Gare de Rouen-Martainville

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Rouen-Martainville
Image illustrative de l’article Gare de Rouen-Martainville
Le bâtiment voyageurs vers 1900.
Localisation
Pays France
Commune Rouen
Adresse 76000 Rouen
Coordonnées géographiques 49° 26′ 18″ nord, 1° 06′ 35″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Services (gare fermée, les infrastructures ont été détruites)
Caractéristiques
Ligne(s) Saint-Roch à Darnétal-Bifurcation
Voies 2 (voies de passage vers le port)
Quais (détruits)
Altitude 8 m
Historique
Mise en service
Fermeture 1935
(voyageurs et marchandises GV)

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Rouen-Martainville

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La gare de Rouen-Martainville (dite aussi Nord) est une ancienne gare ferroviaire française qui était un terminus de la ligne d'Amiens à Rouen, située sur la rive droite de la Seine, dans le faubourg de Martainville, à l'est du centre de la ville de Rouen, dans le département de la Seine-Maritime, en région Normandie.

Elle est mise en service en 1867 par la Compagnie des chemins de fer du Nord. Les fermetures du service des voyageurs, de celui des marchandises GV et du Dépôt de machines, interviennent en 1934 – 1935. Pour des raisons d'économies, ces services sont transférés dans d'autres gares situées à Rouen et à proximité.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Établie à 8 mètres d'altitude, la gare de Rouen-Martainville était située au point kilométrique (PK) 116,608 de la ligne d'Amiens à Rouen, après la gare de Darnétal et était l'origine de l'embranchement des voies du port de Rouen-Rive-Droite.

Après la fermeture puis la destruction de l'ensemble de ses superstructures, « Rouen Martainville » est une section frontière du réseau, origine de la section élémentaire « Rouen Martainville / voies de Port de Rouen Rive Droite »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Choix du site de la gare[modifier | modifier le code]

La ligne d'Amiens à Rouen est concédée par un décret du aux compagnies du Nord, pour les deux tiers de sa longueur, et de l'Ouest pour un tiers. La compagnie du Nord étant chargée de la construction et de l'exploitation de la totalité de la ligne, les dépenses et recettes étant partagées au prorata de la longueur concédée. Pour l'arrivée à Rouen deux tracés sont en concurrence, l'un qui rejoint la gare de la Rue-Verte a la préférence de la ville du Havre et de la compagnie de l'Ouest, l'autre qui aboutit à Rouen au quartier Saint-Hilaire, est la priorité de la ville de Rouen et de la Compagnie du Nord[2].

Après d'âpres négociations l'affaire est tranchée par un décret du . Il donne raison au deuxième projet qui prévoit d'établir une nouvelle gare dénommée « Martainville » uniquement gérée par le Nord[2].

Plan du projet d'implantation de la gare.

La compagnie du Nord soumet un projet d'implantation de ses installations, qui comprend notamment un embarcadère voyageurs et une gare marchandises, à l'enquête administrative. Le site est compris entre le boulevard Martainville, la rue Préfontaine, la route impériale n°30, de Rouen à la Capelle, et le chemin de fer de Paris au Havre. Il est situé dans une prairie basse que bordent à l'ouest le Robec, à l'est les deux Aubettes, et qu'arrosent de nombreuses déviations de ces rivières et des ruisseaux[3].

La Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure critique dans le détail cette proposition en estimant notamment : que la gare voyageurs est trop éloignée de la place Martainville, que la coupure de la rue Descroizilles ne va plus permettre des communications faciles entre le faubourg Martainville et le quartier Saint-Hilaire, et que l'emplacement projeté est défavorable aux voyageurs et aux transports en lien avec la gare des marchandises du fait des distances à parcourir pour rejoindre le boulevard[4]. Elle propose de rapprocher le site de la place Martainville en prolongent la bande de terrain à exproprier[5], pour mettre la gare à l'extrémité de la rue Martainville, l'une des artères principales de la ville[6]. Elle propose également l'installation d'une passerelle au dessus des voies pour rétablir le passage des piétons entre les différents quartiers, cette passerelle ayant également son utilité dans le cadre nécessaire d'un prolongement de la voie vers le site du port[7]. L'emplacement finalement choisi est situé à 400 mètres de la place[8].

Construction et mise en service[modifier | modifier le code]

Le décret de décembre 1862 permet l'ouverture des chantiers à Amiens et Rouen pour fournir du travail aux ouvriers touchés par la crise de l'industrie du coton. Les deux compagnies signent un traité pour régler les problèmes d'exploitation et notamment confirmer que les transports pour Paris ont l'obligation de prendre la ligne de Paris à Rouen[2].

Le bâtiment voyageurs vers 1900.

En 1865, l'emplacement choisi dans les « prairies de Martainville » nécessite la création d'importantes fondations pour les bâtiments, voyageurs et marchandises. Sur le principe utilisé pour des ponts sur la Seine, il s'agit de cylindres de briques remplis de béton. Pour les deux bâtiments il faut réaliser plus de cent colonnes enfoncées dans le sol sur une profondeur de sept à huit mètres pour qu'elles reposent sur un sol stable[9].

