Galerie de Minéralogie et de Géologie

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Péristyle et fronton de l'aile droite de la Galerie. Les mots « Minéralogie » et « Bibliothèque » indiquent, l'un l'accès aux collections permanentes de minéralogie, l'autre que c'est ici que se trouvait autrefois (jusqu'en 1963) la bibliothèque centrale du Muséum.

La galerie de Minéralogie et de Géologie est un établissement du Muséum national d'histoire naturelle. C'est un ERP (« établissement recevant du public »), elle est labellisée « musée de France », et elle se trouve dans le Jardin des plantes, à Paris. Elle comporte une collection d'environ 770 000 spécimens[1] entre échantillons de roches, minéraux, cristaux, gemmes, météorites et œuvres d'art en relation. Cette collection figure parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses du monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de cette collection remonte à 1625, époque à laquelle des minéraux étaient déposés dans le « droguier du roi ». Ce droguier (une collection de plantes et minéraux aux vertus médicinales) sera transporté entre 1633 et 1635 au cabinet du roi, installé alors pour la première fois dans le Jardin royal des plantes médicinales, dit le « Jardin du Roi ». Inauguré en 1635, le Jardin du Roi ouvre ses portes au public dès 1640. C'est le Jardin et les cours d'histoire naturelle (cours en français) qui ouvrent au public : les collections de minéraux, elles, restent encore à ce stade dans les réserves du cabinet du roi. Par la suite, la collection a été enrichie de pierres précieuses sous Louis XIV et a commencé à être présentée au public, au cabinet du roi, à partir de 1745.

Le bâtiment actuel, aux grandes vitrines en bois sculpté, commença à être construit à partir de 1833 en suivant les plans de l'architecte Charles Rohault de Fleury. Lorsque la Galerie est finalement inaugurée en présence du roi Louis-Philippe, en 1837, elle est le premier bâtiment construit en France pour être destiné à un musée. Depuis qu'elle a ouvert ses portes au public en 1841[2] sa surface d'exposition avoisine les 2 000 m2.

Péristyle et fronton de l'aile gauche de la Galerie. Sur cette photographie de 2011, sous le fronton à droite, peut être aperçue la statue du botaniste Antoine-Laurent de Jussieu. Elle y a été installée de 1842 à 2013 (et transportée depuis à l'entrée de la galerie de Botanique).

Le bâtiment est divisé en trois parties contigües : une longue nef centrale et, de chaque côté, une aile latérale gauche et une aile latérale droite, chacune séparée de la nef centrale par un péristyle à quatre colonnes. Chacun de ses deux péristyles latéraux est couronné par un fronton triangulaire évoquant le style grec classique. De l'inauguration du bâtiment en 1837 jusqu'en 1963, l'aile droite du bâtiment avait reçu la bibliothèque du Muséum, ce qui est encore lisible par le terme « Bibliothèque » sous le fronton de cette partie du bâtiment (il s'agit de l'aile droite si le visiteur se place en face du bâtiment). Depuis 1963 la nouvelle bibliothèque est à l'emplacement d'une ancienne chapelle qui était attenante à l'ancien cabinet du roi, à l'emplacement duquel se trouve la réserve de ladite nouvelle bibliothèque. Quant à l'aile gauche de la galerie de Minéralogie et de Géologie, elle était originellement destinée à recevoir l'herbier national et les collections de botanique (le terme « Botanique » est aussi encore visible sous le fronton de cette partie du bâtiment) mais lorsque la nouvelle galerie de Botanique fut inaugurée en 1935 l'herbier et les collections de botanique quittèrent la galerie de Minéralogie et de Géologie et cette aile gauche resta désaffectée. En 1972 le paléontologue Jean-Pierre Lehman y ouvrit la galerie de Paléobotanique, qui resta ouverte au public jusqu'en 1998. Cette galerie de Paléobotanique resta fermée jusqu'à ce qu'elle fut entièrement démantelée en 2005. Une partie des plantes fossiles qu'elle exposait est actuellement visible, dans l'enceinte même du Jardin des plantes, au deuxième étage de la galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée et aussi dans la serre de l'histoire des plantes (ancienne « serre australienne »). La nef centrale, quant à elle, était destinée à la présentation des spécimens de géologie et de minéralogie, mais au XXe siècle, pour des raisons de mise aux normes de sécurité, toutes ces collections furent laissées aux réserves du Muséum. Courant la seconde moitié du siècle les seules collections ouvertes au public furent confinées au rez-de-chaussée de l'ancienne bibliothèque du Muséum (pour ce qui est de la minéralogie) et dans le sous-sol (pour ce qui est du « Trésor » du Muséum, qui jusqu'en 2004 exposait gemmes et pierres et métaux précieux).

