Gasteracantha

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Gasteracantha est un genre d'araignées aranéomorphes de la famille des Araneidae[1]. Elles font partie de la sous-famille des Gasteracanthinae avec les Micrathena et les Chaetacis.

Distribution[modifier | modifier le code]

Les espèces de ce genre se rencontrent en Asie, en Océanie et en Afrique subsaharienne sauf Gasteracantha cancriformis d'Amérique[1]. Cette dernière est présente en Guyane[2] mais ne se retrouve pas aux Antilles, domaine de Gasteracantha tetracantha. Un autre taxon, Gasteracantha rhomboidea ssp.comorensis, habite l' île de Mayotte[3]. Toutes deux font donc partie de la Faune française d'Outre-Mer.

Description[modifier | modifier le code]

La plupart des araignées membres de ce genre sont étonnamment colorées avec des corps en forme de coquillage et des épines proéminentes sur leur abdomen[4].

La région céphalique du céphalothorax est plus haute dans son milieu et décroit vers l'avant et vers l'arrière. Le quadrangle oculaire est plus large en arrière qu'en avant et les yeux médians sont en général plus petits. L'abdomen est grand, de forme quadrangulaire, transversalement oblong ou comprimé latéralement. La face avant de l'abdomen recouvre le pédoncule et une partie du thorax. L'abdomen est pourvu latéralement de deux épines antérieures, deux médianes et deux postérieures, les médianes étant en général beaucoup plus fines. Le tégument de l'abdomen est calleux et imprimé sur sa face dorsale avec des points enfoncés (ressemblants à des cachets de cire (sigilla)) dont le nombre et la répartition sont déterminants d'un point du vue taxinomique[4].

Écologie[modifier | modifier le code]

Les araignées du genre Gasreracantha construisent leurs toiles dans des espaces ouverts entre les branches d'arbres ou de buissons. Ces toiles, orbiculaires, possèdent des fils de suspension plusieurs fois plus long que le diamètre de la nappe. Des bandes sont souvent décorées avec de petites boules de soie le long de la spirale de la toile ensuite enchevêtrées avec des débris pour former un stabilimentum. Ces araignées n'utilisent pas de retraite, mais restent au centre de sa toile, même en plein jour[4].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Le nom Gasteracantha, dérivé du nomen nudum Gasteracanthe inventé par Pierre-André Latreille[5], est formé des deux mots grecs γαστήρ (gaster = ventre) et ἄκανθα (acantha = épine)[6]. Ce genre rassemble ainsi des araignées présentant des épines sur l'abdomen.

Fig.5 - Diversité de l'ornementation de Gasteracantha rhomboidea comorensis en vue dorsale. Exemplaires de collection. N'Gouja, Mayotte.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon World Spider Catalog (version 17.0, 12/03/2016)[7] :

Espèces françaises[modifier | modifier le code]

Gasteracantha cancriformis (Linnaeus, 1758)[modifier | modifier le code]

Guyane

Gasteracantha rhomboidea (Guérin,1838)[modifier | modifier le code]

Mayotte

Il s'agit en fait de la sous-espèce Gasteracantha rhomboidea comorensis Strand,1917.

Description[modifier | modifier le code]

Cette Gastéracanthe de Mayotte (Fig.5 à 7), connue localement sous le nom d' "araignée cerf-volant" selon Bouttemy & al. (2006[8]), est trapue et piquante. Elle mesure en moyenne une longueur de 10mm pour une largeur de 15 mm. d'une grande épine à l'autre.

Le prosome est quadrangulaire, très élevé dans sa partie céphalique comme chez les autres Gastéracanthes, de couleur orangée et pourvu de pattes courtes, arquées, noires, avec des fémurs également orangés (Fig.5 et 6)[3].

L'abdomen est très aplati dorso-ventralement, étalé en un large bouclier antérieur vernissé, le scutum ou tergum, pourvu en arrière d'un repli transversal qui délimite un faux "post-abdomen" (Fig.5) et se prolongeant sur ses bords latéraux par trois paires d'épines caractéristiques : les antérieures de taille variable mais toujours réduite, les moyennes très longues et effilées, les postérieures courtes et coniques (Fig.5 et 6).