La compagnie fait construire un important bâtiment voyageurs, avec un style qui rappelle celui de certaines gares de son réseau comme celle de Soissons et en plus grand des gares de la ligne comme celles de Darnétal et de Serqueux. Il est composé d'un corps central, surmonté d'un fronton avec une horloge, prolongé de part et d'autre par une grande galerie terminée par des pavillons[10].

La gare de Rouen-Martainville est mise en service le par la Compagnie des chemins de fer du Nord, lors de l'ouverture de l'exploitation voyageurs sur la ligne d'Amiens à Rouen, celle des marchandises intervient le 26 du même mois[11].

Gare voyageurs[modifier | modifier le code]

Lors de la mise en service, les trains omnibus partant de Martainville mettent trois heures cinquante pour rejoindre Amiens alors que ceux partis de la gare de la Rue-Verte par l'embranchement ce Clères mettent de quatre heures trente à cinq heures du fait des temps d'arrêts à Montérolier-Buchy et Clères[11].

En 1935, le service des voyageurs est reporté à la gare de Rouen-Rive-Droite, car cela permet des économies de personnel aux compagnies. Pour les voyageurs cela améliore l'offre en permettant de meilleurs correspondances entre les réseaux de l'État et du Nord[12].

Gare marchandises[modifier | modifier le code]

En 1935, le service des marchandises GV est transféré à la gare de Rouen Rive-Gauche. Cela permet des économies de transport par camion dans les rues de la ville[12].

Dépôt de machines[modifier | modifier le code]

Le « dépôt de Rouen-Martainville » réalisé pour les machines des trains de voyageurs est ouvert en 1870[8].

A la création de la SNCF en 1938, les machines d’origine Nord sont mutées sur les dépôts de cette Région[13].

Le dépôt passe à la Région Ouest de la SNCF et reçoit différentes séries de machines, au départ pour la banlieue et les manœuvres, puis des machines de type Pacific Ouest (231 C, D, F, G et H) pour les relations vers Paris/Le Havre/Dieppe. Le personnel et les dernières machines sont mutées à Sotteville en octobre 1962,et le dépôt sert alors de garage pour des machines radiées.

Les bâtiments sont détruits dans les années 1980.

Service des marchandises[modifier | modifier le code]

Cette gare est ouverte au service du fret[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SNCF Réseau, Annexe 4.3 (document de référence du réseau ferré national) : Liste des sections-frontières, horaire de service 2017, 3 p. (lire en ligne [PDF]), p. 3
  2. a b et c Palau, 2004, p. 106
  3. R. d'Estaintot, 1863, p. 202
  4. R. d'Estaintot, 1863, p. 203
  5. R. d'Estaintot, 1863, p. 204
  6. R. d'Estaintot, 1863, p. 205
  7. R. d'Estaintot, 1863, p. 206
  8. a et b Comité des travaux historiques et scientifiques, Actes du Congrès national des sociétés savantes : Section d'histoire moderne et contemporaine, vol. 104, Bibliothèque nationale,, (lire en ligne), p. 297-304
  9. J. M. Thaurin, Rapport de la commission d'archéologie nommée par le congrès scientifique de France dans l'une de ses séances tenues à Rouen au mois d'août 1865 : Sur le musée spécial des antiquités de Rouen, Rouen, (lire en ligne), « Les marais de Martainville : à propos de la construction de la gare du chemin de fer d'Amiens », p. 9
  10. José Banaudo, 2009, p. 185
  11. a et b Palau, 2004, p. 107
  12. a et b Revue générale des chemins de fer, 1936, p. 377
  13. Revue générale des chemins de fer, 1936, p. 379
  14. Site fret SNCF : la gare de Rouen-Martainville.

voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. d'Estaintot (Secrétaire de correspondance), « Rapport : sur l'emplacement à choisir pour l'embarcadère du chemin de fer de Rouen à Amiens », Bulletin des travaux de la société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure, Rouen,‎ , p. 202-207 (lire en ligne).
  • « C2 Les efforts des réseaux tendant à améliorer l'exploitation et à la rendre plus économique », Revue générale des chemins de fer, no 6,‎ , p. 377 et 379 (lire en ligne).
  • Yvon Pailhès, Rouen : du passé toujours présent… au passé perdu : les églises, les monuments, rues et places, Luneray, Bertout, , 230 p. (ISBN 2-86743-539-0), p. 26-27.
  • François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 3 (1864-1870), Palau, , 239 p. (ISBN 2-950-9421-3-X), « 10.5 Rouen-Amiens : 18 avril 1867 », p. 106-107.
  • José Banaudo, Sur les rails de Normandie, Breil-sur-Roya, Éditions du Cabri, coll. « Images ferroviaires », , 287 p. (ISBN 9782914603430), « Rouen Martainville », p. 185.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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