Gaston Billotte

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Officier général francais 5 etoiles.svg Gaston Billotte
Naissance
Sommeval
Décès (à 65 ans)
Ypres
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Armée de terre française
Grade Général d'armée
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre du Rif
Bataille de France
Commandement 10e Division d'Infanterie Coloniale
3e Division d'Infanterie Coloniale
Gouverneur militaire de Paris
1er Groupe d'Armées
Famille Père de Pierre Billotte

Gaston Henri Gustave Billotte, né le à Sommeval (Aube)[1] et mort des suites d'un accident le à Ypres (Belgique), est un général français. Il commandait le 1er groupe d'armées pendant la bataille de France et la percée de Sedan, en .

Il est le père de Pierre Billotte (1906-1992), général et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un directeur d'école publique, d'une famille d'origine bourguignonne[2].

Après être sorti de l'école militaire de Saint-Cyr en 1896, il rejoint l'infanterie de marine : il est envoyé au Tonkin et en Chine ; il revient en France et suit l'école de Guerre (promotion 1907-1909). Il repart au Tonkin comme chef de bataillon de 1911 à 1913, puis au Maroc jusqu'en 1915 au sein du corps d'occupation.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lieutenant-colonel en 1915, il est affecté au Grand Quartier général, chef de la section du théâtre des opérations extérieures (TOE). Il est promu colonel en 1916 et nommé chef du 3e bureau du groupe de l'avant. En 1918, il commande un régiment d'infanterie et est gazé à l'ypérite au mont Kemmel.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après la guerre, d' à , il fait partie de la mission militaire française en Pologne durant la guerre russo-polonaise de 1920. La Pologne le nomme général de brigade dans son armée. Il est promu général de brigade de l'armée française en . De à , il est commandant de la 1re brigade d'infanterie de Tunisie et de la subdivision de Tunis. De à , il est le commandant de la 2e division du Levant. Il fait ensuite campagne au Maroc pendant près d'un an en 1925-1926 durant la guerre du Rif. Nommé général de division en , il est affecté à l'état-major des troupes coloniales. En , il prend le commandement de 10e division d'infanterie coloniale puis en de la 3e division d'infanterie coloniale. En 1930, il prend la tête des forces de l'armée française en Indochine. À son retour, il est nommé général d'armée en 1933 et devient membre du Conseil supérieur de la guerre en , le restant jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. De à , il est également président du Comité consultatif de défense des colonies. En , il est placé officier hors cadre mais maintenu en activité. Le , il est nommé gouverneur militaire de Paris.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de l'entrée en guerre de la France en septembre 1939, il commande le groupe d'armées n° 1 qui s'étend de Montmédy, dans la Meuse, à la mer du Nord. En , deux mois après la victoire rapide de l'Allemagne en Pologne, il écrit un rapport à ses supérieurs, les généraux Gamelin et Georges, sur l'emploi de l'arme blindée[3] . Il souligne que, du côté polonais, la nature du terrain peu propice à la défense, la pauvreté des fortifications et le manque d'armes antichars ont entraîné la victoire « éclair » allemande. Il fait le rapprochement avec la situation de la Belgique qu'il juge similaire[3]. Dans son rapport, il estime avec justesse le nombre de blindés allemands (environ 2 000) et il indique que « numériquement et techniquement, notre supériorité sur les cinq divisions blindées allemandes ne fait pas de doute. Mais que, tactiquement ce n'est pas vrai puisque nous n'avons que trois divisions mécanisées à leur opposer[3]. »

Pendant la bataille de France, il dirige la manœuvre Dyle-Breda le , menée par les 1re, 7e et 9e armées, mais celle-ci est un échec, dû principalement à l'effondrement du front de la Meuse et à la percée allemande à Sedan. Il tente alors de réorganiser une défense, disloquée par la poussée des blindés allemands vers la mer. Le , il participe à la conférence d'Ypres où le général Maxime Weygand, qui vient de prendre le commandement, essaye de mettre au point une offensive pour couper les arrières des divisions blindées allemandes. De retour de cette réunion, dans la nuit du au , sa voiture roule vite et percute un camion militaire dans le village de Locre en Belgique[4], près de Bailleul[5]. Gravement blessé et plongé dans le coma, le général Billotte meurt deux jours plus tard à l'hôpital d'Ypres, le et il est déclaré « mort pour la France ».

Après la perte de la bataille de la Lys par l'armée belge, le front est percé et le roi Léopold III prend la décision de capituler le . Le , la bataille de Dunkerque s'achève à son tour, par une défaite franco-britannique, mais toutefois la réussite de l'embarquement d’une grande partie du corps expéditionnaire britannique et de quelques unités françaises.

Grades[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur GC ribbon.svg Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg World War I Victory Medal ribbon.svg
Medaille commemorative de la Campagne d'Italie ribbon.svg Medaille commemorative des Operations du Moyen-Orient ribbon.svg Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg
Ordre de l'Ouissam Alaouite Commandeur ribbon (Maroc).svg

Intitulés[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de l'Aube.
  2. « Base de données des députés français depuis 1789 : Pierre Billotte », sur Assemblée nationale (consulté le 28 octobre 2015).
  3. a, b et c (en) Martin S. Alexander, The Republic in Danger, General Maurice Gamelin and the Politics of French Defence, 1933–1940, Cambridge university press, , 588 p. (ISBN 0521524296, OCLC 49641380, présentation en ligne).
  4. « Le cahier de Valentine Buttin (1894-1978) ».
  5. Pierre Porthault, La France accuse les maquilleurs de son histoire, Éditions La France européenne, , 415 p. (présentation en ligne), p. 264.
  6. « Notice no 19800035/5/527 », base Léonore, ministère français de la Culture.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]