Gaudéric de Viéville

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Représentation dans l'église d'Ulldemolins (Priorat)

Saint Gaudéric, Gaudérique, ou Gaudry (en catalan: Galderic [gald.rik] [1]) (Vilavella, actuel Saint-Gaudéric, Comté de Carcassonne, vers le 820 - Sant Martí del Canigó, Conflent, 900) est un saint de l'église catholique, fêté le 16 octobre[2]. C’est un paysan du IXe siècle, qu'avec ses deux frères, il cultivait les terres d'un autre. Il a défendu les droits des paysans, les protégeant des abus et des mauvais traitements des seigneurs. Il est le patron des agriculteurs catalans. On l'invoque pour obtenir la pluie parce qu'il avait fait jaillir du sol une fontaine.

Étymologie du prénom[modifier | modifier le code]

Le nom de "Galderic" est dérivé de la langue allemande "Gaut" qui signifie "Dieu" et "Eric" qui signifie "Serveur". Nous pourrions traduire le nom pour "Celui qui est au service de Dieu"[3].

Vénération[modifier | modifier le code]

Il est mort dans l'odeur de la sainteté et a été enterré dans le monastère de Sant Martí del Canigó. Ils ont été attribués une série de miracles; en 990, il est canonisé au concile de Narbonne par l’évêque Raymond II de Toulouse. À Saint-Martin du Canigó, où à l'origine, comme à le Monastère de Montserrat, ou à le Monastère de Ripoll, et d'autres monastères bénédictins, était le culte du image d'une vierge noire, devenue un sanctuaire et lieu de pèlerinage national surtout depuis le 1014.

Sa fête est le 16 octobre. Il est le saint patron du Roussillon, du Conflent et du Vallespir, et de Perpignan; en plus, il est le véritable patron des agriculteurs catalans, jusqu'à son remplacement par Saint Isidore le Laboureur à partir du XVIIe siècle en Catalogne Sud. Tant même, aujourd'hui, il est encore vénéré par les paysans aux deux côtés des Pyrénées.

Il est fréquent de rencontrer le prénom Gaudéric ou Galderic dans la Catalogne Nord.

Reliquaires[modifier | modifier le code]

Pendant la Guerre des faucheurs, la France envahit les comtés catalans, c'est pourquoi, le 5 juillet 1654, les moines du Conflent, craignant les reliques du saint, furent emmenés, sur des chemins de montagne, à l'église du monastère roman de Sant Pau del Camp de Barcelone[4]. Les moines sont arrivés avec les reliques à Barcelone le 18 juillet, lors de l'organisation d'une procession solennelle présidée par les conseillers municipaux. Signé le Traité des Pyrénées, par lequel Philippe IV de Castille et III d'Aragon cédèrent à Louis XIV de France les comtés nord-catalans, les reliques de Saint Gaudéric retournèrent au Canigou, en passant, après la sécularisation, à la Cathédrale de Perpignan.

En date du 16 octobre 2013, une relique de Saint Galderic peut être adoré, par donation de l'évêché d'Elne-Perpignan dans l'église paroissiale de l'ancien monastère bénédictin de Sant Pau del Camp à Barcelone, à l'intérieur d'une urne travail d'artisan maître Joan Vallve i Benach.

Autres reliquaires:

  • Saint Laurent de la Salanque: Dans l'église paroissiale de Saint Vincent on peut voir une statue reliquaire peinte. Le piédestal se comporte comme un garde qui contient des reliques (XIXe siècle).
  • Saint Feliu d'Amont: L'église a un buisson de reliques en images, doré, arbustes et buissons de graisse. La relique était à l'arrière du crâne. Au sud du coffret, le nom du sculpteur et la date de relocalisation de l'œuvre. Reliquaire est l'œuvre du sculpteur François Boher né à Villefranche-de-Conflent en 1769.
  • Rivesaltes: Vous pouvez voir une statuette de reliquaire en bois peint de Saint Gaudéric. Le pilier rectangulaire de la statue est traversé par un médaillé qui contient les reliques de Saint Gaudéric (XIXe siècle).

