Gardien de phare

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Gardien de phare
Lighthouse keeper.jpg

Une gardienne de phare américaine de la côte Atlantique en train de briquer son optique (1945).

Perspectives professionnelles
Faibles: les phares sont progressivement automatisés.

Gardien de phare est un métier consistant à surveiller la navigation maritime depuis un phare et à assurer le bon fonctionnement de celui-ci.

Historique[modifier | modifier le code]

Le métier de gardien de phare varie considérablement selon le lieu où est bâti le phare.

Le métier comporte certaines responsabilités qui sont à assumer quel que soit le type de phare. Ces responsabilités sont les suivantes :

  1. allumage, surveillance et extinction du feu ;
  2. surveillance de l'horizon maritime (navigation et bon fonctionnement des autres phares et balises);
  3. surveillance de la visibilité, de façon notamment à lancer la corne de brume si cette visibilité devient trop mauvaise ;
  4. entretien du phare, et en particulier bien sûr du feu et de l'optique.

Le désœuvrement explique que les gardiens de phare exerçaient souvent des activités parallèles et complémentaires (tenancier de débits de boisson, peintre, serrurier)[1].

Ce métier tend à disparaître dans les pays développés en raison de l'automatisation ; par exemple, aux États-Unis, l'ensemble des phares a été automatisé dans les années 1980[2].

En France[modifier | modifier le code]

Au Moyen-âge, des foyers ouverts sont aménagés aux sommets d’édifices militaires voire religieux (tel le phare de Saint-Mathieu). Les seigneurs accordent aux militaires ou religieux qui placent un fanal au sommet d'une tour des droits en compensation de l'entretien ce feu, notamment le droit de bris[3].

La profession de gardien de phare naît statutairement avec la création du service des phares et balises en 1806. La charge de l’allumage est confiée à des entreprises privées soumissionnaires jusqu’en 1848 (le ministère de la Marine passe des contrats de sous-traitance avec des entreprises chargées de fournir le combustible aux lampes et de recruter les gardiens). Après cette date, les gardiens de phares deviennent fonctionnaires. La profession ne présente guère d'attrait (désœuvrement, longues veilles sans intérêt, ce qui explique les nombreuses mesures disciplinaires pour alcoolisme et ivresse[4]), si bien que les ingénieurs des phares et balises recrutent souvent d'anciens marins ou militaires (pour leurs qualités supposées de ponctualité, d'obéissance et de discipline) peu qualifiés ou des femmes, éléments loin de la légende forgée au XIXe siècle sur ces « veilleurs de l'infini » guidant les navigateurs dans la tourmente, et qui biaise la perception commune de ce métier[5].

Les gardiens appellent les phares de haute mer les « enfers ». Les « purgatoires » sont les phares installés sur une île. Les « paradis » désignent les phares situés sur le continent. En général, les gardiens commençaient leur carrière sur un « enfer », pour la finir dans un « paradis ». Mais, certains d'entre eux ont préféré passer toute leur vie professionnelle sur des phares de haute mer, y compris sur le plus difficile d'entre eux : Ar-Men.

Le développement de nouvelles techniques ou la nécessité d'apprendre les derniers règlements parus entraînent la professionnalisation du métier à la fin du XIXe siècle et surtout après les années 1930 qui voient la spécialisation du corps des gardiens en agents s’occupant des feux à pétrole ou des appareils électriques très simples, et agents chargés des feux électriques complexes et des appareils radio-électriques, appelés électro-mécaniciens de phare[6].

Après la disparition, à la fin des années 1940, de l'éclairage à la lampe à pétrole, puis l'automatisation des signaux et l'arrivée des balises de détresse, le quotidien des gardiens consiste essentiellement en des tâches de maintenance des groupes électrogènes et d'entretien du monument, et des relevés météorologiques et de marées. Dans les années 1950, il y a encore trois écoles de formation : Brest, Saint-Nazaire, cap Gris nez[7]. Au fur et à mesure des départs en retraite, les gardiens ne sont pas remplacés. En 1991, l'État français arrête de former des électromécaniciens de phare. Il reste cependant encore des gardiens de phare auxiliaires, mais désormais, environ 200 contrôleurs des travaux publics de l'État spécialisés dans les phares et balises surveillent et installent l'appareillage électrique et électronique ainsi que les optiques des phares français.

Jean-Paul Aymond et Serge Andron sont les deux derniers gardiens de phare permanents, celui de Codouan, qui ont pris leur retraite le 28 septembre 2012[8]. Henri Richard, le dernier gardien de phare français, en poste au phare du Cap Fréhel, est encore en fonction en 2017[9].

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, en 2009, la Garde côtière a proposé d'éliminer les derniers postes gardiens de phare du pays toujours présents à Terre-Neuve et en Colombie-Britannique[10].

En avril 2010, le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans commence une étude sur le rôle joué par les phares au Canada. À cet égard, des audiences publiques furent tenues à Ottawa et une enquête de terrain fut menée en à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique[11]. Le sénateur Bill Rompkey, président du Comité, déclare en décembre 2010 que « Les gens que nous avons entendus sur les deux côtes étaient largement en faveur du maintien en poste des gardiens de phare et c’est ce que nous recommandons à l’unanimité[12]. » Il ajoutera que le maintien des postes augmente la sécurité maritime dans certaines zones et a un impact non négligeable sur certaines petites communautés maritimes.

Gardiens de phare dans la fiction[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Romans, nouvelles et récits[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

  • Der Leuchtturmwächer, Jürgen Ecker, 1949

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francis Dreyer, Jean-Christophe Fichou, L'histoire de tous les phares de France, Ouest-France, , p. 168.
  2. (en) Frank Schubert 1915-2003.The End of an Era for American Lighthouses, dans le Lighthouse Digest]
  3. (de) Patrick Dittrich, Leuchtturm-Reiseführer, Patrick Dittrich Verlag, , p. 46.
  4. Jean-Christophe Fichou, « D’une occupation à un métier : la formation des gardiens de phares (1839-1960) », Techniques & Culture, no 45,‎ , p. 146.
  5. Jean-Christophe Fichou, « D’une occupation à un métier : la formation des gardiens de phares (1839-1960) », Techniques & Culture, no 45,‎ , p. 141.
  6. Jean Christophe Fichou, Gardiens de phares : 1798-1939, Presses universitaires de Rennes, , p. 127.
  7. P. Passani, « L’École des gardiens de phare du phare des Baleines », Bulletin de l’Association Internationale de Signalisation Maritime, no 39,‎ , p. 23-27.
  8. http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/29/les-deux-derniers-gardiens-de-phare-regagnent-la-terre-ferme_1727287_3224.html.
  9. « Henri Richard. Dernier gardien de phare de Bretagne », sur letelegramme.fr, .
  10. http://www.radio-canada.ca/emissions/desautels/2010-2011/chronique.asp?idChronique=134821&autoPlay=, Radio-canada, « Gardien de phare : un métier en voie de disparition », 15 février 2011
  11. http://pharescanadiens.ca/?page_id=2
  12. http://pharescanadiens.ca/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Christophe Fichou, Gardiens de phares : 1798-1939, Presses universitaires de Rennes, , 251 p. (lire en ligne)
  • (en) Frederick Stonehouse, Lighthouse Keepers & Coast Guard Cutters, Avery Color Studios, , 267 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]