (ISBN 978-2850083594)
  • Louis Ploton, La personne âgée : Son accompagnement médical et psychologique et la question de la démence, Chronique Sociale, (ISBN 978-2850085222)
  • Renée Sebag-Lanoë, Propos sur le grand âge : Réfléchir une expérience, Doin Editions, (ISBN 978-2704012657)
  • Catherine Bergeret-Amselek, La Cause des aînés, Paris, Editions Desclée de Brouwer, (ISBN 978-2220062402)
  • Jacqueline Maslowski, Histoire(s) de vieillir debout : Apprendre à vieillir, Chronique Sociale, (ISBN 978-2850088971)
  • Geneviève Arfeux-Vaucher et Louis Ploton, Les démences au croisement des non-savoirs, Rennes, Presses de l'EHSP, (ISBN 978-2-8109-0105-0)
  • France Mourey et Paule Melon, Les bons gestes avec les personnes âgées, Scrineo Editions, , 250 p. (ISBN 978-2919755943)

Distinctions et marques honorifiques[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Jamais trop vieux pour apprendre, on n’est jamais trop jeune pour enseigner ; jamais trop faible pour donner, on n’est jamais trop fort pour accepter. La vie est échange et solidarité. »[17]
  • « Ensuite subsisteront, malheureusement toujours, des situations insoutenables. Elles ne peuvent pas, ne doivent pas être réglementées, on ne bureaucratise pas la mort.… Hors d'un champ juridique propre, l'euthanasie reste, en droit français, un crime, comme elle reste, en morale, une transgression. La liberté finale est aussi de transgresser dans la douleur, la clarté, le risque, quand il n'est plus possible de respecter les lois mais simplement de respecter les consciences.»[18]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cap Retraite, « Décès de la gérontologue Geneviève Laroque - Cap Retraite », Cap Retraite,‎ (lire en ligne)
  2. « https://www.whoswho.fr/decede/biographie-genevieve-laroque_26791 »
  3. « Biographie Geneviève Laroque Inspecteur général des affaires sociales », sur www.whoswho.fr (consulté le 26 décembre 2016)
  4. FG, « Décès de Geneviève Laroque - Le monde de la gérontologie et de la gériatrie en deuil | AgeVillagePro », sur www.agevillagepro.com (consulté le 26 décembre 2016)
  5. « http://www.cedias.org/sites/cedias.org/files/dn-377.pdf »
  6. « http://www.agevillage.com/actualite-8800-5-hommages-du-pr-f-piette-sftag-p-champvert-ad-pa-p-guinchard-ancienne-secretaire-d-etat-aux-personnes-agees-f-toursiere-fnadepa-l-brouss.html »
  7. Article L. 314-2 du Code de l'action sociale et des familles
  8. Bernard Ennuyer, « L'engagement de Geneviève Laroque dans le collectif une société pour tous les âges », Gérontologie et société, vol. 35 / n° 143, no 4,‎ , p. 15–22 (ISSN 0151-0193, lire en ligne)
  9. Jean-Christophe Mino et Emmanuel Fournier, Les Mots des derniers soins : La démarche palliative dans la médecine contemporaine, Paris, Les Belles Lettres, , 353 p. (ISBN 978-2251430195).
  10. Bulletin Officiel du Ministère de la Santé, Rapport du Groupe de travail « Aide aux mourants », vol. 86/32 bis, Paris, Ministère des affaires sociales et de l’emploi – Ministère chargé de la Santé et de la Famille, .
  11. Circulaire DGS/3D du 26 août 1986 relative à l’organisation des soins et à l’accompagnement des malades en phase terminale.
  12. Annick Barrau, Humaniser la mort – Est-ce ainsi que les hommes meurent ?, l’Harmattan, , 186 p. (ISBN 978-2738419750), p. 119.
  13. « Eclairage législatif | Compas », sur compas-soinspalliatifs.org (consulté le 25 mai 2017)
  14. Anne Chemin, « Douze lits pour mourir en paix », Le Monde,‎ .
  15. Geneviève Laroque, « La mort, main dans la main », Le Monde,‎ .
  16. Geneviève Laroque, « Aider ceux qui doivent regarder la mort en face », Le Monde,‎ .
  17. Cité sur http://www.semaine-bleue.org/marraine2011.htm
  18. Geneviève Laroque, La mort, main dans la main -op. cit..

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]