Un document qui est un fragment du sermon pour la fête de Sant Galderic, écrit par l'abbé Oliba entre 1018 et 1046, est conservé au Musée épiscopal de Vic (fichier de capituler, pièce XIII-6)[5].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

À Barcelone, le Patronat de Sant Galderic, qui maintient la continuité de la dévotion des paysans catalans du 900, organise une messe en son honneur. Dans l'église paroissiale de Sant Pau del Camp à Barcelone, le Patronat célèbre une messe en son honneur à 20h, au terme duquel ils chantent les goigs du saint, les cadeaux sont présentés avec un brin d'épis de blé et une copie du goig publiée à l'occasion du festival. En plus, le gâteau coca de panoli avec du vin ranci est servi pour tout le monde.

Après la dictature franquiste, merci de la liberté porté pour les institutions démocratiques et en consonance avec un majeur mouvement de récupération de la langue et la culture catalanes, le culte à Saint Gaudéric comme patron des paysans en toute la Catalogne est repris. La commune de La Tallada d'Empordà réclame être la première à récupérer la tradition l'année 1987[6]. Outres qui viennent de le faire sont:

Joies ou goigs à Saint Gudéric[modifier | modifier le code]

Pour l'adoration du saint on a une chanson avec partition[20], typique en Catalogne pour célébrer la Vièrge ou les Saints, qu'on appelle Goigs, souvent imprimées sur des feuilles souvent illustrées. Voici un extrait [21]:

catalan français
Legítim i antic Patró

de la nostra pagesia,

Sant Galderic cada dia

vetlla el fruit i la llavor.

Neix a prop de Carcassona

per allà el segle novè,

i als parents i a tothom dóna

un gran exemple de fe,

amb esforç i amb alegria

treballant d'agricultor.

...

Amb l'eina de l'agullada

i amb espigues a les mans,

procureu fe i bona anyada

als pagesos catalans.

L'eixut que tothom patia

acaba en l'esplet millor.

Patron légitime et ancien

de notre paysannerie,

Saint Gaudéric tous les jours

regarde le fruit et la graine.

Né près de Carcassonne

de là le neuvième siècle,

et aux parents et tout le monde donne

un bel exemple de foi,

sans effort et avec joie

travaillant comme agriculteur.

...

Avec l'outil de la piqûre

et avec des pointes dans ses mains,

faire la foi et bon cru

aux paysans catalans.

Le résultat que tout le monde a souffert

finir dans la meilleure scission.

Aussi, le poète Jacint Verdaguer lui consacre quelques versets: "De Saint Gaudéric dans le voisin hauteur / creuse l'ermite une sépulture / humidifiant la terre en tristes pleurs" ("De sant Galderic en la veïna altura / enfondeix l’ermità una sepultura / humitejant la terra en tristos plors”).

Légendes[22][modifier | modifier le code]

Le miracle de l'aire[modifier | modifier le code]

Il avait l'amour des pauvres. La porte de sa maison restait ouverte pour les pèlerins et les pauvres. Le premier des miracles qui fit sa renommée se produisit un jour d'aout. Le temps était venu de dépiquer le blé.  Les gerbes de blé avait été amené sur l'aire. Cet espace de terre battue était soigneusement préparé. Les gerbes déliées étaient étendues. Les hommes tapaient avec des fléau afin de détacher les grains. À l'aide de fourches et de râteaux on enlevait ensuite les pailles. Gauderic ses frères et le domestique étaient là de bon matin. Après avoir prié le genou à terre ils se mirent au travail. À midi ils avaient bien avancé. Au milieu de l'aire une épaisse couche de froment chauffait au soleil. Après le repas et s'être accordé une heure de repos le battage reprit. Mais bientôt au Cers des nuages menaçant envahissait le ciel. Un orage soudain éclatait. Déjà de grosses gouttes de pluie mêlées de grêlons tombait sur Viéville. Il était impossible de mettre à l'abris les gerbes déjà sur l'aire. Des torrents de pluie allaient emporter les grains qui recouvraient le sol. Gaudéric pensait à la récolte perdu, à l'hiver de disette qui s'annonçait. "Lorsque les pauvres, les pèlerins, les errants frapperont à la porte de la maison, la huche sera vide". Gaudéric se précipite au devant de l'orage ses mains suppliant Dieu. On vit alors les nuées de l'orage se partager en deux avant d'arriver sur l'aire pour se rejoindre plus loin. L'aire resta parfaitement séché. Partout ailleurs dans le voisinage c'était la désolation des récoltes saccagées.