Le professeur Jean Orcel avait rénové la Galerie en 1963 selon un classement thématique permettant de découvrir et de différencier les différents types de roches et de minéraux dans une présentation spectaculairement « julesvernienne » qui lui valut le tournage de scènes de films[3]. Mais cette présentation ne correspondait plus aux normes de sécurité anti-vol, anti-incendie et anti-radiations ionisantes du XXIe siècle, et comme l'argent manquait pour la mettre aux normes tout en conservant son classement et son esthétique[4], elle fut démontée en 2004[5] et les collections furent rangées dans des contenants métalliques, après quoi l'espace fut consacré à des expositions thématiques temporaires telles que les Cristaux géants ou l'Or. De l'ancienne présentation, il ne subsiste que quelques fresques et des tableaux à l'huile en mauvais état, tandis que les visiteurs passionnés de minéralogie peuvent visiter depuis 2014 (après 10 ans de fermeture et de rénovation) l'exposition permanente « Trésors de la terre » montrant sur 250 m2 les 600 spécimens les plus « esthétiques » ou spectaculaires[6] ou bien découvrir la « galerie virtuelle »… devant leurs écrans d'ordinateur.

En l'état, la collection comporte environ 334 000 échantillons de roches, 135 000 échantillons de minéraux[7], 1 500 météorites[8], 8 km de carottes sédimentaires, une collection unique au monde d'une trentaine de cristaux géants, une collection de pierres précieuses et tables florentines provenant des anciennes collections royales, ainsi que des tableaux et fresques illustrant divers aspects de la tectonique, de la géologie et de la minéralogie. Une partie des spécimens provient de dons : collection John Morgan au début du XXe siècle, collection Louis Vésigné dans les années 1960[9].

Galerie virtuelle de minéralogie[modifier | modifier le code]

À l’occasion de l'Année internationale de la Planète Terre en 2008, le Muséum national d'histoire naturelle a lancé sa « galerie virtuelle de minéralogie »[10], grâce au mécénat de la Fondation Total.

Dédié à la minéralogie, ce site internet bilingue français-anglais a la volonté de faire découvrir au plus grand nombre les trésors, désormais cachés, des collections de Minéralogie du Muséum. Ce site permet notamment de découvrir 300 spécimens soigneusement sélectionnés en fonction de leur pertinence à la fois scientifique, historique et esthétique. Ces 300 minéraux ont été numérisés en haute définition, afin de favoriser la navigation par l’image, ce qui permet de zoomer sur les minéraux et de les manipuler virtuellement. Le site continuera à se développer à travers de nouvelles rubriques et la numérisation de nouveaux minéraux.

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

À l'intérieur du bâtiment deux statues trônent au milieu de la nef centrale se faisant face l'une l'autre : une statue de l'anatomiste Georges Cuvier, fondateur de la paléontologie et de l'anatomie comparée, le représentant debout (par David d'Angers, œuvre de 1838), et une statue du minéralogiste René Just Haüy, fondateur de la cristallographie, le représentant assis (par Isidore Hippolyte Brion, œuvre de 1863). À l'intérieur également, les murs du vestibule d'entrée de l'aile droite, vestibule qui aujourd'hui permet l'accès à l'exposition permanente « Trésors de la terre », sont ornés de grandes fresques peintes par François-Auguste Biard pendant la première moitié des années 1840. Ces fresques commémorent l'expédition au Spitzberg que le ministère de la Marine avait confiée au naturaliste Paul Gaimard en 1839 à bord de la corvette La Recherche, expédition à laquelle Biard et son épouse avaient participé. Ces peintures exagèrent quelque peu les observations réellement recueillies lors de l'expédition. Effectivement, les chasses aux rennes et aux ours polaires, représentées sur les fresques, n'eurent en réalité jamais lieu puisque ces animaux ne furent jamais rencontrés sur l'archipel des Spitzberg lors de cette expédition[11]. À l'extérieur, à l'entrée de l'aile gauche du bâtiment et à l'abri sous le fronton, se trouvait autrefois, de 1842 à 2013, une statue représentant le botaniste Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836). Sculptée par Jean-François Legendre-Héral, cette commande du Ministère de l'Intérieur fut d'abord exposée au Louvre pendant le salon de 1842 pour être placée, la même année, à l'entrée de l'ancienne galerie de Botanique, aile gauche de la galerie de Minéralogie et de Géologie, lieu qui lui était destiné depuis qu'elle avait été commandée. En 2013 la statue d'Antoine-Laurent de Jussieu a été placée dans le vestibule d'entrée d'une autre galerie du Muséum, située à proximité, la galerie de Botanique, pour l'occasion de sa réouverture au public après une fermeture depuis 2008[12], de la sorte que les visiteurs de la galerie de Botanique pénètrent dans l'espace du parcours de la visite en passant entre les deux statues de deux célèbres botanistes français : ladite statue représentant Antoine-Laurent de Jussieu et une autre statue qui elle représente Michel Adanson (1727-1806)[13],[14].

