Gaston Gradis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Gradis.
Gaston Gradis
Carte d’identité d’officier de l’armée d’active du sous-lieutenant Gaston Gradis- Archives nationales- 181AQ-118-dossier435(2) (cropped).jpg
Gaston Gradis en 1914
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Rabat (Maroc)
Nationalité
Domicile
Hôtel Deutsch de la Meurthe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Famille
Père
Mère
Suzanne Fould (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Jean Gradis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint

1 - Georgette Alexandrine Deutsch de la Meurthe (1895-1987)

2 - Antoinette Koechlin (1898-1975)
Enfant
Henri II Gradis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour
Propriétaire de
Grade militaire
Conflit
Distinctions

Gaston Gradis est un militaire, homme d'affaires et explorateur français né à Paris le et mort à Rabat le . Il est inhumé dans le caveau familial de Lormont.

Biographie[modifier | modifier le code]

No 12, rue Albéric-Magnard, Paris 16e : hôtel particulier de Gaston Gradis entre 1920 et 1935.

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Membre de l'élite juive française, il est le fils de Raoul Gradis et de Suzanne Fould (1868-1901), neveu de Georges Schwob d'Héricourt et cousin germain de la baronne Germaine de Rothschild, il suit ses études au lycée Janson-de-Sailly, puis au lycée Louis-le-Grand et sort ingénieur de l'École polytechnique en 1910.

Il épouse en 1918 Georgette Alexandrine Deutsch de la Meurthe (1895-1987)[1], fille de Henry Deutsch de la Meurthe (premier raffineur de pétrole en France d’'abord à Nantes puis à Saint-Loubès : Pétroles Jupiter) et de marguerite Raba, dont il aura deux filles, Arlette et Lysiane, et un fils Henri.

Il divorce et épouse en 1935, Antoinette Koechlin (1898-1975), fille du général Jean-Léonard Koechlin.

Son fils, Henri II Gradis, administrateur de sociétés, est marié à Bernadette Servan-Schreiber (sœur de JJSS).

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Carte d’identité d’officier de l’armée d’active du sous-lieutenant Gaston Gradis, élève de l’école militaire de l’artillerie. 1914. Archives nationales de France

Engagé volontaire en 1910, il intègre l'École militaire d'Artillerie et passe lieutenant en 1914 et capitaine d'artillerie en 1917. Participant à la guerre, il est fait chevalier de la Légion d'honneur (1925) et reçoit la croix de guerre 1914-1918 (cinq citations, dont deux à l'ordre de l'armée).

Il démissionne de l'armée en 1922, mais se trouve rapidement mobilisé. Il reçoit la Médaille coloniale (agrafe « Sahara ») en 1925.

Il est membre de la commission consultative des fabrications de guerre à la mobilisation de 1922 à 1925.

La traversée du Sahara[modifier | modifier le code]

Une Renault 2x6 roues MH 10CV de 1924.

Il dirige du 15 au 24 novembre 1924[2] l'expédition de la première traversée en voiture du Sahara du nord au sud (deuxième mission Gradis), à laquelle prirent part notamment Henri de Kerillis, le maréchal Louis Franchet d'Espèrey, le commandant Ihler, ainsi que René et Georges Estienne[3] (les fils du général Estienne)[4].

Pour cet exploit, il reçoit en 1925 la médaille d'or du prix Duveyrier (remise par la Société de géographie), et il est également admis la même année comme membre d'honneur de la Société de géographie de Marseille.

L'homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Répondant au souhait de son ami, le maréchal Lyautey de développer le Maroc, Gaston Gradis qui résidait, vécut et mourut au Maroc, créa de nombreuses entreprises[5] :

Il devient président :

Il était vice-président

Il fut administrateur

Au Maroc[modifier | modifier le code]

Fixé à Rabat (Maroc), il y séjourne une partie de l'année et revient en Gironde où il exploite les vignobles du domaine familial de Margarance à Saint-Louis-de-Montferrand.

Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), après la défaite de la France en 1940, les lois de Vichy, confisquent les entreprises détenues par les juifs. Gaston Gradis, en raison des services exceptionnels rendus à la France, est un des chefs d’entreprises exemptés de cette mesure (parmi eux, Raymond Berr - qui sera tout de même déporté et mourra en camp de concentration avec sa femme et sa fille -, Pierre Lyon). Pour autant, Gaston Gradis, mobilisé en 1939 comme officier au Maroc, ne rentrera pas en France durant l'occupation allemande[8],[9].

Il meurt à Rabat le 15 janvier 1968 et repose dans le caveau familial du cimetière de Lormont..

Distinctions[modifier | modifier le code]

En plus de sa Légion d'honneur, il était officier de l'ordre de l'Étoile noire du Bénin et de l'ordre du Cambodge, ainsi que décoré du Mérite agricole, de commandeur de l'ordre du Ouissam alaouite chérifien...

Publications[modifier | modifier le code]

  • « À la recherche du grand axe : contribution aux études transsahariennes, avec quarante-deux photographies et cinq cartes », Plon-Nourrit et Cie, 1924
  • « Les Ballons dirigeables », R. Hermieu, 1923

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georges Arnaud, « La conquête automobile du Sahara », Annales de Géographie, vol. 36, no 200,‎ , p. 173-176 (lire en ligne)
  • Jean et Bernard Guerin (Compte-rendu de lecture), Des hommes et des activités. Autour d'un demi-siècle : 1889-1957, Lormont (Gironde), Société bordelaise d'éditions biographiques, , 926 p. (présentation en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierfit, « Généalogie de Gaston Gradis », sur gw.geneanet.org (consulté le 4 juin 2016).
  2. Raids au Sahara en octobre, novembre et décembre 1924 (article de Christian Degastines).
  3. De l'Algérie au Dahomey en automobile - voyage effectué par la seconde mission Gradis à travers le Sahara, le Soudan, le territoire du Niger et le Dahomey, du 15 novembre au 11 décembre 1924, Henri de Kerillis, éd. Plon, 1925, (ASIN B001D4R668)).
  4. Arlette Estienne Mondet, "Le général J.B.E Estienne - père des chars: Des chenilles et des ailes", éditions L'Harmattan, 2011
  5. a b c d et e « Gaston Gradis sur la piste des éléphants », sur sudouest.fr, (consulté le 4 juin 2016).
  6. a b c d e f g et h « L'Indochine ; « La France et les trusts » (Économie et politique, n° 5/6, 1954) », sur entreprises-coloniales.fr, (consulté le 4 juin 2016).
  7. Vincent Joly, « Le Soudan français de 1939 à 1945: une colonie dans la guerre », sur books.google.fr, (consulté le 4 juin 2016)
  8. (en) « Notice sur Gaston Gradis », sur revolvy.com (consulté le 4 juin 2016)
  9. Michel BERGÈS, « Approche qualitative de la tentative d’anéantissement de la communauté juive de Bordeaux (1940-1944) ; p.59 », sur classiques.uqac.ca, (consulté le 5 juin 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]