Le miracle de l'Angelus[modifier | modifier le code]

Gaudéric avait une dévotion toute particulière à la Vierge, mère de Jésus. Il fleurissait avec les fleurs des champs les petites statue de la Vierge du village. Dés que tintait au clocher de Viéville l'Angélus on le voyait s'agenouiller et prier Marie. Ce "reflexe" était bien connu du voisinage. Un jour raconte-t-on un jeune sacristain un brin farceur voulut lui jouer un tour. Le ruisseau dit des Fontasses,  d'ordinaire à sec ou mince filet d'eau, avait été grossi par la pluie tombée sur les hauteurs. Gaudéric sa journée de travail terminée rendrait chez lui. Il cheminait devant ses bœufs tout en méditant. Sa route le conduisait à traverser le ruisseau à gué. Depuis le clocher, le sacristain attendit qu'il soit engagé dans le flot d'eau pour actionner la cloche. Aussitôt voilà le laboureur à genoux, les main jointes, indifférent à son environnement. Miracle, l'eau qui baignait ses pied s'écoule vers l'aval tandis que celle venant de l'amont s'arrête le temps de la prière. Le sacristain, émerveillé par ce prodige, se chargea de raconter dans toute la contrée ce nouveau miracle.

Le miracle de la source[modifier | modifier le code]

L'évêque de Toulouse Raymond II (987-1010)  issu de la famille des comtes de Toulouse, qui les écouta avec bienveillance. Il attendit que soit organisé un concile. Ce serait celui tenu à Narbonne en l'an 990 présidé par Ermengard archevêque. Escorté de son clergé il fit étape à Viéville pour recueillir les ossements de la tombe de Gaudéric. ils furent placés dans une chasse richement ornée. L'année 960 une sécheresse terrible sévit sur la région. À Narbonne à proximité de la basilique Saint Paul la Robine n'était qu'un mince filet d'eau. Les feuilles des arbres desséchés jonchait le sol. L'eau était devenue rare. Les évêques du concile décidèrent de s'installer hors des murs dans une forêt. Les porteurs des chasses contenant les précieuses reliques plantèrent dans la terre les fourches servant de trépieds. Dans le carré des toulousains, au pied du reliquaire de Gaudéric, soudain une source jaillit. Ce miracle mit le clergé en émoi. Les habitants de la cité et des villages accoururent voir ce prodige. La sainteté de Gaudéric fut alors établie et reconnue.

Les portes du ciel[23][modifier | modifier le code]

Une autre légende, racontée par Joan Amades, nous dit que Gaudéric était le remplacement de Saint Pierre à la porte du ciel. Une fois que Saint Pierre a demandé à Notre Seigneur de lui donner sept jours de fête pour venir passer une semaine à Barcelone; Dieu a accordé la permission et Gaudéric a pris le contrôle du but. Saint Pierre a aimé à la fois ce qu'il a vu à Barcelone, qui a décidé d'y rester une semaine de plus. Après une semaine, cependant, Notre Seigneur est allé à la porte du ciel pour savoir comment son séjour avait été à Barcelone, et voyant qu'il n'était pas revenu, il a dit à Gaudéric  qu'il ne le laisserait pas entrer, car l'heure de l'Angelus est passé, après cette heure-là, les portes du ciel ne s'ouvraient à personne. Tandis que Gaudéric s'occupait de la porte du ciel, les affaires de la paysannerie catalane allaient très mal: de nombreuses sources s'étaient effondrées, certaines rivières avaient été mouillées, des tailleurs de pierre avaient endommagé les cultures fruitières et autres produits du champ, etc. Quand Saint Pierre revint, Gaudéric est descendu en Catalogne et répara les maux qui affectaient ces terres.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bien que quelques fois, Saint Gaudéric est habillé de l'habit bénédictin, en particulier dans certaines vieilles peintures ou gravures du Roussillon, les images des 16ème et 17ème siècles sont plus abondantes, où il est habillé avec une coquille couverte au milieu, avec boutons jusqu'au cou et serrés avec une ceinture, généralement avec une boucle. Les culottes sont juste sous les genoux, légèrement pompées, se terminant par des leggings serrés aux jambes, et très souvent boutonnées de haut en bas. Leurs attributs sont: dans la main droite des épis de maïs, à gauche une aiguille, ou vice versa; il est rarement remplacé par une bosse. Nous pouvons dire que son attribut principal, et qui le distingue des autres paysans saints, est l'aiguillon. La piqûre est un long poteau avec une petite pelle plate au fond, qui sert à la fois à nettoyer la charrue et à pousser les bœufs. C'est un outil long, plus long que la taille d'un homme, qui est maintenant tombé en désuétude à cause de l'usinage du champ. Dans certains endroits, l'aiguille porte un crochet à l'autre extrémité qui sert à attacher les pattes des moutons qui sont sevrés du troupeau. Quelques ouvres d'art traditionnelles sont:

