Gaston Goüin

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Gaston Goüin
Image dans Infobox.
Fonctions
Président
Chambre syndicale des fabricants et constructeurs de matériel pour chemins de fer et tramways
-
Vice-président
Chambre syndicale des mécaniciens, fondeurs et chaudronniers de France
Biographie
Naissance
Décès
(à 43 ans)
Paris (16e)
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Père
Mère
Marie-Thérèse Singer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Marguerite-Marie Cottin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Marie-Louise Goüin (d)
Denise Goüin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Membre de
Comité des forges
Chambre syndicale des fabricants et constructeurs de matériel de guerre (d)
Conseil supérieur des travaux publics (d)
Association de l'industrie et de l'agriculture françaises
Union des industries et métiers de la métallurgieVoir et modifier les données sur Wikidata
Grade militaire
Conflit
Distinction

Gaston-Henri Goüin, né le à Paris et mort le à Paris, est un ingénieur et industriel français. Il dirigea l'exécution de nombreux travaux de chemins de fer, de ports, etc, tant en France qu'à l'étranger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Gaston-Henry Goüin est issu du mariage en 1875 de l'industriel Jules Goüin (1846-1908), régent de la Banque de France, et de Marie-Thérèse Singer (1856-1909), morte assassinée dans l'affaire du wagon sanglant.

Après avoir suivi sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly, il sort diplômé de l'École centrale Paris en 1901 et rentre à la Société de Travaux pour l'étranger (filiale de la Société de construction des Batignolles) en 1902, en qualité de conducteur de travaux attaché à la construction du Chemin de fer du Pirée à la frontière Ottomane, puis il devient ingénieur à la Société de construction des Batignolles en 1903.

Un important industriel[modifier | modifier le code]

Il entre au conseil d'administration de la Société de construction des Batignolles à partir de 1905 et en prend la présidence en 1908 après le décès de son père. Il acheva entre autres les travaux d'assainissement de la ville de Santiago du Chili, engagés sous son père, et y installa un vaste réseau d'eau potable. Il obtient notamment la direction des travaux d'amélioration et d'aménagement du port de Pernambuco (Brésil) et des lignes de chemin de fer de Brigue à Gletsch et de Gletsch à Disentis, pour le compte de la Compagnie suisse du chemin de fer de la Furka (Brig-Furka-Disentis) (Suisse).

En 1911, il constitue avec Schneider et Hersent le Consortium des ports ottomans, avec objectif de rechercher des concessions de construction et exploitation de ports au sein de l'Empire ottoman. La Banque impériale ottomane est choisie en tant que banquier et adhère au consortium en 1912[1]. Ils en signent le contrat d'association en participation pour la construction des ports en 1914[2].

Le développement de l'industrie de guerre[modifier | modifier le code]

La guerre intervenant, il est envoyé à sa demande sur le front en Picardie, en tant que lieutenant au 22e régiment d'artillerie, en 1914. Au bout de deux ans il quitte l'armée, sa présence à la tête de ses sociétés étant nécessaire du fait de l'intensification de l'industrie de guerre et à la création de nouveaux mortiers de tranchées et canons modernes. Secrétaire du conseil d'administration de la Chambre syndicale des fabricants et constructeurs de matériel de guerre, il dirige la fabrication des nombreuses et importantes commandes passés à ses sociétés par le Département de la Guerre et se consacre au développement des fabrications de guerres et à la création de types de canons modernes. Est fondée la Société nouvelle de machines-outils, à Asnières, en 1916. Il est nommé président de la Chambre syndicale des fabricants et des constructeurs de matériel pour chemins de fer et tramways en 1917, dont son père avait été vice-président, et joue un grand rôle dans l'industrie de guerre.

Durant la guerre, Gaston Goüin concentre principalement l'activité de son groupe sur l'armements (France métropolitaine), les travaux de la ligne de chemins de fer de Bône à Guelma (Algérie et Tunisie)[3] et ceux des Chemins de fer helléniques[4].

Avant la fin de la guerre, il prépare la transformation des usines de guerres et la construction de nouveaux ateliers, constituant un réseau de filiales et de participation. Il fonde ainsi la Compagnie générale de construction de locomotives (Batignolles-Châtillon) à Nantes (1917) et une briqueterie, La Brique de Champagne (1919), devenue en 1921 la Société des produits céramiques.