Le scutumde la face dorsale est d'un beau blanc d'ivoire sur le vivant (Fig.7), devenant jaune sur les exemplaires conservés en alcool (Fig.5) et orné de taches noires réparties en trois rangées transversales : l'une postérieure, discrète, formée par 5 macules punctiformes ; les deux autres, médiane et antérieure, constituées par des taches plus grandes, irrégulières, réunies en bandes très variables, même au sein d'une population donnée (Fig.5)[3].

La face ventrale est noire, avec un semis de taches jaune citron, elles aussi d'une grande variabilité (Fig.6). On y note un tubercule génital conique auquel le mâle, non observé[3], doit se cramponner lors de l'accouplement comme chez d'autres espèces (Emerit,1974[9]) et des filières entourées par un anneau chitineux.

Gasteracantha rhomboidea comorensis ne doit pas être confondue avec Gasteracantha rhomboidea madagascariensis Vinson, de la Grande île, et Gasteracantha rhomboidea rhomboidea de Maurice et Rodrigues, bien distinctes par leur endémisme géographique, la couleur du prosome, des pattes et le décor de leur opisthosoma. Il semblerait même qu'à Mayotte, la livrée abdominale ne se superpose pas au schéma de base qu'a établi Emerit [9] d'après ses exemplaires des autres Comores. Selon Lopez[3], il pourrait bien s'agir d'une race locale remarquable par son instabilité et d'extrêmes variations dans les taches du scutum et de la face ventrale (Fig.5 et 6).

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Sundevall, C.J. 1833 : Conspectus Arachnidum. C.F. Berling, Londini Gothorum (Lund (Suède)), p. 1-39 (Gasteracantha p. 14).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Lopez,A., « Araignées de Guyane française : II. La sous-famille des Gasteracanthinae O.Pickard-Cambridge (Araneidae) et les proies de Sceliphron fistularium. », Bull.Sciences nat., n°82, p.14-22.,‎
  3. a, b, c, d et e Lopez,A., « Contribution à l'étude des Araignées de Mayotte avec la description d'une nouvelle espèce : Argyrodes chounguii (Theridiidae). », Bull.Soc.Et.Sci.nat. Béziers, vol. 23,no 64, p. 9–15.,‎
  4. a, b et c Sebastian, P.A., Peter, K.V. 2009. Spiders of India. Universities Press (India). 602 pages, Hydebarad, Inde
  5. Latreille, P.-A. 1831. Cours d'entomologie, ou de l'histoire naturelle des crustacés, des arachnides, des myriapodes et des insectes; à l'usage des élèves de l'école du Muséum d'histoire naturelle. 568 pages [p. 530], Paris. (Texte intégral)
  6. Orbigny, d', C. 1845. Dictionnaire universel d'histoire naturelle, Volume 6. Renard & Martinet, 792 pages, Paris.
  7. WSC, consulté le version 17.0, 12/03/2016
  8. Bouttemy,F.,Ferlat,B.et C.de Villeneuve,V.Guiot, Guide de la Faune et de la Flore de Mayotte. Ed.Assoc. Naturalistes de Mayotte, Mamoudzou., 124 pp., Mamoudzou, Ed.Assoc. Naturalistes de Mayotte,, , 124 p.
  9. a et b Emerit,M., Arachnides : Araignées : Araneidae : Gasteracanthinae. Faune de Madagascar.38,, Paris, ORSTOM,CNRS, , 209 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lopez,A. 1994. – Araignées de Guyane française : II. La sous-famille des Gasteracanthinae O.Pickard-Cambridge (Araneidae) et les proies de Sceliphron fistularium. Bull.Sciences nat., n°82, p.14-22.
  • Lopez,A., 2010 - Contribution à l'étude des Araignées de Mayotte avec la description d'une nouvelle espèce : Argyrodes chounguii (Theridiidae).  Bull.Soc.Et.Sci.nat. Béziers, vol. 23,no 64, p. 9–15.
  • Emerit,M.,1974 -Arachnides : Araignées : Araneidae : Gasteracanthinae. Faune de Madagascar.38,ORSTOM,CNRS, Paris, 209 pp.