Supplantation par Saint Isidore en Catalogne Sud[modifier | modifier le code]

Certains figurations ont mis une paire de taureaux labourant, c'est une erreur, car c'est un trait de San Isidro, un saint patron de la paysannerie espagnole. Dans certains sites paroissiaux de petite économie, ils ont changé leurs oreilles par une charrue pour transformer l'image de Sant Galderic à San Isidro, après que le Vatican ait autorisé aux rois espagnols à nommer des évêques, des évêques castillans qui connaissaient pas les traditions et les coutumes de la Catalogne étions envoyés là et imposait celles de Castille. Il y a quelques images que l'on peut observer le nom de San Isidro ajouté sur celui de Sant Galderic.

Le président Patronat de Sant Galderic, Agustí Esteve, explique que "lorsque nous nous tournons vers le 16e siècle, la flambée culturelle castillane dans notre pays est perceptible de manière décisive, pour cette raison et surtout après des Décrets de Nueva Planta, disparaissant tout ce qui sent la catalanité, les évêques castillans qui l'ont imposé ont remplacé Sant Galderic par San Isidro, canonisé par le pape Grégoire XVI en 1622. Bientôt notre saint était enraciné, bien que sa mémoire ne fût pas perdue du tout"[28]. Un autre exemple de cette confusion c'est le retable à Saint Isidore, ancien Gaudéric, au Monastère de Solius à Santa Cristina d'Aro.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ca) « Philologie du catalan septentrionale »
  2. Voir saint Gaudry sur Nominis
  3. (ca) « festa »
  4. (ca) « festgal »
  5. (ca) Alturo, Jesús, « SOBRE EL SERMÓ PER A LA FESTA DE SANT GALDRIC, ATRIBUÏT AL BISBE OLIBA, I ELS ALTRES TEXTOS TRANSMESOS PEL FRAGMENT DE CÒDEX XIII-6 DE L’ARXIU EPISCOPAL DE VIC DE MITJAN SEGLE XI », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant, p. 34 (lire en ligne)
  6. (ca) « ajuntament tallada »
  7. (ca) « vallverd galderic »
  8. (ca) « estany galderic »
  9. (ca) « festa santa llogaia »
  10. (ca) « festa castellbisbal »
  11. (ca) « festa ulldemolins »
  12. (ca) « fundació terrassa »
  13. (ca) « festes rubí »
  14. (ca) « video tavèrnoles »
  15. (ca) « avià galderic »
  16. (ca) « selva galderic »
  17. (ca) « mollet gallecs galderic »
  18. (ca) « campdevànol galderic »
  19. (ca) « falset galderic »
  20. (ca) « ultra goigs »
  21. (ca) « goigs »
  22. « miracles »
  23. (ca) « festes i tradicions »
  24. « image »
  25. « image »
  26. (ca) « image »
  27. (ca) « image »
  28. (ca) « galderic xarxa »