Gaston Villemer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Gaston Villemer
Description de l'image Portrait Villemer.jpg.
Nom de naissance Louis Michel Germain Girard
Naissance
Annonay
Décès
Paris
Activité principale Parolier
Style Café-concert
Lieux d'activité Paris
Collaborations Lucien Delormel

Germain Girard, dit Gaston Villemer, né le à Annonay (Ardèche)[1] et mort le dans le 8e arrondissement de Paris[2], est un parolier français[3].

Il est connu pour avoir été en 1871 le parolier de la chanson Alsace et Lorraine appelée communément par le premier vers de son célèbre refrain : Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine.

Parcours[modifier | modifier le code]

Les nouvelles chansons boulangistes de Villemer alimentèrent la popularité du général Boulanger[4].
Couverture d'un petit format du Maître d'école alsacien (1872)

Villemer a écrit en duo avec Lucien Delormel les paroles de nombreuses chansons revanchardes dans les années qui ont suivi la guerre franco-allemande de 1870-1871, toutes créées par Amiati, sur des partitions illustrées entre autres par Edward Ancourt.

En 1889, André Chadourne relève que ces « vrais frères siamois de la littérature des beuglants » sont les deux seuls paroliers qui « gagnent plus de dix mille francs par an » mais doute que leur « marchandise » soit « absolument naturelle » : « en vérité, affirme-t-il, les productions signées Villemer - Delormel dépassent les limites normales » grâce au recours à des nègres[5]. Martial du Treuil, un autre contemporain, est de l'avis contraire : « les chansonniers édités sous la "raison sociale" Villemer et Delormel étaient bien Villemer et Lucien Delormel[6] ».

Après avoir été le parolier de la revanche, Villemer devint celui du général Boulanger, à la gloire duquel il écrivit vingt-cinq chansons[7].

Villemer est, par ailleurs, « l'un des rares auteurs à avoir sérialisé la défaite de 1870[8] », publiant entre 1886 et 1890 une soixantaine de petits fascicules illustrés de quatre pages sur ce thème, tels Le Pâté prussien, ou l'Auberge du porc d'Allemagne[9], L'Or allemand, ou la Trahison du petit bossu[10] ou L'Orgie prussienne, ou la Fille de joie[11]. Certains fascicules sont illustrés par Clérice Frères.

Dans ses mémoires, le chanteur Paulus, évoque comme suit le duo de paroliers : « Leur idée revêtait le plus souvent une forme lâchée, parfois vulgaire, mais ils trouvaient la situation. Ils suppléaient à l'absence de poésie par l'invention ; ils faisaient passer la rime indigente grâce au mot heureux[12]. »

Le poète-chansonnier dont les œuvres ont eu une vogue importante au café-concert est mort le . Tombé dans la misère et l'oubli, il s'est suicidé d'un coup de revolver, dans la chambre qu'il occupait au cinquième étage du 93 boulevard Haussmann, à Paris[13]. D'abord enterré dans le cimetière parisien de Saint-Ouen, ses restes sont transférés en 1897 au Pré-Saint-Gervais[14].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1885 : Gaston Villemer et Lucien Delormel, Les chansons d'Alsace-Lorraine, Paris, L. Bathlot, Marpon et Flammarion (lire en ligne)
  • Avec Jürgen Riel et Paul Blétry, Le Testament d'un libre penseur. Chanson anti-cléricale, 1908, BNF.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance no 333 du 22 novembre 1842, en ligne sur le site des archives départementales de l'Ardèche.
  2. Acte de décès no 1267 du 24 juin 1892, en ligne sur le site des archives de Paris.
  3. (notice BnF no FRBNF13050324)
  4. Alexandre Sumpf, « La propagande boulangiste », L'histoire par l'image (consulté le 22 décembre 2011)
  5. André Chadourne, Les cafés-concerts, Paris, E. Dentu, (lire en ligne), p. 329-331
  6. Martial du Treuil, « Villemer et Delormel », L'Écho du public,‎ (lire en ligne).
  7. Branthôme, Le brave général Boulanger, Paris, M. Seheur, (lire en ligne), p. 188
  8. Paul Bleton, « Logiques de sérialisation », dans Productions du populaire:colloque international de Limoges, 14-16 mai 2002, Presses universitaires de Limoges, (ISBN 9782842873370, lire en ligne), p. 360, 362
  9. 1887,(notice BnF no FRBNF31582329)
  10. 1887, (notice BnF no FRBNF31582327)
  11. 1887, (notice BnF no FRBNF31582328)
  12. Paulus et Octave Pradels, Trente ans de café-concert, Société d'édition et de publications, (lire en ligne), p. 182-183
  13. La fin d'un amuseur, article paru dans l'hebdomadaire l'Attaque, édition du 25 juin au 2 juillet 1892.
  14. Registre journalier d'inhumation, cimetière parisien de Saint-Ouen, sur Archives de Paris, (consulté le 19 janvier 2020), p. 235.

Liens externes[modifier | modifier le code]