Une carrière abrégée prématurément[modifier | modifier le code]

Portrait peint de Gaston Goüin.

Gaston Goüin est également président de la Compagnie générale de construction de locomotives (Batignolles-Châtillon) et de la Société des produits céramiques, vice-président de la Compagnie générale d'Extrême-Orient[5], administrateur de la Société de construction du port de Pernambuco, de la Compagnie générale de l'Europe Orientale, de la Compagnie générale de l'Amérique Latine, de la Société d'exploitation des chemins de fer orientaux, de la Compagnie française d'assurances maritime La Minerve et de la Société d'études de travaux publics du Maroc. Il prend part à la création de la Compagnie générale de constructions navales, dont il siège au conseil d'administration.

Membre influent du Comité des forges, il est membre du Conseil supérieur des Travaux publics, du conseil de direction de l'Union des industries métallurgiques et minières (UIMM)[6] et du comité directeur de l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises. Il est également vice-président du Syndicat des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs de France, administrateur de l'Unione industriale et de l'Œuvre Les Amis des Soldats aveugles et trésorier du comité de l'Institut de puériculture de la Faculté de médecine de Paris.

Il est décoré de la Légion d'honneur en .

Son décès arriva prématurément le , dans son hôtel particulier de l'avenue de Malakoff, à l'âge de 43 ans. Deux de ses frères, Édouard et Ernest II, lui succédèrent successivement à la tête de la Société de construction des Batignolles.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Gaston Goüin est le fils de Jules Goüin et de Marie-Thérèse Singer.

Photographie de ses filles, la comtesse de Solages et la comtesse de Gabriac.

Il épouse en 1905 Marguerite-Marie Cottin (°1882), fille d'un notaire parisien, nièce de Paul Cottin et de la princesse Marie de Mecklembourg-Strelitz (comtesse Georges Jametel), ainsi que petite-nièce de Gustave-Louis Jametel. Il est le beau-père de Hervé-Hubert Michel (°1906), président-administrateur de sociétés (arrière petit-fils du comte Charles Le Bègue de Germiny), du comte Alain de Solages (1900-1975) (fils du marquis Jérôme Ludovic de Solages), du marquis Guy de Cadoine de Gabriac (fils d'Arthur de Gabriac)[7] et du comte Edmond de Rivière de La Mure, attaché à la Banque de Paris et des Pays-Bas.

Il avait hérité avec son frère de l'abbaye de Royaumont et du palais abbatial de Royaumont, acquis par leur père[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Autheman, La Banque impériale ottomane et la Jeune‑Turquie, Institut de la gestion publique et du développement économique, 196
  2. Jacques Thobie, Intérêts et impérialisme français dans l'Empire ottoman: 1895-1914, Publications de la Sorbonne, 1977
  3. Dominique Barjot, Jacques Frémeaux, Les sociétés coloniales à l'âge des Empires: Des années 1850 aux années 1950, 2012
  4. Rang-Ri Park-Barjot, « La Société de construction des Batignolles en Russie (1851-1914) », in: Annie Charon-Parent, Bruno Delmas, Armelle Le Goff, La France et les Français en Russie: nouvelles sources, nouvelles approches (1815-1917), École nationale des chartes, 2011
  5. Marc Lagana, Le parti colonial français: éléments d'histoire, PUQ
  6. Danièle Fraboulet, Quand les patrons s'organisent: Stratégies et pratiques de l'UIMM 1901-1950, Presses Univ. Septentrion, 2007
  7. « Denise Gouin is married.; Becomes the Bride of Comte Guy de Gabriac in Paris. », The New York Times, December 21, 1933
  8. Des Batignolles à Royaumont

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin, Librairie Droz, 1995;
  • Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Presses Paris Sorbonne, 2005;
  • Jean-François Belhoste, Royaumont au XIXe siècle, Jules et Ernest Goüin (1859-1901)
  • Yves Lemoine et Cédric Plont, Christian Dumais-Lvowski (dir.), Les Goüin : destin d'une famille française (XVIIe- XXe siècles), éditions Michel de Maule, 2014
  • Jean Monville, Xavier Bezançon, Naître et renaître, une histoire de SPIE, 2004 et 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]