Aussi, à l'extérieur de la galerie de Minéralogie et de Géologie, en longeant le bâtiment dans quasiment toute sa longueur, se trouve la roseraie du Jardin des plantes, qui fut plantée en 1990[15]. En parcourant cette roseraie le visiteur rencontre L'Amour captif, un marbre de Félix Sanzel (médaillé en 1868), et la Vénus génitrice, marbre que Charles Dupaty exécuta à Rome en 1810 et qui est exposé au Jardin des plantes depuis 1818[16].

Accès[modifier | modifier le code]

La Galerie est desservie par des lignes d'autobus ( 67 89) et par le Métro de Paris (station Censier-Daubenton, où passe aussi le bus ( 47).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Galerie de Minéralogie et de Géologie », page de présentation, site web officiel du Muséum national d'histoire naturelle.
  2. « Histoire de la galerie de Minéralogie et de Géologie », page du site web officiel de la Galerie.
  3. Le film de 52 minutes « Les dessous de la Terre » par exemple, consacré aux collections de Géologie, y fut tourné par Francis Duranthon, avant d'être diffusé sur FR3 et la Cinq, en 2002 et 2003 : ce film est le dernier témoignage de l'ancienne richesse de la Galerie.
  4. Mettre les collections de minéralogie aux normes tout en conservant leur esthétique, a été fait par exemple au Naturhistorisches Museum de Vienne en Autriche : voir les photos dans l'article.
  5. Selon les professeurs Henri-Jean Schubnel, qui a pris sa retraite en 2003, et Patrick De Wever, qui dirigeait le laboratoire de géologie jusqu'en 2001, « les magnifiques collections minéralogiques et géologiques du Muséum, parmi les quatre plus prestigieuses au monde avec des pièces uniques et un catalogue international, sont, faute de budgets, actuellement au fond de tiroirs et invisibles pour le public, tandis que la fameuse galerie des Colonnes, qui mesure 16 mètres de large sur 100 mètres de long et qui relatait toute l'histoire de la planète dans 192 vitrines, est complètement vide et ne reçoit plus de visiteurs que pour des expositions temporaires ; son beau parquet est endommagé, ainsi que les tableaux qui l'ornaient ; les 24 meubles classés de la collection de Louis XVIII en acajou de Cuba (espèce disparue) qui y étaient installés, propriété du Collège de France, ont été déplacés ailleurs, de même que les quelque 800 types d'espèces minérales de référence (le quart des espèces connues), parmi lesquelles on peut notamment trouver pêle-mêle un saphir jaune de plusieurs centaines de milliers d'euros, un échantillon de déchet naturel radioactif de 2,5 milliards d'années venant du Gabon (il n'est pas nocif mais possède une grande valeur historique) et, venant d'une ancienne mine de fer de l'Isère, la plus belle cristallisation de sidérite connue. ». Pierre-Jacques Chiappero, l'un des spécialistes de la minéralogie systématique descriptive en France, et qui vient d'être nommé à la Conservation générale du patrimoine, explique que « ce bâtiment, édifié en 1830, est le premier à avoir été construit en tant que musée, et mériterait d'être rénové correctement, mais cela nécessiterait un budget de plusieurs dizaines de millions d'euros ». Des projets chiffrés, mais très en dessous de tels montants, ont été proposés : voir le résumé de leurs interventions sur : [1].
  6. Ouverte le 19 décembre 2014 dans l'ancienne salle des cristaux géants, voir [2] consultée le 17 décembre 2014.
  7. Nombre de spécimens de minéraux (chiffre du MNHN)
  8. Météorites (page officielle du MNHN).
  9. Maurice Mashaal : Trésors de la Terre, in : "Pour la Science" no 447, janvier 2015, p. 56.
  10. Sur la page Minéralogie et géologie, du Muséum national d'histoire naturelle
  11. Parc'ours, Muséum national d'histoire naturelle
  12. La galerie de Botanique ouvre ses portes au public, annonce officielle du Muséum national d'histoire naturelle, 1er novembre 2013.
  13. Sylvestre Huet, « Le Muséum rénove sa botanique et son herbier », Libération, 6 décembre 2013.
  14. C.R., « Galerie de Botanique, Herbier national, Jardin des plantes », Hominides.com, décembre 2013.
  15. Plan du Jardin des plantes, prospectus du Muséum, juillet 2017
  16. Article « Promenade au Jardin des plantes » sur le site spécialisé Paristoric.com, de Richard Desenclos et Roger Bataille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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